jeudi 4 août 2011

Vivre ensemble / Notre liberté en Christ

par Ralph Blair

Discours d'ouverture donné par le Dr Blair
en juin/juillet 2011
aux conférences d'Evangelicals Concerned

Ralph Blair vient de donner ce discours aux conférences d'Evangelicals Concerned. Si vous trouvez des erreurs grammatiques, ou des expressions maladroites, ou si vous voudriez simplement proposer des suggestions, envoyez-les-moi par email. Merci d'avance !
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-- Fred Wells, traducteur

* * *

La veille de son sacrifice pour les pécheurs, prenant la coupe de colère remplie de débris, de pourriture, de mort et de destruction totale – la conséquence prédite de notre chute dans le péché – Jésus pria pour ses adeptes. Il pria pour nous aussi, qui le suivrions, grâce à leur témoignage, d’abord hésitants – comme eux, mais finalement, par la grâce de Dieu en Christ, tout aussi libres.

Mon Père, … Je t’ai fait connaître aux hommes que tu as pris du monde pour me les donner. Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne lui appartiennent pas, comme moi-même je ne lui appartiens pas. Consacre-les par ta Parole, la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. Et je me consacre moi-même à toi pour eux, pour qu’ils soient, à leur tour, consacrés à toi [et] qu’ils soient un, Père, comme tu es en moi et comme moi je suis en toi … Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes. … Je t’ai fait connaître à eux et je continuerai à te faire connaître, pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux. (Jean 17)

Pendant sa prière, son front ruisselant de sueur comme des gouttes de sang, Jésus savait que Dieu le Père répondrait avec amour insondable et sagesse irréfutable, car il connaissait Celui à Qui il priait : « que ta volonté soit faite, et non la mienne ».

Jésus s’attendait à quelle réponse ? C’était l’amour de son Père pour lui, réalisé par lui en nous. C’était que nous mûririons en amour l’un pour l’autre. (Jean 13:35) Tout cela était « la joie qui lui était réservée ». C’est pour nous qu’« il a accepté de mourir sur la croix, sans tenir compte de la honte attachée à une telle mort ». (Hébreux 12:2)

Après vingt siècles de sophisme, de calomnie, voire de tuerie les uns des autres, la prière de Jésus est toujours en train d’être exaucée parce que Dieu demeure fidèle malgré notre infidélité. Après tout, il pria à son Père, non à ses adeptes. Et c’est son Père qui donne la réponse par son Saint-Esprit et par les Saintes Ecritures. Jésus pria spécialement pour notre vie ensemble, et les 14e et 15e chapitres de l’Epître de Paul aux Romains sont particulièrement utiles à cet égard. Ce matin, nous allons examiner de plus près ces bons conseils.

Paul avait conclu, vu la croix, que nous avons besoin d’une nouvelle vision du monde :

Alors, je vous demande ceci : offrez-lui vous-mêmes en sacrifice vivant, réservé à Dieu et qui lui est agréable. … Ne suivez pas les coutumes de ce monde, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Par la grâce qui m’a été accordée, je le dis à vous tous : n’ayez pas une opinion de vous-mêmes plus haute qu’il ne faut. Ayez au contraire des pensées modestes, chacun selon la part de foi que Dieu lui a donnée. (Romains 12:1-3)

Paul met en garde contre les usages de ce monde. Que sont-ils ? Jésus savait que ce monde ne connaît pas Dieu. Les obsessions aveugles de ce monde sont enracinées dans l’égocentrisme – « l’essence même du péché » (D.M. Baillie), mais prises à tort pour l’essence même du salut. L’égocentrisme suffoque de moi, moi et encore moi – exigences myopes que tout se passe comme je le souhaite : C’est moi qui compte, mon tribu, mon groupe d’identité, mes priorités. Dans ce monde, on affirme être plus saint que vous, plus sexy que vous, plus riche que vous, plus célébré que vous, plus moral que vous, plus correct que vous, plus persécuté que vous. Mais, ce que personne ne sait ni admet : plus défensif et moins en contact avec la réalité !

Il est suicidaire de s’illusionner comme le fait ce monde. Et aucune ‘réinterprétation’ ne masque la puanteur de la mort qui flotte dans l’air pour nous avertir. La propagande se trahit : les chemins larges de ce monde mènent en enfer.

Pourtant, par opposition à tous les chemins de ce monde, un chemin peu fréquenté mène ailleurs. Jésus nous invite à trouver ce chemin étroit, avec, pour le moment au moins, relativement peu de compagnons. Il nous invite de marcher avec lui, tout le long de ce chemin, ce qui est le Chemin de la Vie, lui-même. (Matt 7:13-14) Le Chemin de la Vie, lui-même, est le chemin du Serviteur qui souffre qui donna tout pour les autres et le fait encore, et sans surprise, ce chemin est donc très étroit dans ce monde. Mais, ce chemin étroit mène vers Dieu, vers « le lieu plus large de la liberté en Dieu, [un lieu qui est] tellement large », comme le dit Eugenia Price, « que nous serons tous convaincus pour toujours que nous sommes juste en train d’y entrer ».

Qu’est-ce qu’il dit au sujet du chemin étroit ? Etant donné l’amour du Père pour vous : « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous ». (Matt 7:12) Tout – quoi que ce soit – ce que nous voudrions ! Dans ce résumé de l’enseignement des Saintes Ecritures par la Vie, elle-même, il n’est pas du tout difficile de comprendre comment traiter autrui.

Mais, après ces mots au sujet de l’égard pour les autres, Jésus les avertit : Méfiez-vous des faux enseignants – loups féroces déguisés en agneau. Ne vous laissez pas berner par leurs dissimulations. Vous devez voir clair dans leur petit jeu en discernant le chemin qu’ils suivent. Suivent-ils le chemin étroit ou les chemins de ce monde, cherchant de vous traîner dans l’impasse qui ne mène nulle part sauf vers la perdition ? Prenez garde et faites attention aux chemins !

