jeudi 4 septembre 2014

Cet article dans Le Point est bien interessant ! Le Vatican reconnaît le droit des couples gay

vendredi 22 août 2014

Ça alors ! Je suis tellement occupé ces derniers jours au travail que j'ai peu de temps pour mettre ce blog à jour. Néanmoins, je vois qu'il y a eu près de 16.000 visiteurs. Merci à Dieu pour ton grâce et ton amour.

jeudi 25 avril 2013

Félicitations à tous mes frères et sœurs LGBT en France !!!

mardi 12 février 2013

Je suis venu à Paris en janvier. C'était ma première visite. Un joli séjour malgré le mauvais temps. J'ai assisté au culte à la Cathédrale Américaine, et ai déjeuné avec quelques amis du Groupe Lambda de la cathédrale.

lundi 17 septembre 2012

Merci

Il est étonnant et vraiment gratifiant de constater le nombre de gens qui viennent lire mon blog. Merci à tou(te)s qui continuent à chercher la vérité de la Bonne Nouvelle destinée pour tous.

mercredi 27 juin 2012

La prospérité des spirituellement pauvres

par Ralph Blair
le premier des trois sermons donnés en Octobre 2011
au Festival de prédication d'Evangelicals Concerned

MATTHIEU était méprisé par ses compatriotes juifs. En tant que collecteur des impôts pour l’occupant romain, ils le considéraient comme un traître qui prenait l’argent exigé par Rome et gardait ce qui restait pour lui-même. Les juifs le détestaient. Jésus l’a choisi.

L’Evangile de Matthieu à peine amorcé, on trouve ce qu’on appelle « Le Sermon sur la montagne ». Connu comme « le joyau suprême dans la couronne de l’enseignement de Jésus » (Michael Green), c’est introduit avec une formulation littéraire qui signale le poids des paroles de Jésus. Sa chaîne de mots particulière : « il ouvrit la bouche et se mit à les enseigner ». On le lit :

Jésus, voyant les foules, monta sur une colline et s’assit. Ses disciples se rassemblèrent autour de lui, et il ouvrit la bouche et se mit à les enseigner. [Matt 5:1,2]

.Le Sermon sur la montagne commence par les Béatitudes. Jésus lui-même les avait formulées pour que ses adeptes puissent les facilement apprendre par cœur, et le grec koinè qu’emploie Matthieu utilise l’allitération dans un même but. Pourtant, la familiarité ne signifie pas la compréhension. Simplement apprendre par cœur ce qui est mal compris et mal utilisé peut empire les choses. Gandhi a confus les paroles de Jésus avec des plans directeurs pour la utopie. Marx les a confus avec des drogues. Les protestants libéraux et les fondamentalistes les déforment à leur propre manière. Nous avons besoin de savoir ce que voulait dire Jésus, non ce qu’on nous a dit ce qu’il voulait dire.

Et nous avons ici pas tant un seul sermon qu’une organisation thématique d’un message fondamental que Jésus a sans doute déclaré à maintes reprises.

Bien qu’il y ait une foule qui soit à l’écoute de ce qu’il dit, Jésus se concentre sur ses disciples. Si nous ne voyons pas cela, nous allons mal interpréter ses Béatitudes comme une sorte de liste généralisée de choses à faire – de simples mantras moralisateurs de bon sens pour tout, ou comme Nietzsche les a mal interprétées, des absurdités pour tout asservir. Mais ces Béatitudes ne sont rien de tel. Plutôt, elles sont la façon de Jésus de décrire la distinction d’être ses disciples, citoyens chanceux du royaume de Dieu.

N’importe quel axiome peut avoir du sens pour les chrétiens comme pour les non-chrétiens. C’est vrai même pour deux aphorismes du Dr Bob Jones, Sr, affichés sur les murs des salles de classe de l’université de Bob Jones : « La plus grande aptitude, c’est la fiabilité ». « On ne peut bouger sans produire des frictions ». « Il est possible d’emprunter l’intelligence, mais pas la caractère ». Et ce petit bijou de sagesse simple : « La plus importante lumière à la maison, ce n’est pas le lustre dans le salon. C’est la petite lampe dans le couloir qui vous évite de casser le cou quand vous allez à la salle de bains en pleine nuit ». Tout le monde peut profiter de ceux-là.

Mais les Béatitudes de Jésus sont tout autre, quoique deux des dictons du Dr Bob nous préparent à les comprendre. Comme il l’a dit : « C’est la Croix où j’obtiens le pouvoir de vivre le Sermon sur la Montagne ». Il a aussi dit : « Les religions du monde disent ‘Faites et vivez’. La religion de la Bible dit, ‘Vivez et faites’ ». Et dans ce sens, selon Michael Green d’Oxford : « La religion dit ‘Faites !’ Le Christ dit ‘Accompli !’ ».

D’ailleurs, on ne peut comprendre ni les Béatitudes ne le reste du Sermon sur la Montagne avant de voir que le Sermon sur la Montagne est fondé sur le mont Calvaire. Et le mont Calvaire n’est intelligible que de la perspective du mont de la Transfiguration du Christ (17:1) et du mont de la Tentation du Christ (4:8) et du sommet du mont Sinaï.

La Bonne Nouvelle de Dieu est bonne parce qu’elle nous parle de l’initiative de Dieu en réconciliant l’humanité avec Lui-même par l’arrivée de sa royaume dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Mais, comme je l’ai dit, même des croyants ne voient pas cela – ni les protestant libéraux ni les fondamentalistes. Les libéraux rejettent la Bonne Nouvelle avec dédain, la qualifiant de fictive et inutilement « sanglante ». Ils réduisent leur religion à un postmodernisme irrationnel, aux paradigmes œcuméniques incohérents et à un amalgame de politiquement corrects programmes sociaux. Les fondamentalistes réduisent la pertinence pour aujourd’hui du Sermon en adhérant à un schème des « dispensations » du 19e siècle dans lequel ce qu’ils appellent « l’âge millénial » est séparé de ce qu’ils appellent « l’âge de l’Eglise », ce qui rend le Sermon pratiquement hors de propos. Les libéraux et les soi-disant « progressifs » affirment que le Sermon parle surtout de la moralité, et les fondamentalistes croient que le Sermon ne les concerne pas du tout. Ils sont tous trop occupés à avancer leur propres préjugés en ce qui concerne le texte pour prendre la peine d’exposer ce que dit véritablement le texte.

Les mots anglais associés aux Béatitudes sont « blessed » ou « happy » (‘béni’ ou ‘heureux’). Mais ce sont des traductions insuffisantes du terme grec makarios. Pour nous, ‘béni’ connote une négociation religieuse, l’éthique de quid pro quo. ‘Heureux’ connote l’émotion. Mais makarios signifie un état de choses enviable. C’est un hourra rassurant, une exultation : « C’est bien fortuné ! » « C’est bien nanti ! » A City Church en 2004, j’ai prêché sur les Béatitudes et j’ai appelé le sermon « Félicitations ! – Jésus », comme si le titre était un message instantané envoyé par Jésus.

Donc, au lieu d’être un code éthique que le public devrait essayer de suivre tout seul, les Béatitudes montrent la vérité encourageante du royaume de Dieu, le règne de Dieu, réalisée et accomplie dans la vie, la mort et la résurrection du Christ.

Jésus ne nous offre les Béatitudes qu’après nous avoir demandé de repentir, de revenir à Dieu. (Matt 4:17) En octobre, le mois de la Réformation, c’est bon de se rappeler que le tout premier des 95 thèses de Luther a été ainsi : « Toute notre vie est le repentir ». Le royaume de Dieu est en train de poindre pour eux alors que Jésus leur annonce la bonne nouvelle. Les Béatitudes sont destinées pour les croyants qui sont entrés par « la porte étroite » (Matt 7:13), ceux qui font du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux leur préoccupation première (Matt 6:33) – une droiture de cœur qui n’est pas une question de garder la loi, mais d’un don magnanime. C’est la droiture réelle de Dieu Lui-même, pas une droiture simulée par nous. C’est, comme j’ai cité Michael Green : pas une question de ce que nous avons à faire, mais de ce que Jésus a déjà fait.

Jésus a réprimandé les religionistes qui l’avaient critiqué pour avoir dîné avec des parias chez un percepteur des impôts dont la maison a été construite avec de l’argent sale. En citant Osée (6:6), il a indiqué qu’il n’était pas venu appeler des soi-disant justes, mais ceux qui avouent leurs péchés. (Matt 9:13) Et son thème tout au long du Sermon est ainsi : « Ne soyez pas comme les païens ! » (Matt 6:7f), ni même des ‘païens’ portant des châles de prière ! Paul a fait écho à cet appel quand il a écrit aux Romains que, vu le don de la grâce de Dieu, et en reconnaissance de cela, ils ne devraient pas se laisser modeler par les valeurs de ce monde-ci. (Rom 12:1f)

Les Béatitudes sont dans la tradition de la sagesse sacrée des Proverbes et les Psaumes. Ce que Jésus nous enseigne ici doit être pris pour une objectivement vraie description de la bonne fortune de ses adeptes en le suivant.

Et, bien sûr, si c’est intuitivement connu, cette sagesse transformera en une expérience affective profonde – qu’il s’agisse des soupirs de chagrin ou de soulagement, du profond désespoir ou de la joie de la présence de Dieu – même sans aucun changement de circonstances quotidiennes observables, parce que l’inobservable circonstance a été immuablement changée, pour toujours. Voilà ce qu’a dit Hannah Whitall Smith au sujet du témoignage joyeux de son amie Nancy, ainsi que du sien.

On doit aussi noter que les Béatitudes ne décrivent pas les différents types d’adeptes de Jésus. Elles décrivent toutes la bonne fortune de tous ses disciples fidèles – quelles que soient leurs circonstances extérieures.

Donc, pour résumer, avant de regarder de plus près chacune de ses Béatitudes, on devrait garder à l’esprit le fait que chaque promesse repose sur la prémisse que les destinataires sont déjà comme Jésus les a décrit – pauvres en esprit, en deuil, humbles et ainsi de suite. Les Béatitudes ne sont pas les recettes de Dieu pour la vie chrétienne, mais les dons de Dieu pour la vie en Christ. Et la vie en Christ est bien une Béatitude !

Les Béatitudes commencent par la Béatitude préliminaire la plus appropriée, parce que la première remarque l’orientation de tous les adhérents de Jésus vers la réalité à travers la montée parmi eux du royaume de Dieu par leur Créateur, Rédempteur et Ami. C’est là la vision chrétienne du monde, c’est là le style de vie chrétienne parce que c’est elle-même la vie en Christ.

Jésus le déclare :

Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres, car le royaume des cieux leur appartient !

Les spirituellement pauvres sont vraiment très bénis ! Est-ce paradoxal? Bien sûr. La sagesse du Seigneur va à l’encontre des manières sages de ce monde-ci.

Quand Jésus se réfère aux « spirituellement pauvres », il ne veut pas simplement dire ceux dans la pauvreté matérielle, bien que, dans la pensée hébraïque, il existe un lien entre la piété et la pauvreté – comme dans les « gens de la terre » en Galilée, si dédaignés par l’élite religieuse. Ici, la « pauvreté » signifie la pauvreté sociale, le stigmate des parias et des marginalisés.

La plupart des premiers disciples – en fait, la plupart des premiers chrétiens – étaient, en effet, matériellement pauvres. Même ceux qui n’étaient pas matériellement pauvres, e.g., les gérants de pub et les percepteurs des impôts, étaient tout aussi marginalisés que les boiteux, les mendiants aveugles, les prostituées et tous les autres que les autorités religieuses étiquetaient comme de sales « pécheurs ». Ils étaient oppressés sous les menus détails des règles et des rituels avec lesquels les chefs religieux les noyaient mais ne faisaient rien pour les aider. Et les choses n’allaient pas mieux pour les pauvres sous les fardeaux de la domination romaine.

Et alors, qui étaient ces spirituellement pauvres que Jésus a appelé heureux ?

Ils étaient et sont les « pauvres » qui connaissent néanmoins Dieu. Ce sont eux qui se rendent compte qu’ils sont vraiment à bout du rouleau et aux portes de la mort. Ils savent qu’ils sont désespérés. Ils savent qu’ils sont indignes. Ils savent qu’ils sont morts dans le péché et ne possèdent rien à gagner la faveur de Dieu. Mais, d’une manière ou d’une autre, même dans cet état moribond, ils se rendent compte que Dieu est le dieu vivant et est donc leur seul espoir pour la vie. Et ils dépendent donc sur Dieu seul.

Et voilà exactement pourquoi ils sont si heureux. C’est pourquoi Jésus les félicite. Comme l’exprime un érudit biblique : « Pour Jésus, l’effusion de la grâce, catégorique et sans condition, pour ceux dans une situation désespérée est décisif ». (Ulrich Luz) Ces gens-là se connaissent eux-mêmes. Ils savent qui ils sont et qui ils ne sont pas. Tous seuls, ils ne sont pas des dieux, mais en Dieu, ils appartiennent à Dieu. Ils se tournent vers le seul Dieu vivant pour s’animer. ce qui, pour ceux qui ne comprennent rien, peut sembler être preuve d’une « piètre estime de soi », mais en fait, c’est sagement un sens de leur propre valeur. Et c’est là leur bonne fortune. Vu de cet heureux point de vue, ils peuvent tenir autrui en haute estime, et Dieu avant tout. Leur avantage reste en se rendant compte que leur besoin réel va au-delà de quoi que ce soit qu’ils pourraient jamais faire pour eux-mêmes tous seuls, et de quoi que ce soit que n’importe quelle autre personne pourrait faire pour eux.

Ils se rendent compte qu’aucune des prétendues solutions des systèmes de ce monde-ci ne suffirait jamais à résoudre leur problème. Et ils en savent assez pour ne pas se vanter d’une fausse autosuffisance spirituelle. Ils en savent assez pour ne pas se laisser convaincre qu’ils puissent se sortir de leur situation désespérée avec assez d’argent ou de manipulation. C’est là pourquoi ce sont les spirituellement pauvres qui sont les vrais riches. Ils savent que le problème le plus profond est un problème spirituel. Ils savent que leur pauvreté omniprésente est spirituelle. Et donc, ils se tournent heureusement vers l’Esprit de Dieu seul, et trouvent en Lui la seule solution.

Pourquoi les païens pensent autrement ? En pensant autrement, ils n’en ont jamais assez. Jamais assez d’argent, de célébrité, d’estime de soi, d’affirmation, de tranquillité d’esprit, de temps, de sexe, de trucs. Ils ont le sentiment qu’il y a quelque chose qui manque. Mais ils se trompent sur ce qui manque vraiment. Ils sont toujours attirés par l’insignifiant, finissent par rien avoir, et puis courent après plus de la même chose. Rien ne suffit jamais. Ils n’ont jamais assez de néant. Les idoles ne suffisent pas. Les idoles ne livrent pas la marchandise. Mais les païens refusent de l’admettre. Ils refusent de voir leur pauvreté spirituelle.

Les spirituellement pauvres savent ce qui manque. Ce qui manque n’est pas le néant mais le Dieu de toute consolation. Et donc, ils se tournent vers Dieu pour se repentir. Ils se tournent vers Dieu pour résoudre leur problème avec Lui. Et ils découvrent en Dieu, comme l’a fait Anne, que Dieu suffit !

Face aux conséquences dévastatrices du péché, les spirituellement pauvres se détournent de l’égocentrisme pour se centrer dans le Dieu vivant, Celui qui les recentre, réconciliés à Lui-même. Tandis que d’autres âmes, malades de péché, cherchent des solutions par l’égocentrisme, essayant de générer en quelque sorte un salut tous seuls en s’enfonçant dans des choses superficielles, les heureux élus s’enfoncent dans la profondeur de l’Amour le Tout-Puissant et trouvent leur Place.

