<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388</id><updated>2011-11-04T11:27:02.817-04:00</updated><title type='text'>chrétien gay : gay chrétien</title><subtitle type='html'>«  Réalité plus cruelle encore, la majorité des ados gays qui tentent de se suicider ont participé à l’Eglise. ».</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>22</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-1387879034157990723</id><published>2011-11-02T16:51:00.006-04:00</published><updated>2011-11-04T11:27:02.852-04:00</updated><title type='text'>Comment cela vous fait sentir ?</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;Publié sur internet le 2 novembre 2011&lt;br&gt;par Alex Haiken&lt;br&gt;&lt;a href="http://jewishchristiangay.wordpress.com/"&gt;On Being Jewish, Christian and Gay&lt;/a&gt; &lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Mon frère en Christ et cher ami Alex Haiken vient de poster cet article sur son blog. Je l’ai trouvé très touchant et l’ai traduit en français pour le partager avec vous ici. Alex est titulaire d’une maîtrise en ministère urbain du Westminster Seminary.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelqu’un m’a demandé : Alex, sur votre blog vous vous décrivez comme un gay qui croit en Christ. Quand les gens emploient des mots tels que « dénaturée », « perverse », « abominable », « destructrice », « trompeuse » et « vile » pour décrire l’homosexualité, comment cela vous fait sentir ? Vos réflexions seraient appréciées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette question ou une variante se pose souvent. Personnellement, j'ai dû apprendre que je ne peux pas assumer la responsabilité ni pour l’ignorance ni pour l’aveuglement d’autrui. Une analogie est peut-être la façon que les noirs ont dû apprendre vivre dans une culture et dans une société où beaucoup ont erronément enseigné que les gens à la peau claire sont supérieurs aux gens de couleur. Le fait est que cela gêne la communauté juive que je sois un Juif qui croit que Jésus est le Messie juif. (Mais si Jésus est en effet le Messie juif comme l’ont prophétisé les prophètes hébreux, la chose la plus juive qu’on puisse faire est donc de le suivre.) Beaucoup de chrétiens ne sont pas contents de moi parce que je suis ouvertement gay, sans remords ni honte. (Mais si le petit nombre de passages bibliques auxquels on fait généralement appel dans ce débat abordent en fait des problèmes ne concernant pas l’homosexualité, ce sont donc eux s’agrippant obstinément à leur doctrine anti-gay qui ont avalé la mauvaise théologie.) Et la communauté séculière LGBT me considère comme fou à cause de mon association continue avec ce qu’ils perçoivent comme étant une religion homophobe. (Mais si le Créateur de l’univers m’appelle à marcher avec Lui dans une relation personnelle et intime, la fidélité à cet appel l'emporte sur la communauté séculière LGBT ou qui que ce soit d’autre qui manque des connaissances sur ou a des malentendus sur qui est Dieu.) Comme Jésus l’a rappelé à ses disciples :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Vous, au contraire, vous êtes heureux, vos yeux voient et vos oreilles entendent ! Vraiment, je vous l’assure : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, mais ne l’ont pas vu ; ils ont désiré entendre ce que vous entendez, mais ne l’ont pas entendu. (Matthieu 13:16,17)&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, j’ai appris que l’ignorance et l’aveuglement d’autrui sont leurs problèmes, pas les miens. Je peux semer les graines et chercher à informer ceux qui sont enseignables et ouverts à l’idée de laisser le Saint-Esprit les émouvoir et les faire se développer. Mais Jésus l’a sagement enseigné à ses disciples : si l’on ne veut pas écouter vos paroles, quittez la maison en secouant la poussière de vos pieds. Si c’est vrai que nous sommes sauvés par foi en ce qu’a fait Jésus, le message anti-gay ne peut pas donc être vrai. Que nous soyons hétéros ou homos, cela n’a strictement rien à voir avec le travail rédempteur de Dieu dans nos vies. C’est le fait de notre réponse au Christ qui a la plus grande importance. Et en tant que Juif qui croit en Christ, j’ai appris il y a longtemps que la vérité n’est jamais déterminée par un vote majoritaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En un mot, peut-être que Dieu m’a donné un ministère pour « relier les points ». En particulier, j’aide les homos à relier les points afin de pouvoir intégrer leur foi chrétienne, qui est engagée et théologiquement valable, avec leur sexualité. J’aide les Juifs à relier les points afin de pouvoir voir que Jésus est leur Messie juif, et j’aide les croyants gentils à relier les points afin de pouvoir voir les riches racines juives de leur foi. Jésus a relié les points aussi. En fait, le Christ a relié les points mieux que qui que ce soit d’autre. En plus, je vois beaucoup de gens qui ont du mal à relier les points ainsi que beaucoup d’autres qui maintiennent que les points ne sont pas censés être reliés. Mais je suppose que si Dieu vous donne un ministère comme celui-ci, Il vous donne aussi une peau dure.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela dit, j’ai aussi entendu le cris des homos chrétiens qui sont plus sensibles. J’ai entendu les cris de ceux qui ont perdu l’espoir, ceux qui sont devenus gravement désabusés, ceux qui se sont ressentis déprimés et désespérés, et ceux qui ont du mal, pour ainsi dire, à relier les points.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De nombreuses études ont montré que les jeunes homos ont un plus haut taux de suicide que les jeunes hétéros. Le Suicide Prevention Resource Center (Centre des ressources pour prévenir les suicides) a synthétisé ces études et estimé qu’entre 30% et 40% de jeunes homos, selon l’âge et le genre, ont tenté de se suicider.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Réalité plus cruelle encore, la majorité des ados gays qui tentent de se suicider ont participé à l’Eglise. Pourquoi ? Parce que ces jeunes gens sont fortement affectés par les attitudes négatives de leurs églises sur l’homosexualité, et la mauvaise estime de soi, la dépression et la peur qui en résultent peuvent être fatales à une identité fragile. L’Eglise n’est pas sans culpabilité. Les homos continuent à être des victimes de la persécution et de la discrimination de l’Eglise – le seul endroit du monde où la grâce, l’amour et l’équité devraient être le thème de la vie pour eux. Les parents qui n’acceptent pas la sexualité de leurs enfants jouent aussi un rôle important puisqu’ils ne comprennent pas l’influence des messages qui font leurs enfants homos ne pas se sentir en sécurité ni acceptés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous qui faisons partie de l’Eglise avons très peu fait pour aider leur situation désespérée. La souffrance qu’ont subi les homos aux mains de l’Eglise est incalculable. L’ignorance générale et délibérée de l’exégèse biblique solide pour correctement transmettre la Parole de vérité est la raison que la plupart du traitement antipathique des LGBT continue à durer. L’Eglise a rejeté littéralement des millions d’hommes et de femmes qui auraient accepté le Christ. Ils ont repoussé des gens qui seraient entrés dans le royaume des cieux. Jésus a donné une mise à garde à propos des dangers d’adopter une attitude pharisaïque dans notre ministère aux autres et notre traitement d’eux. Dans Matthieu 23, il l’a mis en garde :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Malheur à vous, pharisiens hypocrites ! … Vous liez de pesants fardeaux et les placez sur les épaules des hommes ; mais vous ne bougeriez même pas le petit doigt pour les déplacer. … Malheur à vous, pharisiens hypocrites ! Parce que vous barrez aux autres l’accès au royaume des cieux. Non seulement vous n’y entrez pas vous-mêmes, mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire. Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Vous parcourez terre et mer pour amener ne fût-ce qu’un seul païen à votre religion, et quand vous l’avez gagné, vous lui faites mériter l’enfer deux fois plus que vous. Malheur à vous, guides aveugles! … Vous avez soin de filtrer vos boissons pour éliminer le moindre moucheron, et vous avalez le chameau tout entier.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’apôtre Paul met en garde : « Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux. De cette manière vous accomplirez la loi du Christ ». Jésus a dit qu’on nous appliquera la mesure dont nous nous serons servis  pour mesurer les autres. Il a dit qu’au jugement final, il prendrait ses décisions selon la manière dont on a traité « le moindre de mes frères ». Nous oublions trop souvent que quand nous parlons des gens LGBT, nous parlons des enfants de Dieu, et parlons d’un Dieu qui nous tiendra pour responsable de la manière dont nous traitons chacun d’entre eux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’adolescence est un stade difficile pour tout le monde. Les gens homos ont la difficulté supplémentaire de composer avec cette ignorance et avec l’intolérance, la discrimination et la rejection qui l’accompagnent souvent. Mon amie Mary Lou Wallner raconte l’histoire de comment il a fallu le suicide de sa fille lesbienne pour lui faire chercher une meilleure compréhension de l’homosexualité que celle qu’on l’a enseignée. Bouleversée par le « coming-out » de sa fille Anna, Mary Lou avait insisté pour qu’elle change. Après le suicide d’Anna, Mary Lou a appris que c’était elle-même qui devait changer. Elle et son mari ont maintenant un ministère, teach-ministries.org, axé sur les conséquences de l’homophobie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il serait peut-être plus fructueux de renverser la question. Comment cela vous fait sentir ? Un certain ecclésiastique a noté que la signification d’être une personne religieuse est d’être terrifié de la possibilité de faire du mal à quelqu’un. Le commandement clair est celui-ci : Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. Aime ton prochain comme toi-même.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-1387879034157990723?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/1387879034157990723/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=1387879034157990723' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/1387879034157990723'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/1387879034157990723'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/11/comment-cela-vous-fait-sentir.html' title='Comment cela vous fait sentir ?'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-9114585688299668919</id><published>2011-10-21T10:37:00.013-04:00</published><updated>2011-11-02T10:33:41.230-04:00</updated><title type='text'>Lévitique 18 : Qu'est-ce qui était l'abomination ?</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;Publié sur internet le 18 octobre 2011&lt;br&gt;par Alex Haiken&lt;br&gt;&lt;a href="http://jewishchristiangay.wordpress.com/"&gt;On Being Jewish, Christian and Gay&lt;/a&gt; &lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Mon frère en Christ et cher ami Alex Haiken vient de poster cet article sur son blog. Je l’ai trouvé très intéressant et ai donc décidé de le traduire en français pour le partager avec vous ici. Alex est titulaire d’une maîtrise en ministère urbain du Westminster Seminary.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vu le vacarme sur l’homosexualité, on penserait que la Bible en dit long sur le sujet. Mais non. Il n’y a que cinq ou six versets dans la Bible entière que certains ont interprétés comme abordant ou comme condamnant l’homosexualité. Ces versets, appelés souvent « les passages maltraitants » (‘clobber passages’ en anglais) parce qu’on les utilisent souvent pour critiquer ou condamner les LGBT de nos temps, sont sortis de leur contexte pour démontrer la position anti-gay présumée de la Bible , dont un est le Lévitique 18:22 :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; c’est une abomination.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le passage se répète dans le Lévitique 20:13 :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;POINT DE DÉPART&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme l’un de mes mentors (John McCall) me rappelle constamment, on n’arrive jamais à la vérité en demandant à la Bible : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » La raison est parce que c’est le mauvais point de départ. En fait, ce qu’on demande est, « Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui, individuellement ? ». Et c’est pourquoi nous finissons par avoir des milliers des réponses différentes. L’exégèse demande toujours, « Qu’est-ce que cela voulait dire &lt;i&gt;à cette époque-là&lt;/i&gt; ? » Il y a une grande différence entre ces questions comme points de départ. A moins que nous n’avons une idée de la signification du texte à l’époque, nous ne pouvons que faire des conjectures quant à ce que cela veut dire pour nous &lt;i&gt;maintenant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Afin d’interpréter la Bible de façon responsable, l’exégèse nous exige d’&lt;i&gt;extraire&lt;/i&gt; du texte ce qu’il signifiait initialement pour l’auteur et ses premiers destinataires, sans y ajouter les nombreuses interprétations traditionnelles qui se sont peut-être développées à son sujet. Le lecteur contemporain doit essayer d’une manière ou d’une autre d’entrer dans le monde de l’écrivain biblique et chercher à comprendre ce que l’écrivain disait. En revanche, bien trop de gens font ce auquel certain théologiens se réfèrent comme « préalimentation », c’est-à-dire, ajouter ses propres opinions personnelles, politiques et préjudiciables à la Bible, au lieu d’en extraire ce que les auteurs initiales voulaient dire. Ce processus d’ajouter nos propres idées dans l’interprétation de la Bible s’appelle « l’eisegèse ». L’exégèse et l’eisegèse sont des approches contradictoires pour interpréter la Bible. L’exégèse porte sur en extraire ce que les écrivains originels disaient. L’eisegèse porte sur ajouter nos propres idées ou nos préjugés dans la Bible. Mais l’exégèse ne nous permet pas d’arracher un passage de son contexte et de le poser dans une autre ère pour des raisons de commodité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;L’ARCHÉOLOGIE PEUT AIDER&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du fait des nombreuses découvertes archéologiques du 20e siècle, notre capacité de faire une exégèse compétente a exponentiellement grandi. En fait, à présent nous savons plus sur la Bible qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire, y compris même l’époque du Nouveau Testament. A titre d’exemple : jusqu’au début du 20e siècle, on savait peu sur les Cananéens. On savait peu sur leur religion, leur culture ou leur mode de vie. Dans l’ensemble, notre seul témoin des Cananéens étaient les textes de l’Ancien Testament. Mais en 1929, tout cela a considérablement changé avec la découverte de ce qui s’appelle les textes de Ras Shamra. (Ras Shamra est une région sur la côte du nord de la Syrie, où les restes de la ville cananéenne ancienne d’Ugarit ont été excavés.) Depuis 1929 jusqu’à présent, des milliers de textes et de matériaux ont été découverts. Le vrai trésor, ce n’étaient pas les immeubles ni les bijoux, mais les grandes quantités de manuscrits ont démontré comment la vie citadine de Canaan fonctionnait, et ont révélé une mine de renseignements qui a été inestimable pour notre compréhension de la religion et la culture de Canaan. Beaucoup croient que la découverte de ces textes n’est devancée que par la découverte des Rouleaux de la Mer Morte. Ces manuscrits ont eu une profonde incidence sur les études bibliques. Comment ces découvertes nous aident-elles à interpréter les textes bibliques ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LE PAGANISME ET L’IDOLÂTRIE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un des thèmes les plus proéminents et omniprésents qui se tisse à travers la plupart de la Bible est celui du paganisme et l’appel constant à s’en détourner. On trouve un appel continuel à se détourner de l’adoration des faux dieux païens de l’époque et à se tourner vers le seul vrai Dieu vivant, Yahvé. En connexion avec l’appel à se détourner de l’adoration des dieux païens est l’avertissement contre participer aux innombrables rituels ou pratiques des païens. L’Ancien et le Nouveau Testaments consacrent tous deux de nombreuses pages à la condamnation de ces pratiques cultiques païennes. Mais la plupart d’entre nous n’a aucune idée de ce qu’étaient ces pratiques. Elles sont maintenant disparues et complètement étrangères donc pour les conceptions de nos jours. Par conséquent, les déclarations comme, par exemple, Lévitique 18:22 peuvent sembler claires à première vue, mais leurs application et contexte ne le sont pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La section commençant à partir du 17e jusqu’au 26e chapitre du Lévitique s’appelle « le Code de Sainteté ». Ce dernier est destiné à fournir un modèle pour le comportement et le mode de vie qui distinguera les Israelites des Cananéens dont le pays Dieu leur a maintenant donné. Pour cette raison, le 18e chapitre du Lévitique commence par une mise en garde stricte contre la rétention des idolâtries de l’Egypte (d’où les Israelites étaient venus), et contre l’adoption des idolâtries de Canaan (où ils se dirigent maintenant). Cette déclaration, selon le commentaire de Matthew Henry, résume le chapitre entier du Lévitique 18.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais quelles étaient ces idolâtries de l’Egypte et de Canaan que les Israelites devaient éviter de suivre ? Elles manifestaient quelles pratiques ou rituels étranges ? Pour commencer, on découvre dans l’Ancien Testament que les Cananéens ont brûlé vif leurs enfants en l’honneur de leurs dieux païens, pratiqué l’adoration des serpents, eu des rapports sexuels avec des animaux, ainsi que pratiqué une foule d’autres pratiques grossières et détestables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LA PROSTITUTION SACRÉE ET LA FÉCONDITÉ&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourquoi faire de telles choses bizarres ? Quelle était la motivation ? LA FÉCONDITÉ ! La fécondité était très prisée dans l’antiquité d’une façon complètement étrangère à notre pensée moderne. En effet, dans de nombreuses façons, leurs vies en dépendaient. En conséquence de la grande valeur accordée à la fécondité, la religion cananéenne était remplie des pratiques qui Cananéens croyaient apaiseraient leurs dieux de la fécondité et leur gagneraient ainsi la bénédiction de la fécondité : la fécondité de la terre en forme de la pluie pour assurer et augmenter les cultures agricoles, la fécondité dans leur mode de vie par la grossesse et la naissance, la fécondité pour la reproduction de leur bétail, et ainsi de suite. La survie d’Israël reposait sur la fécondité et Baal était un dieu de la fécondité. Cela voulait dire que Baal était la puissance derrière la pluie et la rosée. Et avec des niveaux de pluie peu fiables, la faim était toujours possible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme montrent les commentaires bibliques, la culture cananéenne dépendait aussi sur la prostitution sacrée païenne comme moyen d’augmenter la fécondité. Selon le commentaire &lt;i&gt;IVP Bible Background&lt;/i&gt; (l’arrière-plan de la Bible) :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;La culture cananéenne utilisait la prostitution cultuelle comme moyen d’augmenter la fécondité. Les adeptes … visitaient le lieu sacre et utilisaient les services des prostituées sacrées [masculines et féminines] avant de semer leurs champs ou pendant d’autres saisons importantes … De cette façon ils honoraient leurs dieux … afin d’assurer la fécondité et la prospérité pour leurs champs et leur bétail.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le New International Biblical Commentary : Josué, Juges, Ruth, pour citer un autre exemple, les auteurs Harris, Brown et Moore, affirment le suivant :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;… afin d’assurer la fécondité du peuple, des animaux et le produit agricole, une personne avait des rapports sexuels avec une prostituée cultuelle – soit masculine ou féminine – au temple local de Baal. Le but était d’inciter [le dieu cananéen] à agir de même pour le compte de la personne, et assurer donc la fécondité dans tous les domaines de la vie.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LE TEXTE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme vous pouvez peut-être commencer à saisir, nous trouvons certaines choses dans la Bible qui requièrent le contexte et la clarification pour comprendre le texte. Si vous lisez votre Bible assez longtemps et avec assez d’attention, des questions vont se poser que les notes en bas de page ne satisfont pas. Mais équipés avec un bref aperçu du texte, réexaminons le passage du Lévitique, mais cette fois en contexte :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;b&gt;Lévitique 18:21-23&lt;/b&gt;&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;21 Tu ne livreras pas l’un de tes enfants pour les sacrifices à Molok, car tu ne déshonoreras pas ton Dieu. Je suis l’Eternel.&lt;br&gt;22 Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; c’est une abomination.&lt;br&gt;23 Tu n’auras pas de rapports sexuels avec une bête pour te rendre impur avec elle. Une femme n’ira pas s’accoupler avec un animal ; c’est une dépravation.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si nous examinons le passage dans son contexte, tenant compte à la fois de ce qui le précède et le suit immédiatement, nous remarquons que l’interdiction là dans le Lévitique 18:22, contre les rapports sexuels avec une prostitué sacré, est coincée entre deux autre rituels interdits : l’un dans le verset 21 contre le sacrifice des enfants au dieu cananéen Molok, et l’autre dans le verset 23 contre les rapports sexuels entre femmes et animaux. Les deux rituels illustrés étaient pratiqués par les Cananéens et par les Egyptiens dans leurs cultes de fécondité. Pourquoi les femmes avaient-elles des rapports sexuels avec des animaux ? Le croyance de l’époque était que cela aussi augmenterait leur fécondité. Dans le &lt;i&gt;New Bible Commentary&lt;/i&gt; Christopher Wright affirme le suivant par rapport au Lévitique 18 :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;La pénétration anale entre hommes, et l’accouplement mâle et femelle avec des animaux, faisaient tous partie de la culte païenne à l’Egypte, en Canaan et ailleurs.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si nous nous abstenons donc d’arracher le passage de son contexte et lisons plutôt le passage dans son contexte, nous commençons à voir que le Code de Sainteté du Lévitique interdit ces actes pour des raisons &lt;i&gt;religieuses&lt;/i&gt;, non pour des raisons &lt;i&gt;sexuelles&lt;/i&gt;. La préoccupation est de maintenir la distinction entre Israël et ses voisins idolâtres. L’alliance de Dieu avec son peuple requérait que les Israélites adorent Yahvé seul, pas d’autres dieux. Si on considère les Israélites comme liés à Dieu dans une exclusive relation d’alliance, on peut donc dire que les Israélites commettent l’adultère (ou « vont se prostituer ») chaque fois qu’ils comptent sur d’autres pouvoirs et non sur Yahvé pour les fournir de la nourriture, du confort ou de la protection. « Aller se prostituer », comme l’expression est typiquement traduit, est devenu un idiome commun pour l’adoration d’autres dieux par Israël. Partout dans les Ecritures hébraïques, on trouve qu’Israël fréquentait encore et encore les lieux consacrés à l’adoration des idoles. « Sur toute haute colline et sous tout arbre vert, toi, tu es allongée tout comme une prostituée » dit Dieu par le prophète Jérémie. (Jér 2:20) Encore et encore, on voit que les Israélites n’ont pas seulement adopté les façons cananéennes d’adorer les idoles et les faux dieux païens, mais sont constamment retombés dans ces pratiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si nous ne comprenons pas que l’époque biblique était une époque où il était très fréquent que les hommes ont les rapports sexuels avec les prostitués sacrés (mâles) pour promouvoir et assurer la fécondité, nous passerons complètement à côté du point principal de la condamnation biblique, interprétant mal des versets comme le Lévitique 18:22, pour interdire tout comportement homosexuel. Comme l’a si bien dit F. F. Bruce, érudit biblique et pionnier de la compréhension moderne de la Bible :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Il ne suffit pas de dire ‘comme le dit la Bible’ sans considérer en même temps à qui la Bible s’adresse, et dans quelles circonstances.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;L’ABOMINATION&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant à l’affirmation que l’homosexualité est une abomination, il faut noter que le terme ‘abomination’ est très mal comprise. Le mot hébraïque ‘toevah’ (traduit en français comme ‘abomination’) fonctionne d’une façon précise dans le littérature sacerdotal. En générale, cela veut dire une pratique qui est inadmissible parce qu’elle faisait partie des pratiques cultuelles des religions païennes qui entouraient le peuple de Dieu. C’est peut-être une chose inoffensive en soi, mais afin de protéger les fidèles d’Israël, même des pratiques innocentes étaient interdites. Il peut aussi s’agir de quelque chose d’intrinsèquement maléfique. Mais l’essentiel, c’est que cela fasse partie de la pratique cultuelle des religions païennes. Rappelez-vous-en la prochaine fois que quelqu’un vous dit que ceci ou cela est une abomination pour Dieu. Une ‘abomination’ (toevah) est une pratique cultuelle païenne souvent utilisée pour augmenter la fécondité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est évident qu’un article de blog ne permet pas une discussion approfondie de cette question ni du petit nombre d’autres passages interprétés comme abordant ou comme condamnant l’homosexualité. Mais j’espère vous en avoir donné assez pour y méditer. Comme l’a convenablement dit G. K. Chesterton : « Le but de l’ouverture de l’esprit, tout comme la bouche, c’est de le refermer sur quelque chose de solide ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-9114585688299668919?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/9114585688299668919/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=9114585688299668919' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/9114585688299668919'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/9114585688299668919'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/10/quest-ce-qui-etait-labomination.html' title='Lévitique 18 : Qu&apos;est-ce qui était l&apos;abomination ?'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-672050561261730902</id><published>2011-08-04T10:19:00.018-04:00</published><updated>2011-08-15T15:34:56.173-04:00</updated><title type='text'>Vivre ensemble / Notre liberté en Christ</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;big&gt;&lt;i&gt;par Ralph Blair&lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;CENTER&gt;Discours d'ouverture donné par le Dr Blair&lt;br&gt;en juin/juillet 2011&lt;br&gt;aux conférences d'Evangelicals Concerned&lt;/big&gt;&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Ralph Blair vient de donner ce discours aux conférences d'Evangelicals Concerned. Si vous trouvez des erreurs grammatiques, ou des expressions maladroites, ou si vous voudriez simplement proposer des suggestions, envoyez-les-moi par email. Merci d'avance !&lt;br&gt;&lt;a href="mailto:fredness@aol.com?subject=Email me"&gt;Cliquez ici pour m'envoyer un email&lt;/a&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;-- Fred Wells, traducteur&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;*     *     *&lt;/CENTER&gt;&lt;p&gt;La veille de son sacrifice pour les pécheurs, prenant la coupe de colère remplie de débris, de pourriture, de mort et de destruction totale – la conséquence prédite de &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; chute dans le péché – Jésus pria pour ses adeptes. Il pria pour &lt;i&gt;nous aussi&lt;/i&gt;, qui le suivrions, grâce à leur témoignage, d’abord hésitants – comme eux, mais finalement, par la grâce de Dieu en Christ, tout aussi libres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Mon Père, … Je t’ai fait connaître aux hommes que tu as pris du monde pour me les donner. Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne lui appartiennent pas, comme moi-même je ne lui appartiens pas. Consacre-les par ta Parole, la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. Et je me consacre moi-même à toi pour eux, pour qu’ils soient, à leur tour, consacrés à toi [et] qu’ils soient un, Père, comme tu es en moi et comme moi je suis en toi … Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes. … Je t’ai fait connaître à eux et je continuerai à te faire connaître, pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux. (Jean 17)&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant sa prière, son front ruisselant de sueur comme des gouttes de sang, Jésus &lt;i&gt;savait&lt;/i&gt; que Dieu le Père répondrait avec amour insondable et sagesse irréfutable, car il connaissait &lt;i&gt;Celui à Qui&lt;/i&gt; il priait : « que &lt;i&gt;ta&lt;/i&gt; volonté soit faite, et non &lt;i&gt;la mienne&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus s’attendait à quelle &lt;i&gt;réponse&lt;/i&gt; ? C’était l’amour de son Père pour lui, réalisé par lui en nous. C’était que nous mûririons en amour l’un pour l’autre. (Jean 13:35) Tout cela était « la joie qui lui était réservée ». C’est pour &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; qu’« il a accepté de mourir sur la croix, sans tenir compte de la honte attachée à une telle mort ». (Hébreux 12:2)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après vingt siècles de sophisme, de calomnie, voire de tuerie les uns des autres, la prière de Jésus est toujours en train d’être exaucée parce que Dieu demeure fidèle malgré notre &lt;i&gt;infidélité&lt;/i&gt;. Après tout, il pria à &lt;i&gt;son Père&lt;/i&gt;, non à &lt;i&gt;ses adeptes&lt;/i&gt;. Et c’est &lt;i&gt;son Père&lt;/i&gt; qui donne la réponse par son Saint-Esprit et par les Saintes Ecritures. Jésus pria spécialement pour notre vie ensemble, et les 14e et 15e chapitres de l’Epître de Paul aux Romains sont particulièrement utiles à cet égard. Ce matin, nous allons examiner de plus près ces bons conseils.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul avait conclu, vu la croix, que nous avons besoin d’une nouvelle &lt;i&gt;vision du monde&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Alors, je vous demande ceci : offrez-lui vous-mêmes en sacrifice vivant, réservé à Dieu et qui lui est agréable. … Ne suivez pas les coutumes de ce monde, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Par la grâce qui m’a été accordée, je le dis à vous tous : n’ayez pas une opinion de vous-mêmes plus haute qu’il ne faut. Ayez au contraire des pensées modestes, chacun selon la part de foi que Dieu lui a donnée. (Romains 12:1-3)&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul met en garde contre les usages de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde. Que sont-ils ? Jésus savait que ce monde &lt;i&gt;ne connaît pas&lt;/i&gt; Dieu.  Les obsessions aveugles de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde sont enracinées dans &lt;i&gt;l’égocentrisme&lt;/i&gt; – « l’essence même du péché » (D.M. Baillie), mais prises à tort pour l’essence même du salut. L’égocentrisme suffoque de &lt;i&gt;moi, moi et encore moi&lt;/i&gt; – exigences myopes que tout se passe comme &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; le souhaite : C’est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui compte, &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; tribu, &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; groupe d’identité, &lt;i&gt;mes&lt;/i&gt; priorités. Dans &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde, on affirme être plus saint que vous, plus sexy que vous, plus riche que vous, plus célébré que vous, plus moral que vous, plus correct que vous, plus persécuté que vous. Mais, ce que personne ne sait ni admet : plus défensif et moins en contact avec la réalité !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est suicidaire de s’illusionner comme le fait ce monde. Et aucune ‘réinterprétation’ ne masque la puanteur de la mort qui flotte dans l’air pour nous avertir. La propagande se trahit : les chemins larges de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde mènent en &lt;i&gt;enfer&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, par opposition à tous les chemins de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde, un chemin peu fréquenté mène ailleurs. Jésus nous invite à trouver &lt;i&gt;ce chemin étroit&lt;/i&gt;, avec, pour le moment au moins, relativement &lt;i&gt;peu&lt;/i&gt; de compagnons. Il nous invite de marcher &lt;i&gt;avec lui&lt;/i&gt;, tout le long de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; chemin, ce qui est &lt;i&gt;le Chemin de la Vie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;lui-même&lt;/i&gt;. (Matt 7:13-14) &lt;i&gt;Le Chemin de la Vie, lui-même&lt;/i&gt;, est le chemin du Serviteur qui souffre qui donna tout pour les autres et le fait encore, et sans surprise, ce chemin est donc &lt;i&gt;très étroit&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde. Mais, ce chemin &lt;i&gt;étroit&lt;/i&gt; mène vers Dieu, vers « le lieu &lt;i&gt;plus large&lt;/i&gt; de la liberté en Dieu, [un lieu qui est] &lt;i&gt;tellement large&lt;/i&gt; », comme le dit Eugenia Price, « que nous serons tous convaincus pour toujours que nous sommes juste en train d’y entrer ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’est-ce qu’il dit au sujet du chemin étroit ? Etant donné l’amour du Père pour vous : « &lt;i&gt;Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous&lt;/i&gt; ». (Matt 7:12) Tout – quoi que ce soit – ce que &lt;i&gt;nous voudrions&lt;/i&gt; ! Dans ce résumé de l’enseignement des Saintes Ecritures par la Vie, elle-même, il n’est pas du tout difficile de comprendre comment traiter &lt;i&gt;autrui&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais, après ces mots au sujet de l’égard pour les autres, Jésus les avertit : Méfiez-vous des faux enseignants – loups féroces déguisés en agneau. Ne vous laissez pas berner par leurs dissimulations. Vous devez voir &lt;i&gt;clair&lt;/i&gt; dans leur petit jeu en discernant le &lt;i&gt;chemin&lt;/i&gt; qu’ils suivent. Suivent-ils le chemin &lt;i&gt;étroit&lt;/i&gt; ou les chemins de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde, cherchant de vous traîner dans l’impasse qui ne mène nulle part sauf vers la perdition ? Prenez garde et faites attention aux chemins !