Les escrocs religieux continuent à nous chercher. Peut-être qu’ils parlent de « son » chemin, mais le suivent-ils ? Son chemin ne porte pas sur l’affirmation de soi. Ce n’est pas le chemin de la plus grande autonomie ni de la compassion de soi-même. Ce n’est ni la recherche de ‘l’estime de soi,’ ni le ‘service’ intéressé, ni ‘l’abandon’ égoïste. Et ce n’est pas un sentimental méli-mélo incohérent où tous les chemins se valent – sauf, bien sûr, l’unique Chemin, Jésus-Christ.

En suivant son Chemin, libérés de nos damnables revendications pour « le succès » sans aide, nous sommes libres de suivre celui qui s’identifia comme DIEU lui-même, en disant : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne vient au Père que par moi ». (Jean 14:6) Stoppés net devant le portail du chemin étroit, l’unique Chemin lui-même est le seul qui puisse nous mener loin de l’impasse d’égoïsme vers la Vérité elle-même, vers la Vie elle-même – YAHVÉ en chair et en os, mais qui s’identifie néanmoins avec nous.

Puisque Dieu nous renouvelle en Christ, nous pouvons nous entendons bien avec ceux que Dieu est en train de renouveler en Christ – quelque étranges qu’ils puissent nous paraître. Et nous pouvons, à notre tour, nous tourner avec compassion vers tous ceux qui ne comprennent pas encore ce qui veut dire être renouvelé par Dieu en Christ.

Paul se rend compte que nous allons suivre ce chemin avec des gens avec plus ou moins de foi. Quelques-uns, plus ou moins mûrs ; d’autres, plus ou moins immatures. Tous ne sont pas sur la même longueur d’onde. Et nous ne sommes pas toujours si gentils à ce sujet. Paul sait que nous sommes « les déchets du monde » aux yeux de ce monde – mais il y a des fois que nous ressemblons bien au rebut de l’humanité. (1 Cor 4:13) Quand même, nous les pinailleurs sommes « la Communion des Saints ». Nous qui pouvons être de vrais casse-pieds sommes « un sacerdoce royal ». Nous sommes « le corps mystique » mais nous pouvons être si pitoyables. Nous sommes l’Epouse du Christ – mais elle n’est pas encore prête pour ses gros plans. Et F. F. Bruce fait remarquer : « Les chrétiens sont enclins à la critique d’autrui plus qu’à aucun autre péché ». Connaissez-vous quelqu’un comme cela ? Vous en trouverez un dans le miroir !

Si c’est trop près à votre goût, diriger les projecteurs sur Lady Gaga, qui s’adore elle-même tout en débitant des insultes, nue sous une robe transparente de bonne sœur, ou sur Donald Trump, qui se vante d’être plus riche que Romney.* [* Mitt Romney – un des candidats républicains à la présidentielle 2012 aux Etats-Unis.] Avec toute leur renommée et leur argent, il reste un sens tenaillant que la richesse et la renommée ne suffisent pas. Or, Lady Gaga avoue « se sentir comme une perdante ». « Le Donald » le ressent aussi, mais ne peut pas l’avouer. Pouvons-nous ?

Pourquoi tout ce doute de soi-même ? En plus des diagnostics psychologiques, l’évaluation plus profonde, bien qu’impopulaire, c’est ceci : Nous sentons tous notre incapacité d’être ce que Dieu nous destina quand Il nous fit à Son image. (Rom 3:23) Comme l’exprima G. K. Chesterton : « Je ne suis pas moi-même ».

Nous avons donc tendance à fanfaronner, à nous plaindre, à trouver des excuses pour nous-mêmes et à trouver à redire aux autres. Mais nous ne pouvons pas gober nos propres dissimulations des échecs que nous voyons bien, trop bien. Pourquoi ? Nous sommes des complices de notre propre escroquerie ! Donc, désespérés, nous poussons nous-mêmes plus loin vers la tromperie et le déni – ou – nous sommes poussés dans les bras aimants du Dieu de toute grâce et toute paix en Jésus-Christ.

Dans Romains 14, Paul écrit aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi ainsi qu’à ceux qui ne le sont pas. Ils essaient tous d’imposer leurs opinions les uns aux autres. Comme l’explique Leon Morris : « Les forts ont souvent tendance à mépriser les faibles et à les considérer comme chrétiens inférieurs, tandis que les faibles, sachant qu’on aurait tort (selon leur façon de penser) de faire ce que font les forts, pensent bien trop facilement que les forts pèchent, et les condamnent. Les faibles sont fréquemment plus tyranniques ».

Bien que les faibles affirment croire l’évangile de la grâce de Dieu, ils peuvent se fier aux « œuvres mortes » de religiosité et être peu disposés à « entièrement faire confiance à Dieu, sans réserve. … La faiblesse, c’est la confiance en Dieu avec ajouts [le légalisme, le ritualisme, etc.], s’appuyant sur les béquilles de certaines coutumes et non sur Dieu seul ». (James D. G. Dunn) Et cela, comme le discerna D. Martyn Lloyd-Jones, c’est « la moralité sans aucun Evangile ».

Pour Paul, proclamer l’Evangile du Christ, c’est crucial. Il maudit tous ceux, y compris lui-même, qui voudraient proclamer un autre évangile – qui n’en est pas un. (Gal 1:8-9) ; 1 Cor 9:16) Pourtant, comme le remarque Bruce : « Quand les principes de l’évangile n’étaient pas en jeu, c’était le plus conciliateur des hommes ». Il est triste que, ces temps-ci, les chrétiens anti-gays et pro-gays peuvent tous deux être plus soucieux de la position que prend EC sur les questions gays que de notre position sur l’Evangile.

Si les chrétiens avaient pris la sagesse de Paul au sérieux, beaucoup de conflits, de crises, de division et de chagrin auraient pu être évités. Si nous prenions sa sagesse au sérieux, nous ne répéterions pas tant de péchés du passé.

Ces temps-ci, rien ne vexe les chrétiens plus que la lutte à propos des questions de l’ho-mo-sex-u-al-i-té, où certains combattants s’attardent sur chaque syllabe scandaleux, ou, si vous voulez, des questions de LGBTQQQueer (et ainsi de suite), où les combattants se prélassent dans une correction politique qui est plus encombrante que jamais. Et cet accent sur des choses sans importance détruit le sens de communauté chrétienne et sabote notre crédibilité auprès des non-croyants.