Dans son ouvrage classique, Qu’est-il arrivé au péché ? Karl Menninger, l’éminent psychiatre, a fait remarquer la détresse d’un « sens persévérant de culpabilité » causé par le péché. Et il a trouvé qu’« il était pathétiquement contreproductif de tenter de l’enlever en projetant le blâme sur autrui quand, plutôt, ils pourraient bénéficier d’un repentir honnête et d’une rédemption réelle ». Que Menninger s’en soit rendu compte ou non, c’était là une approbation enthousiaste de la première Béatitude de Jésus : « Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres ».

Regardez toutes les autres façons de promouvoir la superficialité comme solution pour cette impression universelle que quelque chose ne va pas chez nous. On peut se laisser séduire par la science. Mais, comme l’a conclu l’historien Arnold Toynbee : « La science n’a donné aucun signe de pouvoir faire face aux problèmes humains les plus sérieux. Elle n’a pu rien faire pour guérir l’homme de sa propension à pécher et de son sentiment d’insécurité, ni pour éviter la douleur de l’échec et la peur de la mort. Par-dessus tout, elle ne l’a pas aidé à s’évader de la prison de son égocentrisme inné ».

Après tout ce temps, le salut au moyen d’une strictement laïque science est censé avoir rendu la religion obsolète. Mais les laïcistes n’avaient pas prévu qu’un sens du sacré persisterait et se répandrait.. D’une voix haletante, CNN rapporte les constatations d’une étude par l’université d’Oxford coûtant plusieurs millions de dollars : « La religion est naturelle, voire instinctive, pour les êtres humains, comme le suggère une nouvelle étude énorme des cultures partout dans le monde ».

Allô ? Les laïcistes ne peuvent pas s’empêcher d’être pris au dépourvu en matière de l’Esprit. L’humanité, n’a-t-elle pas toujours eu des pressentiments voire l’évidence manifeste de la présence indéniable de Dieu, indices célébrés par le Psalmiste (Psaumes 19:1) et donc, d’après Paul, les gens n’ont aucune excuse (Romains 1) ? Dans son ouvrage, Le sacré, Rudolf Otto a affirmé que « tout le développement religieux témoigne de cette conscience universelle qui n’a qu’une seule expression appropriée » – ce qu’il a appelée le mysterium tremendum. Mais malheureusement, pour bien trop de gens d’aujourd’hui, le mysterium tremendum se fait obscurcir par des obsessions du Facebookium triviandum !

Quand même, comme le reconnût Otto – ainsi que les Ecritures saintes – ce « mystère inexprimable » combine « une harmonie étrange de contrastes », provoquant à la fois la tranquillité et le tremblement. Mais, bien sur, cela peut être déformé pour devenir diabolique. Les prophètes et les apôtres proclament le dégoût de Dieu pour la religion pharisaïque qui cherche à manipuler le Divin pour payer nos dettes. Comme l’a dit Karl Barth : « Aucun comportement humain n’est plus critiquable, plus douteux, ou plus dangereux que le comportement religieux. Aucune entreprise ne soumet les gens à un jugement aussi sévère que celle de la religion ». Et comme les rédacteurs du Christianity Today l’ont si bien résumé dans un éditorial cette été : « En bref, la religion est notre tentative vaillante de nous réconcilier avec Dieu tout en ignorant le fait qu’il s’est réconcilié avec nous en Christ. Continuer à travailler pour notre justification au lieu d’accepter notre justification est l’essence de la religion ».

Regardez tous les vains efforts de la religion païenne pour acquérir le salut : national-socialisme d’Hitler, le fascisme de Mussolini, le communisme de Staline et Mao ainsi que leurs nombreux imitateurs, tout aussi pervers. Ils sont venus et ils sont partis, laissant la misère humaine incompréhensible dans leur sillage, le massacre des millions de personnes – dans un seul siècle de prétendu progrès. Et les gens continuent à nourrir l’espoir pour ces dogmes païens.

Et les vains efforts de notre société dans les modes, les engouements et les fantasmes qui font les gens tourner en rond, courant après le « dernier cri » et puis l’abandonnant pour la prochaine manie ? Nous sommes pris par un tourbillon de distractions vertigineuses et sottes, sans relâche. Et donc, bien sûr, ce qui résulte, c’est la déception, le mécontentement, la désillusion et le désespoir. Mais la déception, le mécontentement, la désillusion et même, dans certains cas, le désespoir, peuvent être des bienfaits si nous nous éveillons de nos illusions de sorte que nous nous tournons vers Celui seul qui peut remplir le vide qui est tellement profond que rien ne peut l’emplir à part l’amour même du Dieu vivant en Christ.

Quand nous sombrons dans le désespoir né de l’égocentrisme, l’humiliation qui en découle peut être un bienfait si, suivant la sagesse des saints de tous les âges, nous cessons de compter sur nous-mêmes voire autrui pour le maximum de satisfaction. C’est alors que nous pouvons nous tourner vers Dieu. Quand nous voyons cela, nous arrivons à nous écarter de l’autonomie arrogante et des rationalisations nées de l’apitoiement sur soi, à nous tourner complètement vers le Dieu vivant et à faire pleinement confiance en Lui qui nous fait justes par sa propre droiture. Enfin, nous nous tournons vers Celui qui seul peut nous livrer de tout mal. C’est cela le repentir, vous voyez. Le repentir, c’est la peine ressentie pour notre péché. Comme l’a dit le théologien suisse Emil Brunner : « Se repentir, c’est de désespérer de nous-mêmes, de tous nos vains efforts d’éliminer la culpabilité que nous faisons venir sur nous-mêmes. Se repentir signifie un rejet radical de l’autonomie afin de faire pleinement confiance à Dieu seul. Se repentir signifie reconnaître l’autonomie comme étant le cœur du péché. »

Eh bien, pas étonnant que Jésus ait enseigné que ceux qui voient la vide de leur vie, et reconnaissent leur folie, leur fragilité et la futilité de leurs propres solutions sont ceux qui sont vraiment riches. « Ceux qui sont vides devant Dieu, c'est eux … à qui la promesse est faite ». (Gerhard Barth)

Savons-nous cette vérité puissante de pauvreté spirituelle dans nos propres vies ? Est-ce que nous-mêmes voyons la perspicacité transformatrice de ceux qui sont spirituellement pauvres ? Prions que nous le faisons. Croyez-le sur parole.

Jésus a dit que les spirituellement pauvres – ceux qui savent déjà qui ils sont et à qui ils appartiennent – sont déjà les citoyens du royaume des cieux. Jésus emploie le temps présent : « le royaume des cieux leur appartient », i.e., ils sont sous le règne de Dieu et habitent son royaume. Ce n’est pas question de l’avenir. Les spirituellement pauvres appartiennent déjà – ici et maintenant – au royaume de Dieu en Christ qui est tout proche. En se tournant vers Dieu, ils sont entrés dans la présence de Dieu.

Et Jésus a encouragé ses disciples à prier que le règne de Dieu vienne sur la terre comme ce soit « au ciel », c’est-à-dire, comme ce soit en Dieu, Lui-même. (Matt 6:10) Jésus parle de notre avant-goût du pleinement réalisé règne de notre Père – « déjà, mais pas encore » – dans la présence duquel les spirituellement pauvres se reposent et prospèrent !

Et Jésus a aussi dit :

Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera.

D’après la coutume sémitique, Jésus a employé la voix « passive-divine » en se référant à Dieu. C’était une précaution traditionnelle afin de ne pas se référer directement à Dieu. C’est en contradiction avec l’insouciance irréfléchie des païens et les fondamentalistes de nos jours qui sont si prompts à citer le nom de Dieu.

Mais pour ne pas passer à côté du fait que c’est Dieu que Jésus avait en tête, j’ai traduit ses paroles avec la voix active, fournissant ainsi le mot qui manque, « Dieu ». La traduction littérale de cette béatitude préserve la voix passive : « Heureux ceux qui pleurent, car eux seront consolés ». Consolés par qui ? Il est entendu : Consolés par Dieu, bien sûr.

La construction « divine-passive » indique aussi que la promesse sera tenue avec certitude – car il s’agit de Dieu. L’émerveillement dans les paroles de Jésus sur cette consolation profonde n’a pas échappé à Oscar Wilde. Ce dernier connaissait le chagrin et l’a dit : « Partout où se trouve la douleur, c’est terre sainte ».

Et une fois de plus, comme auparavant, Jésus parle principalement du spirituel. Dans la première béatitude a-t-il parlé de la pauvreté spirituelle. Il parle ici de la douleur spirituelle – un profondément spirituel gémissement qui découle du fait de savoir l’étendue du fossé entre la droiture pure de Dieu et notre pharisaïsme putride. Conscients de cela, nous pleurons. Mais nous ne pleurons pas tous seuls. Car Dieu, vu en Jésus, a aussi pleuré. (Luc 19:41, Matt 23:37) Et encore, dans la douleur il existe une réorientation vers Celui qui seul a la faculté de nous réconforter et nous soutenir, qui va en effet nous réconforter et nous soutenir et effacer toutes les larmes. La rédemption s’enracine dans un tel remords, et s’épanouit dans la résolution de Dieu pour la réconciliation et le soulagement éternel.

Bien sûr, bien que le deuil soit un processus salutaire, le deuil, tout seul, ne résout réellement rien. Le deuil, tout seul, ne réconcilie rien de ce qui est profondément aliéné. Le chagrin, tout seul, ne soulage rien, ne renouvelle rien, ne régénère rien, ne ramène rien d’entre les morts. Comme l’a dit Augustus Toplady : « Si mes larmes pouvaient couler pour toujours, elles ne pourraient pas expier le péché ; Tu dois sauver, et Toi seul ».

D’ailleurs, ce n’est seulement pas notre propre péché que nous pleurons et pour lequel nous avons besoin d’être sauvé. Il n’est pas difficile de voir qu’une si grande partie de la souffrance du monde découle du péché, pas seulement le nôtre – au sein de notre petit cercle égocentrique – mais le péché des persécuteurs et celui des victimes vengeresses aussi. Et quelles que soient les explications théologiques que nous pouvons fournir pour les prétendues catastrophes « naturelles », il y a néanmoins beaucoup à pleurer. En effet, comme l’a écrit Paul, la création tout entière est unie dans un profond gémissement, attendant la libération. (Rom 8:22ff) Et ce que Paul a appelé notre avant-goût de cette rédemption cosmique est sûrement soutenu dans la promesse de la deuxième béatitude de notre Seigneur.

Le deuil a un moyen de nous faire mûrir, de nous faire aller là où nous n’irions que sous la contrainte. Et les larmes ne brouillent pas toujours notre vision. Comme le témoignent les paroles autobiographiques d’Ira Stanphill : « Il a lavé mes yeux de larmes, pour que je puisse voir ».

Quelques-uns d’entre nous au sein d’EC se rappellent que c’était bien là le témoignage de Robert Hoppe et Robert Burger. C’était au milieu des années 80, ces jours épouvantables où l’épidémie de SIDA était en train d’envahir. Il est apparent que ce n’était que dans et à travers ce temps d’anxiété la plus profonde, de deuil anticipatif et la suite de tristesse due à un amant perdu – un temps que Hoppe a appelé « le pire et le meilleur » temps de sa vie – que lui et Burger ont connu une relation profondément personnelle avec Jésus-Christ. Une relation personnelle avec Jésus était quelque chose qu’aucun de ces deux New-yorkais branchés dans des années 70 et 80 n'auraient même envisagée. Mais leur nouveau Sauveur, Seigneur et Ami est devenu leur Rocher pendant les derniers mois de leurs vies ici sur terre. Pendant leur douleur, ils ont mis leur confiance enfantine dans l’Homme de douleur, et le consolation qu’ils ont reçue, ils ont fait ce qu’ils pouvaient pour la transmettre à autrui. Hoppe et Burger ont consolé les autres au moyen de la profonde consolation qu’ils ont reçue de leur Consolateur divin. « Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera ! »

Ceux d’entre nous qui nous connaissons être spirituellement pauvres, chantons avec ferveur la doxologie le dimanche matin – nos louanges au Seigneur – « Vous qui subissez longuement la douleur et le chagrin, faites l’éloge de Dieu et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, O louez-le ! ô louez-le ! Alléluia (grêle à Yahvé) Allélu – YAH ! Alléluia ! » La Paix des spirituellement pauvres est Dieu en Christ, lui-même.

Amen.

©2012 Ralph Blair. Tous droits réservés.
(Traduction : Fred Wells)

dimanche 8 avril 2012

Cérémonie de mariage de Ron et Terry (le texte)

Mes deux amis Terry et Ron se sont mariés le 10 mars. Ci-dessous je vous présente le texte de la cérémonie, avec l’aimable autorisation du couple, bien sûr, et du Dr Ralph Blair, qui l'a écrit.

Nous nous rassemblons aujourd’hui sous le regard de Dieu, et en présence de vous qui sont aussi des témoins, pour proclamer l’alliance de mariage entre Ron et Terry – leur complet et fidèle amour pendant les hauts et les bas qu’ils ont vécus ensemble.

Dans le livre hébraïque des Commencements, on lit que le Seigneur Dieu créa l’univers entier. Et après chaque étape successive de la création, le seigneur Dieu déclara que c’était bon. Et finalement, Dieu créa la couronne de la création : un être humain. Une fois de plus, Dieu dit : « C’est bon ». Et l’être humain apprécia la compagnie de son Créateur et prit plaisir au reste de la création. Mais alors, pour la toute première fois, Dieu dit : « Il y a quelque chose de pas bon. Il n’est pas bon que l’être humain n’a pas de compagnon humain. Je lui donnerai donc la compagnie d’un autre être humain ». Et c’est là ce que Dieu fit. Et l’humain s’exclama joyeusement : « Voilà enfin, os de mes os et chair de ma chair » – mais quelle altérité fascinante ! (Genèse 1 & 2)

Quelques siècles avant la naissance de Jésus, un sage hébreu a écrit ces paroles affirmant la valeur de l’intimité entre humains :

Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister. (Ecclésiaste 4:9-12)

Avant de commencer son ministère, Jésus a été invité à assister à des noces à Cana, en Galilée. Sa mère et quelques amis ont aussi été invités. Et bien que les Juifs ascétiques dédaignaient le mariage, pour la plupart des Juifs, les mariages étaient de festives et heureuses célébrations qui pouvaient durer pendant des jours.

À un moment donné, il ne resta plus de vin. Cette erreur de calcul n’était pas seulement gênante pour l’hôte, mais les invités pouvaient la prendre comme une insulte, ce qui pouvaient même donner lieu à une action en justice. Quand sa mère lui chuchota ce problème, Jésus dit, avec du désintérêt apparent : « Je le vois. Ce n’est pas le moment de me dévoiler ». Cependant, comptant sur la ingéniosité de son fils et confiante qu’il ferait la bonne chose, Marie dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Jésus leur dit de remplir d’eau quelques jarres. Il leur dit alors d’en prendre un peu et d’aller l’apporter au chef sommelier. Après l’avoir goûté, le chef sommelier déclara que c’était le tout meilleur vin et se demanda pourquoi on ne l’avait pas servi plus tôt. Pourtant, encore mieux que ce vin nouveau était le fait que, suite à son signe d’autorévélation, les amis de Jésus étaient convaincus de lui faire confiance pour plus de changer l’eau en vin. (Jean 2)

Or, certains croyants ne croient pas que Jésus aurait changé l’eau en alcool. Ils prétendent qu’il changea l’eau en jus de raisin. Ils ont tort. Un chef sommelier ne se vanterait jamais de jus de raisin. Et les non-croyants ne pensent pas que Jésus changea l’eau en quoi que ce soit parce qu’ils prétendent qu’il ne le pouvait pas. Et ils ont tort. Et beaucoup de croyants de nos temps pensent que Jésus n’assisterait jamais à un mariage de même-sexe – encore moins y donnerait sa bénédiction. Eh bien, ils ont tort aussi. Jésus est présent ici, aujourd’hui, comme il l’a toujours été dans la relation de Terry et Ron.