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les escrocs religieux continuent à nous chercher. Peut-être qu’ils &lt;i&gt;parlent de&lt;/i&gt; « son » chemin, mais le &lt;i&gt;suivent&lt;/i&gt;-ils ? &lt;i&gt;Son&lt;/i&gt; chemin ne porte pas sur l’affirmation de &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt;. Ce n’est pas le chemin de la plus grande &lt;i&gt;autonomie&lt;/i&gt; ni de la compassion de &lt;i&gt;soi-même&lt;/i&gt;. Ce n’est ni la recherche de ‘l’estime de soi,’ ni le ‘service’ intéressé, ni ‘l’abandon’ égoïste. Et ce n’est pas un sentimental méli-mélo incohérent où &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les chemins &lt;i&gt;se valent&lt;/i&gt; – sauf, bien sûr, &lt;i&gt;l’unique Chemin, Jésus-Christ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En suivant &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; Chemin, libérés de nos &lt;i&gt;damnables&lt;/i&gt; revendications pour « le succès » &lt;i&gt;sans aide&lt;/i&gt;, nous sommes libres de suivre celui qui s’identifia comme DIEU lui-même, en disant : « &lt;i&gt;Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne vient au Père que par moi&lt;/i&gt; ». (Jean 14:6) Stoppés net devant le portail du chemin &lt;i&gt;étroit&lt;/i&gt;, l’unique Chemin lui-même est le seul qui puisse nous mener loin de l’impasse d’&lt;i&gt;égoïsme&lt;/i&gt; vers la Vérité elle-même, vers la Vie elle-même – YAHVÉ en chair et en os, mais qui s’identifie néanmoins avec nous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puisque Dieu nous renouvelle en Christ, nous &lt;i&gt;pouvons&lt;/i&gt; nous entendons bien avec ceux que Dieu est en train de renouveler en Christ – quelque étranges qu’ils puissent nous paraître. Et nous pouvons, à notre tour, nous tourner avec compassion vers tous ceux qui ne comprennent pas encore ce qui veut dire être renouvelé par Dieu en Christ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul se rend compte que nous allons suivre ce chemin avec des gens avec &lt;i&gt;plus ou moins de foi&lt;/i&gt;. Quelques-uns, plus ou moins &lt;i&gt;mûrs&lt;/i&gt; ; d’autres, plus ou moins &lt;i&gt;immatures&lt;/i&gt;. Tous ne sont pas sur la même longueur d’onde.  Et nous ne sommes pas toujours si gentils à ce sujet. Paul sait que nous sommes « les déchets du monde » aux yeux de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde – mais il y a des fois que nous ressemblons bien au rebut de l’humanité. (1 Cor 4:13) Quand même, nous les pinailleurs sommes « la Communion des Saints ». Nous qui pouvons être de vrais casse-pieds sommes « un sacerdoce royal ». Nous sommes « le corps mystique » mais nous pouvons être si pitoyables. Nous sommes l’Epouse du Christ – mais elle n’est pas encore prête pour ses gros plans. Et F. F. Bruce fait remarquer : « Les chrétiens sont enclins à la critique d’autrui plus qu’à aucun autre péché ». Connaissez-vous quelqu’un comme cela ? Vous en trouverez un dans le miroir !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si c’est trop près à votre goût, diriger les projecteurs sur Lady Gaga, qui s’adore elle-même tout en débitant des insultes, nue sous une robe transparente de bonne sœur, ou sur Donald Trump, qui se vante d’être plus riche que Romney.* [* Mitt Romney – un des candidats républicains à la présidentielle 2012 aux Etats-Unis.] Avec toute leur renommée et leur argent, il reste un sens tenaillant que la richesse et la renommée ne &lt;i&gt;suffisent&lt;/i&gt; pas. Or, Lady Gaga avoue « se sentir comme une perdante ». « Le Donald » le ressent aussi, mais ne peut pas l’avouer. Pouvons-nous ?&lt;/p&gt;&lt;P&gt;Pourquoi tout ce doute de soi-même ? En plus des diagnostics psychologiques, l’évaluation &lt;i&gt;plus profonde&lt;/i&gt;, bien qu’&lt;i&gt;impopulaire&lt;/i&gt;, c’est ceci : Nous sentons tous notre incapacité d’être ce que Dieu nous destina quand Il nous fit à Son image. (Rom 3:23) Comme l’exprima G. K. Chesterton : « Je ne suis pas moi-même ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons donc tendance à fanfaronner, à nous plaindre, à trouver des &lt;i&gt;excuses&lt;/i&gt; pour nous-mêmes et à trouver à &lt;i&gt;redire&lt;/i&gt; aux &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt;. Mais nous ne pouvons pas gober nos propres dissimulations des échecs que nous voyons bien, trop bien. Pourquoi ? Nous sommes des complices de notre propre escroquerie ! Donc, désespérés, nous poussons nous-mêmes plus loin vers la tromperie et le déni – &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; – nous sommes poussés dans les bras aimants du Dieu de toute grâce et toute paix en Jésus-Christ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans Romains 14, Paul écrit aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi ainsi qu’à ceux qui ne le sont pas. Ils essaient tous d’imposer leurs opinions les uns aux autres. Comme l’explique Leon Morris : « Les forts ont souvent tendance à mépriser les faibles et à les considérer comme chrétiens inférieurs, tandis que les faibles, sachant qu’on aurait tort (selon leur façon de penser) de faire ce que font les forts, pensent bien trop facilement que les forts pèchent, et les condamnent. Les faibles sont fréquemment plus tyranniques ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien que les faibles affirment croire l’évangile de la grâce de Dieu, ils peuvent se fier aux « œuvres mortes » de religiosité et être peu disposés à « entièrement faire confiance à Dieu, sans réserve. … La faiblesse, c’est la confiance en Dieu avec ajouts [le légalisme, le ritualisme, etc.], s’appuyant sur les béquilles de certaines coutumes et non sur Dieu seul ». (James D. G. Dunn) Et cela, comme le discerna D. Martyn Lloyd-Jones, c’est « la moralité sans aucun Evangile ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour Paul, proclamer l’Evangile du &lt;i&gt;Christ&lt;/i&gt;, c’est crucial. Il maudit tous ceux, y compris lui-même, qui voudraient proclamer un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; évangile – qui n’en est pas un. (Gal 1:8-9) ; 1 Cor 9:16) Pourtant, comme le remarque Bruce : « Quand les principes de l’évangile &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;’étaient&lt;i&gt; pas&lt;/i&gt; en jeu, c’était le plus conciliateur des hommes ». Il est triste que, ces temps-ci, les chrétiens anti-gays et pro-gays peuvent tous deux être plus soucieux de la position que prend EC sur les questions &lt;i&gt;gays&lt;/i&gt; que de notre position sur &lt;i&gt;l’Evangile&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les chrétiens avaient pris la sagesse de Paul au sérieux, beaucoup de conflits, de crises, de division et de chagrin &lt;i&gt;auraient pu&lt;/i&gt; être évités. Si &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; prenions sa sagesse au sérieux, nous ne répéterions pas tant de péchés du passé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces temps-ci, rien ne vexe les chrétiens plus que la lutte à propos des questions de l’ho-mo-sex-u-al-i-té, où certains combattants s’attardent sur chaque syllabe scandaleux, ou, si vous voulez, des questions de LGBTQQQueer (et ainsi de suite), où les combattants se prélassent dans une correction politique qui est plus encombrante que jamais. Et cet accent sur des choses sans importance détruit le sens de communauté chrétienne et sabote notre crédibilité auprès des non-croyants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais, même quand on invoque des raisons ‘chrétiennes’ pour stigmatiser autrui, il y a toujours quelque chose de plus qui se passe. C. S. Lewis perçut « beaucoup d’hypocrisie » dans l’hostilité à l’égard de l’homosexualité, en affirmant : « Tout le vacarme n’est ni chrétien ni éthique ». Après tout, demanda-t-il, sans s’attendre à une réponse, « Combien d’entre ceux qui fulminent [contre l’homosexualité] sont en fait chrétiens ? » (Il l’écrit avant la montée de la Droite Religieuse – bien qu’il soit toujours raisonnable de poser cette question &lt;i&gt;rhétorique&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 57 apr. J.-C., Paul écrivait de Corinth, s’occupant des disputes entre d’anciens païens et des chrétiens juifs à Rome. Ce qui était en question, c’était le plus détaillé des Dix Commandements, l’observance du Sabbat, enracinée dans l’histoire de la création dans la Genèse, et les lois bibliques sur ce qui est ‘pur’ et ‘impur’ où « les usages physiques, rituels &lt;i&gt;et éthiques&lt;/i&gt; se chevauchent » (Charles Feinberg) et qui exigent parfois la peine de mort. Manger et boire ce qui avait été sacrifié aux dieux païens, puis vendu pour la consommation, c'était là une source de conflits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, pour les adversaires, ces questions n’étaient pas &lt;i&gt;insignifiantes&lt;/i&gt;. Pourtant, pour Paul, et au vu de la foi en Christ &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt;, elles n’étaient &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; essentielles. Plus tard, les chrétiens les appelèrent &lt;i&gt;adiaphora&lt;/i&gt;, les ‘choses indifférentes’ en grec. Mais Paul ne pensait pas que la façon dont les chrétiens vivent les uns avec les autres soit une question d’&lt;i&gt;indifférence&lt;/i&gt;. Il faut chérir chaque chrétien en Christ, car nous sommes tous une &lt;i&gt;famille&lt;/i&gt; pour qui il est &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A part les détails des plaintes des Romains, ce conflit-là portait sur ce qui a &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; été la chose &lt;i&gt;la plus importante&lt;/i&gt;, et l’est encore aujourd’hui : Vivre ensemble en Lui sans un test décisif pour quelque chose qui &lt;i&gt;n’a rien à voir avec l’évangile du Christ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dieu merci, cette lettre nous parvint, nous pour qui Jésus pria et pour qui il la préserva. Nous pouvons nous voir nous-mêmes dans la dispute, « nous » et « eux », une sorte de test de Rorschach. Nous pouvons apprendre comment nous entendre les uns avec les autres, les faibles ainsi que les forts.&lt;/p&gt;Dans le 14e chapitre des Romains, Paul commence par s’adresser aux chrétiens qui sont plus forts dans la foi.  Dit-il :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Accueillez celui qui est faible dans la foi, sans critiquer ses scrupules.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Zut ! C’est plus amusant de se disputer, non ? » Sans blague ? Se disputer renforce les craintes que nous puissions avoir tort. Essayer si &lt;i&gt;fiévreusement&lt;/i&gt; de forcer les &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt; à se mettre de &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; côté peut révéler que nous ne sommes pas vraiment si &lt;i&gt;convaincus&lt;/i&gt; de notre opinion. Et s’ils font une remarque que nous ne pouvons pas réfuter ? Nous inventons des excuses, nions, mentons, mais &lt;i&gt;écoutons&lt;/i&gt; rarement. Ayant besoin d’&lt;i&gt;avoir raison&lt;/i&gt; sans en être &lt;i&gt;convaincus&lt;/i&gt;, nous cherchons la sécurité par le nombre. Pas si vite ! Si nous – ou eux – étions &lt;i&gt;sûrs&lt;/i&gt; d’avoir raison, aurions-nous besoin qu’un adversaire dise amen ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pouvons-nous avoir des opinions divergentes sans être sur la défensive, sans condamner ou dédaigner les uns les autres ? Nous le pouvons &lt;i&gt;si&lt;/i&gt; nous sommes &lt;i&gt;à l’aise&lt;/i&gt; avec ce que nous &lt;i&gt;croyons&lt;/i&gt;. Sinon nous &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt; le pouvons &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt;. En sécurité en Dieu, nous ne nous sentons pas forcés à forcer &lt;i&gt;autrui&lt;/i&gt; à &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; mettre à l’aise. L’amour de &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; en Christ nous met à l’aise. Nous n’avons plus besoin que les autres soient toujours sur la même longueur d’onde que nous. Quand nous changerons d’avis (et nous le ferons), nous n’aurons pas besoin qu’ils changent d'avis en même temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bruce soutient l’approche hospitalière de Paul : « La ‘foi’ d’un chrétien peut être à bien des égards faible, immature et inculte ; mais il [/elle] doit être chaleureusement accueilli(e) comme chrétien(ne), non pas défié(e) de débattre les aspects de la vie à propos desquels il/elle n’est pas encore émancipé(e) ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul commence par &lt;i&gt;les forts&lt;/i&gt; vu que les forts devraient être capables de soutenir les faibles mieux que les faibles peuvent soutenir les forts. Afin que les deux groupes se comprennent, les plus mûrs doivent tendre la main aux moins mûrs, parce que les bras des moins mûrs n’atteignent peut-être pas aussi loin. Si quelqu’un insiste, « Je suis mûr ! » mais refuse de « s’abaisser jusqu’au niveau des bigots rétrogrades » – eh bien, est-ce cela est mûr ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La fraternité entre les faibles et les forts n’est pas &lt;i&gt;réalisable&lt;/i&gt; à moins que les faibles ainsi que les forts fassent tout leur possible pour l’atteindre. Une telle relation nécessite que les deux groupes se plient en quatre pour s’entendre les uns avec les autres, que ce soit dans leur &lt;i&gt;faiblesse&lt;/i&gt; ou dans leur &lt;i&gt;force&lt;/i&gt;. Il incombe aux &lt;i&gt;forts&lt;/i&gt; de travailler &lt;i&gt;encore plus dur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;L’un croit pouvoir manger de tout, tandis que l’autre, qui est faible dans la foi, ne mange que des légumes. Celui qui mange de tout ne doit pas mépriser celui qui ne mange pas de viande et celui qui ne mange pas de viande ne doit pas juger celui qui mange de tout, car Dieu l’a accueilli lui aussi. … Pour l’un, certains jours ont plus d’importance que d’autres, tandis que pour l’autre ils sont tous pareils.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La nourriture ? Les jours ? On s’en fiche ! &lt;i&gt;Cette&lt;/i&gt; dispute-&lt;i&gt;là&lt;/i&gt;, qu’a-t-elle à voir avec &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; ? Mais à cette époque-là, on parlait des &lt;i&gt;jours&lt;/i&gt;, et non des homos. Ces jours-ci, on parle des &lt;i&gt;homos&lt;/i&gt;, et non des jours. Mais qu’il s’agisse des &lt;i&gt;jours&lt;/i&gt;, à ce temps-là, ou des &lt;i&gt;homos&lt;/i&gt;, aujourd’hui, c’est la même préoccupation : comment &lt;i&gt;s’y prendre avec&lt;/i&gt; des opinions divergentes sur des questions insignifiantes sans maltraiter les uns les autres ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;A chacun d’avoir une pleine conviction en lui-même. Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur. Celui qui mange le fait aussi pour le Seigneur, puisqu’il remercie Dieu pour sa nourriture.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mûr ou non, chacun doit obéir à &lt;i&gt;sa propre&lt;/i&gt; conscience. On ne peut pas vivre par la lumière d’une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; personne. Nous ne pouvons pas vivre dans la lumière que nous n’avons pas. Et nous n’osons pas nous &lt;i&gt;opposer&lt;/i&gt; à la lumière que nous avons. Et il nous faut accueillir tous qui sont en Christ parce Dieu le fait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Qui es-tu, &lt;i&gt;toi&lt;/i&gt;, pour juger le serviteur d’un autre ? S’il reste debout ou s’il tombe, c’est l’affaire de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; maître. Et il &lt;i&gt;restera debout&lt;/i&gt;, car le Seigneur est &lt;i&gt;capable&lt;/i&gt; de le soutenir.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S’il est inadmissible de s’en mêler quand n’importe quel maître s’occupe d’un serviteur, il est sûrement inadmissible de s’en mêler quand le &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; Maître s’occupe de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; serviteur. L’opinion du &lt;i&gt;maître&lt;/i&gt; est &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; ce qui importe ; les opinions des mouches du coche n’importent pas du tout. D’ailleurs, les maîtres peuvent faire en sorte que leurs serviteurs résistent aux reproches. Et &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; Maître peuvent le faire aussi – Celui qui est mort pour &lt;i&gt;ses&lt;/i&gt; serviteurs, et qui Dieu a ressuscité des morts pour que &lt;i&gt;ses&lt;/i&gt; serviteurs puissent survivre au-delà même du Jugement Final !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur : soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous sommes tous &lt;i&gt;interdépendants&lt;/i&gt; ; personne n’est autonome. Et nous les chrétiens sommes un dans le Seigneur. Quoi que nous pensions, disions ou fassions, nous pensons, disons et faisons en présence du Seigneur. Notre &lt;i&gt;vi&lt;/i&gt; et notre &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; appartiennent au Seigneur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Mais toi, pourquoi &lt;i&gt;juges&lt;/i&gt;-tu ta sœur ? Et toi, pourquoi &lt;i&gt;méprises&lt;/i&gt;-tu ton frère ? Nous aurons &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; à nous présenter devant &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; pour être jugés par lui. Car l’Ecriture déclare : « Moi, le Seigneur vivant, je l’affirme : tous les humains se mettront à genoux devant moi, et tous célèbreront la gloire de Dieu. » Ainsi, &lt;i&gt;chacun&lt;/i&gt; de nous devra rendre compte à Dieu pour soi-même.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, descends de vos faux trônes ! C’est &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; qui jugera, pas &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; ! Ce jour-là, nous devrons tous répondre pour nous-mêmes, et la seule réponse appropriée sera : « &lt;i&gt;Ma&lt;/i&gt; main tremblante ne t’offre rien ; ta &lt;i&gt;croix sanglante&lt;/i&gt; est mon seul bien ». (A.M. Toplady)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Cessons donc de nous condamner les uns les autres.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul emploie ici la première personne du pluriel, se référant donc à lui-même aussi. Il nous faut tous, faibles et forts, faire de même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Appliquez-vous bien plutôt à ne rien faire qui amène vos sœurs et frères à trébucher ou à tomber dans l’erreur.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut cesser immédiatement de &lt;i&gt;condamner&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;mépriser&lt;/i&gt; les autres au sujet des questions qui ne sont pas au cœur de l’évangile. Il nous faut tous prendre &lt;i&gt;soin&lt;/i&gt; de ne pas inciter quelqu’un à tomber dans le péché en aucun cas. Mener les autres au pharisaïsme, les inciter à violer leur conscience – ce sont là des violations très graves de l’exhaustif appel de Jésus pour que nous les chrétiens prenions bien soin les uns des autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand un chrétien fort fait quelque chose avec une conscience tranquille, qui amène un chrétien faible à faire de même, le faible peut tomber dans le péché. Ou bien, les chrétiens plus faibles peuvent imposer des règles qui sont tellement strictes que certains deviennent exaspérés, rejetant toutes règles et la foi chrétienne solide aussi. Opprimés par les règles morales bêtifiantes, ils ne veulent plus rien avoir à faire avec l’orthodoxie. Mais alors, ils sont en proie à chaque prétention d’une alternative qui, même si incohérente, semble plus sophistiquée, plus tolérante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les débats sur les relations de même-sexe – anachronique du temps de Paul – ceux qui croient qu’il est acceptable d’être dans une relation de même sexe devraient prendre soin de ne pas promouvoir cela à &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; ayant des désirs homosexuels. Les chrétiens qui sont plus faibles dans la foi peuvent être incités à violer leurs consciences.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette mise en garde ne veut pas dire que les chrétiens qui sont plus forts ne peuvent pas vivre &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; liberté en Christ dans des partenariats de même sexe, mais ils &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt; doivent &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; le faire d’aucune façon qui ne prenne pas bien soin des âmes plus faibles. Les forts devraient prier à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse et « avec intelligence » comme le demanda Paul. (1 Cor 14:15)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les chrétiens faibles croient qu’on aurait tort d’être dans un partenariat de même sexe, mais ils ne doivent pas transformer &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt; restrictions en des barrières qui peuvent détruire les vies d’&lt;i&gt;autrui&lt;/i&gt;. Etant &lt;i&gt;moins&lt;/i&gt; mûrs dans leur foi, ils peuvent omettre de lire la Parole &lt;i&gt;dans sa totalité&lt;/i&gt; et d’écouter ceux qui sont &lt;i&gt;plus&lt;/i&gt; mûrs dans la foi. Au même moment, pour ceux sur qui ils ont imposé ces lourdes restrictions, après la lutte de toute une vie contre leur homosexualité et voyant que les promesses « ex-gay » ont été démontrées comme fausses, le fait de ne jamais avoir eu une relation intime peut finalement être dévastateur. Sans compagnon de même sexe, ils peuvent se tourner vers les solutions rapides de porno et de promiscuité. De telles solutions superficielles sont rapides, mais ne satisfont pas l’envie, pas plus que la fraude « ex-gay ». Puis, ils gâchent leur vie dans une série de fantasmes – la maîtrise de soi qui ne réussit pas, les mariages mal assortis, les rapports sexuels anonymes – et finissent déprimés, malades, divorcés, accros ou morts – que ce soit leur intention ou non. Que les faibles prient à ce sujet, avec sagesse, avec tendresse and « avec intelligence » comme l’a demandé Paul. (1 Cor 14:15)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est spirituellement et psychologiquement destructeur de violer votre conscience. Mais, la conscience ne parle pas &lt;i&gt;ex cathedra&lt;/i&gt;. La conscience est conditionnée. Les idées vraies et fausses conditionne la conscience. Donc, Jésus affronta les pharisiens de son temps qui jouèrent sur les consciences du peuple : « Malheur à vous, enseignants de la Loi, vous imposez aux gens des fardeaux accablants ; mais vous-mêmes, vous n’y touchez pas du petit doigt ! » (Matt 23:4; Luc 11:46) Il est essentiel que les croyances qui &lt;i&gt;façonnent&lt;/i&gt; la conscience soient &lt;i&gt;identifiées&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;contestées&lt;/i&gt; par l’étude sérieuse, par la sagesse et par la prière sincère, afin que – si nécessaire – les croyances &lt;i&gt;sans fondement&lt;/i&gt; peuvent être &lt;i&gt;changées&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’appel pastoral de Paul revient toujours à quelque chose que dit Jésus, ce qui « a des implications d’une portée considérable », comme le suggère Bruce, à savoirx` : « Le péché, la contamination morale, être rompu aux usages du monde, et ainsi de suite, se trouvent dans l’esprit des gens, non dans les objets matériaux ». Contrairement à l’interprétation consacrée, Jésus dit :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Rien de ce qui vient du dehors et qui pénètre dans l’homme ne peut le rendre ‘impur’. C’est, au contraire, ce qui sort de l’homme qui le rend ‘impur’ ! … C’est du dedans, c’est du cœur de l’homme que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l’exploitation sexuelle, au vol, au meurtre, à l’adultère, l’envie, la méchanceté, la tromperie, le vice, la jalousie, le blasphème, l’orgueil, et à toutes sortes de comportements insensés. Tout ce mal sort du dedans et rend l’homme impur. (Marc 7:14-16, 20-23)&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les lois bibliques avaient longtemps décrété que les rapports sexuels entre mari et femme les rendaient &lt;i&gt;pollués&lt;/i&gt; pendant 24 heures. Après la naissance d’un &lt;i&gt;fils&lt;/i&gt;, la mère était « impure » pendant 40 jours, et après la naissance d’une &lt;i&gt;fille&lt;/i&gt;, elle était « impure » pendant 80 jours. Aujourd’hui, Bubbaloo Bubble Gum* and Chiclets* sont « purs », mais Lifesavers* et Altoids* sont « impurs ». Le problème, c’est le porc ! Qui l’aurait cru ? [* Bubbaloo Bubble Gum et Chiclets sont des types de chewing-gum. Lifesavers et Altoids sont des pastilles à la menthe.]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais Jésus est toujours allé droit au &lt;i&gt;fond&lt;/i&gt; du problème. Réinterprétant les interprétations habituelles, il s’est dirigé vers les &lt;i&gt;pensées&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;provoquent&lt;/i&gt; le &lt;i&gt;mauvais traitement&lt;/i&gt; d’autrui – les &lt;i&gt;complots égo&lt;/i&gt;centriques pour exploiter, calomnier, violer, voler ou assassiner une autre personne. Ce qui est impur, ce sont les &lt;i&gt;intentions malicieuses&lt;/i&gt; de traiter des &lt;i&gt;êtres humains&lt;/i&gt; comme des &lt;i&gt;objets&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;refusant&lt;/i&gt; de les considérer comme porteurs de l’image de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme les églises &lt;i&gt;protestantes historiques&lt;/i&gt; d’aujourd’hui, les synagogues sont en train de perdre des croyants en grand nombre tandis que les églises évangéliques sont florissantes. La plupart des juifs de nos jours se disent « simplement juifs ». Ils veulent dire qu’ils ne sont &lt;i&gt;pas religieux&lt;/i&gt;. Donc, il y a quelques mois, trois cent rabbins se rencontrèrent à Las Vegas pour parler d’un « changement d’image » afin de combattre ces pertes. Un certain rabbin suggéra qu’ils laissent tomber le lien de avec la nourriture et redéfinissent la notion de &lt;i&gt;kasher&lt;/i&gt; comme portant sur le &lt;i&gt;traitement éthique&lt;/i&gt; dans l’industrie agro-alimentaire.  Un autre rabbin parla déjà d’un « changement d’image » sur ce qui est &lt;i&gt;kasher&lt;/i&gt; il y a 2.000 ans, non ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et Paul suivit ce rabbin d’&lt;i&gt;autrefois&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Pour moi, je sais et je suis pleinement convaincu, en accord avec la pensée du Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les choses&lt;/i&gt; étaient &lt;i&gt;symboliquement&lt;/i&gt; « pures » ou non pour rappeler &lt;i&gt;la sainteté&lt;/i&gt; de Dieu aux juifs, &lt;i&gt;l’altérité&lt;/i&gt; totale de Dieu. Mais nous transformons les symboles en idoles. Lewis se rappelle avoir lu cette phrase sur l’amour sexuel : « Cela cesse d’être un diable quand il cesse d’être un dieu ». Comme il l’a remarqué : « C’est bien dit, non ? Tant de choses – nenni – chaque chose réelle – est bonne si seulement elle sera humble ». C’est &lt;i&gt;là&lt;/i&gt; bien dit, non ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour les forts, Paul reconnaît qu’&lt;i&gt;en fait&lt;/i&gt;, tout &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; permis. Mais, il fait remarquer : tout n’est pas &lt;i&gt;bon pour nous&lt;/i&gt; ni &lt;i&gt;nous aide à grandir dans la foi&lt;/i&gt;. (1 Cor 10:23) Paul voit notre liberté complète en Christ, « non comme un droit, mais comme renonciation à son droit pour profiter à un autre. Avec les juifs, [Paul] a vécu comme les juifs. Avec ceux qui ont ignoré la loi de Moïse, il a vécu comme eux. Avec les faibles, il a vécu comme s’il était faible lui-même. » (Gunther Bornkamm) C’est &lt;i&gt;en Christ&lt;/i&gt; que Paul est &lt;i&gt;si&lt;/i&gt; libre qu’il est même libre de renoncer à son droit d’être libre ! &lt;i&gt;C’est là la vraie liberté&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, avec ce point de vue de liberté totale, Paul est d’accord que les forts dans la foi ont &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt;, qu’en effet, &lt;i&gt;rien n’est&lt;/i&gt; impur en soi. Et puis, il l’ajoute :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Si quelqu’un &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; qu’une chose est impure, alors elle &lt;i&gt;le devient&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt;.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les déclarations « oui/mais », l’accord exprimée dans la &lt;i&gt;première&lt;/i&gt; partie est toujours &lt;i&gt;secondaire&lt;/i&gt; par rapport à la clarification dans la deuxième partie. La &lt;i&gt;clarification&lt;/i&gt; est le &lt;i&gt;point essentiel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Même si les faibles ont tort de penser que quelque chose est condamnable, ils auraient tort de &lt;i&gt;le faire&lt;/i&gt;, ce qui &lt;i&gt;les mettrait en danger&lt;/i&gt;. Voyez-vous, avoir la lumière &lt;i&gt;la plus vive&lt;/i&gt;, ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, c’est de &lt;i&gt;fidèlement&lt;/i&gt; vivre par la lumière qu’on a – quoi que ce soit la puissance en watts. C’est pour cela qu’on ne devrait pas pousser les gens d’aller au-delà de là où ils en sont dans leur voyage de foi en Christ. Nous pouvons essayer de leur apprendre à &lt;i&gt;devenir&lt;/i&gt; plus mûrs en Christ, mais nous ne devons pas les inciter à &lt;i&gt;aller&lt;/i&gt; là où ils ne veulent pas aller avec leur conscience actuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul inclut ce rappel sérieux : le Christ &lt;i&gt;aime&lt;/i&gt; vraiment ceux qui peuvent être tentés de violer leur conscience. Il est &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; pour eux ! Donc, Paul conseille :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Si tu fais de la peine à ton frère ou à ta sœur à cause de ce que tu manges, tu ne vis plus selon l’amour. Pour une question de nourriture, ne va pas détruire celui-là pour qui le Christ est mort !&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ici, Paul ne s’inquiète pas parce que quelqu’un est simplement en &lt;i&gt;désaccord&lt;/i&gt; avec nous. Il s’inquiète que ce que nous &lt;i&gt;faisons&lt;/i&gt; peut &lt;i&gt;détruire&lt;/i&gt; la foi d’un chrétien qui est faible dans la foi. Il nous laisse arriver à comprendre, avec amour et sagesse, exactement &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; éviter de causer de tels dégâts terribles à la foi d’un autre. Mais est-il spécialement difficile de réaliser &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt; ? Le Christ n’est-il pas &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; pour que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; puissions vivre ? Donc, ne nous-devrions pas, en mémoire de lui et avec gratitude pour son grand sacrifice pour nous, faire passer les besoins d’autrui avant notre propre gratification passagère ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Que personne, donc, ne puisse calomnier ce qui pour vous est bon.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui est bon, c’est la liberté en Christ, mais ce n’est pas là &lt;i&gt;la complaisance envers soi-même&lt;/i&gt; ! Ce qui est &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt;, c’est de respecter sa &lt;i&gt;propre&lt;/i&gt; conscience, mais ce n’est pas là &lt;i&gt;le relativisme&lt;/i&gt; ! Ce qui est &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt;, c’est que l’amour ne tient pas à être en &lt;i&gt;contrôle&lt;/i&gt;, mais cela ne veut pas dire abandonner l’idée du Christ comme &lt;i&gt;seul Chemin&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui est &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt;, c’est &lt;i&gt;la bonne nouvelle&lt;/i&gt; de la grâce gratuite de Dieu en Christ &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; – l’évangile que tant de gens méprisent à cause de son étroitesse d’esprit, une affirmation qui est elle-même étroite d’esprit. Mais Paul sait que les rites et les règles religieux n’ont aucune importance, tandis que le règne de Dieu en Christ est tout ce qui importe vraiment. Et Jésus le savait aussi, en citant Osée (6:6) aux Pharisiens qui l’ont critiqué pour avoir permis aux disciples de cueillir des épis pour en manger les grains le jour de sabbat : « Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices ». (Matt 12:7) Paul revient donc à l’essentiel :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;En effet, le Royaume de Dieu n’est pas une affaire de nourriture et de boisson ; il consiste en la justice, la paix et la joie que donne le Saint-Esprit. Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En réprimandant les chrétiens qui, ayant un différend avec un autre chrétien, demandent justice à des juges païens (1 Cor 6), Paul avertit que les injustes n’auront aucune part dans l’héritage du royaume de Dieu. Il énonça une liste d’injustes. Bruce explique que ceux-là sont, « plus particulièrement, ceux qui font du tort aux autres, » tels que ceux qui oppriment les autres par des actions en justice, ceux qui volent, escroquent, calomnient et exercent des sévices sexuels sur autrui et, pèchent contre Dieu par l’idolâtrie. Paul inclut des listes similaires de vices dans ses lettres aux Galates, aux Ephésiens et aux Colossiens aussi. Les coupables dans toutes ces listes blessent cruellement autrui, par exemple, par haine, par mensonges, par malice, par envie, par sorcellerie, et ainsi de suite. (Gal 5:19-21 ; Eph 5:3-5 ; Col 3:5-9)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la liste de vices dans 1 Corinthiens on trouve ces énigmatiques mots – &lt;i&gt;arsenokoitai&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;malakoi&lt;/i&gt;. Les enseignants anti-gays de nos jours infèrent que ces mots veulent dire « actif » et « passif » selon leur stéréotype &lt;i&gt;moderne&lt;/i&gt; des couples LGBT. Ces interprètes supposent naïvement que leur projection explique ce dont Paul voulait dire il y a deux mille ans. Leur interprétation ne peut simplement pas refléter ce que Paul pouvait avoir en tête. A l’époque de Paul, il était impossible même de contempler des « unions » amoureuses de même sexe &lt;i&gt;entre égaux&lt;/i&gt;. Si, comme le prétendent les anti-gays, la référence ci-dessus impliquait la pénétration d’un homme par un autre, à cette époque-là cet acte particulier aurait été une expression puissante d’&lt;i&gt;avilissement&lt;/i&gt; – comme le &lt;i&gt;viol&lt;/i&gt; des prisonniers de guerre ou les tentatives d’&lt;i&gt;agression&lt;/i&gt; sur les visiteurs à Sodome et à Guibéa. Cela, ce n’est pas &lt;i&gt;l’amour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’ailleurs, pour la plupart des couples – homos ou non – ce n’est pas question de &lt;i&gt;pénétration&lt;/i&gt;. Il s’agit de la plus profonde intimité psychosexuelle. Les deux partenaires sont attirés l’un par l’autre parce que chacun considère l’autre comme une &lt;i&gt;personne&lt;/i&gt; chérie, non comme une &lt;i&gt;partie du corps&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quoi que Paul entende par un mot qu’il forgea apparemment et par un autre mot qui veut dire « mou » en grec, il est certain que &lt;i&gt;les couples LGBT&lt;/i&gt;, qui se soutiennent l’un l’autre à travers tous les hauts et les bas de la vie et ne maltraitent personne, sont mal servis par l’inclusion dans une antique liste de &lt;i&gt;vices&lt;/i&gt; de ceux qui étaient, &lt;i&gt;par définition&lt;/i&gt;, des fauteurs de trouble, des adultères, des escrocs, des calomniateurs, des menteurs, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien sûr, les listes de vices comprennent des &lt;i&gt;hétéros&lt;/i&gt; qui maltraitent. Mais les évangéliques anti-gays ont raison de ne pas en conclure que l’&lt;i&gt;hétéro&lt;/i&gt;sexualité, comme telle, est donc condamnable – quoique les rapports sexuels entre des personnes mariées et l’accouchement soient « impurs » dans la Bible. Donc, même si la prostitution, la pédérastie ou le viol est dans une liste de vices, c’est là parce que c’est du &lt;i&gt;mauvais traitement&lt;/i&gt;, non parce que le mauvais traitement est &lt;i&gt;hétéro&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;homo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus reprocha aux pharisiens de son époque d’avoir &lt;i&gt;spéculé&lt;/i&gt; au sujet du &lt;i&gt;mariage&lt;/i&gt;, en employant le pire des cas scénario et en allant au-delà de leur propre expérience. (Matt 22:29) Tout en faisant beaucoup de bruit sur ce qui n’a aucune importance dans le règne de Dieu, ils interprétèrent mal les Saintes Ecritures et fermèrent les yeux sur la puissance de Dieu. Leurs descendants font de même ces jours-ci.