Mais, même quand on invoque des raisons ‘chrétiennes’ pour stigmatiser autrui, il y a toujours quelque chose de plus qui se passe. C. S. Lewis perçut « beaucoup d’hypocrisie » dans l’hostilité à l’égard de l’homosexualité, en affirmant : « Tout le vacarme n’est ni chrétien ni éthique ». Après tout, demanda-t-il, sans s’attendre à une réponse, « Combien d’entre ceux qui fulminent [contre l’homosexualité] sont en fait chrétiens ? » (Il l’écrit avant la montée de la Droite Religieuse – bien qu’il soit toujours raisonnable de poser cette question rhétorique.)

En 57 apr. J.-C., Paul écrivait de Corinth, s’occupant des disputes entre d’anciens païens et des chrétiens juifs à Rome. Ce qui était en question, c’était le plus détaillé des Dix Commandements, l’observance du Sabbat, enracinée dans l’histoire de la création dans la Genèse, et les lois bibliques sur ce qui est ‘pur’ et ‘impur’ où « les usages physiques, rituels et éthiques se chevauchent » (Charles Feinberg) et qui exigent parfois la peine de mort. Manger et boire ce qui avait été sacrifié aux dieux païens, puis vendu pour la consommation, c'était là une source de conflits.

Donc, pour les adversaires, ces questions n’étaient pas insignifiantes. Pourtant, pour Paul, et au vu de la foi en Christ seul, elles n’étaient pas essentielles. Plus tard, les chrétiens les appelèrent adiaphora, les ‘choses indifférentes’ en grec. Mais Paul ne pensait pas que la façon dont les chrétiens vivent les uns avec les autres soit une question d’indifférence. Il faut chérir chaque chrétien en Christ, car nous sommes tous une famille pour qui il est mort.

A part les détails des plaintes des Romains, ce conflit-là portait sur ce qui a toujours été la chose la plus importante, et l’est encore aujourd’hui : Vivre ensemble en Lui sans un test décisif pour quelque chose qui n’a rien à voir avec l’évangile du Christ.

Dieu merci, cette lettre nous parvint, nous pour qui Jésus pria et pour qui il la préserva. Nous pouvons nous voir nous-mêmes dans la dispute, « nous » et « eux », une sorte de test de Rorschach. Nous pouvons apprendre comment nous entendre les uns avec les autres, les faibles ainsi que les forts.

Dans le 14e chapitre des Romains, Paul commence par s’adresser aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi. Dit-il :

Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses scrupules.

« Zut ! C’est plus amusant de se disputer, non ? » Sans blague ? Se disputer renforce les craintes que nous puissions avoir tort. Essayer si fiévreusement de forcer les autres à se mettre de notre côté peut révéler que nous ne sommes pas vraiment si convaincus de notre opinion. Et s’ils font une remarque que nous ne pouvons pas réfuter ? Nous inventons des excuses, nions, mentons, mais écoutons rarement. Ayant besoin d’avoir raison sans en être convaincus, nous cherchons la sécurité par le nombre. Pas si vite ! Si nous – ou eux – étions sûrs d’avoir raison, aurions-nous besoin qu’un adversaire dise amen ?

Pouvons-nous avoir des opinions divergentes sans être sur la défensive, sans condamner ou dédaigner les uns les autres ? Nous le pouvons si nous sommes à l’aise avec ce que nous croyons. Sinon nous ne le pouvons pas. En sécurité en Dieu, nous ne nous sentons pas forcés à forcer autrui à nous mettre à l’aise. L’amour de Dieu en Christ nous met à l’aise. Nous n’avons plus besoin que les autres soient toujours sur la même longueur d’onde que nous. Quand nous changerons d’avis (et nous le ferons), nous n’aurons pas besoin qu’ils changent d'avis en même temps.

Bruce soutient l’approche hospitalière de Paul : « La ‘foi’ d’un chrétien peut être à bien des égards faible, immature et inculte ; mais il [/elle] doit être chaleureusement accueilli(e) comme chrétien(ne), non pas défié(e) de débattre les aspects de la vie à propos desquels il/elle n’est pas encore émancipé(e) ».

Paul commence par les forts vu que les forts devraient être capables de soutenir les faibles mieux que les faibles peuvent soutenir les forts. Afin que les deux groupes se comprennent, les plus mûrs doivent tendre la main aux moins mûrs, parce que les bras des moins mûrs n’atteignent peut-être pas aussi loin. Si quelqu’un insiste, « Je suis mûr ! » mais refuse de « s’abaisser jusqu’au niveau des bigots rétrogrades » – eh bien, est-ce cela est mûr ?

La fraternité entre les faibles et les forts n’est pas réalisable à moins que les faibles ainsi que les forts fassent tout leur possible pour l’atteindre. Une telle relation nécessite que les deux groupes se plient en quatre pour s’entendre les uns avec les autres, que ce soit dans leur faiblesse ou dans leur force. Il incombe aux forts de travailler encore plus dur.

L’un croit pouvoir manger de tout, tandis que l’autre, qui est faible dans la foi, ne mange que des légumes. Celui qui mange de tout ne doit pas mépriser celui qui ne mange pas de viande et celui qui ne mange pas de viande ne doit pas juger celui qui mange de tout, car Dieu l’a accueilli lui aussi. … Pour l’un, certains jours ont plus d’importance que d’autres, tandis que pour l’autre ils sont tous pareils.

La nourriture ? Les jours ? On s’en fiche ! Cette dispute-, qu’a-t-elle à voir avec nous ? Mais à cette époque-là, on parlait des jours, et non des homos. Ces jours-ci, on parle des homos, et non des jours. Mais qu’il s’agisse des jours, à ce temps-là, ou des homos, aujourd’hui, c’est la même préoccupation : comment s’y prendre avec des opinions divergentes sur des questions insignifiantes sans maltraiter les uns les autres ?