Au printemps en 55 apr. J.-C., l’apôtre Paul a écrit aux chrétiens à la ville de Corinth. Il a écrit sur l’amour. Mais bien que nous n’avons qu’un seul mot pour exprimer « l’amour » en anglais, le grec au temps de saint Paul en avait plusieurs. Il choisit un mot négligé, agapé, et le donna le sens de l’amour le plus riche que le monde a jamais su. Agape n’est pas simplement un sentiment. Agape est un engagement persévérant, un amour par choix, un amour en action qui cherche le bien-être d’un autre.

On lit souvent ces mots de Paul dans les mariages, bien qu’ils ne centrent pas sur le mariage en tant que tel. Ses mots sont pertinents pour le mariage et pour beaucoup plus. Voilà ce qu’il écrit :

Si je parle avec éloquence – même dans le langage des anges – mais si je le fais sans amour, je ne fais que beaucoup de bruit. Je pourrais avoir une grande perspicacité dans la volonté même de Dieu, savoir tout sur tout et même avoir la foi à déplacer les montagnes, mais si je fais tout cela sans amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.

L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère.

Donc, l’amour ne périt jamais. Les prophéties, les langues, la connaissance ? Tout cela disparaîtra. Ce que nous connaissons à présent ne sont que des bribes passagères. Quand toute la réalité aura été révélée, ce qui est incomplet sera remplacé. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais et je raisonnais en enfant. Une fois devenu homme, je me suis défait de ce qui est propre à l’enfant.

Aujourd’hui, certes, nous ne voyons que d’une manière indirecte, comme dans un miroir. Alors, nous verrons directement. Dans le temps présent, je connais d’une manière partielle, mais alors je connaîtrai comme Dieu me connaît.

En somme, trois choses demeurent: la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour. Ainsi, recherchez avant tout l’amour. (1 Corinthiens 13)

Neuf ans plus tard, Paul a écrit aux Ephésiens, recommandant cet amour agapé comme la base de chaque mariage chrétien – mutuellement se soumettre les uns aux autres par révérence pour le Christ. Il a dit que c’est un tel amour sacrificiel qui permet que les besoins de les deux personnes soient satisfaits en communion l’un avec l’autre et que c’est un portrait du mariage entre le Christ et les gens de toutes périodes, de toutes cultures et de toutes races – Juifs ainsi que Gentils – tous purifiés et faits saints comme l’Epouse du Christ pour toujours. (Ephésiens 5:21-33) Et en citant le prophèt hébreux, Ésaïe, dans encore une autre lettre aux Corinthiens Paul l’a écrit : « ce qui l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, ce que l’esprit humain n’a jamais soupçonné, mais que Dieu tient en réserve pour ceux qui l’aiment ». (1 Corinthiens 2:9, Ésaïe 64:4)

Bien sûr, Paul a adapté ses images à la compréhension du rôle des sexes au 1er siècle, de même que nous adaptons l’essentiel de son enseignement aux compréhensions du 21e siècle. Pourtant, même à son époque, ses propos défiaient les assomptions culturelles des privilèges et domination masculins. Et sa vision franche et libérante représente maintenant un défi pour quelques-unes des assomptions de notre culture sur le mariage.

Comme l’a remarqué un historien évangélique : « Le christianisme ne possède pas une seule essence culturelle qui est nettement définie. Plutôt, il apparaît sous plusieurs formes (parfois, des formes très différents) dans des siècles différents en divers endroits ». Il l’observe – à propos de notre cérémonie ici aujourd’hui : « Vous trouverez des ressources dans le christianisme pour vous et votre situation culturelle particulière que ceux qui en sont éloignés n’auraient jamais crues possibles ». (Mark A. Noll)

Depuis 30 ans Terry et Ron bâtissent leur mariage sur l’amour agapé, des valeurs communes, la soumission mutuelle et le travail d’équipe.. Ils ont resté en phase l’un avec l’autre. En effet, c’était ce jour même, le 10 mars, en 1982 – l’année où ils se sont rencontrés – où, pour la première fois en 800 ans, tous les neuf planètes de notre système solaire étaient parfaitement alignés. Cela s’appelle la syzygie, d’après le mot grec pour « attelés au même joug ». C’est un symbole approprié de la vie de Ron et Terry ensemble – tandis que les planètes ont longtemps repris leurs mouvements ordinaires et l’état de New York venait de comprendre leur mariage.

Et alors, Ron, promets-tu de continuer à aimer Terry, à l’honorer, à le chérir et à le réconforter, pour le meilleur et pour le pire, dans la maladie et dans la santé, aussi longtemps que vous vivrez tous les deux ?

RON : « OUI ».

Donc, Ron, pour symboliser ton alliance avec Terry, tu peux mettre un anneau sur son doigt.

Et Terry, promets-tu de continuer à aimer Terry, à l’honorer, à le chérir et à le réconforter, pour le meilleur et pour le pire, dans la maladie et dans la santé, aussi longtemps que vous vivrez tous les deux ?

TERRY : « OUI ».

Donc, Terry, pour symboliser ton alliance avec Ron, tu peux mettre un anneau sur son doigt.

Maintenant, en présence de Dieu et de vos familles et amis, tout ce qui nous reste est de proclamer, avec joie et reconnaissance, votre amour – votre mariage.

Prions :

Dieu éternel, Créateur et Rédempteur, nous te remercions d’avoir été avec Terry et Ron dès le début. Nous te remercions de continuer à bénir leur amour, ce qui reflète l’amour que tu nous as si généreusement donné de tant de façons différentes. Que leur amour devienne encore plus profond et mûrisse selon ta grâce et paix. Et que nous, les familles et les amis, fassions notre part pour soutenir leur mariage saint.

Nous prions au nom de Jésus, Amen.

mardi 20 mars 2012

Heureux ceux avec les bonnes priorités

par Ralph Blair
le deuxième des trois sermons donnés en Octobre 2011
au Festival de prédication d'Evangelicals Concerned

Jésus a dit :

Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage.

UN DESSIN HUMORISTIQUE dans le New Yorker illustre un pauvre type nouvellement arrivé aux portes du Paradis. St. Pierre examine l’écran de son ordi et lui dit : « Vous me dites ‘humble’, mais les archives indiquent ‘passif-agressif’ ».

On interprète mal le sens de l’humilité. Les humbles, sont-ils simplement timides ? ou des mauviettes ? « L’humilité » est-elle simplement un stratagème pour l’autodéfense ? Est-ce juste une moue – un plan calculé pour obtenir ce qu’on veut ? Une certaine timidité a peut-être l’intention d’intimider. Ou peut-être s’agit-il d’un trouillard. Mais tous ceux indiquent un manque de l’humilité dont Jésus parlait.

Jésus incarne lui-même l’humilité dont il parle. Comme l’a écrit Paul sur Jésus aux Philippiens, « le Christ n’a pas cherché à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, prenant la condition d’un serviteur ». (Phil 2:6-7) En entrant dans Jérusalem le premier dimanche des Rameaux, on le décrit comme doux, humble, et monté, non sur un grand cheval comme un général triomphant, mais sur un ânon. (Matt 21:5) Et n’a-t-il pas soulagé ceux accablés d’un lourd fardeau avec ces mots apaisants : « Venez à moi, je vous donnerait du repos. Prenez mon joug sur vous. Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur – et vous trouverez le repos pour vous-mêmes, car mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère. » (Matt 11:28-30) Il s’abaisse jusqu’à nous.

L’histoire des religions et des superstitions du monde ainsi que nos propres histoires personnelles nous enseignent que les règles, les rituels et tous les autres obligations de religion, de légalisme et de soi-disant spiritualités peuvent piéger voire tuer. Jésus le savait, lui aussi. Ses oppresseurs étaient des chefs religieux, excessivement critiques, qui ont comploté pour le tuer parce qu’il ne s’est pas laissé tromper par eux. Il prêchait contre la façon qu’ils avaient accablé les gens avec de pesants fardeaux sans lever le petit doigt pour les aider. (Matt 23:4) Pierre et Paul ont continué à cet égard, comme nous le voyons dans le discours de Pierre au Concile de Jérusalem (Actes 15:10) et dans les lettres de Paul (par exemple, Romains 7:10, 24-25). Au lieu du joug écrasant de la Loi sous lequel Pierre a dit que ni eux ni leurs ancêtres n’avaient jamais eu la force de porter, Jésus nous invite de prendre son joug sur nous. Quel que soit la tâche, ce sera tellement plus facile avec lui à côté de nous. Oh, le joug de Jésus constitue un massage pour les cous et les épaules fatigués !

Jésus dit que les humbles hériteront la terre. Comment ça ? Eh ben, n’est-ce pas nos soucis terrestres auxquels la plupart d’entre nous nous inquiétons la plupart du temps ? Nous nous inquiétons ici et maintenant à notre futur ici et alors. Et si ceci se produit ? Et si cela se produit ?!! Nos soucis terrestres, tous nos spéculations, s’allongent fantastiquement devant nous, à l’infini et ad nauseam.

Pourtant, Jésus a dit : ne vous inquiétez pas pour la moindre de ces choses de votre vie quotidienne – ce que vous allez manger, ce que vous allez porter, « si seulement » ceci, « si seulement » cela. Il a noté que « Les païens se préoccupent sans cesse de toutes ces choses ! » Il leur a donc demandé : « Ne savez-vous pas que votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin ? » Ce seul mot devrait suffire aux sages ! Il a donc enseigné : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données en plus ». (Matthieu 6)

Sans une bonne raison pour cesser de s’inquiéter, on ne peut pas. Jésus nous donne donc de loin la meilleure raison pour ne pas nous inquiéter. Ce qu’il dit a du sens, non ? Nous pouvons nous permettre de cesser de nous inquiéter parce que Dieu est clairement déjà conscient de nos besoins et nous donnera ce dont Il sait, dans sa sagesse incompréhensible et dans son amour incontestable, nous avons besoin. Mais comment savons-nous qu’Il le fera ? Nous le savons parce que, quand nous sommes dans notre besoin le plus urgent, il était déjà allé à la croix. Avec une telle assurance de Son amour, nous pouvons nous permettre de cesser de nous inquiéter. Avec cette assurance, devrons-nous vraiment insister pour que tout aille selon nos souhaits ? Faut-il que tous nos vœux soient exaucés et faut-il nous enfuir de tous nos fantasmes ? Sommes-nous incompréhensiblement sages ? Sommes-nous incontestablement aimants ?

Donc, attelés avec Jésus, votre stress est détendu chaque jour alors que vous avancez avec lui à vos côtés. Comment ? Son joug masse votre stress.

Et si, en tant que l’un des spirituellement pauvres, vous faites déjà partie du royaume juste de Dieu, n’est-il pas certain que tout ce dont vous avez besoin de Lui, vous en recevrez aussi ?

Dépassant de loin le vieil espoir d’une terre promise, Jésus promet le monde entier – un tout Nouveau Monde, le royaume cosmique, complètement racheté, sous le souverain règne de Dieu.

Etes-vous en deuil pour votre propre péché ? Réjouissez-vous du salut du péché et de la mort. Souffrez-vous parce que les autres ont péché contre vous ? Réjouissez-vous du salut du péché et de la mort. Votre dette a été payée et la leur aussi – payée sur la croix. Soyez humble et imperturbable, reconnaissant parce que les rachetés n’ont pas besoin de se donner des airs, pas besoin de ressentiment ni de vengeance. Les rachetés ont raison de se réjouir du Sauveur. Soyez attelé au joug avec lui qui a renoncé son égalité avec Dieu pour être attelé au joug avec vous. Et attelé avec lui, soyez attelé au joug avec les autres pour qui, eux aussi, il a renoncé son égalité avec Dieu. Prenez les choses comme elles viennent, de jour en jour, parce que vous vous rendez compte qui est à vos côtés à travers tout. C’est votre Créateur à vos côtés. C’est votre Sauveur attelé au joug avec vous. Et c’est également leur Créateur, Sauveur et Seigneur. Avec Lui, son Nouveau Monde est le vôtre et le leur aussi. C’est comment et pourquoi nous pouvons être humbles. Nous sommes attelés au joug avec Jésus, celui qui est venu être attelé avec nous à travers tout l’enfer que nous n’aurons jamais affronter, puis jusqu’à un tout nouveau monde. Partager son joug détruit notre orgueil insensé et nous donne un cœur tendre et humble et joie docile. Nous chantons donc dans la doxologie : « Doté donc d’un cœur tendre, prenez votre part en pardonnant autrui. Chantez ses louanges, Alléluia ! Alléluia ! Alléluia ! »

Et Jésus a aussi dit :

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, cars ils seront rassasiés !

Comme le chante le Psalmiste : « Comme un cerf qui soupire après l’eau des ruisseaux, de même je soupire après toi, ô mon Dieu. » (Ps 42:1) Et encore : « Le Seigneur a désaltéré les assoiffés, il a comblé de biens les affamés ». (Ps 107:9)

Mais alors que nous entendons ces mots anciens, il ne faut pas nous leurrer. Nous, ici et maintenant, n’avons jamais connu la soif réelle. Nous n’avons jamais connu la faim réelle – comme les gens du monde ancien connaissaient la faim et la soif et comme les gens du tiers-monde et du quatrième-monde connaissent la faim et la soif aujourd’hui.

Quand nous étions assoiffés, il est probable que ce n’était pas la soif réelle. Nous étions d’habitude à quelque pas de l’eau de robinet, sinon l'eau de source embouteillée du Fidji ou de la Finlande. Quand nous disons : « Je crève de faim ! », nous nous leurrons. Nous avons sans doute mangé il y a pas plus de quelques heures, et notre repas prochain sera d’ici quelques minutes.

Mais les gens de l’époque biblique dans le Moyen-Orient aride connaissaient les crampes d’estomac, l’épuisement, l’atrophie musculaire – et pire – de la faim totale. Et ils connaissaient les douleurs des crampes et des maux de tête sévères – et pire – de la déshydratation sévère. Sans secours, ils sont morts de faim en moins de quelques semaines. Sans secours, ils sont morts de soif en moins de quelques jours.

Et alors, quand Jésus parle de la bonne fortune de ceux qui « ont faim et soif de la justice », il faut nous efforcer d’entendre ce qui a été originairement entendu. Si nous ne le faisons pas, nous penserons à tort que la bonne fortune est liée aux miettes maigres d’une ‘spiritualité’ qui n’exige rien. Accroché aux amuses-bouches de pharisaïsme, on ne peut guère avoir faim du repas copieux de justice (Matthieu 5 :20)

Ce dont Jésus parlait était la vraie urgence de ceux qui savent qu’ils ont un besoin urgent des rudiments de la vie elle-même – que leur besoin est une question de vie ou de mort. Voilà l’urgence avec laquelle les heureux qui cherchent à être remplis poursuivent la condition de disciple pour se fier à et pour obéir au Seigneur. C’est là leur conscience de leurs propres incapacités et de leur dépendance absolue de Dieu seul. Et, bien sûr, la faim et la soif sérieuses de la justice du Dieu par qui et à l’image de qui ils ont été créés, et par le Fils de qui ils sont rachetés, seront, effectivement, complètement assouvies. Rien d’étonnant à ce que la faim et la soif de Lui et de Sa justice soient si épanouissantes, portent tant de bonheur !