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Ainsi donc, cherchons toujours ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi. Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu !&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aujourd’hui, on peut dire : Ne vas pas, pour la présence ou pour l’absence d’un pénis ou d’un vagin, détruire l’œuvre de Dieu dans ceux pour qui Jésus a tout payé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et &lt;i&gt;une fois de plus&lt;/i&gt;, Paul demande aux forts de faire preuve de retenue et de compassion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; ce qui peut entraîner la chute de ton frère [ou de ta sœur].&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de sacrifier les faibles pour satisfaire les désirs des forts, Paul conseille &lt;i&gt;vivement&lt;/i&gt; aux &lt;i&gt;forts&lt;/i&gt; d’être un &lt;i&gt;sacrifice vivant&lt;/i&gt; au nom des faibles. Mais, il faut remarquer que le temps du grec indique ici que Paul se concentre sur &lt;i&gt;une situation particulière&lt;/i&gt;, c’est-à-dire, « c’est une bonne idée d’abstenir de la viande, &lt;i&gt;pour une fois&lt;/i&gt;. » Comme le font remarquer les érudits, ce n’est « pas une question de l’abstinence continue » par les forts. (Nigel Turner)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Ta conviction personnelle à ce sujet, garde-la pour toi devant Dieu.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul reconnaît que les forts peuvent exercer leur liberté en Christ &lt;i&gt;en privé&lt;/i&gt; tout en étant raisonnablement sensibles aux besoins des faibles, mettant en balance la liberté de &lt;i&gt;l’individu&lt;/i&gt; et la liberté de &lt;i&gt;l’assemblée de fidèles&lt;/i&gt; – comme le font peu d’églises.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A Rome, les faibles comportaient beaucoup qui &lt;i&gt;pouvaient&lt;/i&gt; être tentés d’imiter les forts en mangeant, en buvant et en différenciant les jours. Mais dans les disputes sur l’homosexualité d’aujourd’hui, &lt;i&gt;la plupart&lt;/i&gt; des faibles, étant &lt;i&gt;hétéros&lt;/i&gt;, ne pouvaient pas être tentés de « devenir homos ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, les chrétiens forts doivent soutenir les faibles qui essaient vraiment de s’abstenir du ‘péché’ de l’homosexualité. Donc, bien sûr, les chrétiens forts &lt;i&gt;homos&lt;/i&gt; ne doivent pas flirter avec ceux qui sont faibles. Et &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &lt;i&gt;couples&lt;/i&gt; chrétiens ont besoin d’être sensibles aux chrétiens faibles &lt;i&gt;homos&lt;/i&gt;. Faire étalage publiquement de leur &lt;i&gt;amour&lt;/i&gt; d’une façon qui masque les défis même dans un &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt; mariage peut présenter une image trop parfaite de bonheur conjugale, et devenir donc une pierre d’achoppement pour les âmes solitaires qui doivent subir, de leur point de vue, une vie d’abstinence sexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même par ce qu’il approuve.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Se tournant vers les &lt;i&gt;faibles&lt;/i&gt;, et toujours à portée de voix des &lt;i&gt;forts&lt;/i&gt; afin de leur rappeler tous ce qui est en jeu pour la foi de tous, Paul avertit une fois de plus :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Mais celui qui mange tout en ayant des doutes à ce sujet est déjà condamné, car son attitude ne découle pas de la foi. Or tout ce qui ne découle pas de la foi est péché.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les faibles et les forts doivent rester &lt;i&gt;fidèles&lt;/i&gt;. Fidèles à qui ou à quoi ? Au Christ, bien sûr. Nous &lt;i&gt;commençâmes&lt;/i&gt; avec la foi en lui ; il nous faut garder la foi en lui. Il faut tout subordonner au Christ.  Il ne faut pas s’incliner devant aucun autre souci, devant aucune idole, devant rien qui passe avant la foi en Jésus-Christ seul.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul se tourne vers les forts, à portée de voix de tous, et répète :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Nous qui sommes forts dans la foi, nous devons porter la faiblesse de ceux qui n’ont pas cette force, nous ne devons pas chercher ce qui nous plaît. Il faut que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour son bien, pour le faire progresser dans la foi.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Porter leur faiblesse&lt;/i&gt; ? C’est là le moins que les forts puissent faire. Ne laissant pas les faibles les privent de la liberté en Christ, ils peuvent aider les faibles de progresser vers la maturité. Comme le dit Luther : « Nous devons fortifier et renforcer les faibles pour qu’ils puissent croître dans la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ ». Morris, lui aussi, est direct : « Un vrai souci des faibles voudra dire une tentative de les fortifier en les conduisant loin de leurs scrupules irrationnelles afin qu’ils, eux aussi, seront forts ». Et Bruce encourage « le chrétien émancipé à aider son frère ‘plus faible’ [ou sa sœur] à avoir une conscience plus éclairée. Mais, » avertit-il, « c’est un processus qu’on ne peut pas faire à la hâte ». Nous le savons tous d’après notre &lt;i&gt;propre&lt;/i&gt; expérience, non ? Nous avons pris le temps qu’il nous a fallu ; il nous faut les laisser prendre leur temps, eux aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous pouvons leur rappeler l’avertissement de Paul contre les demandes ascétiques des gnostiques : « Ne prends pas ceci, ne goûte pas cela, n’y touche pas ! » (Col 2:21) Les règles n’étaient ni sacrées ni utiles ; ni justes ni réalistes. Paul voit que les règles strictes ne servent à rien pour maîtriser l’indulgence. Elles ne font qu’alimenter nos rêvasseries insensées sur tout ce que nous croyons erronément que nous manquons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Etant donné ce qu’il croyait sur le retour imminent du Christ, Paul pensait qu’il valait mieux ne pas assumer les responsabilités du mariage. Mais, il recommanda le mariage pour ceux qui, sans mariage, allaient brûler avec leurs besoins d’intimité non satisfaits. (1 Cor 7) Lewis fit remarquer la sagesse du missel : Si vous ne pouvez pas être chaste (et la plupart d’entre vous ne pouvez pas), mariez-vous. Dit-il : « C’est peut-être brutalement raisonnable, mais pour un homme, cela a du &lt;i&gt;sens&lt;/i&gt;, point final ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1960, Lewis écrit au peintre Delmar Banner (qui était homosexuel), lui disant qu’il était en faveur de la décriminalisation de l’homosexualité, et qu’il soutenait « les homos persécutés par des fouineurs et par des mouches du coche ». Trente ans plus tôt, Banner s’était marié avec la sculpteure Josefina de Vasconcellos, une chrétienne, dévote et joyeuse, qui découvrit tôt que cela allait être un mariage &lt;i&gt;sans sexe&lt;/i&gt;. Le mariage dura 53 ans. En 2005, 22 ans après la mort de Banner, elle mourut à l’âge de 100. Mais dans toutes nos circonstances, on a besoin de la grâce et sagesse de Dieu, qui nous fortifient, dans nos affaires avec autrui. Donc, Paul prie :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Que Dieu, source de toute patience et de tout réconfort, vous donne de vivre en plein accord les uns avec les autres, conformément à l’enseignement de Jésus-Christ. Ainsi, d’un même cœur et d’une seule voix, vous célébrerez la gloire du Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.&lt;br&gt;&lt;br&gt;Accueillez-vous donc les uns les autres, tout comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus tôt, Paul nous rappela que nous étions encore des &lt;i&gt;pécheurs&lt;/i&gt; quand le Christ est &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;. (5:8) Il demanda à Dieu d’être &lt;i&gt;lui-même maudit&lt;/i&gt; pour que ses frères puissent être bénis. (9:3)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors donc, si les faibles considèrent les forts comme pécheurs, ne devraient-ils pas imiter le Christ plutôt que de les &lt;i&gt;condamner&lt;/i&gt; ? Ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier &lt;i&gt;eux-mêmes&lt;/i&gt;, au moins à sacrifier leur &lt;i&gt;condamnation&lt;/i&gt;, au nom de leurs frères plus forts ? Et, si les forts considèrent les faibles comme &lt;i&gt;inférieurs&lt;/i&gt;, imitant le Christ, ne devraient-ils pas être prêts à se sacrifier &lt;i&gt;eux-mêmes&lt;/i&gt;, au moins à sacrifier leur &lt;i&gt;mépris&lt;/i&gt;, au nom de leurs frères plus faibles ? Ne pouvons-nous pas au moins cesser de détenir &lt;i&gt;les uns les autres&lt;/i&gt; en otage de &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; consciences ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le dit un certain écrivain: « Jésus n’est pas mort sur la croix pour montrer qu’il a raison. Il est mort sur la croix pour sauver ceux qu’il aime ». (John Stackhouse) Et nous, ses adeptes, ne sommes pas appelés à &lt;i&gt;montrer que nous avons raison&lt;/i&gt;. Nous sommes appelés à &lt;i&gt;montrer le chemin qui conduit à Jésus&lt;/i&gt;, le seul et l’unique Sauveur du monde ! Nous sommes appelés à suivre son chemin étroit, avec amour pour tout le monde comme Jésus en fait preuve &lt;i&gt;sur la croix&lt;/i&gt;. Peu importe si &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; n’aimons pas trop quelqu’un. Peu importe si quelqu’un ne &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; aime pas trop. Ce qui importe, c’est que &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; nous aime tous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lewis argumenta en faveur d’« un norme clair du christianisme élémentaire (‘christianisme simple’ ...) qui met en perspective les controverses du moment ». Les controverses du moment vont et viennent. Mises en perspective, elles ne furent pas considérées comme essentielles au « christianisme simple » pas plus que les disputes actuelles. Les nôtres, comme le reste, disparaîtront, mais tristement, non avant de faire des ravages sur les âmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus pria à son Père pour nous &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; : « pour que l’amour que tu m’as témoigné soit en eux et que moi-même je sois en eux ». Et il dit que l’amour que nous avons &lt;i&gt;l’un pour l’autre&lt;/i&gt; ferait preuve du fait que nous sommes &lt;i&gt;ses&lt;/i&gt; disciples. (Jean 13:35) C’est dans la vérité d’&lt;i&gt;être réconciliés avec Dieu en Christ&lt;/i&gt; que nous pouvons librement &lt;i&gt;nous permettre un amour réconciliant les uns pour les autres&lt;/i&gt;, car l’amour avec lequel nous devons nous aimer les uns les autres est l’amour même par lequel nous sommes aimés par Dieu en Christ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela fait cent ans que Kate Hankey s’endormit dans le Seigneur. Elle attend la Résurrection. Elle écrit le chant : &lt;i&gt;J’aime raconter l’histoire de Jésus et son amour&lt;/i&gt;. Que l’on soit homo ou hétéro, plus faible ou plus fort dans la foi, &lt;i&gt;la seule et l’unique&lt;/i&gt; histoire &lt;i&gt;merveilleuse&lt;/i&gt; est « la vieille histoire de Jésus et son amour ». Nous sommes appelés à &lt;i&gt;vivre&lt;/i&gt; et à &lt;i&gt;raconter cette histoire&lt;/i&gt; tout le long du chemin &lt;i&gt;étroit&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Vivre&lt;/i&gt; le chemin, c’est de se reposer tellement dans l’amour de Dieu qu'avec reconnaissance, nous aimons Dieu avec tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, et aimons notre prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. (Matt 22:37-40) &lt;i&gt;Raconter&lt;/i&gt; le chemin, c’est d’aimer Dieu et autrui tellement qu’avec reconnaissance, nous partageons cette vieille histoire de la bonne nouvelle qui « donne à trembler ceux qu’elle justifie et console ceux qu’elle condamne ». (Blaise Pascal) Voilà l’évangile : « Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes ». (2 Cor 5:19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour tant de gens, l’histoire ne porte pas sur la bonne nouvelle de Jésus et son amour. Qu’elles soient nominalement théistes ou païennes – moralistes, légalistes, relativistes, sécularistes, athées, polythéistes ou panthéistes – les histoires sont égoïstes – obsédées d’&lt;i&gt;elles-mêmes&lt;/i&gt; et finalement, &lt;i&gt;dévorées&lt;/i&gt; par l’obsession. Donc, tristement, les gens sont enfermés tout seuls, perdus dans eux-mêmes, malades du péché – vexés, en colère, épuisés, cyniques, vantards et pourtant, méfiants et apeurés. Et quelques-uns de nos amis les plus proches justifient leur conviction que tout leur est dû, et finissent par être pris au piège d’obsession de soi. Ils ont besoin de trouver un moyen de sortir – en Celui qui est &lt;i&gt;lui-même&lt;/i&gt; la Voie, la Vérité et la Vie – « une telle Voie qui nous donne le souffle, une telle Vérité qui met fin à tous conflits, une telle Vie qui tue la mort ». (George Herbert)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sachant que la prière de Jésus fut exaucée, si l’amour du Père pour &lt;i&gt;son Fils&lt;/i&gt; demeure en &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;, si &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt; est en nous, et si nous ne sommes en vie que dans &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; Vie, que faisons-&lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; donc pour aider autrui à &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; connaître ? Que faisons-&lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; qui les &lt;i&gt;empêche&lt;/i&gt; de le connaître ? Dieu pleura pour les perdus de Ninive, Jésus pleura pour les perdus de Jérusalem, et Paul, lui-même en larmes, conjura les chrétiens à travers les siècles de pleurer pour les perdus de leur propre génération: « Revenez une fois pour toutes à votre bon sens, et ne péchez pas ; car certains d’entre vous ne connaissent pas Dieu. Je le dis à votre honte. » (1 Cor 15:34)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est-ce que cette vieille histoire de Jésus et son amour &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; détourne d’être follement obsédés des choses d’indifférence – la politique d’identité, la religion centrée sur des questions gays, non sur Dieu, et être distraits par la baliverne – pour aimer ceux pris au piège d’égocentrisme tellement qu’ils se tournent &lt;i&gt;vers&lt;/i&gt; celui qui nous aime parfaitement ? Est-ce que la vieille histoire de Jésus et son amour sera &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; thème, maintenant et dans la gloire de la Nouvelle Terre et les Nouveaux Cieux pour toujours, &lt;i&gt;avec eux ensemble&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournons à Dieu &lt;i&gt;les mains vides&lt;/i&gt;. Par la grâce de Dieu en Christ, nous retournerons à Dieu &lt;i&gt;main dans la main&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;©2011 Ralph Blair.  Tous droits réservés&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-672050561261730902?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/672050561261730902/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=672050561261730902' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/672050561261730902'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/672050561261730902'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/08/vivre-ensemble-notre-liberte-en-christ.html' title='Vivre ensemble / Notre liberté en Christ'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-8600829161761784992</id><published>2011-07-31T08:30:00.001-04:00</published><updated>2011-07-31T08:32:05.698-04:00</updated><title type='text'>Nouvelle traduction à venir</title><content type='html'>Je viens d'achever ma traduction du discours d'ouverture du Dr Ralph Blair à la ConnECtion 2011 d'Evangelicals Concerned.  Je promets de la publier ici avant la fin de la semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'amour du Christ,&lt;br /&gt;Fred&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-8600829161761784992?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/8600829161761784992/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=8600829161761784992' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/8600829161761784992'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/8600829161761784992'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/07/nouvelle-traduction-venir.html' title='Nouvelle traduction à venir'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-9203367059047050287</id><published>2011-07-27T09:56:00.007-04:00</published><updated>2011-07-27T11:59:10.846-04:00</updated><title type='text'>Félicitations !!</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-gdqFrlOhPyk/TjAaMQgIbGI/AAAAAAAAADg/ePobVBwPVaI/s1600/paris.match.mariage.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 383px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-gdqFrlOhPyk/TjAaMQgIbGI/AAAAAAAAADg/ePobVBwPVaI/s400/paris.match.mariage.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634031931730979938" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Félicitations à Phyllis et Connie, et à tous les autres couples LGBT qui se sont mariés depuis dimanche dernier !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-9203367059047050287?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/9203367059047050287/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=9203367059047050287' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/9203367059047050287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/9203367059047050287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/07/felicitations.html' title='Félicitations !!'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gdqFrlOhPyk/TjAaMQgIbGI/AAAAAAAAADg/ePobVBwPVaI/s72-c/paris.match.mariage.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-2880105568485615059</id><published>2011-06-28T14:53:00.017-04:00</published><updated>2011-08-04T10:19:12.249-04:00</updated><title type='text'>Une folie ou une autre</title><content type='html'>&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br&gt;L'Evangile et les Galates et LGBT insensés&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-size:115%;"&gt;Discours d’ouverture donné en été 1999&lt;br&gt;aux conférences d’Evangelicals Concerned&lt;br&gt;&lt;i&gt;par Ralph Blair&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;*     *     *&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Bien que ce discours date d’il y a 12 ans, je trouve que ses thèmes restent pertinents pour les chrétiens LGBT :  Comment réconcilier les affirmations du postmodernisme avec les convictions centrales du christianisme ? Comment vivre en chrétien dans un monde où tout le monde croit que toutes les religions se valent et que la vérité objective n'existe pas ? Le Dr Blair aborde ces questions, et plus encore.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Je voulais faire passer le mot dans les pays francophones, surtout en France, où est né le postmodernisme, et donc, je l'ai traduit en français, une lourde tâche vu sa longeur, et décidé de le publier ici, à cause de sa grande importance, à mon avis.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Si vous trouvez des erreurs grammatiques, ou des expressions maladroites, ou si vous voudriez simplement proposer des suggestions, envoyez-les-moi par email. Merci d'avance !&lt;br&gt;&lt;a href="mailto:fredness@aol.com?subject=Email me"&gt;Cliquez ici pour m'envoyer un email&lt;/a&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;-- Fred Wells, traducteur&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;*     *     *&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Laissez tomber cette expression bête, vous vous rendrez service : « si seulement ». On ne peut rien dire de sensé sur la route non prise, bien que sous-entendu, dans cette rêvasserie sur l’inexistant. Il est absurde et frustrant de parler sans cesse des routes imaginaires qu’on n’a jamais prises.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais si nous essayions de nous protéger en sachant les dangers inhérents de ce type de réflexion spéculative, et si nous continuions, avertis d’avance, spéculant sur ce qui aurait pu arriver « si seulement » certaines choses avaient été différentes ? Nous ne pouvons pas savoir avec certitude ce qui serait arrivé si les choses avaient été différentes, mais – admettant l’impossibilité – jouons un petit jeu de spéculation. Par exemple : Quant à l’homosexualité dans une Eglise fantasmée ? Une histoire de l’Eglise fantasmée ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certains disent que les choses se seraient mieux passées « si seulement » l’Apôtre Paul n’avait pas tant écrit, surtout ce qu’ils appellent ses écritures « anti-gays ».  Mais nous ne pouvons pas blâmer Paul pour les façons dont les chefs d’églises nous maltraitent fréquemment. Paul n’est pas &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; problème ; il est &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; problème. Paul a toujours été problématique pour beaucoup de gens qui essaient de diriger des églises. Et c’est là notre problème.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les « si seulement » vraiment pertinents sont ceux-ci : Si seulement Paul n’était pas un tel problème pour les églises ? Si seulement les églises accueillaient mieux la théologie de base de Paul ? L’Eglise nous accueillerait mieux alors ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul « est vraisemblablement le chrétien le plus vilipendé depuis la Pentecôte ». [Leander E. Keck et Victor Paul Furnish]  Comme le constate un autre érudit biblique : « Au 20e siècle Paul a été exploité et abusé autant qu’au premier siècle ». [N. T. Wright] L’enseignement de Paul a toujours été trop radical pour les religionistes. L’Evangile sans Loi qu’il prêchait n’était pas facilement accueilli par d’autres chrétiens au cours de sa propre vie et est resté depuis lors problématique pour les légalistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Selon un érudit biblique au Harvard : « Au moins trois cents ans après avoir été écrit et distribué, l’essentiel de la théologie de Paul –  la justification par la foi (seule), sans les œuvres de la loi – semble avoir été plus ou moins perdu dans l’enseignement et dans la pensée de l’Eglise ». [Krister Stendahl] Cet érudit nous rappelle que « ce n’est pas avant Saint Augustin qu’on pouvait trouver quelqu’un qui semblait voir ce qui se passait dans la tête de Paul, pour ainsi dire, et qui discernait le centre de gravité de la théologie Paulinienne ».  Mais même après, Paul n’était pas populaire. Parmi les quelque trois cents papes dans l’histoire, six papes seulement s’appelaient Paul. Il y avait cent papes avant d’atteindre le temps du Pape Paul I (757) et presque deux cent cinquante papes avant d’atteindre le temps du Pape Paul II (homosexuel) (1464), à l’époque des parents de Martin Luther.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une fois la chrétienté divisée entre les catholiques romains et les protestants, Paul est devenu, selon un érudit catholique romain, « intrinsèquement ‘étranger’, surtout pour les catholiques ». [Wolfgang Trilling] Cependant, au sein du Protestantisme aussi, des règles ont été imposées sur le &lt;i&gt;sola fide&lt;/i&gt; de Luther, des légalismes ont érodé &lt;i&gt;sola gratia&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;sola scriptura&lt;/i&gt; a été transformé en idolâtrie biblique afin d’en extraire plus de règles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Ce que Paul précise aussi clairement que possible », selon un érudit biblique évangélique, « est que la Loi … a été éclipsée par la révélation de Dieu en Jésus-Christ et doit maintenant être considérée comme obsolescente ». [Ben Witherington III] Paul a toujours été un problème pour l’Eglise parce que trop de gens qui désirent diriger les églises veulent établir les règles. Au lieu de cela, Paul a tout bonnement établi les règles en mettant de côté la Loi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vu le message sauvage que prêchait Paul, il devait être prévu que les successeurs de Paul ne pourraient résister à essayer de l’apprivoiser. Nous les êtres humains voulons avoir le contrôle ; nous voulons nous sauver nous-mêmes. Nous sommes toujours tentés d’essayer de rendre autrui redevable envers nous, y compris les dieux – voire le Dieu Très-Haut.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rejet par l’Eglise de Paul et de son Evangile hors-la-loi a été et reste problématique pour les religionistes pharisaïques et pour les LGBT attrapés dans le piège du légalisme religieux. Et ce rejet de la vraie Bonne Nouvelle en Jésus-Christ est vraiment une mauvaise nouvelle pour une église qui à son tour n’apporte que de mauvaises nouvelles pour les LGBT.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les Galates insensés&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul proclame l’Evangile hors-la-loi de la grâce de Dieu dans le Christ Jésus le plus instamment dans sa lettre aux chrétiens en Galatie. Cette lettre est « la moins contestée de toutes les lettres de Paul » en termes d’&lt;i&gt;authenticité&lt;/i&gt;. [Donald Guthrie] Cependant, elle a toujours été vivement contestée en termes de &lt;i&gt;théologie&lt;/i&gt;. Et elle est tout aussi pertinente à l’hérésie chez les chrétiens évangéliques au vingt-et-unième siècle qu’à l’hérésie en Galatie au premier siècle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La lettre de Paul est lourde avec sa profonde déception, dégoût et détresse pour le fait que les Galates s’étaient laissés prendre aux ajouts légalistes à l’Alliance de la grâce de Dieu. Il s’est indigné parce qu’ils se sont permis à être égarés loin du vrai message de la grâce librement donnée par Dieu envers quelque chose qu’il leur fallait également mériter d’une manière ou d’une autre, incitant l’Apôtre de s’adresser à eux dans ces mots, désormais célèbres : « O Galates insensés ! Qui vous a ensorcelés ? » [Gal 3:1]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’est-ce qui se passait en Galatie pour mériter une telle réponse négative – la plus négative de toutes les lettres de Paul ? Bref : Paul avait prêché la Bonne Nouvelle de grâce et paix données gratuitement par Dieu à ces Gentils qui l’avaient en apparence reçue volontiers. Ils sont devenus chrétiens. Mais alors, certains chrétiens juifs sont venus les exhorter à adopter « l’Evangile complet » – ce qui, d’après eux, nécessitait l’adjonction de la Loi juive en plus de la foi : par exemple, les conditions de circoncision, de respect du sabbat et ainsi de suite. Ils ont insisté que sans devenir juifs, ces Gentils ne pouvaient pas être de vrais disciples du Messie juif.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela semblait avoir du sens pour les Gentils. Réflexion faite ces conditions leur semblaient plus ‘religieuses’ de façon reconnaissable. C’était ‘authentiquement’ juif. Ce n’était pas si complètement et scandaleusement neuf. Mais G. K. Chesterton n’était pas encore venu les renseigner qu’« à moins que l’Evangile ne ressemble au bruit d’un coup de feu, il n’a pas été proféré du tout ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, comme le constate F. F. Bruce, spécialiste du Nouveau Testament évangélique : « On peut apprécier à quel point les arguments pour l’évangile que prêchait Paul ont dû sembler faibles s’il était le seul à l’avoir prêché ». Devaient-ils essayer de croire que tout le monde se trompait sauf Paul ? Pourtant, ne savaient-ils pas que même Socrate et leurs autres sages avaient été en désaccord avec la majorité de leurs collègues anciens ainsi qu’avec les masses ? Les prophètes hébreux d’autrefois n’étaient-ils pas virtuellement des minorités d’une personne ? Jésus lui-même n’était-il pas en désaccord avec la foule ? N’était-il pas laissé tout seul à la fin ? Quelle était la vraie réputation de la tradition et la convention de « la majorité morale » en tant que telle ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Attristé par la tournure des événements en Galatie, Paul leur a écrit que s’ils voulaient maintenant ajouter des qualifications à l’Evangile, cela serait en effet un rejet de l’Evangile. Il a affirmé, sans mâcher ses mots, que la grâce avec règles n’est pas du tout la grâce. Il les ont instamment mis en garde contre se laisser attirer par les faux « évangiles » – même s’ils se croyaient « touchés par un ange » ou même si lui-même venait prêcher un message en désaccord avec ce qu’il a déjà prêché. Il prie à de nombreuses reprises que la prédication des « évangiles » pervertis soit maudite par Dieu. [Gal 1:8f]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;La Loi était une nounou&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’abord, la Loi « est démontrée [par Paul] d’avoir été intrusive, temporaire, secondaire et préparatoire ». [Bruce] Pour Paul, « la loi est quelque chose de seconde main ». [William Barclay] Paul a argumenté qu’après tout, la Loi ne remontait pas à Abraham, à Isaac ou à Jacob. Cela ne remontait qu’à Moïse. Paul dépeint la Loi comme une nounou. [Gal 3:24f] Ne pensez pas à Fran Drescher. La Loi-comme-nounou était chargée de surveiller les enfants jusqu’à ce qu’ils soient devenus matures. Cette maturité est venue avec l’avènement du Christ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’idée que « la Loi de Moïse ... n’était destinée par Dieu à rester en vigueur pour le peuple de Dieu que jusqu’à l’avènement du Christ » n’était pas nouvelle. [Richard N. Longenecker] Comme le rappelle un érudit Réformé : « la promesse pointait vers le Christ et s’est incarnée en Lui ». [Herman N. Ridderbos] Une doctrine juive d’antiquité avait posé le postulat de trois époques d’histoire sacrée, chacune à durer 2.000 ans : l’âge de chaos, l’âge de Loi et l’âge de Messie. Il était entendu que « si les Jours de Messie ont commencé, ceux de la Thora se sont terminés. D’autre part, si la Loi est toujours valable, le Messie n’est pas encore venu ». [Bruce] Ce que prêchait Paul était donc en harmonie complète avec la pensée juive traditionnelle, même si les chrétiens juifs de Jérusalem ne saisissaient pas ceci : si Jésus, le Messie, est venu, la Loi est terminée !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un autre spécialiste du Nouveau Testament l’exprime ainsi : « Paul considère le rôle de la loi comme ayant pris fin. … Si les Galates Gentils cherchaient à émuler maintenant les traditionalistes juifs, cela signifierait un retour aux limitations et à l’immaturité de l’enfance ». [James D. G. Dunn] Paul va jusqu’à définir être mort à la Loi (Rom 7:4-6) comme la même expérience que d’être mort au péché (Rom 6:2). D’après Luther : « si les jours de la loi n’étaient pas raccourcis, aucune chair ne serait sauvée ». Selon un autre érudit biblique évangélique : « on ne pouvait plus argumenter que la circoncision, les lois diététiques juives, l’observance des préceptes moraux distinctivement juifs ou n’importe quelle autre matière portant sur un style de vie juif étaient requises pour la vie de foi. Certainement pas dans aucun sens pour les chrétiens Gentils. » [Longenecker] Et, comme il fait remarquer, ce n’était pas simplement les lois rituelles ou les lois de pureté auxquelles Paul pensait lorsqu’il enseigna que la garde de la Loi avait pris fin. C’était la Loi entière, y compris les lois éthiques et morales. D’après encore une autre autorité biblique : « Pour la doctrine paulinienne de la loi, il est fondamental que la loi soit indivisible. Par conséquent, la malédiction dont il parle s’applique également à la loi morale. » [Gerhaard Ebeling]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aujourd’hui on exigent que les homos soient « ex-gay ». A l’époque on exigeait que les Gentils soient « ex-goy ». C’est la même exigence. Et si nous nous laissons prendre par l’exigence des légalistes d’aujourd’hui, nous sommes aussi insensés que les Galates.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le dit un spécialiste du Nouveau Testament : « aussi longtemps que tous les fidèles étaient déjà circoncis, il n’y avait aucun problème critique. Au début ils ne se rendaient pas compte que le christianisme nécessitait une approche tout à fait différente envers la loi. » [Donald Guthrie]  On peut le paraphraser pour les circonstances d’aujourd’hui : aussi longtemps que tous les fidèles [supposait que tous leurs coreligionnaires étaient également hétérosexuels] il n’y avait aucun problème. Au début ils ne se rendaient pas compte que le christianisme nécessitait une approche tout à fait différente envers la loi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce ne sont pas simplement des questions de théologie systématique abstraite. Ce sont des questions pratiques de soin et de souci pastoraux. Selon les commentaires de Jean Calvin sur l’épître aux galates : « C’est effectivement un mal grave d’éteindre l’éclat de l’Evangile, de tendre un piège aux consciences et d’effacer la distinction entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;« Mâle et Femelle ? »&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une des « valeurs traditionnelles » – les armes préférées des chrétiens contre les homos – se trouve dans la Genèse (dans la Loi ou la Thora !) : Dieu a créé l’humanité « mâle et femelle ». Ils nous crient : « mâle et femelle, mâle et femelle ! Adam et Eve, pas Adam et Yves ! » Il nous faut leur joyeusement rappeler : Le Messie est venu ! Les distinctions théologiques des classifications de la Thora sont terminées !