A chacun d’avoir une pleine conviction en lui-même. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur. Celui qui mange le fait aussi pour le Seigneur, puisqu’il remercie Dieu pour sa nourriture.

Mûr ou non, chacun doit obéir à sa propre conscience. On ne peut pas vivre par la lumière d’une autre personne. Nous ne pouvons pas vivre dans la lumière que nous n’avons pas. Et nous n’osons pas nous opposer à la lumière que nous avons. Et il nous faut accueillir tous qui sont en Christ parce Dieu le fait.

Qui es-tu, toi, pour juger le serviteur d’un autre ? S’il reste debout ou s’il tombe, c’est l’affaire de son maître. Et il restera debout, car le Seigneur est capable de le soutenir.

S’il est inadmissible de s’en mêler quand n’importe quel maître s’occupe d’un serviteur, il est sûrement inadmissible de s’en mêler quand le vrai Maître s’occupe de son serviteur. L’opinion du maître est tout ce qui importe ; les opinions des mouches du coche n’importent pas du tout. D’ailleurs, les maîtres peuvent faire en sorte que leurs serviteurs résistent aux reproches. Et notre Maître peuvent le faire aussi – Celui qui est mort pour ses serviteurs, et qui Dieu a ressuscité des morts pour que ses serviteurs puissent survivre au-delà même du Jugement Final !

Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur : soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur.

Nous sommes tous interdépendants ; personne n’est autonome. Et nous les chrétiens sommes un dans le Seigneur. Quoi que nous pensions, disions ou fassions, nous pensons, disons et faisons en présence du Seigneur. Notre vi et notre mort appartiennent au Seigneur.

Mais toi, pourquoi juges-tu ta sœur ? Et toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Nous aurons tous à nous présenter devant Dieu pour être jugés par lui. Car l’Ecriture déclare : « Moi, le Seigneur vivant, je l’affirme : tous les humains se mettront à genoux devant moi, et tous célèbreront la gloire de Dieu. » Ainsi, chacun de nous devra rendre compte à Dieu pour soi-même.

Donc, descends de vos faux trônes ! C’est Dieu qui jugera, pas nous ! Ce jour-là, nous devrons tous répondre pour nous-mêmes, et la seule réponse appropriée sera : « Ma main tremblante ne t’offre rien ; ta croix sanglante est mon seul bien ». (A.M. Toplady)

Cessons donc de nous condamner les uns les autres.

Paul emploie ici la première personne du pluriel, se référant donc à lui-même aussi. Il nous faut tous, faibles et forts, faire de même.

Appliquez-vous bien plutôt à ne rien faire qui amène vos sœurs et frères à trébucher ou à tomber dans l’erreur.

Il faut cesser immédiatement de condamner et de mépriser les autres au sujet des questions qui ne sont pas au cœur de l’évangile. Il nous faut tous prendre soin de ne pas inciter quelqu’un à tomber dans le péché en aucun cas. Mener les autres au pharisaïsme, les inciter à violer leur conscience – ce sont là des violations très graves de l’exhaustif appel de Jésus pour que nous les chrétiens prenions bien soin les uns des autres.

Quand un chrétien fort fait quelque chose avec une conscience tranquille, qui amène un chrétien faible à faire de même, le faible peut tomber dans le péché. Ou bien, les chrétiens plus faibles peuvent imposer des règles qui sont tellement strictes que certains deviennent exaspérés, rejetant toutes règles et la foi chrétienne solide aussi. Opprimés par les règles morales bêtifiantes, ils ne veulent plus rien avoir à faire avec l’orthodoxie. Mais alors, ils sont en proie à chaque prétention d’une alternative qui, même si incohérente, semble plus sophistiquée, plus tolérante.

Dans les débats sur les relations de même-sexe – anachronique du temps de Paul – ceux qui croient qu’il est acceptable d’être dans une relation de même sexe devraient prendre soin de ne pas promouvoir cela à tous ayant des désirs homosexuels. Les chrétiens qui sont plus faibles dans la foi peuvent être incités à violer leurs consciences.

Cette mise en garde ne veut pas dire que les chrétiens qui sont plus forts ne peuvent pas vivre leur liberté en Christ dans des partenariats de même sexe, mais ils ne doivent pas le faire d’aucune façon qui ne prenne pas bien soin des âmes plus faibles. Les forts devraient prier à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse et « avec intelligence » comme le demanda Paul. (1 Cor 14:15)

Les chrétiens faibles croient qu’on aurait tort d’être dans un partenariat de même sexe, mais ils ne doivent pas transformer leurs restrictions en des barrières qui peuvent détruire les vies d’autrui. Etant moins mûrs dans leur foi, ils peuvent omettre de lire la Parole dans sa totalité et d’écouter ceux qui sont plus mûrs dans la foi. Au même moment, pour ceux sur qui ils ont imposé ces lourdes restrictions, après la lutte de toute une vie contre leur homosexualité et voyant que les promesses « ex-gay » ont été démontrées comme fausses, le fait de ne jamais avoir eu une relation intime peut finalement être dévastateur. Sans compagnon de même sexe, ils peuvent se tourner vers les solutions rapides de porno et de promiscuité. De telles solutions superficielles sont rapides, mais ne satisfont pas l’envie, pas plus que la fraude « ex-gay ». Puis, ils gâchent leur vie dans une série de fantasmes – la maîtrise de soi qui ne réussit pas, les mariages mal assortis, les rapports sexuels anonymes – et finissent déprimés, malades, divorcés, accros ou morts – que ce soit leur intention ou non. Que les faibles prient à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse and « avec intelligence » comme l’a demandé Paul. (1 Cor 14:15)

Il est spirituellement et psychologiquement destructeur de violer votre conscience. Mais, la conscience ne parle pas ex cathedra. La conscience est conditionnée. Les idées vraies et fausses conditionne la conscience. Donc, Jésus affronta les pharisiens de son temps qui jouèrent sur les consciences du peuple : « Malheur à vous, enseignants de la Loi, vous imposez aux gens des fardeaux accablants ; mais vous-mêmes, vous n’y touchez pas du petit doigt ! » (Matt 23:4; Luc 11:46) Il est essentiel que les croyances qui façonnent la conscience soient identifiées et contestées par l’étude sérieuse, par la sagesse et par la prière sincère, afin que – si nécessaire – les croyances sans fondement peuvent être changées.