Sommes-nous poussés par une telle faim et soif de Sa justice, d’une intimité croissante avec Lui ? (2 Cor 13:14)

Et Jésus a aussi dit :

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

Avant d’être abattu dans un hôtel new-yorkais en 1990, le rabbin Meir Kahan, fondateur de la Ligue de Protection Juive, classé par le FBI comme « organisation terroriste d’extrême-droite », a cyniquement prétendu que « La miséricorde a sa place, de même que la cruauté et la vengeance ». Et depuis des siècles, il n’a pas été le seul à l’affirmer. Des appétits féroces pour la vengeance et pour la cruauté viennent facilement à ceux qui se focalisent sur les torts qu’on leur a causés plutôt sur les torts qu’ils causent à autrui.

Mais la vengeance et la cruauté ne peuvent pas être les bonnes réponses pour un disciple du Christ ! Pourquoi ? C’est parce que ceux auxquels Dieu, celui qui est parfaitement saint, donne tant de miséricorde, ne peuvent que chercher à être miséricordieux à tous les autres dans un esprit d’humble gratitude. La miséricorde n’est pas due. La miséricorde n’est pas méritée. La miséricorde est un don pour ceux qui méritent la punition – voire la mort. C’est pourquoi nous qui avons reçu la miséricorde du Christ de la croix pouvons montrer une telle miséricorde, même aux ennemis.

Si nous refusons d’aider autrui après avoir reçu de telle miséricorde, jusqu’à quel point comprenons-nous vraiment ce que le Christ a fait pour nous ? Si Dieu a tourné le dos à lui-même, en forme de son Fils, de telle sorte à ne jamais devoir tourner le dos à nous – comment pouvons-nous tourner le dos à autrui, même s’ils nous ont tourné le dos ?

Rien d’étonnant à ce que les miséricordieux soient si heureux ! Leur manifestation de miséricorde montre qu’ils savent ce que c’est que de recevoir la miséricorde de Dieu. Leur miséricorde découle de celle que Dieu leur a montrée. C’est en fait la même miséricorde.

Les érudits bibliques font remarquer que, dans l’Ancien Testament grec, à la différence du grec non-biblique, « montrer de la miséricorde » – hilaskomai – est sans égal parmi les païens ». (Nigel Turner) L’idée centrale de la miséricorde dans la Bible, c’est le pardon. La miséricorde ne portait plus sur superficiellement pacifier les dieux païens en manipulant le public avec magique. Il ne s’agissait plus d’un prêtre païen amenant les dieux à se sentir redevables à nous. La miséricorde et le pardon bibliques portaient sur un acte bienveillant de Dieu seul. Et, progressant vers le Nouveau Testament, cet acte bienveillant de la miséricorde de Dieu était historiquement vécu sur la croix du Calvaire, même jusqu’à la mort.

Et alors, nous les disciples du Christ pouvons nous permettre de cesser d’être obsédés par les torts faits à nous en concentrant à nouveau sur les torts que nous faisons à autrui, et sur les torts innommables que nous avons faits à Dieu qui, en Christ, a pris la punition de nos péchés dans Lui-même, souffert et mort pour que nous puissions non seulement survivre mais prospérer. Nous pouvons fixer nos yeux sur le Crucifié et voir notre seul salut en lui.

Comme dans toutes les Béatitudes, Jésus parle à ses disciples – ceux qui, dans leur bon sens de pauvreté spirituelle, dépendent complètement de Dieu seul, et ainsi, sont des citoyens du royaume de Dieu. Jésus parle à ceux qui, déplorant leurs propres torts et ceux d’autrui, se tournent vers Dieu et sont réconfortés ainsi. Et il parle à ceux qui, en désirant profondément une relation plus fidèle avec Dieu, sans ne guère se soucier de désobéissance et alimentés par la fidélité, font des prières qui sont entendues et exaucées.

Si nous sommes reconnaissants d’avoir reçu le pardon, nous désirons vivement pardonner. Si nous ne savons pas ce que c’est que de recevoir le pardon, nous n’allons pas probablement pardonner autrui. Mais certains qui ont reçu le pardon refusent de pardonner. Jésus a raconté une parabole d’un tel homme. On avait pardonné une dette énorme qu’il avait due. Mais alors il a refusé de pardonner une petite dette que un autre homme lui devait. Jésus a indiqué que sa parabole portait sur le royaume de Dieu, et a prévenu que, vu la grande miséricorde que Dieu nous fait, ce serait une tort scandaleuse si nous refusions de faire miséricorde à autrui. (Matt 18:21ff) Puisque la Béatitude est adressée aux disciples du Christ, notre empressement à transmettre cette miséricorde à autrui, en tant que ses disciples, résulte du fait d’avoir déjà reçu le pardon de Dieu. La promesse rassurante de la Béatitude c’est que je confirme ma réception du pardon de Dieu quand moi-même, je pardonne. Heureux les miséricordieux !

Jésus a aussi dit :

Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu !

Les purs ce sont ceux qui aime et servent Dieu de tout cœur. Leur dévouement à Dieu est pur et résolu.

Dans la pensée hébraïque, le cœur a représenté le moi, la vie, l’esprit – l’essence – le centre d’un être humain. Avoir un cœur pur, c’est donc vivre, en plein cœur de son essence, une vie d’intégrité, une vie qui est tout à fait intégrée, d’une seule pièce, sans réservations, sans intendance mesquine, sans loyautés en concurrence, sans idoles, sans d’autres « dieux », point final.

Le cœur, comme Jésus le savait, est le centre par lequel on pense et parle, a des intentions et agit. Il ressort donc du cela que ceux dont le cœur est pur sont ceux qui aiment et servent Dieu avec tout ce qu’ils ont. Ils aiment Dieu avec tout ce qu’ils possèdent et dans tout ce qu’ils font – l’essence du premier Commandement. Et si oui, ils aiment leur prochain comme eux-mêmes, comme Jésus a résumé la Loi de Dieu. (Marc 12:29f) Dans leur suite de Jésus, ils n’ont aucun souci sauf la volonté de Dieu. Ils n’ont pas d’obligations en concurrence, pas d’intérêts contradictoires, pas compartimentage de leur identité ‘chrétienne’ et ‘d’autres’ identités. Ils accordent toute leur attention à la volonté de Dieu seul. Les priorités de Dieu sont leurs priorités. Ils désirent vivement être conformés à l’image du Christ.

Amy Carmichael a été missionnaire en Inde pendant plus un demi-siècle. Elle n’est jamais allé en vacances. Un jour elle a reçut une lettre qui lui demandait de décrire la vie missionnaire. Sa réponse pratique : « C’est simplement une occasion de mourir ». Quelque-chose d’autre qu’elle a écrit : « Heureux ceux dont le cœur n’est pas divisé, parce qu’ils auront beaucoup de paix. Si vous refusez d’être bousculé ou pressé, si vous confiez votre âme complètement à Dieu, rien ne peut vous priver de la clarté d’esprit qui est la vie et la paix ». Elle a fait partie des heureux – un disciple du Christ de pur dévouement et de pure joie.

Est-ce bizarre que ceux dont le cœur est pur, qui comptent si diligemment et si fidèlement sur Dieu seul, peuvent le voir ? L’auteur de l’épître aux Hébreux se réfère à Moïse, qui est allé de l’avant par la foi, « en homme qui voit le Dieu invisible ». (Hébreux 11:27) Et comme l’a dit Jean : un jour, il y aura une grande Réunion où ceux dont le cœur est pur « le verront tel qu’Il est », car ils seront eux-mêmes « semblables à Lui ». (1 Jean 3:2) Après tout, ceux-là qui vivent maintenant avec pureté de cœur sont ceux dont le cœur a été purifié par Dieu en Christ. Comme nous le lisons dans la Révélation Du Seigneur à Jean à l’île de Patmos, ils sont les purifiés. « Ils ont lavé et blanchi leurs tuniques dans le sang de l’Agneau ». (Rév 7:14)

Et maintenant, sachant qui ils sont et à qui ils s’appartiennent, ayant faim et soif de plus de sa justice et transmettant aux autres la grâce que Dieu leur a accordée – heureux ceux avec les bonnes priorités, ceux dont le Privilège est le Christ lui-même.

Amen.

© 2011 par Ralph Blair. Tous droits réservés.
(traduction : FW)

mercredi 14 mars 2012

Terry et Ron


Le mariage de mes bons amis Ron et Terry a eu lieu le week-end passé. Quel événement béni !! J'étais tellement heureux de pouvoir y assister. Ces deux chrétiens homos sont en couple depuis trente ans, et cela a été la prochaine étape dans leur relation. Regardez ci-dessous un vidéo de Terry qui chante de son amour pour Ron. La chanson : "I Will Be Here" (Je serai là)



Félicitations à ces hommes remarquables !! Que Dieu les bénisse !!

vendredi 9 mars 2012

Un événement béni

Demain, j'aurai le grand privilège d'assister à la cérémonie de mariage de mes bons amis, Ron et Terry. Ils sont en couple depuis trente ans, et dès demain après-midi, ils se seront mariés aux yeux de l'état de New York, mais plus important, aux yeux de Dieu. Je suis submergé d'émotion, parce que, pour la première fois, leur relation en couple aura le même statut juridique que celle de leurs parents, de leurs grands-parents, et effectivement, de tous couples hétéros. C'est bien un changement radical pour les LGBT partout dans le monde. Il faut célébrer un tel événement extraordinaire !!

mercredi 2 novembre 2011

Comment cela vous fait sentir ?

Publié sur internet le 2 novembre 2011
par Alex Haiken
On Being Jewish, Christian and Gay


Mon frère en Christ et cher ami Alex Haiken vient de poster cet article sur son blog. Je l’ai trouvé très touchant et l’ai traduit en français pour le partager avec vous ici. Alex est titulaire d’une maîtrise en ministère urbain du Westminster Seminary.

Quelqu’un m’a demandé : Alex, sur votre blog vous vous décrivez comme un gay qui croit en Christ. Quand les gens emploient des mots tels que « dénaturée », « perverse », « abominable », « destructrice », « trompeuse » et « vile » pour décrire l’homosexualité, comment cela vous fait sentir ? Vos réflexions seraient appréciées.

Cette question ou une variante se pose souvent. Personnellement, j'ai dû apprendre que je ne peux pas assumer la responsabilité ni pour l’ignorance ni pour l’aveuglement d’autrui. Une analogie est peut-être la façon que les noirs ont dû apprendre vivre dans une culture et dans une société où beaucoup ont erronément enseigné que les gens à la peau claire sont supérieurs aux gens de couleur. Le fait est que cela gêne la communauté juive que je sois un Juif qui croit que Jésus est le Messie juif. (Mais si Jésus est en effet le Messie juif comme l’ont prophétisé les prophètes hébreux, la chose la plus juive qu’on puisse faire est donc de le suivre.) Beaucoup de chrétiens ne sont pas contents de moi parce que je suis ouvertement gay, sans remords ni honte. (Mais si le petit nombre de passages bibliques auxquels on fait généralement appel dans ce débat abordent en fait des problèmes ne concernant pas l’homosexualité, ce sont donc eux s’agrippant obstinément à leur doctrine anti-gay qui ont avalé la mauvaise théologie.) Et la communauté séculière LGBT me considère comme fou à cause de mon association continue avec ce qu’ils perçoivent comme étant une religion homophobe. (Mais si le Créateur de l’univers m’appelle à marcher avec Lui dans une relation personnelle et intime, la fidélité à cet appel l'emporte sur la communauté séculière LGBT ou qui que ce soit d’autre qui manque des connaissances sur ou a des malentendus sur qui est Dieu.) Comme Jésus l’a rappelé à ses disciples :

Vous, au contraire, vous êtes heureux, vos yeux voient et vos oreilles entendent ! Vraiment, je vous l’assure : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu ; ils ont désiré entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu. (Matthieu 13:16,17)

Donc, j’ai appris que l’ignorance et l’aveuglement d’autrui sont leurs problèmes, pas les miens. Je peux semer les graines et chercher à informer ceux qui sont enseignables et ouverts à l’idée de laisser le Saint-Esprit les émouvoir et les faire se développer. Mais Jésus l’a sagement enseigné à ses disciples : si l’on ne veut pas écouter vos paroles, quittez la maison en secouant la poussière de vos pieds. Si c’est vrai que nous sommes sauvés par foi en ce qu’a fait Jésus, le message anti-gay ne peut pas donc être vrai. Que nous soyons hétéros ou homos, cela n’a strictement rien à voir avec le travail rédempteur de Dieu dans nos vies. C’est le fait de notre réponse au Christ qui a la plus grande importance. Et en tant que Juif qui croit en Christ, j’ai appris il y a longtemps que la vérité n’est jamais déterminée par un vote majoritaire.

En un mot, peut-être que Dieu m’a donné un ministère pour « relier les points ». En particulier, j’aide les homos à relier les points afin de pouvoir intégrer leur foi chrétienne, qui est engagée et théologiquement valable, avec leur sexualité. J’aide les Juifs à relier les points afin de pouvoir voir que Jésus est leur Messie juif, et j’aide les croyants gentils à relier les points afin de pouvoir voir les riches racines juives de leur foi. Jésus a relié les points aussi. En fait, le Christ a relié les points mieux que qui que ce soit d’autre. En plus, je vois beaucoup de gens qui ont du mal à relier les points ainsi que beaucoup d’autres qui maintiennent que les points ne sont pas censés être reliés. Mais je suppose que si Dieu vous donne un ministère comme celui-ci, Il vous donne aussi une peau dure.

Cela dit, j’ai aussi entendu le cris des homos chrétiens qui sont plus sensibles. J’ai entendu les cris de ceux qui ont perdu l’espoir, ceux qui sont devenus gravement désabusés, ceux qui se sont ressentis déprimés et désespérés, et ceux qui ont du mal, pour ainsi dire, à relier les points.

De nombreuses études ont montré que les jeunes homos ont un plus haut taux de suicide que les jeunes hétéros. Le Suicide Prevention Resource Center (Centre des ressources pour prévenir les suicides) a synthétisé ces études et estimé qu’entre 30% et 40% de jeunes homos, selon l’âge et le genre, ont tenté de se suicider.

Réalité plus cruelle encore, la majorité des ados gays qui tente de se suicider a participé à l’Eglise. Pourquoi ? Parce que ces jeunes gens sont fortement affectés par les attitudes négatives de leurs églises sur l’homosexualité, et la mauvaise estime de soi, la dépression et la peur qui en résultent peuvent être fatales à une identité fragile. L’Eglise n’est pas sans culpabilité. Les homos continuent à être des victimes de la persécution et de la discrimination de l’Eglise – le seul endroit du monde où la grâce, l’amour et l’équité devraient être le thème de la vie pour eux. Les parents qui n’acceptent pas la sexualité de leurs enfants jouent aussi un rôle important puisqu’ils ne comprennent pas l’influence des messages qui font leurs enfants homos ne pas se sentir en sécurité ni acceptés.