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul est très spécifique au sujet de l’importance de « mâle et femelle ». Dans sa lettre aux Galates, Paul affirme que contrairement à la signification de la paire hétérosexuelle formée par « mâle et femelle » dans la Thora, en Jésus-Christ « mâle et femelle » n’a plus aucune importance théologique. [Gal 3:28] Ici il emploie les mots mêmes de la traduction grecque de la Genèse – le même verset biblique qu’emploient les traditionalistes contre nous, et il affirme en termes on ne peut plus clairs que, pour le chrétien, ni les distinctions sexuelles ni la paire mâle/femelle n’ont plus aucune signification théologique, éthique ou salvifique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, remarquez que ce verset, Galates 3:28, est fréquemment mal traduit et mal cité, et par conséquent le point pertinent concernant la question de l’homosexualité de nos jours n’est jamais entendu. On le cite généralement ainsi : « en Christ il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni mâle ni femelle ». Ce n’est pas ce que Paul écrit. Il écrit le suivant : « en Christ il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, &lt;i&gt;il n’y a plus de mâle et femelle&lt;/i&gt; ». Paul a délibérément changé le « ni » dans les deux premières paires en « et » dans la troisième paire. L’accouplement de « mâle et femelle » est tiré directement de la Thora : « Dieu les créa &lt;i&gt;mâle et femelle&lt;/i&gt; ». Bruce indique que la référence à « mâle et femelle » est une citation de la Genèse en plaçant des guillemets autour de « mâle et femelle ». Mais, ignorant Paul, les chrétiens légalistes continuent à crier après nous : « mâle et femelle, mâle et femelle ! Adam et Eve, pas Adam et Yves ! » Nous pouvons répondre : « il n’y a plus de mâle et femelle »  ! Adam et Eve &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; Adam et Yves !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cet ensemble particulier d’exemples dans Galates 3:28 était illustratif de la gamme entière des distinctions traditionnelles que Paul proclamait maintenant comme résolues en Christ, en ce qui concernait toute signification théologique continue. Mais la prédication de Paul sur ce point menaçait les traditionalistes de son temps autant que l’application de son enseignement à nos circonstances menace les traditionalistes de nos jours. Bruce observe que ces distinctions raciales, culturelles et économiques « avaient de l’importance considérable dans le judaïsme, mais (comme le prêchait Paul), en Christ elles sont toutes dénuées de pertinence ». En Christ les distinctions humaines sont toutes dénuées de pertinence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les traditionalistes n’ont jamais trouvé l’abolition de l’importance théologique de ces et d’autres distinctions facile à accepter. Bruce fait remarquer que « l’interdiction par Paul de la discrimination pour des raisons raciales ou sociales est largement acceptée » à notre époque. Toutefois, même quant à la réconciliation raciale dans le Christ, du moins d’après John Perkins, fondateur noir du ministère « Voice of Calvary » au Mississippi, il n’y a eu aucun progrès significatif parmi ses camarades évangéliques au cours de sa vie. La plus grande partie du changement, dit-il, sur des questions raciales parmi les chrétiens évangéliques « a été imposé à eux par la communauté. Ils ne le considérèrent pas comme un mandat théologique ». Au milieu des années 60, Jerry Falwell était le fondamentaliste américain blanc typique, appelant la lutte des noirs pour les droits civils « une violation terrible des droits humains et des droits de propriété [qui] devraient être considérés comme des torts civils plutôt que des droits civils ». Il s’en vanté : « j’ai prêché contre [l’intégration raciale] et je le continuerai ». Se référant à ses années formatrices, Falwell se rappela que « tous mes modèles, y compris des chefs puissants de l’Eglise, soutenaient la ségrégation ». Les distinctions raciales continuent d’avoir de l’importance théologique pour certains groupes de chrétiens fondamentalistes et conservateurs, surtout dans le Sud des Etats-Unis et en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Peut-être que Bruce est trop optimiste au sujet des distinctions sociales aussi. Après tout, un principe majeur du mouvement pour la « croissance d’églises » est que les églises sont plus susceptibles de croître si elles sont socialement homogènes. A part ces questions raciales et sociales, cependant, Bruce fait remarquer qu’« il y a une tendance à limiter la mesure dans laquelle ‘il n’y a plus de mâle et femelle’ ». Et cette restriction sexuelle non biblique, qu’elle s’applique aux femmes ou aux gays et lesbiennes, empêche de clairement prêcher et vivre le vrai Evangile du Christ.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul dit qu’il n’avait qu’une question pour ces Galates insensés. Il leur demanda : « avez-vous reçu l’Esprit de Dieu en obéissant à la loi ou en croyant l’Evangile ? » [Gal 3:2] La réponse évidente était qu’ils ont reçu l’Esprit en croyant l’Evangile. Nous pouvons paraphraser la question de Paul aux chrétiens &lt;i&gt;goys&lt;/i&gt; en demandant aux chrétiens &lt;i&gt;gays&lt;/i&gt; : avez-vous reçu l’Esprit en étant hétérosexuel, en devenant « ex-gay », en restant sexuellement abstinent, en se mariant, en ayant des enfants ou en étant gay, lesbienne, bisexuel ou transsexuel ? &lt;i&gt;Ou bien&lt;/i&gt; avez-vous reçu l’Esprit en croyant l’Evangile ? C’est évident. La réception de l’Esprit n’a aucun rapport avec l’orientation sexuelle ni le sexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis Paul avertit les chrétiens de nombreux autres prétendus « évangiles » auxquels il faut prendre garde. Il insiste qu’ils ne sont vraiment pas d’évangiles, bien entendu. Mais on les fait passer pour des « évangiles », pour la bonne nouvelle. Et ils sont acceptés comme tels. Donc prenez garde ! Les Galates avaient déjà été dupés par les légalistes venus de Jérusalem. Que leur réservait l’avenir pour les détourner de l’Evangile pur ? Nous ne savons pas s’ils ont accepté les remontrances de Paul et les ont prises au sérieux. Mais nous ne pouvons pas répondre des Galates. Pourtant, nous pouvons répondre de nous-mêmes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors, qu’en pensez-vous ?  Croyez-vous que nous serions en meilleure posture « si seulement » les églises prenaient Paul plus au sérieux ? Il le semblerait. Mais il est impossible de dire ce qui arriverait sur la route non prise.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qu’on peut dire, toutefois, est qu’on devrait prendre Paul plus au sérieux. Ce n’est pas facile pour personne. Il y a toujours tant d’autres « évangiles » qui tentent d’accaparer notre attention et notre allégeance. Nous accordons maintenant notre attention à certains de ces autres « évangiles » afin de n’y pas accorder notre allégeance aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Qu’est-ce que l’Evangile ?&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avant d’examiner &lt;i&gt;d’autres&lt;/i&gt; « évangiles », assurons-nous d’avoir une bonne idée de ce qu’est le &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; Evangile.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Gospel » ( ‘évangile’ en anglais) n’est pas simplement un style de musique aux Virgin Mégastores.  L’Evangile n’est pas simplement quelque chose considéré comme incontestablement vrai, comme l’expression : « c’est parole d’évangile ».  Le mot anglais « gospel » est tiré des mots anglais anciens « god » (bonne) et « spell » (nouvelle) – la « bonne nouvelle ».  « La Bonne Nouvelle » est la traduction du mot latin &lt;i&gt;evangelium&lt;/i&gt; et le mot grecque &lt;i&gt;euongelion&lt;/i&gt; (d’où notre mot « évangile »).  Et alors, qu’est-ce que cette Bonne Nouvelle, cet Evangile ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Contrairement à la croyance populaire, l’idée maîtresse de l’Evangile n’est pas notre salut. Comme l’a souvent dit A. W. Tozer : « l’Evangile dans son contexte biblique met la gloire de Dieu en premier et le salut de l’homme en seconde ». L’Evangile est « l’histoire de celui qui est lui-même la bonne nouvelle, l’évangile de Dieu », a dit George MacDonald, « la Parole est le Seigneur ; le Seigneur est l’Evangile ». Comme l’explique un commentateur du Nouveau Testament : « le fait que ‘le Christ’ (Gal 1:16 ; cf. 1 Cor 1:23 ; 15:12 ; 2 Cor 1:19 ; 4:5 ; 11:4 ; Phil 1:15) est interchangeable avec ‘l’évangile’ [dans le Nouveau Testament] (Col 1:23 ; 1 Thess 2:9) ... nous rappelle dans quelle mesure le mouvement chrétien naissant a centré son identité et son message sur le Christ, sa vie, sa mort et sa résurrection ». [Dunn]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul a résumé la tradition de l’Evangile dans l’Eglise du premier siècle dans ces mots aux Corinthiens : « Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes ». [2 Cor 5:19] Paul écrit aux Colossiens : « Car c’est en lui [Christ] que Dieu a désiré que toute plénitude ait sa demeure; et c’est par lui qu’il a voulu réconcilier avec lui-même l’univers tout entier: ce qui est sur la terre et ce qui est au ciel, en instaurant la paix par le sang que son Fils a versé sur la croix. ». [Col 1:19f] Donc, comme l’explique un commentateur évangélique du Nouveau Testament, la proclamation de l’Evangile ne fait pas appel au peuple « pour faire leur paix avec Dieu, mais plutôt pour leur faire savoir que Dieu fit la paix avec le monde. ... Quand le travail du Christ s’acheva, la réconciliation du monde a été accomplie ». [Ralph Martin] Quel autre terme pourrait s’appliquer à une telle nouvelle sauf « la Bonne Nouvelle » ? Quelle autre nouvelle, même une bonne, peut être comparée à la Bonne Nouvelle de l’Evangile ? William Tyndale, traducteur biblique du 16e siècle, a célébré cette Bonne Nouvelle en disant que l’Evangile « signifie de bonnes nouvelles, joyeuses et heureuses, qui réjouissent le cœur d’un homme et l’incitent à chanter, à danser et à sauter pour joie ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, on entend toutes sortes de chrétiens de nos jours déprécier et négliger cette Bonne Nouvelle  – pas seulement les libéraux et ceux dominés par la rhétorique des programmes séculières LGBT, mais aussi beaucoup d’Evangéliques, captivés par l’hétérosexisme et le légalisme homophobes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les autres « évangiles »&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » sont &lt;i&gt;d’autres&lt;/i&gt; « évangiles » parce qu’ils se font passer pour, en pratique sinon par intention, des remplaçants pour le &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; Evangile.  Ils sont d’autres « évangiles » parce qu’ils se font passer pour des objets de souci ultime. Que ce soit directement ou indirectement, ils prétendent pour eux-mêmes ce que Dieu seul peut prétendre. Ils sont d’autres « évangiles » parce qu’ils semblent être quelque chose autour de laquelle on devrait enfin organiser sa vie, résoudre ses problèmes de base et se garder. Les autres « évangiles » sont intéressés, ils s’opposent au Christ et aux chrétiens et ils sont des remplaçants superficiels.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les autres « évangiles » sont intéressés&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » sont déterminés par les exigences des consommateurs et par les contraintes du marché. C’est vrai tant pour les « évangiles » substitutifs séculiers que pour les « évangiles » substitutifs spirituels. Leur ultime question intéressée est ainsi : « comment puis-je en profiter, &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; ? » On peut poser la même question en d’autres mots : « comment &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; groupe peut-il en profiter ? » L’attention est sur moi ou sur moi et mon groupe. De nos jours, d’autres « évangiles » peuvent être rationalisés comme politique d’identité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un des plus populaires des autres « évangiles » de nos jours est une spiritualité bricolage, arrogante et intéressée. Un dessin humoristique dans le &lt;i&gt;New Yorker&lt;/i&gt; dépeint un client dans une librairie cherchant l’assistance d’un commis derrière son ordinateur : « La Bible ? Vous la trouverez sous la rubrique Manuel d'auto-assistance ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un étudiant de troisième cycle au Séminaire Théologique d’Union a récemment écrit un édito dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; où il a attaqué le Pape pour son critique des idées du Nouvel Age. Il a conseillé à Jean Paul II de « revigorer » le christianisme par se débarrasser de l’idée de Jésus comme Fils de Dieu, crucifié pour nos péchés et ressuscité des morts. Ainsi, dit-il, « ce qu’on choisit dans son exploration spirituelle n’a pas d’importance, que ce soit le mysticisme chrétien ou des traditions spirituelles comme le bouddhisme, l’hindouisme et la spiritualité des amérindiens.  Ce qui compte, c’est l’exploration elle-même parce qu’elle, si planifiée selon ses besoins psychiques les plus profonds, est ce qui donnera finalement un sens à la vie ». [James Kullander] Ce dont on a besoin, a-t-il déclaré, est « le christianisme selon ses conditions ». Pourtant, Philip Zaleski, professeur de religion au Smith College, remarque dans le &lt;i&gt;New York Times Book Review&lt;/i&gt; que « par-dessus tout, … la grande écriture spirituelle provient de la lutte contre soi-même et son temps ». Et comme l’exprime Robert Wuthnow, sociologue à Princeton, « une spiritualité convaincante doit être enracinée dans des traditions incontestables qui transcendent l’individu et désignent de plus grandes réalités dans lesquelles l’individu est ancré ... plutôt que dans des expériences fragmentées et complaisantes vis-à-vis de soi-même ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, l’individualisme contemporain met sa confiance essentiellement dans « ses propres histoires » et dans les soi-disant « histoires indigènes » d’origine non chrétienne, plutôt que dans les histoires indigènes des saints de l’Eglise, dans les histoires de la Bible et dans le Seigneur et Sauveur de « La plus grande histoire jamais contée ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette orientation égocentrique des autres « évangiles » va à l’encontre de l’orientation du vrai Evangile : Réconciliés avec Dieu pour le ministère de la réconciliation. [2 Cor 5:18f]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son livre, &lt;i&gt;Habits of the Heart&lt;/i&gt; (Les habitudes du cœur), le sociologue Robert Bellah décrit la démarche d’une femme du nom de Sheila. Elle ressemble à de nombreux Américains contemporains quand il s’agit de l’omniprésente « spiritualité » de notre temps. Comme dit-elle : « Ma foi c’est le Sheilaisme. Juste ma propre petite voix. ... c’est simplement essayer d’aimer soi-même et d’être doux avec soi-même ». Sa religion est une version sentimentale de « Le dieu réfléchi », une chanson écrite par le rocker-Goth Marilyn Manson. Les paroles de Manson : « Je suis allé au dieu simplement pour le voir / et je me regardais / J’ai vu que le paradis et l’enfer sont des mensonges / Quand je serai dieu, tout le monde mourra ». Le Sheilaisme égocentrique peut être tout aussi négligent envers autrui que le Mansonisme. Chacun est un narcissisme qui ne peut pas se permettre d’adresser les besoins des autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » ne s’occupent pas vraiment de ce que signifiait Jésus en résumant ainsi la vieille Loi-comme-nounou : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence, et de toute ta force. Et tu dois aimer ton prochain comme toi-même. Il n’y a d’autre commandement plus important que ces deux-là ». [cf. Marc 12:30ff ; Matt 5:43 ; 19:19; Rom 13:9; Jacques 2:8; cf. Deut 6:4; Lev 19:18] Observez que la Loi comme Jésus présuppose l’amour de soi. Ni Sheila ni personne d’autre n’a besoin d’être commandé à s’aimer elle-même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul répétait ce que Jésus avait considéré comme l’essentiel de la Loi en résumant la Loi entière dans une seule commandement : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même ». [Gal 5:18] L’Apôtre indiquait que si les Galates étaient dirigés par l’Esprit, ils ne seraient pas soumis à un légalisme s’agrandissant sans cesse et plein d’échappatoires. [Gal 5:18]  Plutôt, ils chercheraient imiter l’amour de l’Esprit envers leur prochain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » s’opposent au Christ et aux chrétiens. Or, il est évident que l’enseignement de Jésus a toujours concerné plus que l’amour prescrit. D’autres ont prescrit l’amour. Et suivre Jésus a toujours concerné plus que l’amour prescrit. Comment est-il possible de ne pas aimer l’idée d’« amour » ? Tous les quatre évangiles du Nouveau Testament ont pourtant enregistré que Jésus lui-même nous avertit que toutes sortes de gens détesteront ses adeptes. [Matt 10:22 ; Marc 13:13 ; Luc 21:17 ; Jean 15:18] Après tout, ils détestaient Jésus. Pourquoi ne détesteraient-ils pas ses adeptes ? Mais c’était plus qu’une question de détester les adeptes de Jésus. Comme des gens s’offensaient de Jésus lui-même et des premiers chrétiens, il y a une « offense » inhérente à l’Evangile. Comme l’a dit Oswald Chambers : « L’évangile de Jésus-Christ réveille une soif intense et un ressentiment tout aussi intense ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le journal &lt;i&gt;The Village Voice&lt;/i&gt; a récemment publié une grande photo d’un homme portant un T-shirt sur lequel était inscrit : « Jésus est un enculé ».  Un lecteur l’a objecté par écrit. Sa gentille lettre était imprimée sous le gros titre grossier : « Seigneur-Dieu Tout-Puissant ! ».  Un dessin humoristique dans le &lt;i&gt;New Yorker&lt;/i&gt; a dépeigné un chien souriant assis sur un porche tenant une pancarte : « Jésus t’aime ».  Dans le jardin de devant, une autre pancarte : « Prenez garde au chien ! ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans une revue d’un livre sur Jésus dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, le critique, un des biographes de Marilyn Monroe, déclare que « la dévotion religieuse [de l’auteur] est valable parce qu’il conteste pensivement … la plausibilité des miracles de Jésus » et parce qu’il tire la conclusion que Jésus ne vit que dans « notre désir d’être aimé … [et dans] la dignité humaine ». [Alexandra Hall] Apparemment l’hérésie justifie la dévotion religieuse.  Dans une autre revue dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, celle de l’autobiographie d’Alec Guinness, John Simon, critique de films, rabaisse l’humble orthodoxie chrétienne de l’acteur comme étant « l’enthousiasme religieuse – l’excès de zèle d’un converti catholique romain ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est rapporté dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; que : « parmi les journalistes de la presse américaine à Cannes, l’accueil [lors de la première du récent film de Bob et Harvey Weinstein, « Dogme »] était extasié ».  Et pourquoi ne serait-il pas extasié ? Le rôle de Dieu est joué par une chanteuse de rock connue pour ses vidéos nues, le film présente une ouvrière dans une clinique d’avortement qui descend de Jésus, la messe est comparée au mauvais sexe, et un treizième apôtre prétend avoir été ignoré pour être noir. Le réalisateur, Kevin Smith, affirme que ce reproche politiquement correcte contre le « dogme » chrétien orthodoxe est un « billet doux » à la foi et à Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout cet arrogant préjugé antichrétien exemplifie ce que l’historien, Arthur Schlesinger, Jr., a une fois appelé « l’antisémitisme des libéraux ». Comme l’ont observé Flannery O’Connor et Walker Percy, l’élite séculière n’est pas réceptive à l’interprétation chrétienne orthodoxe. Annie Dillard soutient qu’être qualifié de chrétien sonne le glas d’un auteur dans la société séculière de nos jours. Un professeur de la science politique au Princeton, critiquant l’autobiographie de foi de William Buckley, constate que « tout éloquente, émouvante ou intellectuellement sophistiquée que soit la présentation, et quelles que soient la position sociale, les qualifications ou l’idéologie politique du présentateur, rien ne peut hérisser les poils, susciter des soupçons et provoquer des chuchotements parmi l’élite séculière mieux qu’une personne instruite et bien placée qui exprime une profonde foi religieuse sans temporiser ou s’excuser ». [John J. DiIulio, Jr.]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’ils viennent de la soi-disant Contre-culture ou de l’élite culturelle, les sécularistes s’opposent au Christ et aux chrétiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » sont superficiels.  Les autres « évangiles » sont sujets aux réparations rapides, aux raccourcis de satisfaction immédiate et aux solutions superficielles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » populaires de la spiritualité contemporaine ont tendance à être intellectuellement paresseux. Ils offrent « une sensation d’inspiration sans effort intellectuel », comme le dit un critique dans &lt;i&gt;The New Republic&lt;/i&gt;. [Ruth Shalit] Elle affirme qu’ils « ne parlent vraiment pas le langage de la spiritualité. Ils parlent le langage de la télé ».  Zaleski, dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, juge l’inondation de livres au sujet de la ‘spiritualité’ comme étant « marqués par les recherches négligentes, par la théorisation flamboyante et par un penchant pour de dingues formulations ‘new age’ et pour des présentations diluées ou sexualisées de la foi traditionnelle ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les autres « évangiles » sont superficiels au sujet du péché ! En conséquence, non seulement ils ont mal diagnostiqué le problème spirituel le plus profond qu’on ait, mais ne sont pas du tout en mesure de prescrire un remède efficace. « Je suis OK, tu es OK » est un remède pitoyable au vu de toutes les façons dont nous ne sommes pas du tout OK. Et c’est injuste pour les gens dans le vrai besoin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Beaucoup d’autres « évangiles » sont obsédés du sexe. Mais le sexe dont ils rêvent est superficiel. Ce n’est pas la sexualité en profondeur. C’est la philosophie idiote de Monica Lewinsky : « Le sexe est comme la nourriture. On mange parfois le fast-food et la grande cuisine d’autres fois ». Ne pouvons-nous pas mieux faire que les harangues de la droite religieuse et des disciples de la théorie Queer qui promeuvent la promiscuité comme la définition même d’être gay ? Quant au sexe vraiment plus sûr, ose-t-on définir « la réduction de tort » aussi étroitement qu’à présent ? Ne pourrait-on pas également avoir besoin des préservatives cognitives pour le plus grand organe sexuel – la cervelle ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans une lettre dans le magazine LGBT &lt;i&gt;The Advocate&lt;/i&gt;, l’écrivain décrie le fait que les « images des hommes dans leur vingtaine qui sont tous minces, sans poils et bien musclés sans un gramme de graisse sont les seules images de la vie homo ».  Un autre lecteur de &lt;i&gt;The Advocate&lt;/i&gt; le confirme : « Oui, le fitness et le bodybuilding n’existent que pour s’envoyer en l’air. Ça t’étonne ? » Et alors un écrivain au journal LGBT &lt;i&gt;The New York Blade News&lt;/i&gt; pose cette question : « Avec de telles images qui influent nos perceptions de nous-mêmes et notre désir pour hommes, comment nouer des relations vraies qui sont passionnées et honnêtes et qui durent plus qu’une nuit ? » Il se lamente qu’aujourd’hui, « être gay semble porter plus sur le désir de la perfection physique. Comme c’est triste – pour nous tous. Car aucun de cette indulgence de soi épidémique ne peut résulter en liens significatifs durables ». [Lorne Opler] Et bien que beaucoup d’hétéros ne fassent guère mieux, ils peuvent du moins choisir de se marier avec le soutien de la société.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le dernier cri ? C’est le hip-hop. Ses partisans le proclame comme un « mode de vie ».  Rien n’exprime mieux le « mode de vie » hip-hop que le matérialisme. Mais quelque nouveau que soit le hip-hop, son matérialisme est aussi ancien que la culture humaine. Gaylen Byker, président du Calvin College, nous rappelle que « le consumérisme ... a toujours été un problème majeur – vous n’avez qu’à lire les prophètes de l’Ancien Testament ou les paraboles de Jésus ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, James Twitchell proclame maintenant que le shopping est la religion américaine. Il glorifie avec enthousiasme « la rédemption par achat » des trucs. « Le salut par consommation n’est pas une contradiction, c’est une nécessité ».  &lt;i&gt;C’est cela, ouais.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nos besoins sont profonds, mais des solutions s’offrent en spiritualité superficielle, en sexe, en position sociale et en trucs.  Pas étonnant que les gens continuent à se demander pourquoi ils se fâchent et se sentent inquiets et vides !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Contrairement à leurs annonces, le café Starbucks n’est vraiment pas « plus que du café ». Starbucks café ne peut certainement pas être « un mode de vie ». Aucun nom de marque peut soutenir la vie réelle. Tout fort qu’on le commande, le café Starbucks n’est jamais &lt;i&gt;aussi fort que ça&lt;/i&gt;. Aucun des autres « évangiles » ne l’est non plus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les autres « évangiles » du Postmodernisme&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les raccourcis qui sont superficiels, antichrétiens et intéressés, le sexe, la position sociale et les trucs sont d’autres « évangiles » depuis très longtemps. De nos jours, nous affrontons certains « évangiles » alternatifs plus récents. Ceux-ci sont les autres « évangiles » sous la rubrique &lt;i&gt;Postmodernisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le postmodernisme est un mouvement réactionnaire. Il peste contre les excès et les échecs du modernisme, maintenant démodé. Mais il peste aussi contre des assomptions fondamentales de l’ensemble de la civilisation occidentale. Il n’a pas simplement l’intention d’être postmoderne, il a l’intention d’être post-&lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt;-les-autres-ères.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, une critique de la philosophie occidentale avait été due depuis longtemps. Mais il fallait une critique beaucoup plus radicale que celle dont les postmodernistes aient jamais rêvée, beaucoup plus profonde qu’ils l’aient jamais proposée. Et une approche vraiment plus radicale était déjà en cours d’être développée pendant les années 20 par des calvinistes néerlandais à l’Université Libre d’Amsterdam. La leur était une critique radicale de toute pensée théorique. Elle reposait sur ce qu’ils appelait « la découverte de l’origine religieuse de la pensée [qui est] enracinée dans l’autosuffisance [présumée] de la raison humaine ». [cf. Herman Dooyeweerd]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le postmodernisme est la névrose post-traumatique de la foi infondée en rationalisme qu’avait le modernisme. Désillusionnés par la perte d’une telle foi, les postmodernistes jettent le bébé (rationalité) avec l’eau du bain (rationalisme). Le postmodernisme est la gueule de bois du modernisme frénétique. C’est le matin après le scientisme ivre. C’est le cynisme qui a découlé de l’optimisme échoué du Siècle des lumières. Or, cette époque-là a produit John Wesley et Jonathan Edwards, ainsi que Voltaire et Tom Paine – mais elle a dégénéré en arrogance culturelle occidentale, même tout en surmontant une hautaine chrétienté qui ne suivait plus le Plus-Haut.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’intolérance étroite du postmodernisme envers le passé est ce que C.S. Lewis appelait « un snobisme chronologique », la notion sotte que seul ce qui est moderne vaut la peine de savoir. Contrairement à l’arrogance d’un pareil préjugé inextricablement lié à une époque particulière, Chesterton a affirmé croire en « la démocratie des morts ». C’est ce que l’écrivain P.J. O’Rourke appelle « donner le droit de vote aux morts » et ce que le théologien L. Gregory Jones appelle être « en apprentissage chez ceux qui nous ont précédés ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qu’a dit Chesterton sur le modernisme peuvent aussi se dire sur le postmodernisme : « Quiconque est sérieux en décrivant sa foi comme modernisme ferait aussi bien d’inventer une religion appelée &lt;i&gt;lundi-isme&lt;/i&gt;, ce qui veut dire qu’il a foi dans les caprices qui lui sont venus à l’esprit le lundi, ou bien une autre appelée &lt;i&gt;matin-isme&lt;/i&gt;, ce qui veut dire qu’il croit dans les idées qui lui sont venues à l’esprit le matin et pas l’après-midi ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout ce qui est bien n’est pas simplement tombé du ciel après notre réveil ce matin ! Ceux qui pouvaient penser longtemps avant notre arrivée étaient peut-être également capables de bien réfléchir aux choses. Est-il vraiment nécessaire de réinventer la roue après chaque rayon cassé ou pneu crevé ? Peut-être que non. Mais Lewis a une fois écrit que « le processus de la vie semble se composer de la réalisation des vérités qui sont tellement anciennes et simples qui, une fois proférées, ressemblent à des platitudes arides. Elles ne peuvent ressembler à rien d’autre pour ceux qui n’ont pas eu l’expérience pertinente ». Lewis affirme que « c’est pourquoi le vrai enseignement de telles vérités est impossible et chaque génération recommence à zéro ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, bien trop de chrétiens LGBT sont bien trop prêts à renoncer à tirer des leçons de la meilleure sagesse du passé. En échange de l’approbation actuelle par l’Eglise de la théologie LGBT qui est en vogue, il y a une acceptation non critique de certaines prescriptions prétentieuses comme l’appel  de John Shelby Spong pour abandonner les « prétentions prémodernes » du &lt;i&gt;théisme&lt;/i&gt; chrétien ( ! ) et pour adopter le point de vue provincial du postmodernisme de la fin du 20e siècle. Coincés dans notre époque, nous ne voyons pas ce qu’il y avait de valeur dans les métaphores et la vue métaphysique du monde révélées et proclamées « quand est venu l’accomplissement du temps » il y a 2.000 ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le mépris postmoderniste pour les ères précédentes est aussi un mépris pour tout grand contexte ou ce que les postmodernistes qualifient de « métarécit ». Il ne reste que les récits que racontent des individus sur leur autosuffisance, authentifiant censément leurs émotions. Il n’y a pas de Grand Récit. Il n’y a certainement pas de Récit de Dieu. Pourtant, l’assertion de Jean-François Lyotard que le postmoderne est caractérisé par « l’incrédulité à l’égard des métarécits » est elle-même le métarécit du postmodernisme ! On ne peut pas se réfugier dans soi-même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors, examinons juste quatre dogmes interdépendants du postmodernisme qui sont tellement prédominants aujourd’hui dans la culture pop, dans la spiritualité New Age, dans les spiritualités chrétiennes libérales, dans la psychologie pop et dans la Théorie Queer. Ils font partie de l’air du temps qu’il nous faut repousser – comme l’a toujours exhorté Flannery O’Connor – autant qu’il nous repousse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les dogmes du postmodernisme&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;Le Déni de la Certitude et la Vérité Objective&lt;/u&gt;. En février [1999], on m’a invité à assister à un colloque en auditeur (c’est-à-dire, sans commentaire) au siège de la Société Biblique Américaine. Le colloque s’appelait « Apporter les Ecritures vers le futur : la Bible pour les publics de demain ». Il s’est avéré que ce colloque sur la Bible était tout droit sorti d’un cauchemar postmoderniste ! Eh bien, je ne suis plus muselé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la salle de conseil de la Société dont la mission, depuis 1816, a été de disséminer la Bible, et sous le regard des portraits des fondateurs de la Société, qui me semblaient dégoûtés, dix-sept académiciens théologiques et culturels, saturés de jargon postmoderne, ridiculisaient ce qu’ils appelaient « l’arrogance » de la propagation de la Bible et son Evangile centré sur le Christ. Le seul participant venu d’un séminaire évangélique était soit trop poli soit trop intimidé par la majorité pour protester.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bruce Birch, professeur au Wesley Theological Seminary, insistait à de nombreuses reprises que nous sommes tous « à la fin des certitudes établies » ! En conversant pendant la première pause-café, je mentionna à une des autres auditeurs, Maxie Dunnam, président du Asbury Seminary, que je voulais demander à Birch : « En êtes-vous sûr ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, on n’avait pas besoin de postmodernisme pour savoir qu’on ne devrait s’attendre à la certitude intellectuelle absolue sur rien ce qui est vraiment important. Pour Saint Augustin, rien n’était plus important que connaître Dieu. Mais il s’impatienta avec l’insistance stupide sur la certitude absolue dans la connaissance &lt;i&gt;au sujet de&lt;/i&gt; Dieu : « nous parlons de Dieu – vous étonnez-vous de ne pas comprendre ? » Après tout, nous sommes appelés à marcher avec Dieu par la foi, non par la vue. Et, pour tout d’autre ? Nous sommes toujours en train de découvrir notre manque de connaissances. Mais sans vérité objective, nous ne pouvons même pas savoir l’étendue de ce manque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et on n’avait pas besoin de postmodernisme pour savoir que chacun(e) a sa propre interprétation des choses. Mais ce fait-là n’implique pas que tout n’est qu’une question d’opinion. Croire quelque chose comme vrai n’équivaut pas à dire que la vérité est ce qu’on croit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et on n’avait pas besoin de postmodernisme pour apprendre qu’il n’y a pas de faits sans théorie. Certains calvinistes du 20e siècle ont construit toute leur nouvelle analyse critique sur la pierre angulaire d’un présuppositionalisme enraciné dans le cœur et orienté vers la foi. Comme les étudiants d’apologétique de Cornelius Van Til au séminaire de Westminster l’ont maintes fois entendu dire : « Il n’y a pas de faits bruts ; il n’y a que de faits interprétés ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et on n’avait pas besoin de postmodernisme pour apprendre que toute notre connaissance et notre croyance se produisent dans les limites d’un espace et un temps particuliers : ce que nous savons et croyons que nous savons et croyons. Mais la doctrine chrétienne ancienne de la révélation de Dieu venue d’au-delà de l’espace-temps, subjectivement transmise par le Saint-Esprit à l’écrivain ainsi qu’au lecteur des Saintes Ecritures, l’a pris en considération il y a longtemps. En effet, partout dans les Saintes Ecritures, il y a des yeux qui voient, des oreilles qui entendent et des cœurs capables de comprendre seulement par la grâce de Dieu. Notre connaissance est partielle, mais repose dans la vérité. « Ce qui est caché est réservé à l’Eternel notre Dieu. Par contre, nous sommes concernés pour toujours par ce qui a été révélé, par toutes les paroles de cette Loi qu’il nous faut appliquer ». (Deut 29:29)&lt;p&gt;&lt;p&gt;Et on n’avait pas besoin de postmodernisme pour apprendre un « herméneutique de suspicion ». Les calvinistes prémodernes ont élaboré une doctrine de la dépravation totale qui n’a pas exclu la raison humaine de la corruption.