L’appel pastoral de Paul revient toujours à quelque chose que dit Jésus, ce qui « a des implications d’une portée considérable », comme le suggère Bruce, à savoirx` : « Le péché, la contamination morale, être rompu aux usages du monde, et ainsi de suite, se trouvent dans l’esprit des gens, non dans les objets matériaux ». Contrairement à l’interprétation consacrée, Jésus dit :

Rien de ce qui vient du dehors et qui pénètre dans l’homme ne peut le rendre ‘impur’. C’est, au contraire, ce qui sort de l’homme qui le rend ‘impur’ ! … C’est du dedans, c’est du cœur de l’homme que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l’exploitation sexuelle, au vol, au meurtre, à l’adultère, l’envie, la méchanceté, la tromperie, le vice, la jalousie, le blasphème, l’orgueil, et à toutes sortes de comportements insensés. Tout ce mal sort du dedans et rend l’homme impur. (Marc 7:14-16, 20-23)

Les lois bibliques avaient longtemps décrété que les rapports sexuels entre mari et femme les rendaient pollués pendant 24 heures. Après la naissance d’un fils, la mère était « impure » pendant 40 jours, et après la naissance d’une fille, elle était « impure » pendant 80 jours. Aujourd’hui, Bubbaloo Bubble Gum* and Chiclets* sont « purs », mais Lifesavers* et Altoids* sont « impurs ». Le problème, c’est le porc ! Qui l’aurait cru ? [* Bubbaloo Bubble Gum et Chiclets sont des types de chewing-gum. Lifesavers et Altoids sont des pastilles à la menthe.]

Mais Jésus est toujours allé droit au fond du problème. Réinterprétant les interprétations habituelles, il s’est dirigé vers les pensées qui provoquent le mauvais traitement d’autrui – les complots égocentriques pour exploiter, calomnier, violer, voler ou assassiner une autre personne. Ce qui est impur, ce sont les intentions malicieuses de traiter des êtres humains comme des objets, refusant de les considérer comme porteurs de l’image de Dieu.

Comme les églises protestantes historiques d’aujourd’hui, les synagogues sont en train de perdre des croyants en grand nombre tandis que les églises évangéliques sont florissantes. La plupart des juifs de nos jours se disent « simplement juifs ». Ils veulent dire qu’ils ne sont pas religieux. Donc, il y a quelques mois, trois cent rabbins se rencontrèrent à Las Vegas pour parler d’un « changement d’image » afin de combattre ces pertes. Un certain rabbin suggéra qu’ils laissent tomber le lien de avec la nourriture et redéfinissent la notion de kasher comme portant sur le traitement éthique dans l’industrie agro-alimentaire. Un autre rabbin parla déjà d’un « changement d’image » sur ce qui est kasher il y a 2.000 ans, non ?

Et Paul suivit ce rabbin d’autrefois :

Pour moi, je sais et je suis pleinement convaincu, en accord avec la pensée du Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi.

Les choses étaient symboliquement « pures » ou non pour rappeler la sainteté de Dieu aux juifs, l’altérité totale de Dieu. Mais nous transformons les symboles en idoles. Lewis se rappelle avoir lu cette phrase sur l’amour sexuel : « Cela cesse d’être un diable quand il cesse d’être un dieu ». Comme il l’a remarqué : « C’est bien dit, non ? Tant de choses – nenni – chaque chose réelle – est bonne si seulement elle sera humble ». C’est bien dit, non ?

Pour les forts, Paul reconnaît qu’en fait, tout est permis. Mais, il fait remarquer : tout n’est pas bon pour nous ni nous aide à grandir dans la foi. (1 Cor 10:23) Paul voit notre liberté complète en Christ, « non comme un droit, mais comme renonciation à son droit pour profiter à un autre. Avec les juifs, [Paul] a vécu comme les juifs. Avec ceux qui ont ignoré la loi de Moïse, il a vécu comme eux. Avec les faibles, il a vécu comme s’il était faible lui-même. » (Gunther Bornkamm) C’est en Christ que Paul est si libre qu’il est même libre de renoncer à son droit d’être libre ! C’est là la vraie liberté !

Donc, avec ce point de vue de liberté totale, Paul est d’accord que les forts dans la foi ont raison, qu’en effet, rien n’est impur en soi. Et puis, il l’ajoute :

Si quelqu’un pense qu’une chose est impure, alors elle le devient pour lui.

Dans les déclarations « oui/mais », l’accord exprimée dans la première partie est toujours secondaire par rapport à la clarification dans la deuxième partie. La clarification est le point essentiel.

Même si les faibles ont tort de penser que quelque chose est condamnable, ils auraient tort de le faire, ce qui les mettrait en danger. Voyez-vous, avoir la lumière la plus vive, ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, c’est de fidèlement vivre par la lumière qu’on a – quoi que ce soit la puissance en watts. C’est pour cela qu’on ne devrait pas pousser les gens d’aller au-delà de là où ils en sont dans leur voyage de foi en Christ. Nous pouvons essayer de leur apprendre à devenir plus mûrs en Christ, mais nous ne devons pas les inciter à aller là où ils ne veulent pas aller avec leur conscience actuelle.

Paul inclut ce rappel sérieux : le Christ aime vraiment ceux qui peuvent être tentés de violer leur conscience. Il est mort pour eux ! Donc, Paul conseille :

Si tu fais de la peine à ton frère ou à ta sœur à cause de ce que tu manges, tu ne vis plus selon l’amour. Pour une question de nourriture, ne va pas détruire celui-là pour qui le Christ est mort !