Nous qui faisons partie de l’Eglise avons très peu fait pour aider leur situation désespérée. La souffrance qu’ont subi les homos aux mains de l’Eglise est incalculable. L’ignorance générale et délibérée de l’exégèse biblique solide pour correctement transmettre la Parole de vérité est la raison que la plupart du traitement antipathique des LGBT continue à durer. L’Eglise a rejeté littéralement des millions d’hommes et de femmes qui auraient accepté le Christ. Ils ont repoussé des gens qui seraient entrés dans le royaume des cieux. Jésus a donné une mise à garde à propos des dangers d’adopter une attitude pharisaïque dans notre ministère aux autres et notre traitement d’eux. Dans Matthieu 23, il l’a mis en garde :

Malheur à vous, pharisiens hypocrites ! … Vous liez de pesants fardeaux et les placez sur les épaules des hommes ; mais vous ne bougeriez même pas le petit doigt pour les déplacer. … Malheur à vous, pharisiens hypocrites ! Parce que vous barrez aux autres l’accès au royaume des cieux. Non seulement vous n’y entrez pas vous-mêmes, mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire. Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Vous parcourez terre et mer pour amener ne fût-ce qu’un seul païen à votre religion, et quand vous l’avez gagné, vous lui faites mériter l’enfer deux fois plus que vous. Malheur à vous, guides aveugles! … Vous avez soin de filtrer vos boissons pour éliminer le moindre moucheron, et vous avalez le chameau tout entier.

L’apôtre Paul met en garde : « Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux. De cette manière vous accomplirez la loi du Christ ». Jésus a dit qu’on nous appliquera la mesure dont nous nous serons servis pour mesurer les autres. Il a dit qu’au jugement final, il prendrait ses décisions selon la manière dont on a traité « le moindre de mes frères ». Nous oublions trop souvent que quand nous parlons des gens LGBT, nous parlons des enfants de Dieu, et parlons d’un Dieu qui nous tiendra pour responsable de la manière dont nous traitons chacun d’entre eux.

L’adolescence est un stade difficile pour tout le monde. Les gens homos ont la difficulté supplémentaire de composer avec cette ignorance et avec l’intolérance, la discrimination et la rejection qui l’accompagnent souvent. Mon amie Mary Lou Wallner raconte l’histoire de comment il a fallu le suicide de sa fille lesbienne pour lui faire chercher une meilleure compréhension de l’homosexualité que celle qu’on l’a enseignée. Bouleversée par le « coming-out » de sa fille Anna, Mary Lou avait insisté pour qu’elle change. Après le suicide d’Anna, Mary Lou a appris que c’était elle-même qui devait changer. Elle et son mari ont maintenant un ministère, teach-ministries.org, axé sur les conséquences de l’homophobie.

Il serait peut-être plus fructueux de renverser la question. Comment cela vous fait sentir ? Un certain ecclésiastique a noté que la signification d’être une personne religieuse est d’être terrifié de la possibilité de faire du mal à quelqu’un. Le commandement clair est celui-ci : Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. Aime ton prochain comme toi-même.

vendredi 21 octobre 2011

Lévitique 18 : Qu'est-ce qui était l'abomination ?

Publié sur internet le 18 octobre 2011
par Alex Haiken
On Being Jewish, Christian and Gay


Mon frère en Christ et cher ami Alex Haiken vient de poster cet article sur son blog. Je l’ai trouvé très intéressant et ai donc décidé de le traduire en français pour le partager avec vous ici. Alex est titulaire d’une maîtrise en ministère urbain du Westminster Seminary.

Vu le vacarme sur l’homosexualité, on penserait que la Bible en dit long sur le sujet. Mais non. Il n’y a que cinq ou six versets dans la Bible entière que certains ont interprétés comme abordant ou comme condamnant l’homosexualité. Ces versets, appelés souvent « les passages maltraitants » (‘clobber passages’ en anglais) parce qu’on les utilisent souvent pour critiquer ou condamner les LGBT de nos temps, sont sortis de leur contexte pour démontrer la position anti-gay présumée de la Bible , dont un est le Lévitique 18:22 :

Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; c’est une abomination.

Le passage se répète dans le Lévitique 20:13 :

Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux.

POINT DE DÉPART

Comme l’un de mes mentors (John McCall) me rappelle constamment, on n’arrive jamais à la vérité en demandant à la Bible : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » La raison est parce que c’est le mauvais point de départ. En fait, ce qu’on demande est, « Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui, individuellement ? ». Et c’est pourquoi nous finissons par avoir des milliers des réponses différentes. L’exégèse demande toujours, « Qu’est-ce que cela voulait dire à cette époque-là ? » Il y a une grande différence entre ces questions comme points de départ. A moins que nous n’avons une idée de la signification du texte à l’époque, nous ne pouvons que faire des conjectures quant à ce que cela veut dire pour nous maintenant.

Afin d’interpréter la Bible de façon responsable, l’exégèse nous exige d’extraire du texte ce qu’il signifiait initialement pour l’auteur et ses premiers destinataires, sans y ajouter les nombreuses interprétations traditionnelles qui se sont peut-être développées à son sujet. Le lecteur contemporain doit essayer d’une manière ou d’une autre d’entrer dans le monde de l’écrivain biblique et chercher à comprendre ce que l’écrivain disait. En revanche, bien trop de gens font ce auquel certain théologiens se réfèrent comme « préalimentation », c’est-à-dire, ajouter ses propres opinions personnelles, politiques et préjudiciables à la Bible, au lieu d’en extraire ce que les auteurs initiales voulaient dire. Ce processus d’ajouter nos propres idées dans l’interprétation de la Bible s’appelle « l’eisegèse ». L’exégèse et l’eisegèse sont des approches contradictoires pour interpréter la Bible. L’exégèse porte sur en extraire ce que les écrivains originels disaient. L’eisegèse porte sur ajouter nos propres idées ou nos préjugés dans la Bible. Mais l’exégèse ne nous permet pas d’arracher un passage de son contexte et de le poser dans une autre ère pour des raisons de commodité.

L’ARCHÉOLOGIE PEUT AIDER

Du fait des nombreuses découvertes archéologiques du 20e siècle, notre capacité de faire une exégèse compétente a exponentiellement grandi. En fait, à présent nous savons plus sur la Bible qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire, y compris même l’époque du Nouveau Testament. A titre d’exemple : jusqu’au début du 20e siècle, on savait peu sur les Cananéens. On savait peu sur leur religion, leur culture ou leur mode de vie. Dans l’ensemble, notre seul témoin des Cananéens étaient les textes de l’Ancien Testament. Mais en 1929, tout cela a considérablement changé avec la découverte de ce qui s’appelle les textes de Ras Shamra. (Ras Shamra est une région sur la côte du nord de la Syrie, où les restes de la ville cananéenne ancienne d’Ugarit ont été excavés.) Depuis 1929 jusqu’à présent, des milliers de textes et de matériaux ont été découverts. Le vrai trésor, ce n’étaient pas les immeubles ni les bijoux, mais les grandes quantités de manuscrits ont démontré comment la vie citadine de Canaan fonctionnait, et ont révélé une mine de renseignements qui a été inestimable pour notre compréhension de la religion et la culture de Canaan. Beaucoup croient que la découverte de ces textes n’est devancée que par la découverte des Rouleaux de la Mer Morte. Ces manuscrits ont eu une profonde incidence sur les études bibliques. Comment ces découvertes nous aident-elles à interpréter les textes bibliques ?

LE PAGANISME ET L’IDOLÂTRIE

Un des thèmes les plus proéminents et omniprésents qui se tisse à travers la plupart de la Bible est celui du paganisme et l’appel constant à s’en détourner. On trouve un appel continuel à se détourner de l’adoration des faux dieux païens de l’époque et à se tourner vers le seul vrai Dieu vivant, Yahvé. En connexion avec l’appel à se détourner de l’adoration des dieux païens est l’avertissement contre participer aux innombrables rituels ou pratiques des païens. L’Ancien et le Nouveau Testaments consacrent tous deux de nombreuses pages à la condamnation de ces pratiques cultiques païennes. Mais la plupart d’entre nous n’a aucune idée de ce qu’étaient ces pratiques. Elles sont maintenant disparues et complètement étrangères donc pour les conceptions de nos jours. Par conséquent, les déclarations comme, par exemple, Lévitique 18:22 peuvent sembler claires à première vue, mais leurs application et contexte ne le sont pas.

La section commençant à partir du 17e jusqu’au 26e chapitre du Lévitique s’appelle « le Code de Sainteté ». Ce dernier est destiné à fournir un modèle pour le comportement et le mode de vie qui distinguera les Israelites des Cananéens dont le pays Dieu leur a maintenant donné. Pour cette raison, le 18e chapitre du Lévitique commence par une mise en garde stricte contre la rétention des idolâtries de l’Egypte (d’où les Israelites étaient venus), et contre l’adoption des idolâtries de Canaan (où ils se dirigent maintenant). Cette déclaration, selon le commentaire de Matthew Henry, résume le chapitre entier du Lévitique 18.

Mais quelles étaient ces idolâtries de l’Egypte et de Canaan que les Israelites devaient éviter de suivre ? Elles manifestaient quelles pratiques ou rituels étranges ? Pour commencer, on découvre dans l’Ancien Testament que les Cananéens ont brûlé vif leurs enfants en l’honneur de leurs dieux païens, pratiqué l’adoration des serpents, eu des rapports sexuels avec des animaux, ainsi que pratiqué une foule d’autres pratiques grossières et détestables.

LA PROSTITUTION SACRÉE ET LA FÉCONDITÉ

Pourquoi faire de telles choses bizarres ? Quelle était la motivation ? LA FÉCONDITÉ ! La fécondité était très prisée dans l’antiquité d’une façon complètement étrangère à notre pensée moderne. En effet, dans de nombreuses façons, leurs vies en dépendaient. En conséquence de la grande valeur accordée à la fécondité, la religion cananéenne était remplie des pratiques qui Cananéens croyaient apaiseraient leurs dieux de la fécondité et leur gagneraient ainsi la bénédiction de la fécondité : la fécondité de la terre en forme de la pluie pour assurer et augmenter les cultures agricoles, la fécondité dans leur mode de vie par la grossesse et la naissance, la fécondité pour la reproduction de leur bétail, et ainsi de suite. La survie d’Israël reposait sur la fécondité et Baal était un dieu de la fécondité. Cela voulait dire que Baal était la puissance derrière la pluie et la rosée. Et avec des niveaux de pluie peu fiables, la faim était toujours possible.

Comme montrent les commentaires bibliques, la culture cananéenne dépendait aussi sur la prostitution sacrée païenne comme moyen d’augmenter la fécondité. Selon le commentaire IVP Bible Background (l’arrière-plan de la Bible) :

La culture cananéenne utilisait la prostitution cultuelle comme moyen d’augmenter la fécondité. Les adeptes … visitaient le lieu sacre et utilisaient les services des prostituées sacrées [masculines et féminines] avant de semer leurs champs ou pendant d’autres saisons importantes … De cette façon ils honoraient leurs dieux … afin d’assurer la fécondité et la prospérité pour leurs champs et leur bétail.

Dans le New International Biblical Commentary : Josué, Juges, Ruth, pour citer un autre exemple, les auteurs Harris, Brown et Moore, affirment le suivant :

… afin d’assurer la fécondité du peuple, des animaux et le produit agricole, une personne avait des rapports sexuels avec une prostituée cultuelle – soit masculine ou féminine – au temple local de Baal. Le but était d’inciter [le dieu cananéen] à agir de même pour le compte de la personne, et assurer donc la fécondité dans tous les domaines de la vie.

LE TEXTE

Comme vous pouvez peut-être commencer à saisir, nous trouvons certaines choses dans la Bible qui requièrent le contexte et la clarification pour comprendre le texte. Si vous lisez votre Bible assez longtemps et avec assez d’attention, des questions vont se poser que les notes en bas de page ne satisfont pas. Mais équipés avec un bref aperçu du texte, réexaminons le passage du Lévitique, mais cette fois en contexte :

Lévitique 18:21-23

21 Tu ne livreras pas l’un de tes enfants pour les sacrifices à Molok, car tu ne déshonoreras pas ton Dieu. Je suis l’Eternel.
22 Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; c’est une abomination.
23 Tu n’auras pas de rapports sexuels avec une bête pour te rendre impur avec elle. Une femme n’ira pas s’accoupler avec un animal ; c’est une dépravation.

Si nous examinons le passage dans son contexte, tenant compte à la fois de ce qui le précède et le suit immédiatement, nous remarquons que l’interdiction là dans le Lévitique 18:22, contre les rapports sexuels avec une prostitué sacré, est coincée entre deux autre rituels interdits : l’un dans le verset 21 contre le sacrifice des enfants au dieu cananéen Molok, et l’autre dans le verset 23 contre les rapports sexuels entre femmes et animaux. Les deux rituels illustrés étaient pratiqués par les Cananéens et par les Egyptiens dans leurs cultes de fécondité. Pourquoi les femmes avaient-elles des rapports sexuels avec des animaux ? Le croyance de l’époque était que cela aussi augmenterait leur fécondité. Dans le New Bible Commentary Christopher Wright affirme le suivant par rapport au Lévitique 18 :

La pénétration anale entre hommes, et l’accouplement mâle et femelle avec des animaux, faisaient tous partie de la culte païenne à l’Egypte, en Canaan et ailleurs.

Si nous nous abstenons donc d’arracher le passage de son contexte et lisons plutôt le passage dans son contexte, nous commençons à voir que le Code de Sainteté du Lévitique interdit ces actes pour des raisons religieuses, non pour des raisons sexuelles. La préoccupation est de maintenir la distinction entre Israël et ses voisins idolâtres. L’alliance de Dieu avec son peuple requérait que les Israélites adorent Yahvé seul, pas d’autres dieux. Si on considère les Israélites comme liés à Dieu dans une exclusive relation d’alliance, on peut donc dire que les Israélites commettent l’adultère (ou « vont se prostituer ») chaque fois qu’ils comptent sur d’autres pouvoirs et non sur Yahvé pour les fournir de la nourriture, du confort ou de la protection. « Aller se prostituer », comme l’expression est typiquement traduit, est devenu un idiome commun pour l’adoration d’autres dieux par Israël. Partout dans les Ecritures hébraïques, on trouve qu’Israël fréquentait encore et encore les lieux consacrés à l’adoration des idoles. « Sur toute haute colline et sous tout arbre vert, toi, tu es allongée tout comme une prostituée » dit Dieu par le prophète Jérémie. (Jér 2:20) Encore et encore, on voit que les Israélites n’ont pas seulement adopté les façons cananéennes d’adorer les idoles et les faux dieux païens, mais sont constamment retombés dans ces pratiques.

Si nous ne comprenons pas que l’époque biblique était une époque où il était très fréquent que les hommes ont les rapports sexuels avec les prostitués sacrés (mâles) pour promouvoir et assurer la fécondité, nous passerons complètement à côté du point principal de la condamnation biblique, interprétant mal des versets comme le Lévitique 18:22, pour interdire tout comportement homosexuel. Comme l’a si bien dit F. F. Bruce, érudit biblique et pionnier de la compréhension moderne de la Bible :

Il ne suffit pas de dire ‘comme le dit la Bible’ sans considérer en même temps à qui la Bible s’adresse, et dans quelles circonstances.

L’ABOMINATION

Quant à l’affirmation que l’homosexualité est une abomination, il faut noter que le terme ‘abomination’ est très mal comprise. Le mot hébraïque ‘toevah’ (traduit en français comme ‘abomination’) fonctionne d’une façon précise dans le littérature sacerdotal. En générale, cela veut dire une pratique qui est inadmissible parce qu’elle faisait partie des pratiques cultuelles des religions païennes qui entouraient le peuple de Dieu. C’est peut-être une chose inoffensive en soi, mais afin de protéger les fidèles d’Israël, même des pratiques innocentes étaient interdites. Il peut aussi s’agir de quelque chose d’intrinsèquement maléfique. Mais l’essentiel, c’est que cela fasse partie de la pratique cultuelle des religions païennes. Rappelez-vous-en la prochaine fois que quelqu’un vous dit que ceci ou cela est une abomination pour Dieu. Une ‘abomination’ (toevah) est une pratique cultuelle païenne souvent utilisée pour augmenter la fécondité.