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La polémique du postmodernisme n’est cependant pas simplement descriptive ; c’est normative, c’est une idéologie. Le postmodernisme ne promeut pas la subjectivité ; il promeut le subjectivisme – le dogme que le seul critère valide pour la vérité est l’interprétation individuelle. Il est quand même révélateur que les mêmes subjectivistes qui affirment, par exemple qu’il ne nous faut pas être sous l’autorité de la Bible, ni de l’Eglise, ni des prédicateurs, s’efforcent de nous mettre sous &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; autorité morale et de nous convertir à &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; subjectivisme !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aujourd’hui, le subjectivisme confond la vérité avec ce qui est « vrai pour moi ». On dit que la vérité consiste en ce qu’on &lt;i&gt;éprouve&lt;/i&gt;, et il ne faut pas mettre en question ces sentiments. Ne comprenant pas que les sentiments sont les résultats émotifs de ce qu’on pense, que ce soit vrai ou non, on promeut les sentiments au statut de &lt;i&gt;vérité&lt;/i&gt;, avec toute son ancienne influence mais sans son ancienne base. Elles sont vraiment des sentiments, bien sûr. Mais naissent-elles dans la vérité ou dans la fausseté ? Et ce n’est pas simplement le fait que nos sentiments résultent inévitablement de notre interprétation de la vérité. On nous dit que nous avons le « droit » à ces sentiments, ce qui se traduit ainsi : ne contestez pas mes idées sur rien. Par exemple, la psychologie pop maintient que nous avons un « droit » à notre colère, comme preuve qu’on nous a fait mal. Malheur à celui qui suggère que ce soit notre interprétation qui est fausse. Ainsi, tristement, même les sentiments non désirés sont donnés le dernier mot parce que les idées qui évoquent les sentiments ne sont pas permises à être contestées et changées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Revenant au cauchemar qu’était le colloque biblique, les participants ont parlé de leur expérience subjective et individuelle, comme si cela &lt;i&gt;établissait&lt;/i&gt; un genre de vérité ou d’autorité au contraire de l’expérience collective et de l’autorité communale produites à travers 2.000 ans de christianisme, voire de la vérité révélée de la Bible elle-même. Un professeur au Séminaire Théologique d’Union a soutenu que  « commencer avec de ‘l’autorité’ [externe] ne m’a pas servi de rien … ‘l’autorité’ ne m’est pas utile. … ‘l’autorité’ fait violence à mon essence ». [Vincent Wimbush] Ils « déconstruisaient » la Bible sur leur propre autorité ainsi qu’ils faisaient violence au texte en termes qui invalidaient même la base sur laquelle ils essayaient d’exprimer ce qu’ils considéraient comme vrai. Et ils n’y ont rien compris.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Peter Gay, administrateur du Centre des Erudits et Ecrivains au bibliothèque publique de New York,  le déclare : « [je] sympathise avec les athées de la fin du 19e siècle tels que Freud ». Mais il plaide pour la &lt;i&gt;vérité&lt;/i&gt; comme tous professeurs de séminaire chrétiens le devraient faire et certains ne le font pas. « Il vaut certainement la peine de répéter », raisonne-t-il, « que nous devons juger la religion, non sur sa possible utilité sociale, mais sur la valeur de vérité – si elle existe – des propositions qu’elle soutient ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Susan Haack, philosophe à l’université de Miami, indique que « quiconque croit à n’importe quoi, ou pose une question, reconnaît implicitement, même s’il la nie explicitement, que l’existence de la vérité est possible.  La vérité », dit-elle, « n’est pas relative à la perspective ». Haack continue en expliquant : « quoique ce qui est vrai ne soit pas relatif à la perspective, ce qui est accepté comme vérité l’est ». Elle avertit qu’« un argument atroce omniprésent dans le Dédain Plus Haut [sa terme pour l’affectation postmoderniste] confond ce qui est accepté comme vrai, ce qui passe pour la vérité, avec ce qui est vrai ». Dit-elle : « quand clairement énoncée, l’Erreur de Passer-Pour n’est pas seulement non valable, évidemment, mais aussi en danger évident de saper elle-même ; car si, comme déclare la conclusion, les concepts de la vérité, de la preuve et de l’examen honnête sont des absurdités idéologiques, la prémisse ne pourrait donc pas être véritablement vraie, et nous ne pourrions pas avoir d’objectivement bonne preuve, gagnée par examen honnête, qu’elle est vraie ». Haack conclut par un avertissement : « si on ne différencie pas ce qui est vrai et ce qui passe pour vrai, il semblera que la vérité doive être subjective ou relative ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a beaucoup de déguisement de la vérité motivé par l’idéologie de la droite ainsi que de la gauche, bien sûr. Prenez par exemple le journaliste Web d’extrême droite, Matt Drudge. Selon lui, il est plus important d’être le premier publiant un article « intéressant » que de se tracasser avec des « règles snobs » sur l’exactitude de l’article. Juste après la tragédie à l’école Columbine, au Colorado, Drudge a publié deux articles sur son site Web citant un blog d’un soi-disant « motocycliste gay » qui a applaudi les meurtriers comme étant « une bande de nos camarades homosexuels [qui] ont décidé qu’ils en avaient ras le bol ». La formulation maladroite elle-même aurait dû être le premier signe que c’était une fraude anti-gay. Jerry Falwell a continué à partir de là, poussant l’idée sur l’émission « Geraldo Live » que les ados chrétiens à Columbine ont été tués par des homos. Fred Phelps et ses émules sont allés alors au Colorado pour protester devant l’église où se sont déroulés les obsèques. Ils ont porté des pancartes disant : « les pédés les ont tués ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le postmodernisme n’est donc pas la seul idéologie qui déforme la vérité à son goût. Mais c’est le premier à fièrement essayer de breveter le processus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;Le réductionnisme à la politique de pouvoir&lt;/u&gt;. Beaucoup dépend de sa programme politique. Mais les aspects politiques expliquent-ils tout ce que prétendent les postmodernistes ? L’objectivité doit-elle toujours être « patriarcale » et « oppressive » ? Doit-on tout voir en termes de politique de genre, de race, de classe et de sexe ? Quand de hauts gains politiquement corrects sont en jeu, la réponse est oui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un critique littéraire reconnaît que « nous avons tous appris au cours des dernières décennies à être plus à l’écoute de la politique et des programmes politiques. Toutefois », indique-t-il, « quand les postmodernistes déclarent qu’il n’y a qu’une seule » perspective à travers laquelle il faut voir, « cela a des relents de l’essentialisme dogmatique », ce que les postmodernistes eux-mêmes prétendent condamner. [Miola] Leur politisation sévère &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; réductionniste quand tout doit être vu en termes de la &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; de genre, de race, de classe et de sexe.  Par exemple, le nouveau genre de « Cinéma Queer ». Dans sa revue de « Get Real » dont le scénariste était Patrick Wilde, et dont le réalisateur était Simon Shore, un certain critique de films blâme « la confusion de l’idéalisation [de] l’expérimentation et l’émerveillement de jeunesse avec la politique sexuelle, vraisemblablement progressiste ». [Armond White] Il juge la sentimentalité du film « doctrinaire » et maintient que « Wilde et Shore (dans leur ignorance) interprètent mal l’attraction sexuelle des adolescents gays comme impératif politique ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’après un sage critique social écrivant dans l’&lt;i&gt;Atlantic Monthly&lt;/i&gt; : « C’est une simple erreur de logique de commencer avec le fait &lt;i&gt;indiscutable&lt;/i&gt; que tout a un aspect politique et alors d’arriver à la proposition que la politique est toujours l’aspect le plus important ». [Frank Kermode] Il continue en raisonnant que « l’acceptation de la réduction [postmoderniste] de l’histoire à un conflit de puissances de telle sorte que la seule fonction de la critique [postmoderniste] soit de chercher la preuve de l’oppression, dépend également sur une erreur logique. Il est jugé axiomatique que toutes connaissances, puisqu’elles sont socialement construites, n’ont aucune validité objective – quoique les connaissances sur lesquelles cette croyance est fondée soient silencieusement exclues de censure ». Les postmodernistes abordent tout en termes de « la seule chose qui les intéresse, un contenu politique dont la signification est prédéterminée », comme le dit Kermode. C’est de perpétrer ce que John M. Ellis appelle « l’idée fallacieuse du facteur unique » dans son livre, &lt;i&gt;Literature Lost : Social Agendas and the Corruption of the Humanities&lt;/i&gt; (La littérature perdue : les programmes sociales et la corruption des humanités).  Kermode s’aperçoit que ces gens ne font qu’« interpréter l’objet d’étude selon leurs idées préconçues ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;Le Relativisme Morale&lt;/u&gt;. On n’avait pas besoin de postmodernisme pour nous apprendre que les gens ont des opinions différentes sur ce qui est éthique et ce qui ne l’est pas, sur ce qui est bien et ce qui est mal. Mais ce qui est nouveau, c’est l’adoption répandue de ce dogme rationalisant : Il n’y a aucune norme morale objective ; il n’y a pas de bien ni de mal. On prétend que la moralité est simplement une question d’opinion ou de sentiments. Le nouvel impératif moral est : Tout est relatif ! Y compris cette règle-là ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Où que nous tournions, nous rencontrons les nouvelles règles. Elles sont typiquement postmodernistes : catégorie-écrasantes, transgressives et déstabilisantes. Leurs marchants sont Springer, Stern et « South Park ». Selon un professeur d’études de médias au NYU, « le manque de goût est la nouvelle orthodoxie ». [Mark Crispin Miller] Comme le promet une publicité à la télé américaine : « Nous avons chassé les censeurs et bon sang, ça se voit ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles règles sont censées venir du dedans. En fait, elles viennent de l’extérieur – des « fabricants de goût » qui ont fait leur étude de marché sur ce que les gens avaleront. Une annonce pour le grand magasin Neiman-Marcus : « pas de règles ici ». (Sauf, on le suppose, es règles sur le paiement des marchandises.) Une autre annonce pour les salles de gym Crunch : « pas de jugements ». (Mais, qu’est-ce qui propulse la culture physique qui soutient le Crunch ? Les jugements, bien sûr !) Une annonce pour le whisky Johnny Walker : « on ne pénètre pas sans autorisation en dépassant ses propres limites ». Pour le rhum Don Q : « violez toutes les règles ». Une annonce pour « Detroit Rock City » : « dites au revoir aux règles ». L’annonce pour les autos Isuzu dépeint une voiture en train de démolir un panneau publicitaire énorme où est écrit : « Règles ». Comme le promet un jeu vidéo de football : « sans arbitres, sans règles, sans merci ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces items illustrent « la croyance culturelle incontestée » en un faux sens d’autonomie que John F. Kavanaugh, écrivant dans le journal Jésuite &lt;i&gt;America&lt;/i&gt;, appelle « la clé pour comprendre l’esprit de l’Amérique ». Il perçoit que cette croyance « est presque parvenue à régner en maître  », remarquant qu’« en tant que des individus, nous semblons croire que l’autonomie est au fond de nos êtres … que l’autonomie nous donne notre dignité ainsi que notre humanité ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A la différence de tous ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités, le relativisme moral ne peut pas échapper à des règles. Même « pas de règles » est une règle. Et dans une moralité « sans règles », aucune règle n’est plus suprême que « Tu ne porteras pas de jugements ! » Un certain sociologue l’appelle l’onzième commandement américain. [Alan Wolfe] L’anti-jugementalisme est la pierre angulaire du relativisme moral.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une revue dans la presse gay d’un livre d’Andrew Sullivan, &lt;i&gt;Love Undetectable&lt;/i&gt; (L’amour indécelable), proteste contre un certain remarque de Sullivan : « la promiscuité comme mode de vie collectif … [est ] un mensonge tragique ». Le critique lui-même porte des jugements contre Sullivan : son « hyperbole semble provenir d’un taon mesquin … dont les vues sont nourries par ses propres croyances religieuses et morales », et le critique juge que les jugements de Sullivan sont donc « dénués de pertinence » pour d’autres gens. [Otto Coca] Selon sa propre philosophie de juger, ce que dit le critique devient tout aussi « dénué de pertinence » pour d’autres gens. Mais les petit caractères de l’échappatoire de sa règle sont ainsi : Quand je porte des jugements contre les autres, je ne fais que laisser libre cours à mes émotions ; quand les autres portent des jugements contre moi, ils vont trop loin ! Quel truc génial !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais ces convolutions et contradictions sont courantes ces temps-ci. Ceux qui se disent tolérants et ouverts d’esprit, les champions de relativisme moral et d’inclusivisme, sont tout aussi enclins à porter des jugements de valeur et tout aussi exclusivistes et bornés que ceux contre qui ils portent des jugements. Mais ils ne peuvent pas s’en empêcher. « La tolérance absolue est absolument impossible », explique le théoricien politique Leo Strauss. « La soi-disant tolérance absolue se transforme en haine féroce de ceux qui ont nettement et très vigoureusement énoncé qu’il existe des normes immuables » de bien et de mal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parmi les relativistes moraux, l’« onzième commandement » est enfreint à maintes reprises. Mais on présente le « jugementalisme » politiquement correct comme s’il ne portait pas de jugements de valeur. Cela nécessite un usage désordonné de langage, par exemple dans le Web-zine du Planned Parenthood visant les adolescents de plus de 13 ans. Les adolescents sont promis des renseignements « non censurés et impartiaux » sur le sexe. Voilà ce qui est promu en ce qui concerne l’autorité morale : « franchement, une page web ne peut pas décider pour toi si tu es prêt [à avoir des rapports sexuels] ou non ». Après avoir satisfait le Service du contentieux, le site web du Planned Parenthood fait la sourde oreille à sa propre déclaration et essaie de faire ce qu’il prétend ne pas faire. « Ni ton meilleur ami, ni ton petit ami, ni ta petite amie, ni ton parent, ni ton frère, ni ton professeur, ni ton ministre, ni ton conseiller, ni ton rabbin non plus – bien, t’as l’idée ». Oui, bien sûr. Ayant mise chacune de ces relations très différentes précisément au même niveau disqualifié, Planned Parenthood sonne maintenant l’alarme avec son propre conseil : « le seul qui peut savoir quand il est bon temps est toi ». Cool, oui – mais pas tout à fait vrai. Sur quelle base d’autorité l’adolescent devrait-il décider ? Selon ce que dit Planned Parenthood, naturellement. Ainsi l’adolescent n’est vraiment pas permis de décider pour lui-même ou elle-même. Planned Parenthood injecte sa propre autorité comme remplaçant pour l’autorité parentale et pour l’autorité pastorale. Et comme preuve que les relativistes moraux ne sont pas au-dessus de tordre le vocabulaire conventionnel, voici ce qui est promu sur la question de l’&lt;i&gt;abstinence sexuelle&lt;/i&gt; : « Pour faire simple, supposons qu’il y a deux sortes d’abstinence. La première est quand les partenaires prennent part à des activités sexuelles très limitées – peut-être un bisou, mais aucune nudité, aucune caresse, aucun orgasme, rien. C’est la sorte recommandée par tes parents, selon toute probabilité ». Vraiment ? « La seconde sorte [d’abstinence sexuelle] consiste en beaucoup d’activité sexuelle et est plus ouverte aux possibilités … que dirais-tu d’un peu de masturbation mutuelle qui finit en orgasme ? » Et c’est là l’abstinence sexuelle ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà un autre exemple de l’emploi incohérent de termes dans le relativisme moral sur la scène sexuelle urbaine contemporaine. Cette petite annonce dans le &lt;i&gt;Village Voice&lt;/i&gt; a été sous la rubrique Multiples : « On recherche un homme bisexuel/curieux. Couple monogame HF [homme/femme], âgés de 40 ans+, recherche un HB [homme blanc] bien doté, bi-curieux, propre, âgé de 30-50 ans pour RLT [relation à long terme] et temps sensuels ». Va savoir !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;Le pluralisme, l’Inclusivité, la Diversité&lt;/u&gt;. La déni de la certitude, la réduction du tout à une question de privilège politique, et le relativisme moral qui se trouvent dans la société contemporaine finissent par promouvoir la politique d’un pluralisme intransigeant, d’inclusivité et de diversité. Ces trois mantras du postmodernisme constitue une nouvelle trinité canonique. Or, il y a beaucoup à recommander dans les inquiétudes portant sur la division injustifiée. Au mieux, de telles inquiétudes sont des correctifs attendus depuis longtemps pour certains des maux graves du passé. Mais après un examen plus approfondi, le pluralisme du postmodernisme n’est pas vraiment pluraliste, sa diversité n’est pas si diverse que ça, et son inclusivité exclut – avec une ardeur redoublée – quiconque n’est pas d’accord.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Revenant au cauchemar postmoderniste qu’était le colloque biblique, un spécialiste du Nouveau Testament du séminaire de Vanderbilt a posé cette question rhétorique : « Pourquoi disséminer la Bible ? Est-ce parce que ceux qui n’ont pas une Bible manquent de quelque chose ? C’est énormément condescendant … Le pluralisme », a-t-il proféré, « est le mythe définissant » de notre monde postmoderne et « je m’en réjouis ! » Il a prétendu « parler en tant qu’un chrétien » en affirmant que « la Bible n’a pas de solution au 21e siècle », et, au lieu de cela, est « nuisible ». [Fernando Segovia] Puisque le mandat pour la conformité politiquement correcte est, comme l’affirme un certain séculariste, tout aussi « inflexible que n’importe quelle sainte écriture », [Jane Dark] personne n’a contredit cet érudit biblique sur cela. Son collègue de Vanderbilt, parlant d’un point de vue juif, est intervenu d’un ton sarcastique sur la notion de Jésus en tant que Dieu en forme corporelle : « Quelle est la pertinence pour le 21e siècle ? Quel est l’avantage ? » [Amy-Jill Levine] Encore une fois, aucun des participants n’a osé protester.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce postmodernisme provincial, qui se fait des courbettes devant un pluralisme triomphaliste, semble n’avoir aucune conscience de l’histoire. Comme le fait remarquer Alister McGrath, théologien à l’Université d’Oxford : « la proclamation chrétienne a &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; eu lieu dans un monde pluraliste, en compétition avec d’autres convictions religieuses et intellectuelles ». Il remarque que « l’émergence de l’évangile au sein de la matrice du judaïsme, la propagation de l’évangile dans un milieu hellénistique, la première expansion chrétienne à Rome païenne, l’établissement de l’église Mar Thomas dans le sud-est de l’Inde – dans toutes ces situations les apologistes et les théologiens chrétiens, sans mentionner les croyants chrétiens ordinaires, savaient qu’ils avaient plus de choix disponibles que le christianisme. Et ce fait ne les ont pas empêchés pas de prêcher la Bonne Nouvelle ! »  Non seulement dans l’Eglise naissante mais aussi au milieu de l’époque chrétienne, et « pendant plus de trois siècles [1066-1460], les îles Britanniques étaient, à l’exception du royaume normand de Sicile, le territoire le plus considérablement multilingue et multiculturel en Europe occidentale ». [Susan Crane] L’évangélisateur anglo-canadien, Michael Green, remarque : « Je trouve ironique que certains objectent à la proclamation de l’évangile chrétien de nos jours puisque tant d’autres croyances au seuil de notre village mondial jouent des coudes pour attirer l’attention. Quoi de neuf ? La variété de croyances dans l’Antiquité était même plus nombreuse qu’aujourd’hui. Et les premiers chrétiens, faisant des revendications suprêmes à propos de Jésus, affrontaient le problème d’autres croyances dès le début ». Donc, selon William Willimon, aumônier à l’université de Duke : « Démétrius avait raison lorsqu’il a accusé les chrétiens de vouloir priver Artémis de sa majesté ». Malheureusement, ce n’est pas autant le cas pour les chrétiens postmodernistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une collection de quatre-vingt-six extraits des œuvres des universitaires féministes contemporains est intitulée « Feminisms ». Selon les rédacteurs : « l’emploi du pluriel dans le titre reflète la diversité contemporaine de motivation, de méthode et d’expérience parmi les universitaires féministes, ainsi que l’engagement politique du féminisme dans la diversité ». Cependant, un critique pour le &lt;i&gt;Times Literary Supplement&lt;/i&gt; remarque qu’ « il faudrait un connaisseur en postmodernisme pour y trouver de la diversité ». [Louise M. Antony]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les dirigeants GLBT promeuvent une idéologie postmoderne dont le pluralisme, l’inclusivisme et la diversité ont des limites, tout en rejetant certains groupes, tout aussi homos qu’ils le sont, dont les idées montrent la diversité large de la communauté LGBT. Où est « l’inclusivité », « la diversité » ou « le pluralisme » dans les nombreuses tentatives par les dirigeants auto-désignés du mouvement LGBT d’exclure les activistes homos qui sont pro-vie ou républicains ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La plupart des soi-disant inclusivistes ne semblent pas être gênés par &lt;i&gt;certains&lt;/i&gt; types d’exclusivité. Par exemple, il y a un appel accepté voire célébré pour l’exclusivité dans tout ce qui est influencé par les agences de publicité [Madison Avenue] : les marques de designer, les salles de sport branchées, les cartes de crédit chic, les célébrités, les clubs branchés, les belles propriétés. On accepte l’idée des organisations limitées aux gens de couleur, des clubs de cuir (avec des codes vestimentaires stricts), des réunions de lesbiennes où l’on n’accueille pas d’hommes, et ainsi de suite. Ceux qui condamnent le fait que les organisations ouvertement gay sont exclues du défilé de la St-Patrick, de même, excluent les organisations « ex-gays » et des groupes pro-vie LGBT des défilés de la Fierté Gaie. Quelles que soient les raisons employées pour expliquer ces exclusivités et exclusions, un raisonnement en particulier qu’on ne peut pas employer est la notion que l’exclusivité est intrinsèquement mauvaise, et que l’inclusivité est intrinsèquement bonne.  L’inclusivité est dénuée de sens si tout est inclus et rien n’est exclu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Prisme de l’Evangile&lt;/CENTER&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ayant maintenant examiné quelques-uns des problèmes impliqués dans de faux « évangiles », pouvons-nous trouver ces mêmes problèmes abordés dans le vrai Evangile : la Bonne Nouvelle que Dieu était en Christ, réconciliait le monde avec lui-même ? Puisque la Lumière de Dieu brille à travers l’Evangile, répandant un spectre d’Amour radieux qui s’étend sans cesse, et animant de façon inimaginable tout ce qu’elle illumine, on s’attendrait que ces soucis seraient, en effet, dans son étreinte éclatante. Voyons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;L’individualité de l’Evangile&lt;/u&gt;. Le souci pour la conservation de soi qui entraîne les programmes intéressés des autres « évangiles » est abordé dans le souci tendre du vrai Evangile pour « quiconque », pour « le moindre de mes frères », et pour « chaque moineau qui tombe à terre ». Mais dans l’Evangile, on trouve la vraie Vie en perdant sa vie égocentrique ; on trouve son vrai moi en sacrifice de soi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Loi de l’Evangile&lt;/u&gt;. Les efforts pharisaïques des autres « évangiles » pour gagner l’amour de Dieu en le rendant redevable envers nous ont abouti à notre enchevêtrement dans des listes de règles sans fin et dans des sentiments de culpabilité sans fin. Ces légalismes n’étaient jamais vraiment effectifs. Ils n’ont traité que les symptômes. Seul l’Evangile accède au cœur du problème : Dieu en Christ, nous aimant tellement que nous répondons à son amour en aimant notre prochain. Paul a écrit aux Galates et aux Philippiens que nous les chrétiens accomplissons la loi du Christ en portant les fardeaux des autres. [Gal 6:2 ; Phil 2:4] La loi de l’Evangile est l’Amour.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Vérité de l’Evangile&lt;/u&gt;. La Vérité de l’Evangile est une Personne avant qu’elle ne soit notre vérité personnelle, propositionnelle ou pratique. En répondant à une question au sujet de la « vérité », George MacDonald a professé de « n’avoir entraperçu que ses vêtements blancs, c’est-à-dire, ceux de la vérité abstraite dont vous parlez. Mais j’ai vu ce qui est éternellement au-delà d’elle : l’idéal dans la vérité vraie et vivante, non pas la vérité à laquelle je puisse &lt;i&gt;penser&lt;/i&gt;, mais la vérité qui s’imagine, qui m’imagine, que Dieu a imaginée, oui, que Dieu est, la vérité &lt;i&gt;étant&lt;/i&gt; loyale envers elle-même, Dieu, et l’humanité – le Christ Jésus, mon Seigneur, qui connaît, ressent et accomplit la vérité. Je l’ai vue, et j’en suis à la fois content et insatisfait. Car dans lui sont cachés tous les trésors de sagesse et de connaissance ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Néanmoins, les chrétiens croient qu’un sens de la réalité qui est suffisamment vrai est fourni comme révélation générale et spéciale qui provient d’au-delà des contingences de la réalité créée. Une telle vérité est le don de la Vérité – à être découverte, reçue et réalisée, mais ni inventée ni épuisée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On n’invente pas la Vérité de l’Evangile ; on ne peut pas l’échafauder. La Vérité de l’Evangile se dévoile Elle-même. C’est pourquoi, comme le dit Chesterton, « la vérité … doit nécessairement être plus étrange que la fiction, car nous avons façonné la fiction pour l’adapter à nos envies ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Certitude de l’Evangile&lt;/u&gt;. Il ne peut y avoir aucune certitude qui se confirme dans toutes les limitations de la réalité dérivée. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir aucune certitude. Le cœur peut croire à partir de, grâce à, et envers la révélation de Dieu au lieu de mettre ses espoirs dans ses propres suppositions délimitées et désorientées. Comme le dit Wittgenstein : « si je veux être VRAIMENT sauvé, ce dont j’aurais besoin est &lt;i&gt;la certitude&lt;/i&gt; – non pas la sagesse, les rêves ou la spéculation – et cette certitude est la foi. Et la foi est la confiance dans ce dont mon &lt;i&gt;cœur&lt;/i&gt; et mon &lt;i&gt;âme&lt;/i&gt; ont besoin, … Ainsi, cela peut se produire seulement si vous ne reposez plus votre poids sur la terre, mais plutôt si vous vous suspendez au ciel ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un mot évangélique de prudence : « La moindre suggestion que le langage chrétien parle avec infaillibilité serait le premier symptôme de sa morbidité [dans un monde postmoderniste]. Nous [les chrétiens] ne battons pas en retraite quand le postmodernisme réduit toutes les connaissances à l’ironie (qui peut être aussi arrogante que le positivisme à son pire). Les racines de la vraie humilité se trouvent dans les Saintes Ecritures, et nous les ‘prémodernes’ devrions continuellement nous souvenir de ce fait biblique patent. Il nous faut nous souvenir non seulement que nos connaissances sont limitées et nous limitent, mais que même le peu que nous avons cessera bientôt (1 Cor 13:8-10). L’humilité épistémique dérive de la reconnaissance non seulement de notre nature créée mais aussi des ‘effets noétiques du péché’, notre propre dissolution de l’ordre édénique. Ces deux faits qui donnent à réfléchir nous attrapent par la peau épistémique du cou ». [Jonathan Tucker Boyd]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Puissance de l’Evangile&lt;/u&gt;. Jésus a promis à ses disciples qu’ils allaient recevoir la puissance du Saint-Esprit de Dieu afin d’être ses témoins – de Jérusalem à « toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde ». [Actes 1:8] Mais l’occasion de témoigner s’est avérée être la persécution religieuse à Jérusalem, quand les témoins ont dû quitter la ville. Et en le faisant, ils sont allés « dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde ». [Actes 6ff] La puissance de l’Evangile a atteint son but par et malgré la persécution voire la martyre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La puissance de l’Evangile est, comme l’indique Paul, « la puissance de Dieu ». [1 Cor 1:18] La puissance de cet Evangile ne ressemble pas à quelque chose qui ne fait que se faire passer pour la puissance – que ce soit personnelle, socio-économique, militaire ou n’importe quoi. Dieu a plutôt choisi ce qui est faible et humble. [1 Cor 1:27] Dieu n’est obligé ni vers le système de valeurs ni vers les habitudes de ce monde. Dieu a humilié l’orgueil des puissances de ce monde par l’humilité de la Puissance de Sa Parole.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Relativité de l’Evangile&lt;/u&gt;. Albert Einstein a été horrifié en entendant que certains utilisaient ses théories de relativité en physique pour leur plaidoirie spéciale en faveur du relativisme en éthique et en moralité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est vrai néanmoins qu’une certaine relativité dans l’Evangile nourrit la moralité chrétienne. La façon dont les chrétiens plus forts exercent leur liberté en Jésus-Christ dans leurs relations avec des chrétiens plus conservateurs doit prendre en considération, avec tendresse, l’effet sur ces chrétiens plus faibles, comme le soutient Paul. [Rom 14:14, cf. Mc 7:15,19] Les chrétiens qui sont en accord avec Paul (qui suit Jésus) que rien n’est impur en soi, doivent pourtant être conscients que beaucoup d’autres chrétiens ont des difficultés avec une telle liberté. Donc, « seulement quand la liberté est la liberté de s'en priver, et non seulement d’apprécier tout ce que Dieu le créateur fournit, est-elle la liberté de l’Esprit du Christ ». [Dunn]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Tolérance de l’Evangile&lt;/u&gt;. Dès le temps du compromis du Conseil de Jérusalem sur l’inclusion des Gentils, certains chrétiens ont vu le besoin d’être tolérant envers ceux en désaccord avec eux sur les questions d’&lt;i&gt;opinion&lt;/i&gt;, comme l’appelait Paul. Ils se sont mis d’accord sur leur désaccord. Au deuxième siècle, Justin Martyre a expliqué à Trypho le juif que « moi et un grand nombre d’autres, nous sommes de cette opinion [sur des espérances millénaires] tandis que beaucoup de ceux qui appartiennent à la foi pure et pieuse, et qui sont des chrétiens véritables, pensent autrement ». Dans &lt;i&gt;A Catholic Spirit&lt;/i&gt; (Un esprit catholique), John Wesley l’a demandé à d’autres chrétiens : « bien que nous ne puissions pas penser de la même façon, ne pouvons-nous pas aimer de la même façon ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quoique Paul n’ait permis aucun compromis sur la question cruciale de la grâce gratuite en Christ, la grâce gratuite elle-même nous libère tout addendum qui soit prétendument requis. Cet homme, qui a été appelé « le plus libéral et émancipé parmi les chrétiens du premier siècle », [Bruce] a dit aux Galates que « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis ». (Gal 5:1) Cependant il a mis en garde de ne pas utiliser cette liberté pour se faire plaisir, ce qui asservirait encore une fois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Diversité de l’Evangile&lt;/u&gt;. Paul a affirmé qu’il s’était fait « &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; à &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt;, afin d’en conduire au moins quelques-uns au salut par &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les moyens ». (1 Cor 9:22) Et &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; cela a été pour l’Evangile. (1 Cor 9:23) La diversité de l’Evangile est « tout à tous … par tous les moyens » pour un seul but.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Os Guinness, érudit avec le Trinity Forum évangélique, constate que l’une des « deux conditions de la pensée chrétienne qui s’opposent à toute forme d’uniformité [est] l’importance de la diversité ». Comme il l’indique : « nous devons tous penser d’une façon chrétienne, mais c’est pourquoi nous ne devons pas penser de la même façon. … La diversité plutôt que l’uniformité est une conséquence directe de la liberté chrétienne ainsi que de la faillibilité chrétienne ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La diversité de l’Evangile se montre dans le Corps du Christ. [1 Cor 12:4-12] Ici on trouve une large diversité d’expérience, de besoins, d’intérêts, de styles, de dons et de capacités.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans leur introduction d’un livre sur « la tradition évangélique », deux Evangéliques très conservateurs déclarent catégoriquement : « aucune tradition évangélique unique n’existe ». [D.G. Hart et Albert Mohler, Jr.] Les dirigeants évangéliques, l’un Presbytérien orthodoxe et l’autre Baptiste sudiste, expliquent que « les Evangéliques sont des héritiers d’une variété de traditions ethniques et confessionnelles ». Selon un autre théologien évangélique : « il y a de nombreux types d’Evangéliques : certains encore profondément marqués par les qualités du Siècle de lumières ; d’autres d’un style réformé-confessionnel, puritain-historique ou romantique ; certains exprimant la conscience historique des mouvements du 19e siècle ; et encore d’autres articulant l’évangile dans une gamme ahurissante des modes du 20e siècle, que ce soit le processus, la libération, le féminisme ou le charismatisme, sans parler du nombre grandissant de variétés de théologie surgissant au-delà de l’Occident développé ». [John G. Stackhouse, Jr.]