Ici, Paul ne s’inquiète pas parce que quelqu’un est simplement en désaccord avec nous. Il s’inquiète que ce que nous faisons peut détruire la foi d’un chrétien qui est faible dans la foi. Il nous laisse arriver à comprendre, avec amour et sagesse, exactement comment éviter de causer de tels dégâts terribles à la foi d’un autre. Mais est-il spécialement difficile de réaliser cela ? Le Christ n’est-il pas mort pour que nous puissions vivre ? Donc, ne nous-devrions pas, en mémoire de lui et avec gratitude pour son grand sacrifice pour nous, faire passer les besoins d’autrui avant notre propre gratification passagère ?

Que personne, donc, ne puisse calomnier ce qui pour vous est bon.

Ce qui est bon, c’est la liberté en Christ, mais ce n’est pas là la complaisance envers soi-même ! Ce qui est bon, c’est de respecter sa propre conscience, mais ce n’est pas là le relativisme ! Ce qui est bon, c’est que l’amour ne tient pas à être en contrôle, mais cela ne veut pas dire abandonner l’idée du Christ comme seul Chemin !

Ce qui est bon, c’est la bonne nouvelle de la grâce gratuite de Dieu en Christ seul – l’évangile que tant de gens méprisent à cause de son étroitesse d’esprit, une affirmation qui est elle-même étroite d’esprit. Mais Paul sait que les rites et les règles religieux n’ont aucune importance, tandis que le règne de Dieu en Christ est tout ce qui importe vraiment. Et Jésus le savait aussi, en citant Osée (6:6) aux Pharisiens qui l’ont critiqué pour avoir permis aux disciples de cueillir des épis pour en manger les grains le jour de sabbat : « Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices ». (Matt 12:7) Paul revient donc à l’essentiel :

En effet, le Royaume de Dieu n’est pas une affaire de nourriture et de boisson ; il consiste en la justice, la paix et la joie que donne le Saint-Esprit. Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes.

En réprimandant les chrétiens qui, ayant un différend avec un autre chrétien, demandent justice à des juges païens (1 Cor 6), Paul avertit que les injustes n’auront aucune part dans l’héritage du royaume de Dieu. Il énonça une liste d’injustes. Bruce explique que ceux-là sont, « plus particulièrement, ceux qui font du tort aux autres, » tels que ceux qui oppriment les autres par des actions en justice, ceux qui volent, escroquent, calomnient et exercent des sévices sexuels sur autrui et, pèchent contre Dieu par l’idolâtrie. Paul inclut des listes similaires de vices dans ses lettres aux Galates, aux Ephésiens et aux Colossiens aussi. Les coupables dans toutes ces listes blessent cruellement autrui, par exemple, par haine, par mensonges, par malice, par envie, par sorcellerie, et ainsi de suite. (Gal 5:19-21 ; Eph 5:3-5 ; Col 3:5-9)

Dans la liste de vices dans 1 Corinthiens on trouve ces énigmatiques mots – arsenokoitai et malakoi. Les enseignants anti-gays de nos jours infèrent que ces mots veulent dire « actif » et « passif » selon leur stéréotype moderne des couples LGBT. Ces interprètes supposent naïvement que leur projection explique ce dont Paul voulait dire il y a deux mille ans. Leur interprétation ne peut simplement pas refléter ce que Paul pouvait avoir en tête. A l’époque de Paul, il était impossible même de contempler des « unions » amoureuses de même sexe entre égaux. Si, comme le prétendent les anti-gays, la référence ci-dessus impliquait la pénétration d’un homme par un autre, à cette époque-là cet acte particulier aurait été une expression puissante d’avilissement – comme le viol des prisonniers de guerre ou les tentatives d’agression sur les visiteurs à Sodome et à Guibéa. Cela, ce n’est pas l’amour.

D’ailleurs, pour la plupart des couples – homos ou non – ce n’est pas question de pénétration. Il s’agit de la plus profonde intimité psychosexuelle. Les deux partenaires sont attirés l’un par l’autre parce que chacun considère l’autre comme une personne chérie, non comme une partie du corps.

Quoi que Paul entende par un mot qu’il forgea apparemment et par un autre mot qui veut dire « mou » en grec, il est certain que les couples LGBT, qui se soutiennent l’un l’autre à travers tous les hauts et les bas de la vie et ne maltraitent personne, sont mal servis par l’inclusion dans une antique liste de vices de ceux qui étaient, par définition, des fauteurs de trouble, des adultères, des escrocs, des calomniateurs, des menteurs, etc.

Bien sûr, les listes de vices comprennent des hétéros qui maltraitent. Mais les évangéliques anti-gays ont raison de ne pas en conclure que l’hétérosexualité, comme telle, est donc condamnable – quoique les rapports sexuels entre des personnes mariées et l’accouchement soient « impurs » dans la Bible. Donc, même si la prostitution, la pédérastie ou le viol est dans une liste de vices, c’est là parce que c’est du mauvais traitement, non parce que le mauvais traitement est hétéro ou homo.

Jésus reprocha aux pharisiens de son époque d’avoir spéculé au sujet du mariage, en employant le pire des cas scénario et en allant au-delà de leur propre expérience. (Matt 22:29) Tout en faisant beaucoup de bruit sur ce qui n’a aucune importance dans le règne de Dieu, ils interprétèrent mal les Saintes Ecritures et fermèrent les yeux sur la puissance de Dieu. Leurs descendants font de même ces jours-ci.

Ainsi donc, cherchons toujours ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi. Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu !

Aujourd’hui, on peut dire : Ne vas pas, pour la présence ou pour l’absence d’un pénis ou d’un vagin, détruire l’œuvre de Dieu dans ceux pour qui Jésus a tout payé.

Et une fois de plus, Paul demande aux forts de faire preuve de retenue et de compassion.

Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère [ou de ta sœur].

Au lieu de sacrifier les faibles pour satisfaire les désirs des forts, Paul conseille vivement aux forts d’être un sacrifice vivant au nom des faibles. Mais, il faut remarquer que le temps du grec indique ici que Paul se concentre sur une situation particulière, c’est-à-dire, « c’est une bonne idée d’abstenir de la viande, pour une fois. » Comme le font remarquer les érudits, ce n’est « pas une question de l’abstinence continue » par les forts. (Nigel Turner)

Ta conviction personnelle à ce sujet, garde-la pour toi devant Dieu.