Il est évident qu’un article de blog ne permet pas une discussion approfondie de cette question ni du petit nombre d’autres passages interprétés comme abordant ou comme condamnant l’homosexualité. Mais j’espère vous en avoir donné assez pour y méditer. Comme l’a convenablement dit G. K. Chesterton : « Le but de l’ouverture de l’esprit, tout comme la bouche, c’est de le refermer sur quelque chose de solide ».

jeudi 4 août 2011

Vivre ensemble / Notre liberté en Christ

par Ralph Blair

Discours d'ouverture donné par le Dr Blair
en juin/juillet 2011
aux conférences d'Evangelicals Concerned

Ralph Blair vient de donner ce discours aux conférences d'Evangelicals Concerned. Si vous trouvez des erreurs grammatiques, ou des expressions maladroites, ou si vous voudriez simplement proposer des suggestions, envoyez-les-moi par email. Merci d'avance !
Cliquez ici pour m'envoyer un email

-- Fred Wells, traducteur

* * *

La veille de son sacrifice pour les pécheurs, prenant la coupe de colère remplie de débris, de pourriture, de mort et de destruction totale – la conséquence prédite de notre chute dans le péché – Jésus pria pour ses adeptes. Il pria pour nous aussi, qui le suivrions, grâce à leur témoignage, d’abord hésitants – comme eux, mais finalement, par la grâce de Dieu en Christ, tout aussi libres.

Mon Père, … Je t’ai fait connaître aux hommes que tu as pris du monde pour me les donner. Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne lui appartiennent pas, comme moi-même je ne lui appartiens pas. Consacre-les par ta Parole, la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. Et je me consacre moi-même à toi pour eux, pour qu’ils soient, à leur tour, consacrés à toi [et] qu’ils soient un, Père, comme tu es en moi et comme moi je suis en toi … Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes. … Je t’ai fait connaître à eux et je continuerai à te faire connaître, pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux. (Jean 17)

Pendant sa prière, son front ruisselant de sueur comme des gouttes de sang, Jésus savait que Dieu le Père répondrait avec amour insondable et sagesse irréfutable, car il connaissait Celui à Qui il priait : « que ta volonté soit faite, et non la mienne ».

Jésus s’attendait à quelle réponse ? C’était l’amour de son Père pour lui, réalisé par lui en nous. C’était que nous mûririons en amour l’un pour l’autre. (Jean 13:35) Tout cela était « la joie qui lui était réservée ». C’est pour nous qu’« il a accepté de mourir sur la croix, sans tenir compte de la honte attachée à une telle mort ». (Hébreux 12:2)

Après vingt siècles de sophisme, de calomnie, voire de tuerie les uns des autres, la prière de Jésus est toujours en train d’être exaucée parce que Dieu demeure fidèle malgré notre infidélité. Après tout, il pria à son Père, non à ses adeptes. Et c’est son Père qui donne la réponse par son Saint-Esprit et par les Saintes Ecritures. Jésus pria spécialement pour notre vie ensemble, et les 14e et 15e chapitres de l’Epître de Paul aux Romains sont particulièrement utiles à cet égard. Ce matin, nous allons examiner de plus près ces bons conseils.

Paul avait conclu, vu la croix, que nous avons besoin d’une nouvelle vision du monde :

Alors, je vous demande ceci : offrez-lui vous-mêmes en sacrifice vivant, réservé à Dieu et qui lui est agréable. … Ne suivez pas les coutumes de ce monde, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Par la grâce qui m’a été accordée, je le dis à vous tous : n’ayez pas une opinion de vous-mêmes plus haute qu’il ne faut. Ayez au contraire des pensées modestes, chacun selon la part de foi que Dieu lui a donnée. (Romains 12:1-3)

Paul met en garde contre les usages de ce monde. Que sont-ils ? Jésus savait que ce monde ne connaît pas Dieu. Les obsessions aveugles de ce monde sont enracinées dans l’égocentrisme – « l’essence même du péché » (D.M. Baillie), mais prises à tort pour l’essence même du salut. L’égocentrisme suffoque de moi, moi et encore moi – exigences myopes que tout se passe comme je le souhaite : C’est moi qui compte, mon tribu, mon groupe d’identité, mes priorités. Dans ce monde, on affirme être plus saint que vous, plus sexy que vous, plus riche que vous, plus célébré que vous, plus moral que vous, plus correct que vous, plus persécuté que vous. Mais, ce que personne ne sait ni admet : plus défensif et moins en contact avec la réalité !

Il est suicidaire de s’illusionner comme le fait ce monde. Et aucune ‘réinterprétation’ ne masque la puanteur de la mort qui flotte dans l’air pour nous avertir. La propagande se trahit : les chemins larges de ce monde mènent en enfer.

Pourtant, par opposition à tous les chemins de ce monde, un chemin peu fréquenté mène ailleurs. Jésus nous invite à trouver ce chemin étroit, avec, pour le moment au moins, relativement peu de compagnons. Il nous invite de marcher avec lui, tout le long de ce chemin, ce qui est le Chemin de la Vie, lui-même. (Matt 7:13-14) Le Chemin de la Vie, lui-même, est le chemin du Serviteur qui souffre qui donna tout pour les autres et le fait encore, et sans surprise, ce chemin est donc très étroit dans ce monde. Mais, ce chemin étroit mène vers Dieu, vers « le lieu plus large de la liberté en Dieu, [un lieu qui est] tellement large », comme le dit Eugenia Price, « que nous serons tous convaincus pour toujours que nous sommes juste en train d’y entrer ».

Qu’est-ce qu’il dit au sujet du chemin étroit ? Etant donné l’amour du Père pour vous : « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous ». (Matt 7:12) Tout – quoi que ce soit – ce que nous voudrions ! Dans ce résumé de l’enseignement des Saintes Ecritures par la Vie, elle-même, il n’est pas du tout difficile de comprendre comment traiter autrui.

Mais, après ces mots au sujet de l’égard pour les autres, Jésus les avertit : Méfiez-vous des faux enseignants – loups féroces déguisés en agneau. Ne vous laissez pas berner par leurs dissimulations. Vous devez voir clair dans leur petit jeu en discernant le chemin qu’ils suivent. Suivent-ils le chemin étroit ou les chemins de ce monde, cherchant de vous traîner dans l’impasse qui ne mène nulle part sauf vers la perdition ? Prenez garde et faites attention aux chemins !

Les escrocs religieux continuent à nous chercher. Peut-être qu’ils parlent de « son » chemin, mais le suivent-ils ? Son chemin ne porte pas sur l’affirmation de soi. Ce n’est pas le chemin de la plus grande autonomie ni de la compassion de soi-même. Ce n’est ni la recherche de ‘l’estime de soi,’ ni le ‘service’ intéressé, ni ‘l’abandon’ égoïste. Et ce n’est pas un sentimental méli-mélo incohérent où tous les chemins se valent – sauf, bien sûr, l’unique Chemin, Jésus-Christ.

En suivant son Chemin, libérés de nos damnables revendications pour « le succès » sans aide, nous sommes libres de suivre celui qui s’identifia comme DIEU lui-même, en disant : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne vient au Père que par moi ». (Jean 14:6) Stoppés net devant le portail du chemin étroit, l’unique Chemin lui-même est le seul qui puisse nous mener loin de l’impasse d’égoïsme vers la Vérité elle-même, vers la Vie elle-même – YAHVÉ en chair et en os, mais qui s’identifie néanmoins avec nous.

Puisque Dieu nous renouvelle en Christ, nous pouvons nous entendons bien avec ceux que Dieu est en train de renouveler en Christ – quelque étranges qu’ils puissent nous paraître. Et nous pouvons, à notre tour, nous tourner avec compassion vers tous ceux qui ne comprennent pas encore ce qui veut dire être renouvelé par Dieu en Christ.

Paul se rend compte que nous allons suivre ce chemin avec des gens avec plus ou moins de foi. Quelques-uns, plus ou moins mûrs ; d’autres, plus ou moins immatures. Tous ne sont pas sur la même longueur d’onde. Et nous ne sommes pas toujours si gentils à ce sujet. Paul sait que nous sommes « les déchets du monde » aux yeux de ce monde – mais il y a des fois que nous ressemblons bien au rebut de l’humanité. (1 Cor 4:13) Quand même, nous les pinailleurs sommes « la Communion des Saints ». Nous qui pouvons être de vrais casse-pieds sommes « un sacerdoce royal ». Nous sommes « le corps mystique » mais nous pouvons être si pitoyables. Nous sommes l’Epouse du Christ – mais elle n’est pas encore prête pour ses gros plans. Et F. F. Bruce fait remarquer : « Les chrétiens sont enclins à la critique d’autrui plus qu’à aucun autre péché ». Connaissez-vous quelqu’un comme cela ? Vous en trouverez un dans le miroir !

Si c’est trop près à votre goût, diriger les projecteurs sur Lady Gaga, qui s’adore elle-même tout en débitant des insultes, nue sous une robe transparente de bonne sœur, ou sur Donald Trump, qui se vante d’être plus riche que Romney.* [* Mitt Romney – un des candidats républicains à la présidentielle 2012 aux Etats-Unis.] Avec toute leur renommée et leur argent, il reste un sens tenaillant que la richesse et la renommée ne suffisent pas. Or, Lady Gaga avoue « se sentir comme une perdante ». « Le Donald » le ressent aussi, mais ne peut pas l’avouer. Pouvons-nous ?

Pourquoi tout ce doute de soi-même ? En plus des diagnostics psychologiques, l’évaluation plus profonde, bien qu’impopulaire, c’est ceci : Nous sentons tous notre incapacité d’être ce que Dieu nous destina quand Il nous fit à Son image. (Rom 3:23) Comme l’exprima G. K. Chesterton : « Je ne suis pas moi-même ».

Nous avons donc tendance à fanfaronner, à nous plaindre, à trouver des excuses pour nous-mêmes et à trouver à redire aux autres. Mais nous ne pouvons pas gober nos propres dissimulations des échecs que nous voyons bien, trop bien. Pourquoi ? Nous sommes des complices de notre propre escroquerie ! Donc, désespérés, nous poussons nous-mêmes plus loin vers la tromperie et le déni – ou – nous sommes poussés dans les bras aimants du Dieu de toute grâce et toute paix en Jésus-Christ.

Dans Romains 14, Paul écrit aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi ainsi qu’à ceux qui ne le sont pas. Ils essaient tous d’imposer leurs opinions les uns aux autres. Comme l’explique Leon Morris : « Les forts ont souvent tendance à mépriser les faibles et à les considérer comme chrétiens inférieurs, tandis que les faibles, sachant qu’on aurait tort (selon leur façon de penser) de faire ce que font les forts, pensent bien trop facilement que les forts pèchent, et les condamnent. Les faibles sont fréquemment plus tyranniques ».

Bien que les faibles affirment croire l’évangile de la grâce de Dieu, ils peuvent se fier aux « œuvres mortes » de religiosité et être peu disposés à « entièrement faire confiance à Dieu, sans réserve. … La faiblesse, c’est la confiance en Dieu avec ajouts [le légalisme, le ritualisme, etc.], s’appuyant sur les béquilles de certaines coutumes et non sur Dieu seul ». (James D. G. Dunn) Et cela, comme le discerna D. Martyn Lloyd-Jones, c’est « la moralité sans aucun Evangile ».

Pour Paul, proclamer l’Evangile du Christ, c’est crucial. Il maudit tous ceux, y compris lui-même, qui voudraient proclamer un autre évangile – qui n’en est pas un. (Gal 1:8-9) ; 1 Cor 9:16) Pourtant, comme le remarque Bruce : « Quand les principes de l’évangile n’étaient pas en jeu, c’était le plus conciliateur des hommes ». Il est triste que, ces temps-ci, les chrétiens anti-gays et pro-gays peuvent tous deux être plus soucieux de la position que prend EC sur les questions gays que de notre position sur l’Evangile.

Si les chrétiens avaient pris la sagesse de Paul au sérieux, beaucoup de conflits, de crises, de division et de chagrin auraient pu être évités. Si nous prenions sa sagesse au sérieux, nous ne répéterions pas tant de péchés du passé.

Ces temps-ci, rien ne vexe les chrétiens plus que la lutte à propos des questions de l’ho-mo-sex-u-al-i-té, où certains combattants s’attardent sur chaque syllabe scandaleux, ou, si vous voulez, des questions de LGBTQQQueer (et ainsi de suite), où les combattants se prélassent dans une correction politique qui est plus encombrante que jamais. Et cet accent sur des choses sans importance détruit le sens de communauté chrétienne et sabote notre crédibilité auprès des non-croyants.

Mais, même quand on invoque des raisons ‘chrétiennes’ pour stigmatiser autrui, il y a toujours quelque chose de plus qui se passe. C. S. Lewis perçut « beaucoup d’hypocrisie » dans l’hostilité à l’égard de l’homosexualité, en affirmant : « Tout le vacarme n’est ni chrétien ni éthique ». Après tout, demanda-t-il, sans s’attendre à une réponse, « Combien d’entre ceux qui fulminent [contre l’homosexualité] sont en fait chrétiens ? » (Il l’écrit avant la montée de la Droite Religieuse – bien qu’il soit toujours raisonnable de poser cette question rhétorique.)

En 57 apr. J.-C., Paul écrivait de Corinth, s’occupant des disputes entre d’anciens païens et des chrétiens juifs à Rome. Ce qui était en question, c’était le plus détaillé des Dix Commandements, l’observance du Sabbat, enracinée dans l’histoire de la création dans la Genèse, et les lois bibliques sur ce qui est ‘pur’ et ‘impur’ où « les usages physiques, rituels et éthiques se chevauchent » (Charles Feinberg) et qui exigent parfois la peine de mort. Manger et boire ce qui avait été sacrifié aux dieux païens, puis vendu pour la consommation, c'était là une source de conflits.

Donc, pour les adversaires, ces questions n’étaient pas insignifiantes. Pourtant, pour Paul, et au vu de la foi en Christ seul, elles n’étaient pas essentielles. Plus tard, les chrétiens les appelèrent adiaphora, les ‘choses indifférentes’ en grec. Mais Paul ne pensait pas que la façon dont les chrétiens vivent les uns avec les autres soit une question d’indifférence. Il faut chérir chaque chrétien en Christ, car nous sommes tous une famille pour qui il est mort.

A part les détails des plaintes des Romains, ce conflit-là portait sur ce qui a toujours été la chose la plus importante, et l’est encore aujourd’hui : Vivre ensemble en Lui sans un test décisif pour quelque chose qui n’a rien à voir avec l’évangile du Christ.

Dieu merci, cette lettre nous parvint, nous pour qui Jésus pria et pour qui il la préserva. Nous pouvons nous voir nous-mêmes dans la dispute, « nous » et « eux », une sorte de test de Rorschach. Nous pouvons apprendre comment nous entendre les uns avec les autres, les faibles ainsi que les forts.

Dans le 14e chapitre des Romains, Paul commence par s’adresser aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi. Dit-il :

Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses scrupules.

« Zut ! C’est plus amusant de se disputer, non ? » Sans blague ? Se disputer renforce les craintes que nous puissions avoir tort. Essayer si fiévreusement de forcer les autres à se mettre de notre côté peut révéler que nous ne sommes pas vraiment si convaincus de notre opinion. Et s’ils font une remarque que nous ne pouvons pas réfuter ? Nous inventons des excuses, nions, mentons, mais écoutons rarement. Ayant besoin d’avoir raison sans en être convaincus, nous cherchons la sécurité par le nombre. Pas si vite ! Si nous – ou eux – étions sûrs d’avoir raison, aurions-nous besoin qu’un adversaire dise amen ?