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Timothy George, historien de l’Eglise, remarque qu’à un congrès à Manila il y a dix ans, « 4.000 délégués évangéliques se sont assemblés ... venus de 173 pays ». Il indique que ce nombre représente plus de pays que l’ONU. « Nous [les évangéliques] ne prétendons pas être les seuls chrétiens véritables », dit-il, « mais nous nous reconnaissons les uns dans les autres une confiance vivante et personnelle en Jésus le Seigneur, et c’est là la base de notre fraternité en dépit de tant de divisions ethniques, culturelles, nationales et confessionnelles ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La diversité d’Evangéliques découle du fait que l’Evangile n’est pas lié à une seule société, une seule culture, un seul sexe, un seul personnalité, un seul tempérament, un seul niveau socio-économique ou éducationnel, un seul style ni une seule orientation sexuelle. L’Evangile transcende tout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;L’Inclusivité de l’Evangile&lt;/u&gt;. « Dieu a tant aimé le monde » est l’inclusivité de l’Evangile. [Jean 3:16]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le calviniste anglais du 18e siècle qui a écrit l’hymne, « Roc Séculaire » a également écrit : « Le but de Dieu n’est pas limité aux [gens] d’un certain pays, d’une certaine époque ou d’une certaine confession religieuse. Assurément, il y a des juifs élus, des Musulmans élus et des païens élus. Bref, un nombre illimité de personnes que Christ a racheté pour Dieu, par son sang, dans tous tribus, langues, peuples et nations ». [Augustus Montague Toplady] Toplady croyait que même les animaux seraient sauvés !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Son confrère évangélique anglican, le poète William Cowper, a écrit beaucoup d’hymnes pour l’hymnaire Olney de John Newton, y compris « Il y a une fontaine remplie de sang ». Il a aussi composé ces lignes : « la vertu est-elle alors, sinon la croissance chrétienne, / juste une erreur, ou une folie, ou les deux ? / Dix mille sages perdus en souffrance sans cesse / à cause de l’ignorance de ce qu’ils ne pouvaient pas savoir ? / Ces paroles trahissent aussitôt le langage d’un bigot / N’accusez pas un dieu d’un tel mal grotesque ». Alors Cowper a conclu par la base de son espérance fidèle : « pourtant, en vertu de l’appel d’un Sauveur, / aveugle non par hasard, mais destiné à ne pas voir, / leur force morale et leur sagesse étaient la flamme / céleste, quoiqu’ils ne connaissaient pas d’où elle est venue, / dérivée de la même source de lumière et de grâce / qui guide le chrétien dans sa course plus rapide ; / leur juge était conscience, et sa règle leur loi ; / si hésitante, faible et lente que soit la manière, elle les a conduits, de ce qu’elles connaissaient envers ce qu’elles désiraient savoir ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un jour alors que John Wesley, contemporain de Toplady et de Cowper, faisait une promenade en carrosse, il a réfléchi sur la révélation divine à l’apôtre Pierre sur l’inclusivité de l’Evangile. Wesley a enregistré le suivant dans son Journal pour le jour : « N’est-il pas grand temps de retourner aux paroles claires [des Actes 10:35], ‘celui qui le craint et qui pratique la justice lui est acceptable’ ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’on a questionné D.L. Moody, évangélisateur américain exceptionnel du 19e siècle, sur la destinée éternelle de l’agnostique le plus infâme de son temps, Moody a répondu : « Je ne sais pas. Nous ne sommes pas juges. C’est pour Dieu seul à juger ». Les collègues de Moody sont allés plus loin. On a questionné C.I. Scofield, rédacteur de la populaire Scofield Reference Bible, sur la destinée éternelle de ceux qui meurent sans avoir jamais entendu l’Evangile. Il répondit que s’ils suivront n’importe quelle lumière que Dieu leur donne, « ils trouveront le chemin à Dieu ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le premier rédacteur de la Bible Scofield a été A.T. Pierson, successeur de Charles H. Spurgeon au Tabernacle Métropolitain à Londres. Pierson a contribué à &lt;i&gt;The Fundamentals&lt;/i&gt; (Les fondements), la série doctrinale qui a donné son nom au Fondamentalisme. Voici ce que Pierson a écrit dans &lt;i&gt;The Crisis of Mission&lt;/i&gt; (La crise de mission) en 1886 : « s’il existe n’importe où un âme cherchant Dieu à tâtons, suivant la lumière de nature et de conscience, dans l’espérance et la foi que le Grand Inconnu va lui donner, d’une manière ou d’une autre, plus de lumière, ce qui aboutira à la vie et à un état bienheureux, l’on peut le laisser sûrement à Son souci paternel ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sir Norman Anderson, spécialiste en loi islamique et dirigeant de longue durée dans l’InterVarsity Christian Fellowship, a écrit un livre sur le christianisme et les religions mondiales de nos jours. Il a argumenté que, tout comme à l’époque de l’Ancien Testament, on est sauvé aujourd’hui par la grâce inclusive de Dieu, même en dehors de toute confession chrétienne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Etant donné la longue histoire de l’appui évangélique pour une vaste inclusivité dans la doctrine chrétienne du salut, comment est-ce que tant de gens, au sein des cercles chrétiens ainsi que dehors, continuent à oublier l’immensité de la miséricorde de Dieu ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a une autre inclusivité qui se rapporte à l’Evangile. Elle s’exprime dans ces mots surprenants du théologien qui était autrefois le premier ministre des Pays-Bas : « il n’y a pas un pouce carré dans le domaine entier de notre expérience humaine pour lequel Christ, Souverain au-dessus de tout, ne crie pas, ‘C’est le mien !’ » [Abraham Kuyper] Un mode de vie centré sur l’Evangile touche notre vie entière. Après tout, l’Evangile avait été résumé par aimer Dieu de tout ce que nous sommes et avons, non ? En parlant à nous les chrétiens, Paul nous exhorta à « faire prisonnière toute pensée pour l’amener à obéir au Christ ». [2 Cor 10:5] Même Hitler savait que l’Evangile du Christ exige notre maximum. Hitler déclara qu’on est soit nazi soit chrétien, mais qu’il est impossible d’être les deux à la fois. Chacun exige tout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a encore une autre inclusivité de l’Evangile – l’Eglise en tant qu’assemblée, en tant que famille – et une famille dysfonctionnelle en plus. Il y a d’autres chrétiens à part moi. Tout ne tourne pas autour de moi. Il y a un vieux dicton évangélique qui dit que Christ serait allé à la croix pour vous, même si vous étiez le seul pécheur dans le monde. Oui. (« Mais tu ne l’es pas, Blanche, tu ne l’es pas ! » – une réplique de Bette Davis dans le film &lt;i&gt;Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?&lt;/i&gt;) Mais vous n’êtes pas le seul pécheur et vous n’êtes pas le seul pécheur &lt;i&gt;sauvé&lt;/i&gt;. Les descendants de la foi sont, comme Dieu l’a promis à Abraham, « aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable au bord de mer » ! [Gen 22:17]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a une inclusivité de l’Evangile qui surpasse même cela. Ce n’est pas tout simplement que les enfants de l’Alliance seront « aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable au bord de mer ». C’est que les étoiles, les cieux, les sables et les bords de mer sont eux-mêmes inclus dans la Rédemption. Paul écrit que « la création tout entière est unie [avec nous] dans un profond gémissement » en prévision de rédemption. [Rom 8:22] A chaque fois que je vois l’annonce publicitaire d’ITT à la télé avec toutes les poissons et d’autres créatures de la mer chantant l’Alléluia d’Handel, j’y réfléchis. S’ils peuvent ainsi chanter parce qu’ITT a nettoyé les lacs et les fleuves, que feront-ils lorsque, comme le dit Charles Spurgeon, « les rachetés seront le tout du monde ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;Le Jugement de l’Evangile&lt;/u&gt;. L’inclusivité de l’Evangile nécessite le discernement à titre rectificatif. Paul appelle cela « mettre les esprits à l’épreuve » pour déterminer s’ils viennent de Dieu ou non. Donc, il n’y a aucune Bonne Nouvelle d’inclusivité qui ne se réconcilie pas avec la Bonne Nouvelle de discernement. Mais le jugement de l’Evangile n’est jamais simplement une note négative, comme le sont les reproches constants des juges égocentriques qui ne connaissent pas ou oublient la profonde miséricorde que Dieu leur montre. Quand le discernement de l’Evangile doit, nécessairement, sonner une note négative, c’est une nécessité en route vers un crescendo de miséricorde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;La Pluralité de l’Evangile&lt;/u&gt;. Jean Paul II a été affligé par le fait qu’« une pluralité légitime de positions a cédé à un pluralisme indifférencié, basé sur l’assomption que toutes positions sont aussi valables les unes que les autres ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a une pluralité de personnel et une pluralité d’approches dans le ministère de l’Evangile. Depuis que Jésus a raisonné avec ses disciples que « celui qui n’est pas contre [Jésus] est pour nous », (Mc 9:40) les disciples de Jésus ne devraient pas penser que tous les autres disciples de Jésus sont &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; illégitimes. Les « exclus » peuvent être &lt;i&gt;en Christ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai une lettre signée par John Wesley, qui l’a écrite à une amie, Nancy Ford, en 1769. Perplexe sur certains prédications d’un prêtre anglican calviniste, William Romaine, elle avait contacté Wesley, un prêtre anglican arminien. Elle voulait quelque clarification sur des questions soulevées par Romaine. Dans sa réponse, Wesley en discutait longuement pour montrer que Romaine ne savait rien sur le sujet en question. Il écrit que Romaine trouve dans le texte hébreu ce qui n’était simplement pas là. Alors, vers la fin de la lettre, Wesley dit : « je n’ai pas le temps » d’en dire davantage, sauf pour ajouter que « je n’ai aucun droit à prescrire. Satisfaites vous-même et vous satisferez, ma chère Nancy, votre frère affectueux, J. Wesley ». C’est dans la bonne tradition du pluralisme évangélique. Dans les vieux mots répétés par l’historien anglais et méthodiste, Sir Herbert Butterfield : « Tenez bien le Christ, et quant au reste, soyez tout à fait non engagé ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;L’Histoire de l’Evangile&lt;/u&gt;. Par contraste à nos propres histoires qui sont superficielles, inconsidérées et intéressées – histoires des individus et des groupes d’identité – l’histoire de l’Evangile est l’histoire de nous tous et de Dieu. Elle provient de la profondeur du Cœur de Dieu pour habiter la profondeur de nos propres cœurs. Elle transcende et transforme tout notre gribouillage. L’histoire de l’Evangile est la Parole de Dieu contre la nôtre – pour notre bien – en Christ. Elle fait partie des « œuvres complètes » de Dieu, une réécriture de nos cris de désespoir, les transformant en des histoires vraies de Rédemption vraie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les postmodernistes rejettent toutes histoires à grande échelle et tous métarécits, les qualifiant de jeux de pouvoir – à l’exception, bien sûr, du métarécit de leur déclaration. Mais comme l’explique N.T. Wright, spécialiste du Nouveau Testament à Oxbridge : « le métarécit biblique s’offre comme la seule histoire qui résiste la déconstruction. » Il nous rappelle que « du début à la fin, le métarécit biblique parle d’un Dieu qui n’avait pas besoin de créer, mais l’a fait par amour débordant et par générosité. Il s’agit d’un Dieu qui n’avait pas besoin de racheter et de recréer, mais l’a fait comme le plus grand acte possible d’amour sacrificiel. Le problème », l’indique Wright, est « que la manière dont nous avons remanié ce récit l’a transformé en notre propre course au pouvoir. Mais le métarécit biblique, ce n’est pas un récit de contrôle, c’est un récit de sacrifice. Ce n’est pas un jeu de pouvoir, c’est une preuve du pouvoir d’amour ». L’histoire de l’Evangile, indique-t-il, « conteste toutes les autres histoires à grande échelle sur Dieu, sur l’univers et sur la race humaine. Mais elle les conteste non comme course au pouvoir pour éclipser l’autre histoire, mais plutôt comme subversion de toutes courses au pouvoir par l’amour sacrificiel du créateur Dieu ». Et, oui, l’histoire de l’Evangile fait la même chose avec toutes nos histoires individuelles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;CENTER&gt;Quelle folie choisissez-vous ?&lt;/CENTER&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;En tant que chrétiens évangéliques gays et lesbiens, nous n’avons aucun choix sinon celui d’être insensé ou de le paraître.  La question est : quelle folie choisissez-vous ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre folie est-elle comme celle des Galates insensés ? Est-ce que nous, nous aussi, ajoutons d’autres « évangiles » de sorte qu’en réalité nous renions le vrai Evangile ? Est-ce que nous nous définissons par l’Evangile de la grâce de Dieu et la paix en Christ Jésus ou plutôt par les « évangiles » antichrétiens des légalismes superficiels et intéressés – que ce soient chez les Evangéliques ou chez les théoriciens Queer ? Notre identité reste-elle dans notre Sauveur ou dans notre sexe ? Sommes-nous appelés au sacrifice de soi ou au sacrifice de nos êtres sexuels ? Savons-nous, avec Philippe, Paul, Pierre et l’Evangile sans Loi, que personne n’est « impur » ni interdit seulement en raison de son statut social, racial ou sexuel ? Pour nous, l’arc-en-ciel est-il plus un symbole des programmes LGBT qu’un rappel de la promesse de miséricorde envoyé par notre Dieu, celui qui respecte ses Alliances ? Le triangle est-il plus important pour nous comme symbole rose d’identité LGBT ou comme symbole de notre Dieu Trin ? Est-ce que nous nous intéressons plus à partager nos propres histoires qu’à partager « la plus grande histoire jamais racontée » ? En d’autres mots, notre folie est-elle comme celle des Galates ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ou bien – notre folie est-elle comme la « folie » de Paul, ayant foi en la « folie » de Dieu ? Paul a admis qu’il avait été pris pour un insensé par les Corinthiens qu’il a qualifiés sarcastiquement de « sages ». [2 Cor 11:19] Il jouait avec leur caricature de lui comme n’étant pas à la hauteur. Bien sûr, Paul n’était pas conforme à leurs normes. Son Evangile n’était pas concocté à partir d’une étude de marché de manière à flatter les oreilles. Ce n’était pas une projection de vœux pieux. Ce n’était pas une construction de l’establishment religieux. Ce n’était pas l’intronisation de thèmes populaires du pluralisme au premier siècle. C’était la proclamation peu conventionnelle d’un Christ crucifié puis ressuscité des morts – pierre d’achoppement pour les légalistes religieux et absurdité pour ceux rejetant toute autorité religieuse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme il l’a écrit une fois aux Corinthiens : « Dieu n’a-t-il pas changé en folie la sagesse du monde [en exerçant sa souveraineté et choisissant] de sauver ceux qui croient, par un message qui paraît annoncer une folie ? » [cf. 1 Cor 1:20f] Paul a reconnu que « la prédication de la mort du Christ sur une croix est une folie aux yeux de ceux qui s’identifient aux valeurs de ce monde qui se perde ». [1 Cor 1:18] Il s’est rendu compte que sa prédication d’un Christ mis en croix a été « scandale pour les Juifs et absurdité pour les Grecs, mais pour tous ceux que Dieu a appelés, qu’il soient Juifs ou Grecs, ce Christ que nous prêchons [manifestait] la puissance et la sagesse de Dieu ». [1 Cor 1:21ff] Il savait bien que cette « ‘folie’ de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, cette ‘faiblesse’ de Dieu est plus forte que la force des hommes ». [1 Cor 1:25] Il a même appelé les disciples véritables, « ‘fous’ à cause du Christ ». Il est ironique, bien sûr – être « ‘fou’ à cause du Christ » n’est pas du tout fou !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment devrions-nous comprendre qui nous sommes ? Est-ce qu’Evangelicals Concerned identifie comme étant un groupe de chrétiens évangéliques qui sont homos, ou comme étant un groupe d’homos qui ont été élevés dans le christianisme évangélique ? Nos réunions, intervenants, publications, ressources et sites Web, ne font-ils que refléter les priorités du mouvement LGBT, ou proclament-ils la folie de l’Evangile : que Dieu était en Christ réconciliant le monde avec lui-même ? C’est un thème qui est impopulaire auprès des homos sécularistes et auprès des Evangéliques. Ainsi donc, les homos chrétiens sont impopulaires auprès des deux groupes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Henri Nouwen prévient que « la base de la communauté chrétienne n’est ni les liens familiaux, ni l’égalité sociale ou économique, ni l’oppression partagée, ni l’attirance réciproque ». Comme l’a dit Bonhoeffer : « Nous nous avons l’un l’autre par le Christ seul, mais par Lui nous nous avons en effet l’un l’autre complètement et pour l’éternité ». Nous ne nous choisissons pas l’un l’autre.  Nous ne choisissons même pas Dieu. Mais Dieu nous a choisis tous en Christ avant la fondation du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant ces instants rares lorsque nous pouvons entrapercevoir qui est Celui qui nous aime tous tellement – le Dieu de tous les univers, le Créateur du temps et de l’espace, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ – nous savons alors sans aucun doute que « nos mains tremblantes ne t’offrent rien ; ta croix sanglante est notre seul bien ». [Toplady] &lt;i&gt;Nous ne pouvons rien faire que plaider une folie ou une autre&lt;/i&gt;. Nous pouvons plaider la folie fatale d’identité ecclésiastique, d’identité politique, d’identité idéologique, d’identité raciale, d’identité culturelle et d’identité LGBT, ou nous pouvons plaider la « folie » émancipatrice d’un Christ crucifié, la Sagesse et la Puissance de Dieu, et Lui par qui toutes autres identités sont amenées à la soumission et sanctifiées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;CENTER&gt;©1999 Dr. Ralph Blair. Tous droits réservés&lt;br&gt;(&lt;i&gt;Traduction : F.W.&lt;/i&gt;)&lt;/CENTER&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-2880105568485615059?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/2880105568485615059/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=2880105568485615059' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2880105568485615059'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2880105568485615059'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/06/une-folie-ou-une-autre.html' title='Une folie ou une autre'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-4820970852754883480</id><published>2011-06-25T11:31:00.007-04:00</published><updated>2011-06-30T17:33:47.111-04:00</updated><title type='text'>Incroyable !!!</title><content type='html'>&lt;p&gt;La nuit dernière a bien été une nuit pour célébrer !!!  Le sénat new-yorkais a adopté la loi qui légalise le mariage de même sexe, et le gouverneur Cuomo l'a signée.  Dans 30 jours, nous les homos pourrons nous marier en New York !!&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Des milliers de gens ont célébré toute la nuit dans les rues autour du Stonewall Inn, où la lutte pour les droits des LGBT a commencé il y a 32 ans.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/?action=view&amp;amp;current=Stonewallcelebration20110624.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/Stonewallcelebration20110624.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;On prie que ce soit simplement une question de temps avant que l'Eglise ne change sa position sur l'homosexualité aussi.&lt;/P&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-4820970852754883480?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/4820970852754883480/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=4820970852754883480' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/4820970852754883480'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/4820970852754883480'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/06/incroyable.html' title='Incroyable !!!'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-2955829237204956700</id><published>2011-06-18T11:50:00.017-04:00</published><updated>2011-10-04T11:59:09.498-04:00</updated><title type='text'>ConnECtion 2011 (3-5 juin 2011)</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0499-1.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0499-1.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Je suis allé à la conférence annuelle d'Evangelicals Concerned (ConnECtion2011) il y a deux semaines.  Le lieu de rencontre, Kirkridge Retreat Center, est situé dans les montagnes de l’est de la Pennsylvanie.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0488-1.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0488-1.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/P&gt;Quelle bénédiction que cette retraite !  Je suis aux anges !!  Le Seigneur y était vraiment présent!!  L'esprit du week-end entier a fait preuve de l'amour transformant du Saint-Esprit.  Il y avait trois conférenciers, dont deux, Ling Lam et Jenny Morgan, ont témoigné de leur parcours en Christ, de leurs expériences au sein du mouvement "ex-gay" et de leurs coming-out en tant que chrétiens homos. C'était bien émouvant, marrant et inspirant.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0528.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0528.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0505.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0505.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Après chaque présentation, les discussions étaient fort animées, et certains de mes vieux amis m'ont bien surpris en s'ouvrant à nous, révélant leurs parcours personnels en Christ ou leurs doutes sur leur foi.  En tant que chrétien gay, j'ai trouvée ça touchant et édifiant.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0554-1.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0554-1.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Le Dr Blair a parlé le samedi matin. Son exposé a centré sur les 14e et 15e chapitres de l'Epître de Paul aux Romains et sur notre comportement les uns envers les autres, surtout comme chrétiens homos. C'était très profond et a provoqué beaucoup de discussions. Et après, il a animé une séance de questions-réponses très animée et marrante !&lt;/P&gt;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;a href="http://s878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/?action=view&amp;amp;current=IMGP0520.jpg" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/IMGP0520.jpg" border="0" alt="Photobucket"&gt;&lt;/a&gt;&lt;P&gt;Je n'ai pas encore traduit l'exposé du Dr Blair, mais je promets de le faire et de le publier ici le plus tôt possible.&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Votre frère en Christ,&lt;/P&gt;&lt;P&gt;Fred&lt;/P&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-2955829237204956700?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/2955829237204956700/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=2955829237204956700' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2955829237204956700'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2955829237204956700'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/06/connection-2011-3-5-juin-2011_18.html' title='ConnECtion 2011 (3-5 juin 2011)'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://i878.photobucket.com/albums/ab345/fredness_album/ConnECtion%202011/th_IMGP0499-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-8998596154156776637</id><published>2011-05-23T14:14:00.034-04:00</published><updated>2011-06-01T19:38:19.124-04:00</updated><title type='text'>Libérés pour la liberté</title><content type='html'>&lt;p align="center"&gt;Discours d’ouverture donné en été 2010&lt;br&gt;aux conférences d’Evangelicals Concerned&lt;br&gt;&lt;i&gt;par Ralph Blair&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un artiste graffiteur met sa griffe sur des poubelles : « Deviens ton rêve ». Le web magazine &lt;i&gt;Salon&lt;/i&gt; s’extasie : Lui, c’est « l’artiste de rue le plus vénéré ». Et ceux qui savent qu’ils n’ont pas les moyens de payer les prix exorbitants de Christie’s pour ses trucs croient quand même pouvoir se permettre de gober sa recette du pouvoir pseudo-psychologique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Deviens ton rêve ». Il conseille à ceux qui s’estiment &lt;i&gt;inférieurs&lt;/i&gt; à leur idéal d’imaginer une version idéale d’eux-mêmes basée sur la version &lt;i&gt;imparfaite&lt;/i&gt; à laquelle ils veulent échapper. « Donc, si &lt;i&gt;je m’estime médiocre&lt;/i&gt;, plutôt &lt;i&gt;ennuyeux&lt;/i&gt;, je peux me transformer &lt;i&gt;moi-même&lt;/i&gt; en quelque chose de &lt;i&gt;formidable&lt;/i&gt; et de vraiment &lt;i&gt;grandiose&lt;/i&gt; ? » Tu rêves, mon pote.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je n’ai rien contre les stimulations aléatoires du réseau de neurones pendant le sommeil, ni les intentions affectueuses ni les visions pour le bien d’autrui. Je critique les fantasmes égocentriques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’ailleurs, nous avons tous changé d’avis sur une rêverie ou deux, non ? Et quant au rêve d’enfance d’être pompier ou aux prières pour être ‘&lt;i&gt;ex&lt;/i&gt;-gay’ ? Avez-vous jamais dit : « Si je savais &lt;i&gt;alors&lt;/i&gt; ce que je sais &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; » ? Mais vous adhérez à ce que vous pensez savoir &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; tout comme vous adhériez à ce que vous pensiez savoir &lt;i&gt;autrefois&lt;/i&gt;. Eh bien, &lt;i&gt;il se dit&lt;/i&gt; que tout est clair avec du recul. Mais à quel point est-ce vrai ? Même avec du recul, on ne peut pas regarder &lt;i&gt;autour du virage&lt;/i&gt; d’une route non prise. On ne peut même pas voir &lt;i&gt;la route&lt;/i&gt;. Et avez-vous jamais entendu le vieux proverbe : « Prenez garde à ce que vous souhaitez » ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, certains se réveillent et passent à autre chose. Mais beaucoup ne font que passer à une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; rêverie à laquelle ils rêveront d’échapper &lt;i&gt;plus tard&lt;/i&gt;, et passeront à encore &lt;i&gt;une autre&lt;/i&gt; rêverie à laquelle ils rêveront d’échapper après. Il est vraiment bien plus sage de souhaiter que, comme dans une prière au sage et affectueux Père : « non pas &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; volonté, mais &lt;i&gt;ta&lt;/i&gt; volonté soit faite ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un souhait très commun mais myope, c’est que tous &lt;i&gt;les autres&lt;/i&gt; trouvent le courage de partager &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; idées ou &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; avis, et d’habitude, on souhaite qu’ils arrivent à ces idées &lt;i&gt;au même moment&lt;/i&gt; que nous. Mais, aussitôt que &lt;i&gt;nous nous&lt;/i&gt; estimons libres de changer d’avis, nous voulons que tout le monde &lt;i&gt;suive notre exemple&lt;/i&gt; – qu’ils soient libres de le faire ou non. Est-ce &lt;i&gt;raisonnable&lt;/i&gt; ? Cela fait preuve d’amour ? Mais notre souhait peut être &lt;i&gt;révélateur&lt;/i&gt;. Peut-être que &lt;i&gt;nous-mêmes&lt;/i&gt; n’étions pas si libres de changer d’avis cette dernière fois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les rêveries comme dans les cauchemars, nous cherchons à fuir &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; quelque chose &lt;i&gt;vers&lt;/i&gt; quelque chose. Aussi &lt;i&gt;sincères&lt;/i&gt; que soient les rêveries, elles &lt;i&gt;fuient&lt;/i&gt; du réel. Aussi bonnes que soient leurs intentions, elles sont mal informées. Elles attaqueront le rêveur par surprise. Et aussi &lt;i&gt;réels&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;paraissent&lt;/i&gt; les cauchemars, ils déforment la réalité, eux aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aucune rêverie ne devient réalité. C’est &lt;i&gt;impossible&lt;/i&gt;. Elle se compose des mondes &lt;i&gt;parfaits&lt;/i&gt; que nous avons &lt;i&gt;inventés&lt;/i&gt; pour fuir le monde &lt;i&gt;imparfait&lt;/i&gt; que nous n’aimons pas, mais que nous avons et ne comprenons pas. Obsédés par nos &lt;i&gt;contrefaçons&lt;/i&gt;, c'est &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; qui serons les premiers à être dupés. Les souhaits &lt;i&gt;ne peuvent pas&lt;/i&gt; se réaliser ; ils sont des fiascos. &lt;i&gt;Nos&lt;/i&gt; souhaits, faits à partir de nos &lt;i&gt;fantasmes&lt;/i&gt; avec un égard inadéquat pour les souhaits que font les &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt; à partir de &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt; fantasmes, vont forcément se heurter aux leurs. Quand nos souhaits ne &lt;i&gt;se composent&lt;/i&gt; que de ce que nous &lt;i&gt;désirons&lt;/i&gt;, et nous ignorons ou même opposons aux souhaits d’autrui, faut-il s’étonner que nos bulles biaisées explosent ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand même, comme en transe, nous rêvons encore, hypnotisés par les promesses de pouvoir que font les tisseurs de rêves, les conférenciers motivateurs et les néo-gnostiques qui promeuvent &lt;i&gt;Le Secret&lt;/i&gt;. En rêvant d’être &lt;i&gt;libérés&lt;/i&gt; de toutes nos &lt;i&gt;craintes&lt;/i&gt; afin d’être &lt;i&gt;disponibles&lt;/i&gt; pour tout ce dont nous &lt;i&gt;rêvons&lt;/i&gt;, notre mégalomanie se fait piéger dans notre &lt;i&gt;fantasme&lt;/i&gt;. Donc, obsédés par une image de nous-mêmes que nous &lt;i&gt;prenons pour vrai&lt;/i&gt;, nous ne pouvons pas la faire disparaître. Obsédés par un &lt;i&gt;fantasme&lt;/i&gt; dont nous &lt;i&gt;croyons&lt;/i&gt; avoir &lt;i&gt;besoin&lt;/i&gt;, nous ne pouvons pas &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; faire disparaître, non plus. Piégés dans les obsessions à l’intérieur de nos cellules du &lt;i&gt;cerveau&lt;/i&gt;, nous les avons changées en cellules de &lt;i&gt;prison&lt;/i&gt; de l’égocentrisme solitaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les fantasmes hallucinatoires d’un paradis de fous vont sûrement être des billets aller-retour pour les déserts de &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt; comme si l’on n’est jamais parti. Et bien entendu, &lt;i&gt;c’est vrai&lt;/i&gt;. On est piégé dans sa &lt;i&gt;propre&lt;/i&gt; connaissance de ses défauts, en se gardant en otage à un idéal &lt;i&gt;fantasmé&lt;/i&gt; de soi-même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nos &lt;i&gt;propres images&lt;/i&gt; de nous-mêmes nous poussent à ne pas vouloir être nous-mêmes. Et nos &lt;i&gt;rêves&lt;/i&gt; d’&lt;i&gt;autrui&lt;/i&gt; nous poussent à vouloir devenir comme nous les imaginons. Donc, inventant ce que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; croyons être des scénarios &lt;i&gt;émancipateurs&lt;/i&gt;, nous trébuchons sur &lt;i&gt;le coup de maître&lt;/i&gt; d’un idiot – une succession de &lt;i&gt;fausses libertés&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et elles se révèlent toutes &lt;i&gt;décevantes&lt;/i&gt;. Mais nous apprenons lentement. Et quand &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; rêve-&lt;i&gt;là&lt;/i&gt; ne marche pas, nous pensons : « Peut-être que &lt;i&gt;plus&lt;/i&gt; de la même chose fera l’affaire ». Si cela ne marche pas, nous pensons : « Peut-être qu’un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; rêve fera l’affaire ». Si &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt; ne marche pas, que faire alors ? Eh bien, certaines personnes – par déception amère voire par désespoir – &lt;i&gt;rationalisent&lt;/i&gt; leurs rêves de libération brisés en trébuchant sur leur aigreur et en tombant dans des trappes de &lt;i&gt;cynisme&lt;/i&gt;. Et après tout, le cynisme, n’est-il pas synonyme avec les pièges jumeaux du postmodernisme : le mépris élitiste pour et l’indifférence incohérente à la vérité ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, avant de passer à la seule &lt;i&gt;Vraie Liberté&lt;/i&gt; qu’il y ait, examinons quelques-uns des &lt;i&gt;rêves&lt;/i&gt; de libération fallacieux dans les lieux fictifs dits « Utopie ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;L’ARGENT.&lt;/b&gt; Pouvez-vous rêver du pouvoir libérateur d’être né dans une famille qui vaut $4 millions ? L’homme armé d’une bombe qui a essayé de se faire exploser et d’anéantir un avion rempli de passagers le jour de noël 2009 était né dans une telle famille. Les frères Menendez ont tué leurs parents en rêvant d’hériter $90 millions. Ils ont fini par épuiser les biens de seulement $14 millions pour essayer d’éviter d’aller en prison, ce qui est maintenant leur domicile. Mais pourquoi parler des &lt;i&gt;millions&lt;/i&gt; ? Pouvez-vous rêver d’être à l’abri de tout besoin, né dans une famille ayant des &lt;i&gt;milliards&lt;/i&gt; ? Osama bin Laden était né dans la liberté d’un tel pouvoir. Il a tout abandonné pour le terrorisme et la tuerie. Les fortunes des familles Leopold et Loeb n’ont pas pu les sauver des illusions nietzschéennes du « crime parfait ». Leurs fils ont assassiné un autre garçon dont la fortune de sa famille n’a pas pu le sauver non plus. Le fait d’être héritière des milliards de Johnson &amp; Johnson n’a pas pu sauver Casey Johnson. Elle a conclu : « J’ai tant de choses. Il ne reste rien à vouloir ». Donc, une héritière pharmaceutique est morte de négligence diabétique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Même dans un &lt;i&gt;énorme&lt;/i&gt; tas de fric il y a du &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt;. Plus nous avons de l’argent, plus nous sommes déçus, car les rêves de plus d’argent promettent plus que l’argent n’en peut offrir. Des rêves du pouvoir entraînent des rêves de l’argent, puis le mirage. Tiens, avez-vous jamais entendu de n’avoir aucun attrait à part votre portefeuille ? Avez-vous jamais entendu des actions en justice qui ne visent que les poches &lt;i&gt;pleines&lt;/i&gt; ? Avez-vous jamais entendu que l’on ne peut pas &lt;i&gt;acheter&lt;/i&gt; la bonheur – ni le caractère, ni la patience, ni le bon sens, ni l’amour véritable ? Ou ceci : « Si l’on est mort, à quoi bon l’argent » ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout l’argent du monde ne satisfera pas &lt;i&gt;la cupidité&lt;/i&gt;, car la cupidité est naïve. Les intrigants d’investissements, les escrocs d’aide sociale, les avocats ‘charognards’, les vendeurs de drogue, les cochons politiques, et les croqueuses de diamants ne sont que quelques-uns des cupides qui ne comprennent rien. Ils n’obtiennent jamais ce dont ils ont besoin, parce qu’ils continuent à chercher la pyrite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible éclaircit cela. « Ne te tourmente pas pour t’enrichir ». (Prov. 23:4) « L’amour de l’argent est racine de toutes sortes de maux ». (1 Tim. 6:10) Et ces maux ne sont seulement pas dans les agressions et dans le détournement de fonds. C’est dans la négligence et dans le mauvais traitement qui, si non dans les journaux, peuvent se lire dans nos cœurs et dans nos vies.