Paul reconnaît que les forts peuvent exercer leur liberté en Christ en privé tout en étant raisonnablement sensibles aux besoins des faibles, mettant en balance la liberté de l’individu et la liberté de l’assemblée de fidèles – comme le font peu d’églises.

A Rome, les faibles comportaient beaucoup qui pouvaient être tentés d’imiter les forts en mangeant, en buvant et en différenciant les jours. Mais dans les disputes sur l’homosexualité d’aujourd’hui, la plupart des faibles, étant hétéros, ne pouvaient pas être tentés de « devenir homos ».

Pourtant, les chrétiens forts doivent soutenir les faibles qui essaient vraiment de s’abstenir du ‘péché’ de l’homosexualité. Donc, bien sûr, les chrétiens forts homos ne doivent pas flirter avec ceux qui sont faibles. Et tous les couples chrétiens ont besoin d’être sensibles aux chrétiens faibles homos. Faire étalage publiquement de leur amour d’une façon qui masque les défis même dans un bon mariage peut présenter une image trop parfaite de bonheur conjugale, et devenir donc une pierre d’achoppement pour les âmes solitaires qui doivent subir, de leur point de vue, une vie d’abstinence sexuelle.

Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même par ce qu’il approuve.

Se tournant vers les faibles, et toujours à portée de voix des forts afin de leur rappeler tous ce qui est en jeu pour la foi de tous, Paul avertit une fois de plus :

Mais celui qui mange tout en ayant des doutes à ce sujet est déjà condamné, car son attitude ne découle pas de la foi. Or tout ce qui ne découle pas de la foi est péché.

Les faibles et les forts doivent rester fidèles. Fidèles à qui ou à quoi ? Au Christ, bien sûr. Nous commençâmes avec la foi en lui ; il nous faut garder la foi en lui. Il faut tout subordonner au Christ. Il ne faut pas s’incliner devant aucun autre souci, devant aucune idole, devant rien qui passe avant la foi en Jésus-Christ seul.

Paul se tourne vers les forts, à portée de voix de tous, et répète :

Nous qui sommes forts dans la foi, nous devons porter la faiblesse de ceux qui n’ont pas cette force, nous ne devons pas chercher ce qui nous plaît. Il faut que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour son bien, pour le faire progresser dans la foi.

Porter leur faiblesse ? C’est là le moins que les forts puissent faire. Ne laissant pas les faibles les privent de la liberté en Christ, ils peuvent aider les faibles de progresser vers la maturité. Comme le dit Luther : « Nous devons fortifier et renforcer les faibles pour qu’ils puissent croître dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ ». Morris, lui aussi, est direct : « Un vrai souci des faibles voudra dire une tentative de les fortifier en les conduisant loin de leurs scrupules irrationnelles afin qu’ils, eux aussi, seront forts ». Et Bruce encourage « le chrétien émancipé à aider son frère ‘plus faible’ [ou sa sœur] à avoir une conscience plus éclairée. Mais, » avertit-il, « c’est un processus qu’on ne peut pas faire à la hâte ». Nous le savons tous d’après notre propre expérience, non ? Nous avons pris le temps qu’il nous a fallu ; il nous faut les laisser prendre leur temps, eux aussi.

Nous pouvons leur rappeler l’avertissement de Paul contre les demandes ascétiques des gnostiques : « Ne prends pas ceci, ne goûte pas cela, n’y touche pas ! » (Col 2:21) Les règles n’étaient ni sacrées ni utiles ; ni justes ni réalistes. Paul voit que les règles strictes ne servent à rien pour maîtriser l’indulgence. Elles ne font qu’alimenter nos rêvasseries insensées sur tout ce que nous croyons erronément que nous manquons.

Etant donné ce qu’il croyait sur le retour imminent du Christ, Paul pensait qu’il valait mieux ne pas assumer les responsabilités du mariage. Mais, il recommanda le mariage pour ceux qui, sans mariage, allaient brûler avec leurs besoins d’intimité non satisfaits. (1 Cor 7) Lewis fit remarquer la sagesse du missel : Si vous ne pouvez pas être chaste (et la plupart d’entre vous ne pouvez pas), mariez-vous. Dit-il : « C’est peut-être brutalement raisonnable, mais pour un homme, cela a du sens, point final ».

En 1960, Lewis écrit au peintre Delmar Banner (qui était homosexuel), lui disant qu’il était en faveur de la décriminalisation de l’homosexualité, et qu’il soutenait « les homos persécutés par des fouineurs et par des mouches du coche ». Trente ans plus tôt, Banner s’était marié avec la sculpteure Josefina de Vasconcellos, une chrétienne, dévote et joyeuse, qui découvrit tôt que cela allait être un mariage sans sexe. Le mariage dura 53 ans. En 2005, 22 ans après la mort de Banner, elle mourut à l’âge de 100. Mais dans toutes nos circonstances, on a besoin de la grâce et sagesse de Dieu, qui nous fortifient, dans nos affaires avec autrui. Donc, Paul prie :

Que Dieu, source de toute patience et de tout réconfort, vous donne de vivre en plein accord les uns avec les autres, conformément à l’enseignement de Jésus-Christ. Ainsi, d’un même cœur et d’une seule voix, vous célébrerez la gloire du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

Accueillez-vous donc les uns les autres, tout comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.

Plus tôt, Paul nous rappela que nous étions encore des pécheurs quand le Christ est mort pour nous. (5:8) Il demanda à Dieu d’être lui-même maudit pour que ses frères puissent être bénis. (9:3)

Et alors donc, si les faibles considèrent les forts comme pécheurs, ne devraient-ils pas imiter le Christ plutôt que de les condamner ? Ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier eux-mêmes, au moins à sacrifier leur condamnation, au nom de leurs frères plus forts ? Et, si les forts considèrent les faibles comme inférieurs, imitant le Christ, ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier eux-mêmes, au moins à sacrifier leur mépris, au nom de leurs frères plus faibles ? Ne pouvons-nous pas au moins cesser de détenir les uns les autres en otage de nos consciences ?