Pouvons-nous avoir des opinions divergentes sans être sur la défensive, sans condamner ou dédaigner les uns les autres ? Nous le pouvons si nous sommes à l’aise avec ce que nous croyons. Sinon nous ne le pouvons pas. En sécurité en Dieu, nous ne nous sentons pas forcés à forcer autrui à nous mettre à l’aise. L’amour de Dieu en Christ nous met à l’aise. Nous n’avons plus besoin que les autres soient toujours sur la même longueur d’onde que nous. Quand nous changerons d’avis (et nous le ferons), nous n’aurons pas besoin qu’ils changent d'avis en même temps.

Bruce soutient l’approche hospitalière de Paul : « La ‘foi’ d’un chrétien peut être à bien des égards faible, immature et inculte ; mais il [/elle] doit être chaleureusement accueilli(e) comme chrétien(ne), non pas défié(e) de débattre les aspects de la vie à propos desquels il/elle n’est pas encore émancipé(e) ».

Paul commence par les forts vu que les forts devraient être capables de soutenir les faibles mieux que les faibles peuvent soutenir les forts. Afin que les deux groupes se comprennent, les plus mûrs doivent tendre la main aux moins mûrs, parce que les bras des moins mûrs n’atteignent peut-être pas aussi loin. Si quelqu’un insiste, « Je suis mûr ! » mais refuse de « s’abaisser jusqu’au niveau des bigots rétrogrades » – eh bien, est-ce cela est mûr ?

La fraternité entre les faibles et les forts n’est pas réalisable à moins que les faibles ainsi que les forts fassent tout leur possible pour l’atteindre. Une telle relation nécessite que les deux groupes se plient en quatre pour s’entendre les uns avec les autres, que ce soit dans leur faiblesse ou dans leur force. Il incombe aux forts de travailler encore plus dur.

L’un croit pouvoir manger de tout, tandis que l’autre, qui est faible dans la foi, ne mange que des légumes. Celui qui mange de tout ne doit pas mépriser celui qui ne mange pas de viande et celui qui ne mange pas de viande ne doit pas juger celui qui mange de tout, car Dieu l’a accueilli lui aussi. … Pour l’un, certains jours ont plus d’importance que d’autres, tandis que pour l’autre ils sont tous pareils.

La nourriture ? Les jours ? On s’en fiche ! Cette dispute-là, qu’a-t-elle à voir avec nous ? Mais à cette époque-là, on parlait des jours, et non des homos. Ces jours-ci, on parle des homos, et non des jours. Mais qu’il s’agisse des jours, à ce temps-là, ou des homos, aujourd’hui, c’est la même préoccupation : comment s’y prendre avec des opinions divergentes sur des questions insignifiantes sans maltraiter les uns les autres ?

A chacun d’avoir une pleine conviction en lui-même. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur. Celui qui mange le fait aussi pour le Seigneur, puisqu’il remercie Dieu pour sa nourriture.

Mûr ou non, chacun doit obéir à sa propre conscience. On ne peut pas vivre par la lumière d’une autre personne. Nous ne pouvons pas vivre dans la lumière que nous n’avons pas. Et nous n’osons pas nous opposer à la lumière que nous avons. Et il nous faut accueillir tous qui sont en Christ parce Dieu le fait.

Qui es-tu, toi, pour juger le serviteur d’un autre ? S’il reste debout ou s’il tombe, c’est l’affaire de son maître. Et il restera debout, car le Seigneur est capable de le soutenir.

S’il est inadmissible de s’en mêler quand n’importe quel maître s’occupe d’un serviteur, il est sûrement inadmissible de s’en mêler quand le vrai Maître s’occupe de son serviteur. L’opinion du maître est tout ce qui importe ; les opinions des mouches du coche n’importent pas du tout. D’ailleurs, les maîtres peuvent faire en sorte que leurs serviteurs résistent aux reproches. Et notre Maître peuvent le faire aussi – Celui qui est mort pour ses serviteurs, et qui Dieu a ressuscité des morts pour que ses serviteurs puissent survivre au-delà même du Jugement Final !

Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur : soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur.

Nous sommes tous interdépendants ; personne n’est autonome. Et nous les chrétiens sommes un dans le Seigneur. Quoi que nous pensions, disions ou fassions, nous pensons, disons et faisons en présence du Seigneur. Notre vi et notre mort appartiennent au Seigneur.

Mais toi, pourquoi juges-tu ta sœur ? Et toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Nous aurons tous à nous présenter devant Dieu pour être jugés par lui. Car l’Ecriture déclare : « Moi, le Seigneur vivant, je l’affirme : tous les humains se mettront à genoux devant moi, et tous célèbreront la gloire de Dieu. » Ainsi, chacun de nous devra rendre compte à Dieu pour soi-même.

Donc, descends de vos faux trônes ! C’est Dieu qui jugera, pas nous ! Ce jour-là, nous devrons tous répondre pour nous-mêmes, et la seule réponse appropriée sera : « Ma main tremblante ne t’offre rien ; ta croix sanglante est mon seul bien ». (A.M. Toplady)

Cessons donc de nous condamner les uns les autres.

Paul emploie ici la première personne du pluriel, se référant donc à lui-même aussi. Il nous faut tous, faibles et forts, faire de même.

Appliquez-vous bien plutôt à ne rien faire qui amène vos sœurs et frères à trébucher ou à tomber dans l’erreur.

Il faut cesser immédiatement de condamner et de mépriser les autres au sujet des questions qui ne sont pas au cœur de l’évangile. Il nous faut tous prendre soin de ne pas inciter quelqu’un à tomber dans le péché en aucun cas. Mener les autres au pharisaïsme, les inciter à violer leur conscience – ce sont là des violations très graves de l’exhaustif appel de Jésus pour que nous les chrétiens prenions bien soin les uns des autres.

Quand un chrétien fort fait quelque chose avec une conscience tranquille, qui amène un chrétien faible à faire de même, le faible peut tomber dans le péché. Ou bien, les chrétiens plus faibles peuvent imposer des règles qui sont tellement strictes que certains deviennent exaspérés, rejetant toutes règles et la foi chrétienne solide aussi. Opprimés par les règles morales bêtifiantes, ils ne veulent plus rien avoir à faire avec l’orthodoxie. Mais alors, ils sont en proie à chaque prétention d’une alternative qui, même si incohérente, semble plus sophistiquée, plus tolérante.

Dans les débats sur les relations de même-sexe – anachronique du temps de Paul – ceux qui croient qu’il est acceptable d’être dans une relation de même sexe devraient prendre soin de ne pas promouvoir cela à tous ayant des désirs homosexuels. Les chrétiens qui sont plus faibles dans la foi peuvent être incités à violer leurs consciences.

Cette mise en garde ne veut pas dire que les chrétiens qui sont plus forts ne peuvent pas vivre leur liberté en Christ dans des partenariats de même sexe, mais ils ne doivent pas le faire d’aucune façon qui ne prenne pas bien soin des âmes plus faibles. Les forts devraient prier à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse et « avec intelligence » comme le demanda Paul. (1 Cor 14:15)

Les chrétiens faibles croient qu’on aurait tort d’être dans un partenariat de même sexe, mais ils ne doivent pas transformer leurs restrictions en des barrières qui peuvent détruire les vies d’autrui. Etant moins mûrs dans leur foi, ils peuvent omettre de lire la Parole dans sa totalité et d’écouter ceux qui sont plus mûrs dans la foi. Au même moment, pour ceux sur qui ils ont imposé ces lourdes restrictions, après la lutte de toute une vie contre leur homosexualité et voyant que les promesses « ex-gay » ont été démontrées comme fausses, le fait de ne jamais avoir eu une relation intime peut finalement être dévastateur. Sans compagnon de même sexe, ils peuvent se tourner vers les solutions rapides de porno et de promiscuité. De telles solutions superficielles sont rapides, mais ne satisfont pas l’envie, pas plus que la fraude « ex-gay ». Puis, ils gâchent leur vie dans une série de fantasmes – la maîtrise de soi qui ne réussit pas, les mariages mal assortis, les rapports sexuels anonymes – et finissent déprimés, malades, divorcés, accros ou morts – que ce soit leur intention ou non. Que les faibles prient à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse and « avec intelligence » comme l’a demandé Paul. (1 Cor 14:15)

Il est spirituellement et psychologiquement destructeur de violer votre conscience. Mais, la conscience ne parle pas ex cathedra. La conscience est conditionnée. Les idées vraies et fausses conditionne la conscience. Donc, Jésus affronta les pharisiens de son temps qui jouèrent sur les consciences du peuple : « Malheur à vous, enseignants de la Loi, vous imposez aux gens des fardeaux accablants ; mais vous-mêmes, vous n’y touchez pas du petit doigt ! » (Matt 23:4; Luc 11:46) Il est essentiel que les croyances qui façonnent la conscience soient identifiées et contestées par l’étude sérieuse, par la sagesse et par la prière sincère, afin que – si nécessaire – les croyances sans fondement peuvent être changées.

L’appel pastoral de Paul revient toujours à quelque chose que dit Jésus, ce qui « a des implications d’une portée considérable », comme le suggère Bruce, à savoirx` : « Le péché, la contamination morale, être rompu aux usages du monde, et ainsi de suite, se trouvent dans l’esprit des gens, non dans les objets matériaux ». Contrairement à l’interprétation consacrée, Jésus dit :

Rien de ce qui vient du dehors et qui pénètre dans l’homme ne peut le rendre ‘impur’. C’est, au contraire, ce qui sort de l’homme qui le rend ‘impur’ ! … C’est du dedans, c’est du cœur de l’homme que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l’exploitation sexuelle, au vol, au meurtre, à l’adultère, l’envie, la méchanceté, la tromperie, le vice, la jalousie, le blasphème, l’orgueil, et à toutes sortes de comportements insensés. Tout ce mal sort du dedans et rend l’homme impur. (Marc 7:14-16, 20-23)

Les lois bibliques avaient longtemps décrété que les rapports sexuels entre mari et femme les rendaient pollués pendant 24 heures. Après la naissance d’un fils, la mère était « impure » pendant 40 jours, et après la naissance d’une fille, elle était « impure » pendant 80 jours. Aujourd’hui, Bubbaloo Bubble Gum* and Chiclets* sont « purs », mais Lifesavers* et Altoids* sont « impurs ». Le problème, c’est le porc ! Qui l’aurait cru ? [* Bubbaloo Bubble Gum et Chiclets sont des types de chewing-gum. Lifesavers et Altoids sont des pastilles à la menthe.]

Mais Jésus est toujours allé droit au fond du problème. Réinterprétant les interprétations habituelles, il s’est dirigé vers les pensées qui provoquent le mauvais traitement d’autrui – les complots égocentriques pour exploiter, calomnier, violer, voler ou assassiner une autre personne. Ce qui est impur, ce sont les intentions malicieuses de traiter des êtres humains comme des objets, refusant de les considérer comme porteurs de l’image de Dieu.

Comme les églises protestantes historiques d’aujourd’hui, les synagogues sont en train de perdre des croyants en grand nombre tandis que les églises évangéliques sont florissantes. La plupart des juifs de nos jours se disent « simplement juifs ». Ils veulent dire qu’ils ne sont pas religieux. Donc, il y a quelques mois, trois cent rabbins se rencontrèrent à Las Vegas pour parler d’un « changement d’image » afin de combattre ces pertes. Un certain rabbin suggéra qu’ils laissent tomber le lien de avec la nourriture et redéfinissent la notion de kasher comme portant sur le traitement éthique dans l’industrie agro-alimentaire. Un autre rabbin parla déjà d’un « changement d’image » sur ce qui est kasher il y a 2.000 ans, non ?

Et Paul suivit ce rabbin d’autrefois :

Pour moi, je sais et je suis pleinement convaincu, en accord avec la pensée du Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi.

Les choses étaient symboliquement « pures » ou non pour rappeler la sainteté de Dieu aux juifs, l’altérité totale de Dieu. Mais nous transformons les symboles en idoles. Lewis se rappelle avoir lu cette phrase sur l’amour sexuel : « Cela cesse d’être un diable quand il cesse d’être un dieu ». Comme il l’a remarqué : « C’est bien dit, non ? Tant de choses – nenni – chaque chose réelle – est bonne si seulement elle sera humble ». C’est là bien dit, non ?

Pour les forts, Paul reconnaît qu’en fait, tout est permis. Mais, il fait remarquer : tout n’est pas bon pour nous ni nous aide à grandir dans la foi. (1 Cor 10:23) Paul voit notre liberté complète en Christ, « non comme un droit, mais comme renonciation à son droit pour profiter à un autre. Avec les juifs, [Paul] a vécu comme les juifs. Avec ceux qui ont ignoré la loi de Moïse, il a vécu comme eux. Avec les faibles, il a vécu comme s’il était faible lui-même. » (Gunther Bornkamm) C’est en Christ que Paul est si libre qu’il est même libre de renoncer à son droit d’être libre ! C’est là la vraie liberté !

Donc, avec ce point de vue de liberté totale, Paul est d’accord que les forts dans la foi ont raison, qu’en effet, rien n’est impur en soi. Et puis, il l’ajoute :

Si quelqu’un pense qu’une chose est impure, alors elle le devient pour lui.

Dans les déclarations « oui/mais », l’accord exprimée dans la première partie est toujours secondaire par rapport à la clarification dans la deuxième partie. La clarification est le point essentiel.

Même si les faibles ont tort de penser que quelque chose est condamnable, ils auraient tort de le faire, ce qui les mettrait en danger. Voyez-vous, avoir la lumière la plus vive, ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, c’est de fidèlement vivre par la lumière qu’on a – quoi que ce soit la puissance en watts. C’est pour cela qu’on ne devrait pas pousser les gens d’aller au-delà de là où ils en sont dans leur voyage de foi en Christ. Nous pouvons essayer de leur apprendre à devenir plus mûrs en Christ, mais nous ne devons pas les inciter à aller là où ils ne veulent pas aller avec leur conscience actuelle.

Paul inclut ce rappel sérieux : le Christ aime vraiment ceux qui peuvent être tentés de violer leur conscience. Il est mort pour eux ! Donc, Paul conseille :

Si tu fais de la peine à ton frère ou à ta sœur à cause de ce que tu manges, tu ne vis plus selon l’amour. Pour une question de nourriture, ne va pas détruire celui-là pour qui le Christ est mort !

Ici, Paul ne s’inquiète pas parce que quelqu’un est simplement en désaccord avec nous. Il s’inquiète que ce que nous faisons peut détruire la foi d’un chrétien qui est faible dans la foi. Il nous laisse arriver à comprendre, avec amour et sagesse, exactement comment éviter de causer de tels dégâts terribles à la foi d’un autre. Mais est-il spécialement difficile de réaliser cela ? Le Christ n’est-il pas mort pour que nous puissions vivre ? Donc, ne nous-devrions pas, en mémoire de lui et avec gratitude pour son grand sacrifice pour nous, faire passer les besoins d’autrui avant notre propre gratification passagère ?

Que personne, donc, ne puisse calomnier ce qui pour vous est bon.

Ce qui est bon, c’est la liberté en Christ, mais ce n’est pas là la complaisance envers soi-même ! Ce qui est bon, c’est de respecter sa propre conscience, mais ce n’est pas là le relativisme ! Ce qui est bon, c’est que l’amour ne tient pas à être en contrôle, mais cela ne veut pas dire abandonner l’idée du Christ comme seul Chemin !