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LA RENOMMÉE.&lt;/b&gt; Et bien, quant aux stratagèmes pour acquérir la liberté dans la renommée et l’acclamation ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jules Feiffer a écrit ses mémoires. Certains d’entre vous se demandent : « C’est qui ça ? » Et voilà la renommée éphémère ! Le critique de livres du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; a dit que Feiffer « cherchait la renommée avec l’implacabilité de Lady Gaga ». Et &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; d’autres d’entre vous se demandent : « C’est qui ça ? » Ce n’est pas grave :  il est déjà question de « la &lt;i&gt;prochaine&lt;/i&gt; Lady Gaga ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Célèbre » est une rubrique dans le livre de Feiffer. On nous dit qu’il « n’attendait pas que la renommée le trouve. Il la cherchait … et dès qu’il a eu l’occasion, il l’a saisie à deux mains ». Mais, comme l’a ironiquement remarqué le critique, la renommée n’a fait de Feiffer que ce qu’il a lui-même attaqué : « un New-Yorkais névrosé qui s’attendait à ce que le monde soit d’accord avec sa politique, ses besoins et ses désirs ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lady Gaga affirme qu’elle « essaie juste de changer le monde, une paillette à la fois ». Mais même deux à la fois, les paillettes ne peuvent pas changer le monde. Elle affirme vouloir que « tout le monde soit ivre de sa renommée ». Elle n’est pas la seule à être gaga de ce rêve-là. Comme les Salahi [&lt;i&gt;Tareq et Michaele Salahi, le couple qui se sont incrustés à un dîner d’Etat donné à la Maison Blanche en novembre 2009&lt;/i&gt;], nous fumons tous la même moquette.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aucune superstar ne se considère comme la célébrité que voient les autres. De son point de vue d’&lt;i&gt;initié&lt;/i&gt;, elle croit toujours qu’il n’y a pas de quoi s’extasier. Chaque superstar a peur que &lt;i&gt;quelque secret se révèle&lt;/i&gt; bientôt, brisant sa renommée en mille morceaux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’essaie de me tenir au courant de ce qui est ‘branché’. Donc, je fais m’envoyer des mises à jour à 365gay. Le site web m’a envoyé cet aguiche : « Voulez-vous savoir ce que Jujubee ou une autre célébrité pense de votre relation ? » Pas vraiment. D’ailleurs, je doute qu’une personne qui se dit « la prochaine grande superstar travelo de l’Amérique » me prête la moindre attention. A propos, avez-vous remarqué son modificateur, ‘prochaine’ ? Elle compte sur « prochaine » pour lancer sa carrière. Mais ce que « prochaine » prédit, dans &lt;i&gt;son propre&lt;/i&gt; tour, c’est le rang inévitable d’un &lt;i&gt;has-been&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rédacteur a continué à truffer son message de noms de célébrités : « A 365gay, nos bureaux sont à Logo, à l’autre côté de Times Square en face de MTV, notre maison mère. Vous savez ce que ça veut dire ? Des célébrités passent nous voir. Ça m’a fait penser : Et si nous demandions à ces célébrités de conseiller aux lecteurs sur les relations et sur d’autres questions ? » Euh, non. Passons à autre chose.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tournons-nous vers un conseiller qui est plus sage : le traducteur à succès de la Bible, J. B. Phillips, dans son autobiographie, &lt;i&gt;Le prix du succès&lt;/i&gt; : « J’étais bien conscient des dangers de la richesse soudaine et ai pris des mesures sévères pour m’assurer que, bien que confortable, je ne sois jamais riche. J’étais loin d’être aussi conscient des dangers du succès. La corrosion subtile de caractère, le changement inconscient des valeurs et la croissance secrète et monstrueuse d’une idée grandement exagérée de moi-même s’infiltraient peu à peu dans moi ». Voyez, même la renommée &lt;i&gt;non recherchée&lt;/i&gt; nous assaille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, malheur à ceux qui sont impossibles à rechercher sur Google ! Peut-être qu’une couverture du magazine &lt;i&gt;People&lt;/i&gt; compterait ! Mais, on &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; oublierait dès que la &lt;i&gt;prochaine&lt;/i&gt; couverture apparaissait. Quand même, &lt;i&gt;qui&lt;/i&gt; était sur la couverture de la dernière semaine ? Peut-être si vous gagniez un Oscar ou un prix Nobel ? Combien de gagnants pouvez-vous citer ? Et si vous étiez élu sénateur ou président ? Combien pouvez-vous en citer ? Je ne pense pas aux has-been, aux perdants et à ceux qui rêvent d’être célèbres. Mais &lt;i&gt;vous&lt;/i&gt;, vous ne pensez pas à tous les &lt;i&gt;gagnants&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Non. Tout comme les rêves d’argent, les fantasmes de la renommée font défaut de plus d’une façon. Il y a toujours une ‘coterie’ qui vous exclut. &lt;i&gt;L’expérience&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;faire partie&lt;/i&gt; de la ‘coterie’ ne correspondra jamais à votre &lt;i&gt;fantasme&lt;/i&gt; de ce groupe. Et même devenir un &lt;i&gt;‘initié’ célèbre&lt;/i&gt; n’élimine pas votre &lt;i&gt;sentiment&lt;/i&gt; d’être &lt;i&gt;exclu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais, puisque nous &lt;i&gt;ne pouvons pas&lt;/i&gt; nous voir nous-mêmes du point de vue d’un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; cerveau, nous ne nous rendons pas compte que &lt;i&gt;personne d’autre&lt;/i&gt; ne partage &lt;i&gt;notre propre&lt;/i&gt; version de nous-mêmes. Vous &lt;i&gt;devriez&lt;/i&gt; être soulagés de vous rendre compte que personne d’autre &lt;i&gt;n’a vu ni verra jamais&lt;/i&gt; même &lt;i&gt;une vision fugitive&lt;/i&gt; de votre ‘version’ de vous-même. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible aide à comprendre la folie de chercher la renommée : « L’orgueil précède la ruine ; un esprit égocentrique précède la chute ». (Prov 16,18) Pourquoi est-ce que les machinations d’orgueil implosent ? Les ‘orgueilleux’ sont des imposteurs. Donc, leurs affectations détournent leur attention des &lt;i&gt;conséquences inattendues&lt;/i&gt; de leur charade, mais &lt;i&gt;renforcent&lt;/i&gt; leur sens de soi non souhaité plutôt que d’en distraire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand Jésus a entendu ses disciples se chamailler au sujet de qui était le plus grand parmi eux, il a dit que, ses disciples &lt;i&gt;à lui&lt;/i&gt; devaient &lt;i&gt;servir&lt;/i&gt; plutôt que d’essayer d’&lt;i&gt;éclipser&lt;/i&gt; les uns les autres. (Luc 22:26) Est-ce que nous servons &lt;i&gt;d’autres gens&lt;/i&gt; ou convoitons-nous &lt;i&gt;nos propres paparazzi&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;SEXE.&lt;/b&gt; Il était une fois un conte de fées appelé « la libération sexuelle ». Le sexe était dégradé dans une célébration de « la liberté ». Les mantras, maintenant démodés, étaient sottement hors sujet même alors : « Faites l’amour, non la guerre », « Tant d’hommes et si peu de temps ». Et bien que l’homosexualité soit mieux comprise et plus acceptée, en général, le conte de fées n’a pas eu d’heureux dénouement. Elle a entraîné des épidémies de MST, de SIDA et de mauvais traitement, tout en promouvant la porno, la prostitution et la promiscuité qui ne faisaient que renforcer un désir de nouveauté qui gêne les rapports sexuels dans une relation continue. Le taux de natalité des enfants sans père a monté d’entre 3 et 23 pour cent dans les années 1950 à entre 40 et 72 pour cent aujourd’hui (selon la race). En conséquence, les taux de la pauvreté et du crime ont monté. La permissivité sexuelle a échoué, entraînant la désillusion, la catastrophe sociale et les morts prématurées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous croyez avoir manqué le coche ? Repensez-y, car on dit que les règles superficielles du prétendu « sexe protégé » sont suffisantes pour faire face aux séquelles de cette tromperie dite « la libération sexuelle ». L’attaque surprise continue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L’orientation&lt;/i&gt; sexuelle est fixe, tout comme l’attirance sexuelle aux &lt;i&gt;certaines&lt;/i&gt; personnes l’est. &lt;i&gt;Certains&lt;/i&gt; pensent que &lt;i&gt;cette&lt;/i&gt; personne-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; est sexy, et &lt;i&gt;d’autres&lt;/i&gt; trouvent &lt;i&gt;celle-là&lt;/i&gt; sexy. Nous ne pouvons pas nous &lt;i&gt;rendre&lt;/i&gt; nous-mêmes sexy aux autres, ni à nous-mêmes non plus. Nous ne pouvons pas ignorer &lt;i&gt;notre propre sens de ne pas être sexy&lt;/i&gt;, même après Dieu sait combien de rencontres sexuelles, de rhinoplasties, d’extensions de cheveux, de liftings et de lipoaspirations. &lt;i&gt;Personne&lt;/i&gt; ne se considère comme sexy parce qu’il n’y a pas d’&lt;i&gt;altérité fascinant&lt;/i&gt; dans un sens de soi. Peut-être que nous regardons fixement d’autres gens que nous trouvons sexy, mais &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt; regardent fixement leurs miroirs parce qu’ils &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt; se sentent &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; sexy, et se vexent pour cela. Tout comme &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; quand nous regardons dans &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; miroirs, &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt; trouvent beaucoup à ne pas aimer dans &lt;i&gt;les leurs&lt;/i&gt;. Donc, il ne faut pas prédire si une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; personne sera attirée par vous basées sur &lt;i&gt;votre image de vous-même&lt;/i&gt;. Ne soyez pas anéanti si vous n’êtes pas gaga de vous-même. Mais si jamais vous serez &lt;i&gt;gaga de vous-même&lt;/i&gt;, sachez que vous serez dans de beaux draps plus que vous ne le saurez.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible éclaircit la sexualité. La sexualité humaine était créée pour &lt;i&gt;les relations humaines les plus intimes&lt;/i&gt;. Et même sous les attentes anciennes de &lt;i&gt;l’inégalité&lt;/i&gt; sexuelle, la polygamie pouvait être désastreuse. Rappelez-vous Abraham, Sara et Agar. Donc, les attentes de nos jours pour &lt;i&gt;la parité&lt;/i&gt; entre des partenaires, comment peuvent-elles résister à des soi-disant « sophistiqués » assauts du porno, de la promiscuité et du polyamour ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, les étiquettes d’avertissement pour les rêves de liberté en ce qui concerne l’argent, la célébrité et le sexe ne sont pas rares. Mais d’autres rêves de libertés donnent peu d’avertissements, voire aucun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;CARRIÈRE.&lt;/b&gt; Les carrières peuvent être libératrices. Mais ceux nourris par la propagande de « je-suis-si-spécial » pendant leur enfance peuvent avoir un sentiment surdéveloppé que tout leur est dû et une éthique du travail sous-développée. On endure donc le travail seulement comme outil pour obtenir des tas d’argent et de loisirs. Espérer &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; avoir, c’est de finir par ne &lt;i&gt;rien&lt;/i&gt; avoir. Cela provoque le mécontentement et la dépression – sans parler des lettres de licenciement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ceux qui ne connaissent rien à l’histoire ne sont pas préparés à l’idée de travail comme &lt;i&gt;labeur&lt;/i&gt;. Mais même pour ceux qui sont plus réalistes, le travail devrait être &lt;i&gt;stimulant&lt;/i&gt; mais pas &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt;. Ce qui marche au travail, c’est le juste &lt;i&gt;équilibre&lt;/i&gt;. Cet équilibre de la stimulation crée &lt;i&gt;la fluidité&lt;/i&gt;, un sens de &lt;i&gt;liberté&lt;/i&gt;, d’&lt;i&gt;engagement&lt;/i&gt; complet, voire de &lt;i&gt;plaisir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais le travail épanouissant peut &lt;i&gt;monopoliser&lt;/i&gt; la vie. La famille et d’autres responsabilités peuvent alors être écartés. Tim Keller, pasteur fondateur de Redeemer Presbyterian Church à New-York, a été récemment questionné : Au bout de 20 ans à Redeemer, « Que voyez-vous comme votre échec le plus grand ? » Sa réponse : « L’un dont je suis sorti indemne, c’est le surmenage pendant dix ans environ ». Keller a ajouté que n’eût été la grâce de Dieu, il aurait pu perdre l’amour de sa famille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, la liberté que le travail nous offre, même pour le service, peut se transformer en une force &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; la liberté. Dans son esprit on peut imiter les panneaux mensongers dans les camps Nazis : « &lt;i&gt;Arbeit Macht Frei&lt;/i&gt; » – « Le travail rend libre ! » Ce mensonge attira des victimes à leur mort. Et nous le pouvons aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible aide à comprendre le travail. Ecclésiaste (9:10) nous conseille de faire notre maximum dans &lt;i&gt;quoi que&lt;/i&gt; nous fassions. Salomon dit que c’est la seule alternative à l’inaction totale des morts. Paul fait mieux que Salomon, en disant aux Colossiens de faire &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; ce qu’ils font &lt;i&gt;de tout leur cœur&lt;/i&gt;, et comme pour servir &lt;i&gt;le Seigneur&lt;/i&gt; au lieu de juste un patron. (3:23-24) Et la liberté de cette vocation énormément privilégiée, peut en effet nous motiver tous les jours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;LIBERTÉS CIVILES.&lt;/b&gt; En plus du &lt;i&gt;service&lt;/i&gt;, il y a toujours la vision noble de &lt;i&gt;la liberté et la justice pour tous&lt;/i&gt;. Mais la liberté et la justice pour tous sont toujours soumises aux attaques dans &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt;. Aujourd’hui, ces attaques viennent des dictateurs marxistes, des terroristes islamistes, des anarchistes, d’une culture prédisposée aux divisions et au rancœur comme le montrent les pharisiens de gauche et de droite, et même des comités-nounou d’exactitude politique qui favorisent une diversité sélectivement privilégiée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;idéaux&lt;/i&gt; de la liberté et la justice pour tous se perdent dans notre obsession de ne servir que &lt;i&gt;nous-mêmes&lt;/i&gt;, en refusant d’apporter notre soutien aux captifs qui ne se ressemblent pas à nous, ni parlent, ni se comportent, ni croient, ni pensent comme nous. Nous répartissons en des camps de ‘moi’ contre ‘vous’, ‘nous’ contre ‘eux’ : cools, binoclards, noirs, blancs, latino-américains, démocrates, républicains, la Gauche, la Droite, LGBTQ, voire le baptême par &lt;i&gt;immersion&lt;/i&gt; contre le baptême par &lt;i&gt;aspersion&lt;/i&gt;. Prenons-&lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; la peine de même &lt;i&gt;essayer&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;comprendre&lt;/i&gt;, encore moins de &lt;i&gt;défendre&lt;/i&gt;, les droits de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous ? Ou continuons-nous à égoïstement faire un faux témoignage en cherchant nos intérêts &lt;i&gt;personnels&lt;/i&gt; au lieu des intérêts de &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand EC témoigne de la gentillesse (y compris le soutien financier) envers des groupes chrétiens qui ne sont pas encore d’accord avec nous sur la question de &lt;i&gt;l’homosexualité&lt;/i&gt; – des groupes que les activistes LGBT prennent pour cible dans des stratagèmes de vengeance – certains bénéficiaires répondent avec gratitude et nous demandent de leur raconter &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; histoire. Mais être d’accord avec nous, ce n’est pas une condition préalable. C’est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui dis cela, &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui lutte depuis 1962 – quand je travaillais au sein d’Inter-Varsity – pour aider à mieux comprendre les questions d’homosexualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, même si les &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt; pensent que nos idées sur &lt;i&gt;l’homosexualité&lt;/i&gt; nous &lt;i&gt;séparent&lt;/i&gt; du Christ, cela ne signifie pas que c’est le cas. Nos idées sur l’homosexualité n’ont aucune incidence sur ce qui nous &lt;i&gt;relie&lt;/i&gt; au Christ et à la famille la plus diverse en termes de race, d’ethnicité, de culture, de standing, de politique, d’économie, de formation, de théologie et de sexualité jamais rassemblée sur terre – le Corps du Christ. Le seul lien nécessaire parmi ceux qui sont en Christ est le Christ, le seul et l’unique Sauveur du péché et de la mort et le seul et l’unique Seigneur souverain. Que nous soyons homos ou hétéros, nous déformons l’Evangile quand nous forçons d’autres chrétiens de piétiner leur sens moral plutôt que d’obéir au Christ en aimant toute la famille du Christ comme Il nous aime.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible aide à comprendre ici. David a vu que seulement les insensés disent « non » au Dieu, celui dont a parlé Paul : « ce qu’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, Dieu lui-même le leur ayant fait connaître ». (Ps 14:1 ; Rom 1:19) Même un déiste comme Thomas Jefferson écrit que c’est une « vérité évidente ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Saint-Augustin de prier : « Tu nous as créés pour Toi-même et nos cœurs ne connaîtront pas la paix jusqu’à ce que nous trouvions le repos en Toi ». C. S. Lewis connaissait une profonde envie, donnée par Dieu, que faire partie de ce monde-ci ne peut jamais assouvir. Chesterton et Muggeridge désiraient vivement à se sentir comme chez eux dans ce monde, mais savaient ne pas pouvoir – ayant été faits pour &lt;i&gt;un autre&lt;/i&gt; monde. D’Abraham et de Bunyan, à King et au-delà, nous les pèlerins cherchons une cité aux &lt;i&gt;fondements&lt;/i&gt;, dont Dieu est l’architecte et le constructeur. (Hébr 11:10) Ayant foi en Dieu, nous continuons d’avancer vers la terre promise, la nouvelle Jérusalem, le ciel nouveau et la terre nouvelle. (Apoc 21) Pas de « meilleure vie maintenant » !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, nous nous inclinons si facilement devant les idoles, les idéologies, les célébrités, voire les dictateurs de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt;, qui se servent de nos envies à leurs propres fins : Lénine, « l’Elu », Staline, « Ô Eternel, qui donne vie à l’homme », Hitler, « Celui » qui est né pour sauver la civilisation et alors, il y eut Mao, le « dieu » du Petit Livre Rouge. Ces monstres-dieux athées ont fini par massacrer des millions et des millions de personnes créées à l’image même du vrai Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En plus de notre conscience de &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt;, nous avons conscience de &lt;i&gt;la morale&lt;/i&gt;. Cela s’exprime dans les versions nombreuses d’une règle de réciprocité ou la « Règle d’or » : Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous ; ne faites pas pour les autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils fassent pour vous. Et des études récentes à l’université de Yale montrent des « preuves … que les humains possèdent effectivement un sens moral rudimentaire dès le tout début de la vie ». (Paul Bloom)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au Ier siècle apr. J.-C., dans celui dont l’avènement a signalé le tournant de tous les siècles, les divisions vieilles comme l’Eden ont commencé à s’écrouler et à être remplacées par une compréhension de l’amour auparavant inconnue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand on a présenté un parchemin à Jésus dans sa synagogue natale, il l’a déroulé et a lu le 61e chapitre d’Esaïe : « L’Esprit du Seigneur repose sur moi … il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres, …. pour apporter la délivrance aux opprimés ». Jésus d’expliquer : « Aujourd’hui même, pour vous qui l’entendez, cette prophétie de l’Ecriture est devenue réalité. » Cela a plu aux gens. Mais alors, il s’est identifié à leur prophètes rejetés et a rappelé à l’assemblée ce qu’ils voulaient oublier : qu’Elie et Elisée ont été envoyés pour &lt;i&gt;ignorer&lt;/i&gt; Israël afin d’aider &lt;i&gt;les étrangers&lt;/i&gt;, les ‘chiens’ : une veuve de Sidon et un lépreux syrien. En entendant ces paroles, tous ceux dans la synagogue se sont mis en colère et ont essayé de tuer Jésus en le précipitant du sommet de la montagne. (Luc 4) Mais il s’est éloigné. Les puissances politiques et religieuses devait finalement le tuer. En fait, Jésus a lui-même donné sa vie &lt;i&gt;de son plein gré&lt;/i&gt; pour eux tous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après sa résurrection, les choses ont &lt;i&gt;changé&lt;/i&gt; de façons radicales. Comme l’a écrit Paul : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus male et femelle ; car tous vous êtes un en Jésus Christ ». (Gal 3:28) La discrimination orgueilleuse qui tirait ses racines des concepts d’ethnicité, de classe, de sexe et d’autres pour échapper à un sens d’infériorité commençait à s’écrouler. Ce changement choquant comprenait même le paire de « male et femelle » – Paul cite ici une phrase du texte sur Adam et Eve dans la Genèse 1:27, modifiant sa combinaison antérieure de « ni / ni ». (cf., F. F. Bruce)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;center&gt;*     *     *&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant à cette transition des &lt;i&gt;délusions défensives&lt;/i&gt; de liberté à la grande &lt;i&gt;vérité&lt;/i&gt; du coûteux &lt;i&gt;don&lt;/i&gt; de liberté de Dieu en Christ, il n’y a pas de mots plus mordants que ceux employés par Paul pour reprocher aux chrétiens gentils d’avoir gobé les promesses ethnocentriques de plus de pouvoir dans un prépuce sanglant que dans le sang de la chair de Dieu. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les faux enseignants étaient des &lt;i&gt;schmucks&lt;/i&gt; – le mot yiddish pour &lt;i&gt;prépuce&lt;/i&gt;, centre de la controverse. Se faisant passer pour les gardiens de la tradition, munis de versets bibliques, ils insistaient : Pour être chrétiens, les Gentils devaient devenir Juifs et se débarrasser de leurs prépuces. Leurs descendants insistent : Afin d’être chrétiens, les homos doivent se changer en hétéros et se débarrasser de leur homosexualité. Aujourd’hui, le centre d’intérêt est les organes génitaux des gays et des lesbiennes. Mais c’est &lt;i&gt;le même vieux démenti&lt;/i&gt; du caractère mortel du péché, et &lt;i&gt;le même vieux rêve&lt;/i&gt; du salut superficiel sans aide de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, nous nous tournons maintenant vers les avertissements de Paul contre les rêves de liberté &lt;i&gt;sots&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; temps, afin de &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; protéger contre les rêves de liberté &lt;i&gt;sots&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le dit clairement Paul dans son épitre aux Galates : &lt;b&gt;C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis !&lt;/b&gt; (5:1) Un spécialiste Paulinien affirme que c’est « presque unique dans les lettres de Paul quant à sa force passionnée, sa polarisation de choix, et son rejet de ceux opposés à lui ». (James D. G. Dunn) Pas surprenant ! L’Evangile de Paul est en conflit avec tout légalisme minable qui nous fait si vite descendre dans le pharisaïsme mortel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Donc&lt;/b&gt;, comme l’affirme Paul : &lt;b&gt;&lt;i&gt;Tenez ferme&lt;/i&gt;. Ne les laissez pas vous asservir à nouveau.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis, il a pratiquement &lt;i&gt;crié&lt;/i&gt; son objection, en s’interrompant lui-même pour affirmer : &lt;b&gt;Moi, Paul, je vous le déclare: si vous les laissez vous circoncire, le Christ ne vous sera plus &lt;i&gt;d’aucune&lt;/i&gt; utilité&lt;/b&gt;. Comment l’exprimer &lt;i&gt;plus vigoureusement&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ces cercles-là, les organes génitaux des Gentils étaient des sujets brûlants. Comme les pharisiens comprennent mal la grâce de Dieu ! Dans des cercles similaires de nos jours, les sujets brûlants sont les organes génitaux des hommes gays et des lesbiennes. Comme les pharisiens comprennent mal la grâce de Dieu &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; l’amour engagé de même sexe ! Du temps de Paul, leur centre d’intérêt était les bouts des pénis. De notre temps, leur centre d’intérêt est &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; pénis ou &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; vagins dans un &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; lit. C’est étrange la façon dont la Bonne Nouvelle que Dieu était en Christ, réconciliant le monde à lui-même, se perde dans l’obsession pour les organes sexuels. Au lieu de la gratitude pour la grâce généreuse de Dieu envers tous, on trouve le bavardage sans grâce au sujet des organes génitaux de quelques personnes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Juifs ont dit que, pour les chrétiens, aucun pénis ordinaire ne suffirait. Chacun devait se faire circoncire. Pourtant, les Gentils ainsi que les Juifs n’ont connu que leur propre sorte de pénis. Les hétéros prétendent qu’un couple chrétien doit se composer d’un pénis et d’un vagin, et qu’aucun couple chrétien ne peut se composer de deux pénis ou de deux vagins. Pourtant, le couple de même sexe, pas moins que les hétéros, &lt;i&gt;sait que l’amour est l’amour&lt;/i&gt;. Bien sûr, ni les Gentils ni les homos ne &lt;i&gt;se mettent&lt;/i&gt; dans ces embarras. Ce ‘ministère’, c’est la particularité égocentrique des mouches du coche, fourrant leur nez partout au nom de la religion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul répond à toutes ces absurdités sans équivoque possible. Il voit que la demande aux chrétiens Gentils de se débarrasser du bout du pénis afin de réaliser le But pour lequel a été accompli le travail de Jésus sur la croix, équivaut à soutenir que le Christ n’avait pas besoin de prendre la peine de mourir d’une façon si tragique mais inefficace. Voici l’argument de Paul appliqué à nous : Si la vie en Christ nous demande de supprimer le peu de notre cerveau qui s’occupe du sexe, avec quoi nous étions nés et élevés, afin de pouvoir réaliser le But pour lequel fut accompli le travail de Jésus sur la croix, nous aussi, nous soutenons que le Christ n’avait pas besoin de prendre la peine de mourir d’une façon si tragique mais inefficace.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Peut-être que la Résurrection aurait dû être reportée jusqu’à ce que les Gentils auraient tous enduré la circoncision et les homos auraient tous subi des vies sans sexe. Ainsi, la déclaration de Pâques que la dette du péché était payée aurait pu être fondée sur quelque chose de beaucoup plus puissant que le sang du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, il y aurait des implications morales de la circoncision : &lt;b&gt;Tout homme qui se fait circoncire est tenu d’accomplir la Loi tout &lt;i&gt;entière&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Ils perdraient plus que leur prépuce sanglant ; ils perdraient leur &lt;i&gt;liberté&lt;/i&gt; en Christ, achetée par le sang. Ils seraient piégés dans les routines accablantes de rituels et de règles – en enfreindre une &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt;, c’est en enfreindre &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt;. Au lieu de la &lt;i&gt;liberté&lt;/i&gt;, il y aurait la &lt;i&gt;responsabilité&lt;/i&gt; sans fin. Comme l’explique un spécialiste Paulinien : « Ce qu’on demande d’eux n’était pas simplement une question d’un seul acte de circoncision, mais une mode de vie entière, une assimilation et une absorption complètes d’aucune identité Gentile distincte ». (James D.G. Dunn)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aujourd’hui, ce qu’on demande n’est pas seulement question d’un acte sexuel, mais d’une négation totale de la seule intimité sexuelle qu’une personne puisse connaître : l’amour fidèle d’un(e) époux(se) du sexe approprié. A cette époque-là, on demandait aux Gentils de se faire &lt;i&gt;circoncire&lt;/i&gt;. Aujourd’hui, on demande aux homos de &lt;i&gt;se priver de&lt;/i&gt; l’intimité sexuelle. Il était simple, bien que douloureux, de se faire circoncire. Mais on oublie cela. Est-il simple de se priver de l’intimité avec un cher partenaire à vie ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul soutient qu’essayer de &lt;i&gt;se conformer&lt;/i&gt; à la loi c’est d’attirer la &lt;i&gt;malédiction&lt;/i&gt; de la loi. &lt;b&gt;Vous tous qui cherchez la justification dans la Loi, vous êtes séparés du Christ. Vous êtes déchus de la grâce&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul est tellement peiné par les exigences des moralisateurs qu’il se permet la polémique hyperbolique. Et il a tout à fait raison. Dit-il : Même si l’on &lt;i&gt;tient compte de&lt;/i&gt; la circoncision, ils sont &lt;i&gt;séparés&lt;/i&gt; du Christ. Ils jouent avec le feu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’ailleurs, quant à la &lt;i&gt;loi&lt;/i&gt;, Paul peut les surpasser tous : « circoncis le huitième jour, Israélite de naissance, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d’Hébreux ; quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécuteur de l’Eglise ; face aux exigences de la loi, sans reproche ». Mais il avait rejeté &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; ces qualifications en raison de &lt;i&gt;la croix du Christ&lt;/i&gt; : « Toutes ces choses constituaient, à mes yeux, un &lt;i&gt;gain&lt;/i&gt;, mais à cause du Christ, je les considère &lt;i&gt;désormais&lt;/i&gt; comme une &lt;i&gt;perte&lt;/i&gt; … &lt;i&gt;non pas&lt;/i&gt; avec une justice que j’aurais &lt;i&gt;moi-même&lt;/i&gt; acquise en obéissant à la Loi mais avec la justice qui vient de &lt;i&gt;la foi en Christ&lt;/i&gt; ». (Phil 3:7,9)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul « relativise entièrement la distinction traditionnelle entre les Juifs et les Gentils en ce qui concerne la question de circoncire ou non ». (Dunn) &lt;b&gt;En Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a pas la moindre valeur&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hé, attendez un peu : Dieu n’avait-il pas dit à Abraham, « père d’une multitude de &lt;i&gt;nations&lt;/i&gt; » (&lt;i&gt;goyim&lt;/i&gt;), que la circoncision devait être un signe éternel, non négociable, de l’alliance de Dieu, &lt;i&gt;même pour les Gentils liés à Abraham, bien que non de sa descendance&lt;/i&gt; ? (Gen 17) Oui ! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais non. Paul est inébranlable : &lt;b&gt;La seule chose de valeur, c’est la foi dynamisée par amour&lt;/b&gt;. « La &lt;b&gt;seule&lt;/b&gt; chose » ? A cette époque, cela aurait paru aussi édulcoré qu’il le paraît aujourd’hui. Mais quelques soi-disant textes-preuves que choisissent les prédicateurs pour nous critiquer ne peuvent pas rivaliser la lumière éclatante de l’appel de Dieu à &lt;i&gt;la foi&lt;/i&gt; et à &lt;i&gt;l’amour&lt;/i&gt; – grâce aux prophètes de Dieu, dans Jésus lui-même, et grâce à ses apôtres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vous couriez si bien. Qui a brisé votre élan pour vous empêcher d’obéir à la vérité ?&lt;/b&gt; Paul emploie une image non-kasher et un jeu de mots exprès : la piste était &lt;i&gt;trayf&lt;/i&gt; parce que les &lt;i&gt;goyim&lt;/i&gt; couraient tout nu, leurs organes génitaux incirconcis à la vue de tous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le dit Paul : &lt;b&gt;Une telle influence ne vient pas de Celui qui vous appelle&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il répète son jugement que promouvoir la circoncision est un problème &lt;i&gt;grave&lt;/i&gt;. La question est très importante, puisqu’&lt;b&gt;un peu de levain fait lever toute la pâte&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul a commencé cet épitre par appeler le légalisme &lt;b&gt;un évangile &lt;i&gt;étranger&lt;/i&gt; qui n’en est pas un du tout&lt;/b&gt;. (Gal 1:6-7) Donc, il dit à ces chrétiens, &lt;b&gt;celui qui sème le désordre chez vous, &lt;i&gt;quel qu’il soit&lt;/i&gt;, subira la condamnation &lt;i&gt;divine&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il suggère sarcastiquement que ceux qui promeuvent la circoncision doivent &lt;b&gt;&lt;i&gt;se castrer&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Si un petit coup vaut tant, pourquoi s’arrêter ! Finissez le travail ! Grossier, mais approprié. Le fait de &lt;i&gt;rejeter&lt;/i&gt; les Gentils à moins qu’ils ne se fassent &lt;i&gt;circoncire&lt;/i&gt; viole &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; liberté en Christ. Paul se réfère peut-être aux rites de castration, une obligation pour les adeptes de Cybèle, mais interdite aux Juifs (Deut 23:1). De même, n’importe quelle circoncision &lt;i&gt;cultuelle&lt;/i&gt; des chrétiens Gentils disqualifiait &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; foi. Ironiquement, les moralisateurs anti-gays &lt;i&gt;imitent&lt;/i&gt; les &lt;i&gt;moqueries&lt;/i&gt; de Paul quand ils nous prêchent. Quant à &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt;, pourquoi pas &lt;i&gt;finir le travail&lt;/i&gt; et se priver &lt;i&gt;eux-mêmes&lt;/i&gt; de tout bonheur conjugal ?!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme le dit Paul : &lt;b&gt;Vous avez été &lt;i&gt;appelés&lt;/i&gt; à la &lt;i&gt;liberté&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. La liberté n’est pas un &lt;i&gt;avantage&lt;/i&gt; de la vie en Christ ; la liberté est le &lt;i&gt;but&lt;/i&gt; de la vie en Christ. « Le travail libérateur du Christ devient la condition dont dépend tout le reste ». (Charles Cousar)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul met en garde contre le légalisme &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; le libertinage, car les deux corrompent la liberté chrétienne : &lt;b&gt;Ne faites pas &lt;i&gt;mauvais usage&lt;/i&gt; de cette liberté pour vivre selon les manières de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le terme qu’emploie Paul pour signifier les usages de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; est &lt;i&gt;sarx&lt;/i&gt; – le mot grec pour « chair ».  