Comme le dit un certain écrivain: « Jésus n’est pas mort sur la croix pour montrer qu’il a raison. Il est mort sur la croix pour sauver ceux qu’il aime ». (John Stackhouse) Et nous, ses adeptes, ne sommes pas appelés à montrer que nous avons raison. Nous sommes appelés à montrer le chemin qui conduit à Jésus, le seul et l’unique Sauveur du monde ! Nous sommes appelés à suivre son chemin étroit, avec amour pour tout le monde comme Jésus en fait preuve sur la croix. Peu importe si nous n’aimons pas trop quelqu’un. Peu importe si quelqu’un ne nous aime pas trop. Ce qui importe, c’est que Dieu nous aime tous.

Lewis argumenta en faveur d’« un norme clair du christianisme élémentaire (‘christianisme simple’ ...) qui met en perspective les controverses du moment ». Les controverses du moment vont et viennent. Mises en perspective, elles ne furent pas considérées comme essentielles au « christianisme simple » pas plus que les disputes actuelles. Les nôtres, comme le reste, disparaîtront, mais tristement, non avant de faire des ravages sur les âmes.

Jésus pria à son Père pour nous tous : « pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux ». Et il dit que l’amour que nous avons l’un pour l’autre ferait preuve du fait que nous sommes ses disciples. (Jean 13:35) C’est dans la vérité d’être réconciliés avec Dieu en Christ que nous pouvons librement nous permettre un amour réconciliant les uns pour les autres, car l’amour avec lequel nous devons nous aimer les uns les autres est l’amour même par lequel nous sommes aimés par Dieu en Christ.

Cela fait cent ans que Kate Hankey s’endormit dans le Seigneur. Elle attend la Résurrection. Elle écrit le chant : J’aime raconter l’histoire de Jésus et son amour. Que l’on soit homo ou hétéro, plus faible ou plus fort dans la foi, la seule et l’unique histoire merveilleuse est « la vieille histoire de Jésus et son amour ». Nous sommes appelés à vivre et à raconter cette histoire tout le long du chemin étroit. Vivre le chemin, c’est de se reposer tellement dans l’amour de Dieu qu'avec reconnaissance, nous aimons Dieu avec tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, et aimons notre prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. (Matt 22:37-40) Raconter le chemin, c’est d’aimer Dieu et autrui tellement qu’avec reconnaissance, nous partageons cette vieille histoire de la bonne nouvelle qui « donne à trembler ceux qu’elle justifie et console ceux qu’elle condamne ». (Blaise Pascal) Voilà l’évangile : « Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes ». (2 Cor 5:19)

Pour tant de gens, l’histoire ne porte pas sur la bonne nouvelle de Jésus et son amour. Qu’elles soient nominalement théistes ou païennes – moralistes, légalistes, relativistes, sécularistes, athées, polythéistes ou panthéistes – les histoires sont égoïstes – obsédées d’elles-mêmes et finalement, dévorées par l’obsession. Donc, tristement, les gens sont enfermés tout seuls, perdus dans eux-mêmes, malades du péché – vexés, en colère, épuisés, cyniques, vantards et pourtant, méfiants et apeurés. Et quelques-uns de nos amis les plus proches justifient leur conviction que tout leur est dû, et finissent par être pris au piège d’obsession de soi. Ils ont besoin de trouver un moyen de sortir – en Celui qui est lui-même la Voie, la Vérité et la Vie – « une telle Voie qui nous donne le souffle, une telle Vérité qui met fin à tous conflits, une telle Vie qui tue la mort ». (George Herbert)

Sachant que la prière de Jésus fut exaucée, si l’amour du Père pour son Fils demeure en nous, si lui est en nous, et si nous ne sommes en vie que dans sa Vie, que faisons-nous donc pour aider autrui à le connaître ? Que faisons-nous qui les empêche de le connaître ? Dieu pleura pour les perdus de Ninive, Jésus pleura pour les perdus de Jérusalem, et Paul, lui-même en larmes, conjura les chrétiens à travers les siècles de pleurer pour les perdus de leur propre génération: « Revenez une fois pour toutes à votre bon sens, et ne péchez pas ; car certains d’entre vous ne connaissent pas Dieu. Je le dis à votre honte. » (1 Cor 15:34)

Est-ce que cette vieille histoire de Jésus et son amour nous détourne d’être follement obsédés des choses d’indifférence – la politique d’identité, la religion centrée sur des questions gays, non sur Dieu, et être distraits par la baliverne – pour aimer ceux pris au piège d’égocentrisme tellement qu’ils se tournent vers celui qui nous aime parfaitement ? Est-ce que la vieille histoire de Jésus et son amour sera notre thème, maintenant et dans la gloire de la Nouvelle Terre et les Nouveaux Cieux pour toujours, avec eux ensemble ?

Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournons à Dieu les mains vides. Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournerons à Dieu main dans la main.

©2011 Ralph Blair. Tous droits réservés

2 commentaires:

Anonyme a dit…

TRÈS TRÈS INTÉRESSANT. MERCI.
Elle s'appelait Guillemette,elle s'est suicidée e août 2011.
À 42 ans,seule,sans amie ni enfants et n'osant pas avouer ses penchants .
En son nom et ceux de tous ceux qui ont souffert comme elle,ma filleule,plus de cela à l'avenir

Annabella Deshant a dit…




"Je me présente à vous
Mme Annabella Deshant
je suis particulier française .
je suis la 36eme femme reconnue en 2012 comme prêteuse particulier française du
Cour de cassation - Arrêts
Cour de cassation
Article L. 12-5, alinéa 2, du code de l'expropriation
Non renvoyée au Conseil constitutionnel
Alinéas 3 et 4 de l'article 662 du code de procédure pénale
Irrecevabilité
Alinéas 3 et 4 de l'article 662 du code de procédure pénale
Irrecevabilité
Article 35 quater de la loi du 29 juillet 1881
Non renvoyée au Conseil constitutionnel
Articles 222-22, 222-27, 222-28, 222-29, 222-29-1, 222-30 et 222-31 du code pénal
Non renvoyée au Conseil constitutionnel
Article 88 du code de procédure pénale
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