Ce qui est bon, c’est la bonne nouvelle de la grâce gratuite de Dieu en Christ seul – l’évangile que tant de gens méprisent à cause de son étroitesse d’esprit, une affirmation qui est elle-même étroite d’esprit. Mais Paul sait que les rites et les règles religieux n’ont aucune importance, tandis que le règne de Dieu en Christ est tout ce qui importe vraiment. Et Jésus le savait aussi, en citant Osée (6:6) aux Pharisiens qui l’ont critiqué pour avoir permis aux disciples de cueillir des épis pour en manger les grains le jour de sabbat : « Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices ». (Matt 12:7) Paul revient donc à l’essentiel :

En effet, le Royaume de Dieu n’est pas une affaire de nourriture et de boisson ; il consiste en la justice, la paix et la joie que donne le Saint-Esprit. Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes.

En réprimandant les chrétiens qui, ayant un différend avec un autre chrétien, demandent justice à des juges païens (1 Cor 6), Paul avertit que les injustes n’auront aucune part dans l’héritage du royaume de Dieu. Il énonça une liste d’injustes. Bruce explique que ceux-là sont, « plus particulièrement, ceux qui font du tort aux autres, » tels que ceux qui oppriment les autres par des actions en justice, ceux qui volent, escroquent, calomnient et exercent des sévices sexuels sur autrui et, pèchent contre Dieu par l’idolâtrie. Paul inclut des listes similaires de vices dans ses lettres aux Galates, aux Ephésiens et aux Colossiens aussi. Les coupables dans toutes ces listes blessent cruellement autrui, par exemple, par haine, par mensonges, par malice, par envie, par sorcellerie, et ainsi de suite. (Gal 5:19-21 ; Eph 5:3-5 ; Col 3:5-9)

Dans la liste de vices dans 1 Corinthiens on trouve ces énigmatiques mots – arsenokoitai et malakoi. Les enseignants anti-gays de nos jours infèrent que ces mots veulent dire « actif » et « passif » selon leur stéréotype moderne des couples LGBT. Ces interprètes supposent naïvement que leur projection explique ce dont Paul voulait dire il y a deux mille ans. Leur interprétation ne peut simplement pas refléter ce que Paul pouvait avoir en tête. A l’époque de Paul, il était impossible même de contempler des « unions » amoureuses de même sexe entre égaux. Si, comme le prétendent les anti-gays, la référence ci-dessus impliquait la pénétration d’un homme par un autre, à cette époque-là cet acte particulier aurait été une expression puissante d’avilissement – comme le viol des prisonniers de guerre ou les tentatives d’agression sur les visiteurs à Sodome et à Guibéa. Cela, ce n’est pas l’amour.

D’ailleurs, pour la plupart des couples – homos ou non – ce n’est pas question de pénétration. Il s’agit de la plus profonde intimité psychosexuelle. Les deux partenaires sont attirés l’un par l’autre parce que chacun considère l’autre comme une personne chérie, non comme une partie du corps.

Quoi que Paul entende par un mot qu’il forgea apparemment et par un autre mot qui veut dire « mou » en grec, il est certain que les couples LGBT, qui se soutiennent l’un l’autre à travers tous les hauts et les bas de la vie et ne maltraitent personne, sont mal servis par l’inclusion dans une antique liste de vices de ceux qui étaient, par définition, des fauteurs de trouble, des adultères, des escrocs, des calomniateurs, des menteurs, etc.

Bien sûr, les listes de vices comprennent des hétéros qui maltraitent. Mais les évangéliques anti-gays ont raison de ne pas en conclure que l’hétérosexualité, comme telle, est donc condamnable – quoique les rapports sexuels entre des personnes mariées et l’accouchement soient « impurs » dans la Bible. Donc, même si la prostitution, la pédérastie ou le viol est dans une liste de vices, c’est là parce que c’est du mauvais traitement, non parce que le mauvais traitement est hétéro ou homo.

Jésus reprocha aux pharisiens de son époque d’avoir spéculé au sujet du mariage, en employant le pire des cas scénario et en allant au-delà de leur propre expérience. (Matt 22:29) Tout en faisant beaucoup de bruit sur ce qui n’a aucune importance dans le règne de Dieu, ils interprétèrent mal les Saintes Ecritures et fermèrent les yeux sur la puissance de Dieu. Leurs descendants font de même ces jours-ci.

Ainsi donc, cherchons toujours ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi. Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu !

Aujourd’hui, on peut dire : Ne vas pas, pour la présence ou pour l’absence d’un pénis ou d’un vagin, détruire l’œuvre de Dieu dans ceux pour qui Jésus a tout payé.

Et une fois de plus, Paul demande aux forts de faire preuve de retenue et de compassion.

Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère [ou de ta sœur].

Au lieu de sacrifier les faibles pour satisfaire les désirs des forts, Paul conseille vivement aux forts d’être un sacrifice vivant au nom des faibles. Mais, il faut remarquer que le temps du grec indique ici que Paul se concentre sur une situation particulière, c’est-à-dire, « c’est une bonne idée d’abstenir de la viande, pour une fois. » Comme le font remarquer les érudits, ce n’est « pas une question de l’abstinence continue » par les forts. (Nigel Turner)

Ta conviction personnelle à ce sujet, garde-la pour toi devant Dieu.

Paul reconnaît que les forts peuvent exercer leur liberté en Christ en privé tout en étant raisonnablement sensibles aux besoins des faibles, mettant en balance la liberté de l’individu et la liberté de l’assemblée de fidèles – comme le font peu d’églises.

A Rome, les faibles comportaient beaucoup qui pouvaient être tentés d’imiter les forts en mangeant, en buvant et en différenciant les jours. Mais dans les disputes sur l’homosexualité d’aujourd’hui, la plupart des faibles, étant hétéros, ne pouvaient pas être tentés de « devenir homos ».

Pourtant, les chrétiens forts doivent soutenir les faibles qui essaient vraiment de s’abstenir du ‘péché’ de l’homosexualité. Donc, bien sûr, les chrétiens forts homos ne doivent pas flirter avec ceux qui sont faibles. Et tous les couples chrétiens ont besoin d’être sensibles aux chrétiens faibles homos. Faire étalage publiquement de leur amour d’une façon qui masque les défis même dans un bon mariage peut présenter une image trop parfaite de bonheur conjugale, et devenir donc une pierre d’achoppement pour les âmes solitaires qui doivent subir, de leur point de vue, une vie d’abstinence sexuelle.

Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même par ce qu’il approuve.

Se tournant vers les faibles, et toujours à portée de voix des forts afin de leur rappeler tous ce qui est en jeu pour la foi de tous, Paul avertit une fois de plus :

Mais celui qui mange tout en ayant des doutes à ce sujet est déjà condamné, car son attitude ne découle pas de la foi. Or tout ce qui ne découle pas de la foi est péché.

Les faibles et les forts doivent rester fidèles. Fidèles à qui ou à quoi ? Au Christ, bien sûr. Nous commençâmes avec la foi en lui ; il nous faut garder la foi en lui. Il faut tout subordonner au Christ. Il ne faut pas s’incliner devant aucun autre souci, devant aucune idole, devant rien qui passe avant la foi en Jésus-Christ seul.

Paul se tourne vers les forts, à portée de voix de tous, et répète :

Nous qui sommes forts dans la foi, nous devons porter la faiblesse de ceux qui n’ont pas cette force, nous ne devons pas chercher ce qui nous plaît. Il faut que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour son bien, pour le faire progresser dans la foi.

Porter leur faiblesse ? C’est là le moins que les forts puissent faire. Ne laissant pas les faibles les privent de la liberté en Christ, ils peuvent aider les faibles de progresser vers la maturité. Comme le dit Luther : « Nous devons fortifier et renforcer les faibles pour qu’ils puissent croître dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ ». Morris, lui aussi, est direct : « Un vrai souci des faibles voudra dire une tentative de les fortifier en les conduisant loin de leurs scrupules irrationnelles afin qu’ils, eux aussi, seront forts ». Et Bruce encourage « le chrétien émancipé à aider son frère ‘plus faible’ [ou sa sœur] à avoir une conscience plus éclairée. Mais, » avertit-il, « c’est un processus qu’on ne peut pas faire à la hâte ». Nous le savons tous d’après notre propre expérience, non ? Nous avons pris le temps qu’il nous a fallu ; il nous faut les laisser prendre leur temps, eux aussi.

Nous pouvons leur rappeler l’avertissement de Paul contre les demandes ascétiques des gnostiques : « Ne prends pas ceci, ne goûte pas cela, n’y touche pas ! » (Col 2:21) Les règles n’étaient ni sacrées ni utiles ; ni justes ni réalistes. Paul voit que les règles strictes ne servent à rien pour maîtriser l’indulgence. Elles ne font qu’alimenter nos rêvasseries insensées sur tout ce que nous croyons erronément que nous manquons.

Etant donné ce qu’il croyait sur le retour imminent du Christ, Paul pensait qu’il valait mieux ne pas assumer les responsabilités du mariage. Mais, il recommanda le mariage pour ceux qui, sans mariage, allaient brûler avec leurs besoins d’intimité non satisfaits. (1 Cor 7) Lewis fit remarquer la sagesse du missel : Si vous ne pouvez pas être chaste (et la plupart d’entre vous ne pouvez pas), mariez-vous. Dit-il : « C’est peut-être brutalement raisonnable, mais pour un homme, cela a du sens, point final ».

En 1960, Lewis écrit au peintre Delmar Banner (qui était homosexuel), lui disant qu’il était en faveur de la décriminalisation de l’homosexualité, et qu’il soutenait « les homos persécutés par des fouineurs et par des mouches du coche ». Trente ans plus tôt, Banner s’était marié avec la sculpteure Josefina de Vasconcellos, une chrétienne, dévote et joyeuse, qui découvrit tôt que cela allait être un mariage sans sexe. Le mariage dura 53 ans. En 2005, 22 ans après la mort de Banner, elle mourut à l’âge de 100. Mais dans toutes nos circonstances, on a besoin de la grâce et sagesse de Dieu, qui nous fortifient, dans nos affaires avec autrui. Donc, Paul prie :

Que Dieu, source de toute patience et de tout réconfort, vous donne de vivre en plein accord les uns avec les autres, conformément à l’enseignement de Jésus-Christ. Ainsi, d’un même cœur et d’une seule voix, vous célébrerez la gloire du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

Accueillez-vous donc les uns les autres, tout comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.

Plus tôt, Paul nous rappela que nous étions encore des pécheurs quand le Christ est mort pour nous. (5:8) Il demanda à Dieu d’être lui-même maudit pour que ses frères puissent être bénis. (9:3)

Et alors donc, si les faibles considèrent les forts comme pécheurs, ne devraient-ils pas imiter le Christ plutôt que de les condamner ? Ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier eux-mêmes, au moins à sacrifier leur condamnation, au nom de leurs frères plus forts ? Et, si les forts considèrent les faibles comme inférieurs, imitant le Christ, ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier eux-mêmes, au moins à sacrifier leur mépris, au nom de leurs frères plus faibles ? Ne pouvons-nous pas au moins cesser de détenir les uns les autres en otage de nos consciences ?

Comme le dit un certain écrivain: « Jésus n’est pas mort sur la croix pour montrer qu’il a raison. Il est mort sur la croix pour sauver ceux qu’il aime ». (John Stackhouse) Et nous, ses adeptes, ne sommes pas appelés à montrer que nous avons raison. Nous sommes appelés à montrer le chemin qui conduit à Jésus, le seul et l’unique Sauveur du monde ! Nous sommes appelés à suivre son chemin étroit, avec amour pour tout le monde comme Jésus en fait preuve sur la croix. Peu importe si nous n’aimons pas trop quelqu’un. Peu importe si quelqu’un ne nous aime pas trop. Ce qui importe, c’est que Dieu nous aime tous.

Lewis argumenta en faveur d’« un norme clair du christianisme élémentaire (‘christianisme simple’ ...) qui met en perspective les controverses du moment ». Les controverses du moment vont et viennent. Mises en perspective, elles ne furent pas considérées comme essentielles au « christianisme simple » pas plus que les disputes actuelles. Les nôtres, comme le reste, disparaîtront, mais tristement, non avant de faire des ravages sur les âmes.

Jésus pria à son Père pour nous tous : « pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux ». Et il dit que l’amour que nous avons l’un pour l’autre ferait preuve du fait que nous sommes ses disciples. (Jean 13:35) C’est dans la vérité d’être réconciliés avec Dieu en Christ que nous pouvons librement nous permettre un amour réconciliant les uns pour les autres, car l’amour avec lequel nous devons nous aimer les uns les autres est l’amour même par lequel nous sommes aimés par Dieu en Christ.

Cela fait cent ans que Kate Hankey s’endormit dans le Seigneur. Elle attend la Résurrection. Elle écrit le chant : J’aime raconter l’histoire de Jésus et son amour. Que l’on soit homo ou hétéro, plus faible ou plus fort dans la foi, la seule et l’unique histoire merveilleuse est « la vieille histoire de Jésus et son amour ». Nous sommes appelés à vivre et à raconter cette histoire tout le long du chemin étroit. Vivre le chemin, c’est de se reposer tellement dans l’amour de Dieu qu'avec reconnaissance, nous aimons Dieu avec tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, et aimons notre prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. (Matt 22:37-40) Raconter le chemin, c’est d’aimer Dieu et autrui tellement qu’avec reconnaissance, nous partageons cette vieille histoire de la bonne nouvelle qui « donne à trembler ceux qu’elle justifie et console ceux qu’elle condamne ». (Blaise Pascal) Voilà l’évangile : « Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes ». (2 Cor 5:19)

Pour tant de gens, l’histoire ne porte pas sur la bonne nouvelle de Jésus et son amour. Qu’elles soient nominalement théistes ou païennes – moralistes, légalistes, relativistes, sécularistes, athées, polythéistes ou panthéistes – les histoires sont égoïstes – obsédées d’elles-mêmes et finalement, dévorées par l’obsession. Donc, tristement, les gens sont enfermés tout seuls, perdus dans eux-mêmes, malades du péché – vexés, en colère, épuisés, cyniques, vantards et pourtant, méfiants et apeurés. Et quelques-uns de nos amis les plus proches justifient leur conviction que tout leur est dû, et finissent par être pris au piège d’obsession de soi. Ils ont besoin de trouver un moyen de sortir – en Celui qui est lui-même la Voie, la Vérité et la Vie – « une telle Voie qui nous donne le souffle, une telle Vérité qui met fin à tous conflits, une telle Vie qui tue la mort ». (George Herbert)

Sachant que la prière de Jésus fut exaucée, si l’amour du Père pour son Fils demeure en nous, si lui est en nous, et si nous ne sommes en vie que dans sa Vie, que faisons-nous donc pour aider autrui à le connaître ? Que faisons-nous qui les empêche de le connaître ? Dieu pleura pour les perdus de Ninive, Jésus pleura pour les perdus de Jérusalem, et Paul, lui-même en larmes, conjura les chrétiens à travers les siècles de pleurer pour les perdus de leur propre génération: « Revenez une fois pour toutes à votre bon sens, et ne péchez pas ; car certains d’entre vous ne connaissent pas Dieu. Je le dis à votre honte. » (1 Cor 15:34)

Est-ce que cette vieille histoire de Jésus et son amour nous détourne d’être follement obsédés des choses d’indifférence – la politique d’identité, la religion centrée sur des questions gays, non sur Dieu, et être distraits par la baliverne – pour aimer ceux pris au piège d’égocentrisme tellement qu’ils se tournent vers celui qui nous aime parfaitement ? Est-ce que la vieille histoire de Jésus et son amour sera notre thème, maintenant et dans la gloire de la Nouvelle Terre et les Nouveaux Cieux pour toujours, avec eux ensemble ?

Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournons à Dieu les mains vides. Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournerons à Dieu main dans la main.

©2011 Ralph Blair. Tous droits réservés