Malheureusement, quand nous entendons « chair », nous n’entendons que « sexe ». Mais Paul veut dire embrasser &lt;i&gt;toute&lt;/i&gt; l’opposition de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; aux priorités de &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt;. Et il donne quelques exemples des usages de ce monde : l’envie, la débauche, les querelles, les accès de colère, la violence sexuelle et les péchés de soi-disant « spiritualité ». Il dénonce tous les « actes de la &lt;i&gt;chair&lt;/i&gt; » ainsi qu’il a dénoncé tous les « actes de la &lt;i&gt;loi&lt;/i&gt; ». Les deux sont des tentatives de vivre dans la mortalité pharisaïque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;N’importe quelle&lt;/i&gt; liberté ne suffit pas, car le genre humain déchu est enclin à sarx. Paul avertit que même la liberté en &lt;i&gt;Christ&lt;/i&gt; peut se tordre pour se livrer à &lt;i&gt;sarx&lt;/i&gt;. Au lieu de rationaliser notre liberté chrétienne, Paul nous encourage à &lt;b&gt;utiliser cette liberté pour &lt;i&gt;être des serviteurs les uns des autres par amour&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Et nous avons été &lt;i&gt;libérés&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; de même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’objectif de la liberté chrétienne n’est pas de &lt;i&gt;nous faire plaisir&lt;/i&gt;. C’est d’aimer Dieu et notre prochain. Et avec des cœurs &lt;i&gt;purifiés&lt;/i&gt; et des esprits qui &lt;i&gt;savent&lt;/i&gt; que nous sommes infiniment aimés dû au travail qu’accomplit le &lt;i&gt;Christ&lt;/i&gt; pour nous tous, nous &lt;i&gt;pouvons&lt;/i&gt; vraiment se permettre d’aimer librement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul d’affirmer : &lt;b&gt;Car la Loi se trouve accomplie tout entière par l’obéissance à cette seule parole : ‘Aime ton prochain comme toi-même’&lt;/b&gt;. Il ne cite que la dimension horizontale car, si nous n’aimons pas ceux qui portent l’image de Dieu, comment pouvoir prétendre aimer Celui à l’image de qui ils ont été créés ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant au péché, ce n’est pas une question des accusations que lancent &lt;i&gt;certains&lt;/i&gt; pécheurs contre &lt;i&gt;d’autres&lt;/i&gt; pécheurs. Le péché est ce dont nous avons &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; besoin d’admettre : notre hostilité égocentrique ou notre indifférence envers Dieu et envers le vrai bien-être de l’un l’autre. Et ce péché tue de plus d’une façon.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Notre Sauveur est mort pour nous sauver du péché et de la mort. Prenons donc notre &lt;i&gt;propre&lt;/i&gt; péché au sérieux. Prenons donc la grâce de Dieu en Christ au sérieux. Et ne pensons pas que le bout d’un pénis ni qu’un clitoris est &lt;i&gt;le point crucial&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Le point crucial&lt;/i&gt;, c’est la croix du Christ. &lt;i&gt;Le point crucial&lt;/i&gt;, « avant la fondation du monde », (Eph 1:4) c’est ainsi : Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte de nos fautes. (2 Cor 5:19) Voilà ce qui compte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et ce qui &lt;i&gt;compte&lt;/i&gt; passe avant n’importe quelle &lt;i&gt;réponse&lt;/i&gt;. La foi chrétienne n’est pas juste une autre publicité pour la règle de réciprocité. Ainsi que Flannery O’Connor l’a exprimé de manière franche et directe : « Ce n’est pas une question de Faites Pour Les Autres. Cela peut se trouver dans n’importe quelle programme de culture éthique. C’est le fait de la Parole faite chair ». Et voilà la &lt;i&gt;vérité&lt;/i&gt; de Jean 3:16.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et donc, &lt;i&gt;la mode de vie de gratitude&lt;/i&gt;, en &lt;i&gt;réponse&lt;/i&gt; à l’Evangile, comprend &lt;b&gt;s’aimer les uns les autres, se réjouir avec ceux dans la joie, pleurer avec ceux qui pleurent, se lier d’amitié avec les isolés, partager avec les indigents, agir dans les intérêts d’autrui aussi bien que les siens, ne pas tenir compte du mal, refuser de se venger, bénir ses oppresseurs, et, dans la mesure où cela dépend de soi, vivre en paix avec tout le monde&lt;/b&gt;. (Rom 12 ; 1 Cor 13 ; Phil 2) Ceux-là ne sont que des échantillons de &lt;i&gt;la mode de vie de gratitude&lt;/i&gt; – mais vous saisissez l’essentiel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les premiers chrétiens ont pris tous ces pronoms &lt;i&gt;pluriels&lt;/i&gt; dans le Notre Père au sérieux. Notre Père, donne-&lt;i&gt;nous notre&lt;/i&gt; pain quotidien … remets-&lt;i&gt;nous nos&lt;/i&gt; dettes … comme &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; remettons à &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; débiteurs … ne &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; soumets pas … délivre-&lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;. Et aucun d’entre eux n’est le ‘pluriel royal’, non ? Remarquez aussi : c’est &lt;i&gt;ton&lt;/i&gt; nom (ou autorité), &lt;i&gt;ta&lt;/i&gt; volonté, &lt;i&gt;ton&lt;/i&gt; règne – non pas &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; autorité, &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; volonté, &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; règne, encore moins &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;le mien&lt;/i&gt;. La mode de vie de l’Evangile est axée sur &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;, non sur &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. C’est parce qu’il ne s’agit pas d’&lt;i&gt;isolement&lt;/i&gt;. Il s’agit de &lt;i&gt;notre vie ensemble en Christ&lt;/i&gt;. Si vous vous demander, « Mais où suis-je &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; dans tout cela ? », la réponse est : &lt;i&gt;avec le Christ et sa famille. En Christ&lt;/i&gt; nous trouvons &lt;i&gt;notre place&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour EC, s’agit-il du Christ et de sa Bonne Nouvelle, ou s’agit-il simplement d’un autre ghetto LGBT de la fausse fierté ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Admettons-le. Tout notre mécontentement myope à l’égard de nos sentiments frivoles d’infériorité, et tous nos rêves débiles de liberté sont de mesquins jeux de pouvoir d’auto-tromperie égoïste qui ne &lt;i&gt;commencent&lt;/i&gt; même pas à s’occuper du vrai problème. Notre mécontentement doit creuser plus profondément, discernant nos plaintes idiotes et dédaignant nos mensonges et nos alibis d’autosuffisance. Les rêves égoïstes et les jeux de pouvoir de l’histoire n’ont jamais libéré personne de l’infernale obsession de soi et ne le feront jamais. Ce n’est que dans l’amour et le sacrifice de soi du Christ crucifié, et dans sa résurrection que nous pouvons être libérés &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; la mort qu’entraîne la égocentrisme du péché, &lt;i&gt;pour connaître&lt;/i&gt; la liberté en Dieu, qui, comme le dit Paul, sera un jour « tout en tous ». (1 Cor 15:28)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Longtemps connue mais si facilement abusée, notre « envie d’être reconnu », comme l’a écrit C.S. Lewis, « afin de combler l’abîme qui nous sépare du cœur des choses » sera satisfait dans cet amour de Dieu, celui qui sera &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; « tout en tous ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a vraiment plus de choses dans le ciel et sur la terre que n’en &lt;i&gt;rêve&lt;/i&gt; la philosophie d’Horatio ou d’aucun de nous. Et, dans l’âge à venir – non dans &lt;i&gt;nos rêves&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;en Dieu&lt;/i&gt; – chaque vraie envie sera satisfaite. Au festin des noces de l’Agneau – quoi que cette métaphore signifie – &lt;i&gt;nous tous, sœurs et frères, serons la fiancée du Christ, et Il sera notre Epoux&lt;/i&gt;. (Apoc 19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;John Newton, capitaine et auteur du chant « Grâce étonnante », a écrit d’autres hymnes aussi, dont un dans lequel il a appelé Jésus « mon époux ». Certains hommes et femmes ne peuvent pas se résoudre à chanter &lt;i&gt;cette&lt;/i&gt; ligne-&lt;i&gt;là&lt;/i&gt; ? Eh bien, comment font-ils face à une image de se marier avec un &lt;i&gt;Agneau&lt;/i&gt; ? Et comment font-ils face à des métaphores qui, selon toute apparence, donnent à entendre la polygamie ou l‘inceste ? Ils ont besoin de regarder &lt;i&gt;plus haut&lt;/i&gt; et de se préparer pour &lt;i&gt;la joie ineffable et pleine de gloire&lt;/i&gt;. Car un jour, femmes et hommes, sœurs et frères &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt;, « de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toutes les nations » seront &lt;i&gt;la fiancée&lt;/i&gt; au Festin des noces de &lt;i&gt;l’Agneau&lt;/i&gt; de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Libérés enfin de l’anxiété de notre isolement égocentrique et immoral, et sachant enfin à quel point nous avons toujours été aimés, nous n’essaierons plus de vanter nos propres mérites, mais nous nous réjouirons de Celui qui, ayant en vue la joie qui Lui était réservée, a souffert la mort sur la croix afin que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;sa joie&lt;/i&gt;, puissions partager, en Lui, le bonheur absolu de l’Être, la Vérité et l’Amour éternels de Dieu. (Héb 12:2) Nous nous connaîtrons enfin &lt;i&gt;nous-mêmes&lt;/i&gt; tels que nous &lt;i&gt;sommes&lt;/i&gt; : la chère &lt;i&gt;fiancée&lt;/i&gt; du Christ. Nous connaîtrons enfin le Christ tel qu’Il est : notre cher &lt;i&gt;Epoux&lt;/i&gt;. Et vous savez quoi ? Nous serons enfin &lt;i&gt;chez nous&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;© 2010 Ralph Blair, tous droits réservés&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-8998596154156776637?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/8998596154156776637/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=8998596154156776637' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/8998596154156776637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/8998596154156776637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2011/05/liberes-pour-la-liberte.html' title='Libérés pour la liberté'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-905953286841626571</id><published>2009-09-25T15:29:00.005-04:00</published><updated>2011-05-09T16:31:49.777-04:00</updated><title type='text'>2008 Festival de Prédication #3</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean 14:25-31 « Le Shalom singulier »&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par le Dr Ralph Blair&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Je vous dis tout cela pendant que je suis encore avec vous. Mais le Défenseur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit moi-même.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Ne soyez pas inquiets, ne soyez pas craintifs. Vous m’avez entendu dire que je pars, mais aussi que je reviendrai auprès de vous. Si vous m’aimiez, vous seriez heureux de savoir que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Je vous ai prévenus dès maintenant, avant que ces choses arrivent, pour qu’au jour où elles se produiront, vous croyiez. Désormais, je n’aurai plus guère l’occasion de m’entretenir avec vous, car le dominateur de ce monde vient. Ce n’est pas qu’il ait une prise sur moi, mais il faut que les hommes de ce monde reconnaissent que j’aime le Père et que j’agis conformément à ce qu’il m’a ordonné.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Levez-vous; partons d’ici ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jean et les autres Evangélistes ne cachent pas le fait que les disciples de Jésus ne comprenaient pas toujours beaucoup de ce qu’il disait. Et bien que ces derniers aient été aimés et respectés quand les évangiles furent écrits, les Evangélistes ne les dépeignent pas comme de jolis saints en plastique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce fait de la Bonne Nouvelle est lui-même une bonne nouvelle. C’est une indication que les auteurs ne cherchent pas à blanchir ce qui se passa. Il n’est pas dans notre nature déchue de nous présenter, nous et notre ‘cause’, sans le faire sous un jour favorable. Mais bien que la Bonne Nouvelle soit elle-même une interprétation, elle sonne vrai.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jean nous dit que, à la fin de son discours de la Pâque juive, Jésus a dit tout ce qu’il est venu dire. Et il promet à ses disciples qu’ils n’auront pas à se creuser la tête pour se rappeler tout ce qu’il a dit. Ils auraient de l’aide pour se rappeler et comprendre ce qu’il a dit. Ils auraient l’aide du Saint-Esprit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Le Défenseur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit moi-même ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelle promesse ! L’ont-ils comprise ? Non, pas encore. La promesse ne s’était pas encore réalisée. Ce n’était qu’au moment où le Père a envoyé l’Esprit au nom de Jésus que les disciples ont commencé à apprendre comme jamais auparavant tout ce qui s’était passé jusque-là.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui est ce Défenseur, le Saint-Esprit ? Le mot grec qu’emploie Jean, &lt;i&gt;paraklatos&lt;/i&gt;, est passif et signifie ‘appelé aux côtés de’. Le Père appelle le Saint-Esprit à être aux côtés du chrétien, à peu près comme dans les tribunaux grecs, où un &lt;i&gt;défenseur&lt;/i&gt; était nommé pour être aux côtés de l’accusé et pour faire tout son possible pour l’aider dans sa défense. Celui-là, un genre d’assistance juridique, ressemblait plus à comme un &lt;i&gt;amicus curiae&lt;/i&gt; (un ‘ami au tribunal’) qu’à un avocat ‘professionnel’, comme nous les connaissons. Donc, les érudits nomment le Défenseur que le Père envoie au nom de Jésus « l’Ami au tribunal » (Leon Morris) ou « un autre qui vous prend sous son aile » (Ronald Knox) ou simplement « l’Ami » (C. K. Williams). Tous sommes d’accord : « Une seule traduction ne rend pas la complexité des fonctions [de l’Esprit] », par exemple, prendre le chrétien sous son aile, l’aider et le guider, témoigner de la vérité du Christ, et amener le monde à se repentir ». (R. E. Brown) Rassemblant tous ces thèmes, on le nomme « le Paraclet ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A. M. Hunter d’Aberdeen, spécialiste du Nouveau Testament, l’exprime très bien. Quant à la déclaration de Jésus que le Paraclet « demeure auprès de vous et est en vous », Hunter affirme : « Il vient en tant que l’autre moi de Jésus, non pas tant pour le remplacer en son absence, mais pour confirmer sa présence. … Pendant l’Incarnation l’Esprit était &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; les gens en Christ; depuis lors, le Christ a été &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; les gens par l’Esprit ». En effet, dans la première épitre de Jean, ce dernier se réfère à Jésus comme notre défenseur quand il dit : « Nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le juste ». (1 Jean 2:1)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le mot que Jésus a employé ici – traduit comme ‘paix’ – était le mot qu’employaient quotidiennement les Juifs pour saluer l’un l’autre à l’arrivée et au départ. En hébreu, c’est &lt;i&gt;shalom&lt;/i&gt;. C’est un souhait que tout aille bien pour quelqu’un. Et comme c’est le cas pour nos propres salutations quotidiennes, c’était parfois plutôt superficiel. Et pourtant, c’était plus positif que l’idée typique de ‘la paix’ en grec. Pour l’esprit grec, comme pour le nôtre, ‘la paix’ a tendance de porter plus sur une absence de conflit plutôt que sur un état béni de bien-être – comme c’est le cas pour &lt;i&gt;shalom&lt;/i&gt;. En fait, dire &lt;i&gt;shalom&lt;/i&gt; à l’arrivée et au départ faisait toujours allusion aux bénédictions de Yahvé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais ici, comme Jésus est sur l’article de la mort, une mort atroce qui sera la mort de la mort elle-même, et qui sera suivie de sa résurrection, il bénit ses disciples avec &lt;i&gt;shalom&lt;/i&gt;, ce qui n’est pas de salutation ordinaire. Sa paix est, en effet, &lt;i&gt;sa paix&lt;/i&gt; – à lui &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Lui&lt;/i&gt; seul peut donner &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; paix. Le système de ce monde n’en a pas à donner.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En plus de toutes les notions fausses de l’amour, il y a toutes les notions fausses de la paix. Et un des faits qui dévoile la fausseté et la futilité de ces notions est le fait que ce monde est un monde déchu. Et ses notions sur l’amour et sur la paix sont tout aussi fausses. Les notions de ce monde sur l’amour et sur la paix ne tiennent pas compte de notre nature déchue. Donc, même si nous nous efforçons de surmonter notre nature déchue et essayons de répondre au fait d’avoir été créés à l’image de Dieu, nous échouons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et cela vaut pour les chrétiens aussi. Comme Thielicke nous le rappelle dans son livre sur ce qui ne va pas avec l’Eglise : « Tout ce que nous faisons a besoin du pardon, même nos actes au nom de l’ordre et de la structure du monde ». Tous nos actes au nom de ‘l’amour’ et de ‘la paix’ ont besoin du pardon – car toute motivation est complexe. Et tout ce que certains font au nom de « la sainteté du mariage » ou de « l’égalité du mariage », au nom de la « loi naturelle » ou des « droits LGBT », a besoin du pardon – car toute motivation est complexe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Seules les motivations du Christ ne sont pas complexes. Seul l’amour du Christ est vrai. Et seule la paix du Christ est pure. Ce n’est vraiment comme nulle autre paix, Dieu merci !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hoppe et Burger avaient déjà bien des pièces de la paix qu’a ce monde à nous offrir. Et puis, ils connurent la paix du Christ. Ainsi, ils savaient qu’il n’y avait pas de comparaison possible. Ils savaient que la paix du Christ ne ressemblait à aucune des pièces qu’ils en avaient jamais connues dans le système de ce monde. Et ils avaient eu plus que leur part de ce que le système de ce monde avait à leur offrir. Mais lorsque, dans cette année que Hoppe appelait « Cette Année de la Grâce », ils ont trouvé la paix du Christ – quand ils &lt;i&gt;se sont laissés emporter&lt;/i&gt; par la paix du Christ – ils étaient transportés du plus profond effroi et du plus profond désespoir à une paix même plus profonde et à l’espoir de la résurrection. [Robert Hoppe était un célèbre artiste new-yorkais qui, avec son partenaire Robert Burger, assistait aux études bibliques qu’anime le Dr Blair depuis 1975. En octobre 2008, au Festival de Prédication d’EC, on écoutait une cassette, enregistrée en 1989, où Hoppe racontait son histoire émouvante et parlait de sa foi en Christ et celle de son partenaire. Les deux sont morts de SIDA peu après l’enregistrement de cette cassette. – &lt;i&gt;Traducteur&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors, comme Jésus nous bénit avec sa paix, son shalom qui donne la vie, il ajoute :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt; « Ne soyez pas inquiets, ne soyez pas craintifs ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Encore une fois, voici ce rappel de ne pas craindre. Et, encore une fois, c’est lié avec la &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; pour laquelle les disciples n’ont pas besoin de craindre. Ils sont donnés le &lt;i&gt;shalom&lt;/i&gt; même de Jésus !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus leur dit aussi de ne pas être &lt;i&gt;craintifs&lt;/i&gt;. C’est la seule apparition du mot &lt;i&gt;deilato&lt;/i&gt;, ‘craintif’, dans le Nouveau Testament. On pourrait rendre cette admonestation ainsi : « Ne soyez pas lâches. Soyez courageux. » Et comme toujours, cet impératif biblique est soutenu par l’indicatif. Ce qui est demandé est lié avec ce qui est. Nous avons été donnés la bénédiction de la paix du Christ lui-même. Donc, dans sa paix, comment pouvons-nous être inquiets ? Comment pouvons-nous être craintifs ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec cela en tête, Jésus revient au thème de son départ imminent – un thème qui avait inquiété les disciples.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Vous m’avez entendu dire que je pars, mais aussi que je reviendrai auprès de vous. Si vous m’aimiez, vous seriez heureux de savoir que je vais au Père ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A moins que l’on ne &lt;i&gt;connaisse&lt;/i&gt; quelqu’un, peut-on vraiment l’&lt;i&gt;aimer&lt;/i&gt; ? Bien sûr, on peut chercher à garantir le bien-être d’une personne &lt;i&gt;abstraite&lt;/i&gt;. Et cela peut être une expression de l’amour. Sachant comment &lt;i&gt;vous&lt;/i&gt; voudriez être traité, vous pouvez extrapoler comment &lt;i&gt;quelqu’un d’autre&lt;/i&gt; pourrait vouloir être traité. Et voilà la vocation d’amour dans la Règle d’or. Mais il y a également un amour plus scrupuleusement informé dont nous pouvons faire preuve envers quelqu’un que nous connaissons intimement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce que Jésus dit à ces disciples, c’est que s’ils le connaissaient vraiment comme il voulait être connu, ils pourraient l’aimer comme il l’est vraiment. Et ils sauraient que son profond désir c’était de retourner à son Père. Puis, entendant de son retour à son Père, ils s’en réjouiraient. Alors, cet amour leur permettrait d’être contents que sa volonté, non la leur, soit faite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais il leur fait part de ce qui se passe vraiment et de comment sa volonté et la leur sont toutes les deux en train d’être réalisées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment cela ? En voulant que la volonté du Père soit faite. La volonté du Père est le mieux pour tout le monde. Le Père a raison. Et le Père veut ce qu’il y a de mieux, et l’accomplit. Pour souligner le sens de cela, Jésus dit à ces disciples :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt; « Le Père est plus grand que moi ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, les disciples, comme vous le savez, avaient la plus haute estime pour Jésus. Ils avaient abandonné leurs moyens d’existence et leurs familles pour le suivre. Mais, en bons Juifs, il n’aurait pas été étrange de l’entendre dire : « Le Père est plus grand que moi ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais cela peut nous sembler étrange. Pour des chrétiens fervents qui révèrent la Trinité, cela semble dire que Jésus ne fait pas vraiment partie de la Trinité. Et pour des sceptiques fervents qui se moquent de la Trinité, cela semble dire que Jésus ne fait pas vraiment partie de la Trinité. De quoi s’agit-il vraiment ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La joie du sceptique et l’angoisse du chrétien sont sans fondement, et peuvent être enterrés avec un peu de perspicacité biblique. Voilà ce que les plus grands esprits du monde consacraient beaucoup d’efforts à clarifier il y a bien des siècles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour commencer, il serait utile si tout le monde arrêtait de citer les textes hors contexte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deuxièmement, il faut comprendre que cet Evangile célèbre la plus haute christologie. Jean commence cet Evangile par affirmer : « Au commencement était celui qui est la Parole de Dieu. Il était avec Dieu, il était lui-même Dieu. Au commencement, il était avec Dieu. Tout a été créé par lui ; rien de ce qui a été créé n’a été créé sans lui. … Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Troisièmement, dans tout l’Evangile, Jésus s’identifie à son Père d’une façon qu’aucun juif n’oserait jamais le faire. Et bien sûr, en le faisant, il provoqua la censure des chefs religieux. (Cf., e.g. 5:16-18, 10:30, 20:28, etc.)&lt;br /&gt;Quatrièmement, dans tout l’Evangile, Jésus montre l’obéissance à la volonté de ce même Père. (Cf., e.g. 4:34, 5:19-30, 8:29, etc.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors, de quoi s’agit-il vraiment ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, Jésus affirme qu’il revient à celui qui l’envoya en premier lieu. Il n’est en aucun cas étrange de dire que &lt;i&gt;l’envoyeur&lt;/i&gt; est ‘plus grand’ que celui qui fut &lt;i&gt;envoyé&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et l’attention de Jésus n’est pas centrée sur l’ontologie, l’étude philosophique de &lt;i&gt;l’être&lt;/i&gt;. Pour ces hommes-là, cela aurait été une exotique perte de temps. Ces disciples perplexes et anxieux étaient-ils vraiment prêts pour un débat anachronique sur les points les plus subtils de la théologie trinitaire ? Pas vraiment. Mais ils étaient &lt;i&gt;en effet&lt;/i&gt; prêts à entendre que, tout chaotiques que semblent les choses, leur Maître allait au Père, le Tout-Puissant, dont le règne s’étend sur tout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui plus est, le Fils incarné parle ici d’homme à homme. Donc, en se référant au Père, ne devrait-il pas accorder que le Père est plus grand que lui-même ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous sommes parmi ceux en qui le Saint-Esprit demeure comme promis, contrairement aux premiers disciples au moment où ils écoutaient Jésus donner ce discours. Donc, quand nous lisons que Jésus dit : « Le Père est plus grand que moi », qui sommes-nous pour ne pas prier que la volonté de notre Père soit faite ? Pour qui prenons-nous quand nous avons tellement confiance en nos propres compréhensions mesquines de ce qu’il en est, de ce qui est bien ou mal, vrai ou faux, et de toutes les autres choses dont nous parlons dans nos discussions et même dans nos études bibliques ? Si le Père est plus grand que le Fils, nous qui voudrions être les disciples du Fils ne pouvons donc pas faire moins que lui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Je vous ai prévenus dès maintenant, avant que ces choses arrivent, pour qu’au jour où elles se produiront, vous croyiez ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or remarquez : Jésus ne gaspille pas sa salive pour titiller une vaine curiosité, et Jean n’écrit pas cela pour chatouiller les orteils que l’on trempe avec indifférence dans l’eau &lt;i&gt;vive&lt;/i&gt; non plus. Comme Jean le révèle vers la fin de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; discours, il écrit « pour que vous &lt;i&gt;croyiez&lt;/i&gt; que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en &lt;i&gt;croyant&lt;/i&gt;, vous possédiez &lt;i&gt;la vie&lt;/i&gt; en son nom ». (20:31) Et ici, Jésus dit qu’il les a prévenus avant que ces choses arrivent, pour qu’au jour où elles se produiront, ils &lt;i&gt;croient&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il les a prévenus de &lt;i&gt;quoi&lt;/i&gt;, avant que &lt;i&gt;quoi&lt;/i&gt; arrive ? &lt;i&gt;Ce qu&lt;/i&gt;’il leur dit et &lt;i&gt;ce qu&lt;/i&gt;’il arrivera est tout ce que nous l’entendirent dans ce dernier discours. Et il leur dit pour qu’ils &lt;i&gt;croient&lt;/i&gt;. Croire &lt;i&gt;quoi&lt;/i&gt; ? Croire qu’il était exactement celui qu’il affirmait être. Et il dit qu’il y a peu de temps : « Je vous le dis dès maintenant, avant que cela ne se produise, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez que &lt;i&gt;moi, je suis&lt;/i&gt; ». (13:19)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les ennuis allaient venir. C’était bien évident. Il les a prévus et y a avancé, fermement décidé à réaliser le but pour lequel il était venu. Mais il voulait qu’ils sachent qu’à travers tout cela, il avait été le Fils obéissant de son Père, pour eux. Il voulait qu’ils sachent qu’aussi noirs que soient les prochains jours, la chose importante qui allait tout changer serait la grâce même de Dieu dans et à travers Golgotha jusqu’à la matinée glorieuse dans le Tombeau du jardin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Désormais, je n’aurai plus guère l’occasion de m’entretenir avec vous, car le dominateur de ce monde vient. Ce n’est pas qu’il ait une prise sur moi … ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous sommes maintenant arrivés au moment où Jésus doit quitter le repas de la Pâque juive et conduire ses disciples dehors dans le jardin sombre de Gethsémani où il ne rencontrerait pas simplement un Judas ou de prêtres et de gardiens du temple, mais le Mal, lui-même. Le prince de la méchanceté systémique de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde est impatient de vaincre Jésus. Mais Jésus dit que celui-là n’aura aucun moyen de l’attraper. Comment cela ? Le Mal attrape les pécheurs au moyen du péché du pharisaïsme. Mais le seul péché qu’apporta Jésus à Gethsémani et à Golgotha était à moi et à vous. Donc, la haine avec laquelle &lt;i&gt;Satan&lt;/i&gt; rencontra le Sauveur à Gethsémani a été contrée par l’amour, et &lt;i&gt;Satan&lt;/i&gt; n’avait aucun moyen de vaincre l’amour. Comme Jésus, le bon berger, avait dit un peu plus tôt dans l’Evangile de Jean : « Je donne ma vie pour les brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène … Personne ne m’enlève la vie ; mais je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père ». (10:15-16, 18)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors là, dans la pièce du haut, Jésus dit encore une fois :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« … il faut que les hommes de ce monde reconnaissent que j’aime le Père et que j’agis conformément à ce qu’il m’a ordonné ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et maintenant il se dirige vers le jardin pour prier à son Père, pour s’assurer que la preuve terrible des prochaines heures est bien la volonté du Père. Si oui, « qu’il arrive non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et alors, en tant qu’agneau Pascal de Dieu, il se lève, se tourne vers les disciples et dit :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Levez-vous ; partons d’ici ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-905953286841626571?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/905953286841626571/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=905953286841626571' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/905953286841626571'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/905953286841626571'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2009/09/2008-festival-de-predication-3.html' title='2008 Festival de Prédication #3'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-4558699285526788944</id><published>2009-09-23T10:40:00.002-04:00</published><updated>2009-09-23T11:26:57.456-04:00</updated><title type='text'>2008 Festival de Prédication #2</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;Jean 14:18-24 « Ménage de trois personnes »&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par le Dr Ralph Blair&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;« Je ne vous laisserai pas seuls comme des orphelins ! » Voilà ce que Jésus promit à ses disciples. Il dit : « Je reviendrai auprès de vous. Sous peu, le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me voyez parce que je suis vivant et que, vous aussi, vous vivrez.  Quand ce jour viendra, vous connaîtrez que je suis en mon Père; vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que moi je suis en vous. Celui qui m’aime vraiment, c’est celui qui retient mes commandements et les applique. Mon Père aimera celui qui m’aime; moi aussi, je lui témoignerai mon amour et je me ferai connaître à lui.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jude (non pas Judas Iscariote) lui dit : « Seigneur, pourquoi est-ce seulement à nous que tu veux te manifester, et non au monde? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il obéira à ce que j’ai dit. Mon Père aussi l’aimera : nous viendrons tous deux à lui et nous établirons notre demeure chez lui. Mais celui qui ne m’aime pas ne met pas mes paroles en pratique. Or, cette Parole que vous entendez ne vient pas de moi, c’est la Parole même du Père qui m’a envoyé ».&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Je ne vous laisserai pas seuls comme des orphelins ! »&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà une autre raison pour laquelle les disciples n’ont pas à s’inquiéter. C’est une autre façon de dire encore une fois : « Arrêtez de vous inquiéter ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel désir est plus profond que notre désir d’appartenir à quelque chose, d’être désiré, aimé et accepté ? Quelle anxiété plus insoutenable que la peur primale d’être abandonné ? Les gens mentent, volent, s’endettent et font toutes sortes de bêtises pour retrouver l’acceptation et éviter l’abandon.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, parmi tous les nécessiteux que les prophètes hébreux avaient en tête, ceux dont le besoin était le plus désespéré étaient les veuves et les orphelins. Ils ne pouvaient pas se débrouiller tout seuls. Dans le monde ancien, où bien des parents moururent prématurément, les orphelins ne manquaient pas. Aujourd’hui, à part des &lt;i&gt;photos&lt;/i&gt; des orphelins du génocide et de SIDA africains, ou celles des enfants abandonnés en Sibérie ou en Asie du sud-est, nous ne sommes pas normalement conscients des orphelins. Mais à l’époque de Jésus, les orphelins n’étaient pas rares. Tout le monde était bien conscient de la situation désespérée des orphelins. Donc, il ne fait aucun doute que c’était un grand soulagement que d’entendre Jésus promettre de ne pas les abandonner pour se débrouiller tout seuls.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ils dépendaient de Jésus. Plus tôt, pendant le repas de la Pâque juive, il les avait traités de « petits enfants ». Maintenant il assure ses « petits enfants » qu’ils ne finiront pas par devenir orphelins.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais comment cela? Depuis un certain temps, il les préparait pour son départ. Naturellement, ils devenaient inquiets de ce qui allait leur arriver après son départ. Tout cela était si déroutant, si inquiétant. A en juger par ce qu’il leur disait et par l’opposition croissante des chefs religieux, il paraissait qu’ils allaient peut-être être laissés seuls et sans défenses contre la déception, l’abandon et le désespoir cruels.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et rappelez-vous, nous avons été créés pour la communion – avec Dieu et l’un avec l’autre. Dieu fut le premier à dire qu’il n’était pas bon que nous soyons seuls. Et Hovie Lister [Hovie Lister (1926-2001) était un chanteur américain de gospel du sud. – &lt;i&gt;Traducteur&lt;/i&gt;] ne fut pas le dernier à exprimer l’envie de &lt;i&gt;tout le monde&lt;/i&gt; lorsqu’il écrit : « Il n’y a rien de pire que d’être seul. [Donc] prends ma main et conduis-moi là où personne n’est seul ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, quand Jésus promit à ses disciples qu’il ne les laisserait pas seuls, comme des orphelins, c’était &lt;i&gt;la promesse la moins surestimée qu’on n’ait jamais faite&lt;/i&gt;. Comment cela ? Au-delà de quelques pages seulement du récit de Jean, on est permis d’écouter la prière de Jésus pour tous ses disciples – ceux avec qui il avait passé les trois années précédentes, et &lt;i&gt;tous ceux&lt;/i&gt; qui allaient croire à travers leurs témoignages.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà ce que Jésus demanda à son Père : « Je te demande qu’ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu’ils soient un en nous … Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, moi en eux, et toi en moi. » (Jean 17:21-23). Le Fils demanda à son Père de nous adopter tous, nous donnant tous un nouveau &lt;i&gt;nom&lt;/i&gt; dans la Demeure Sainte, une nouvelle identité, une nouvelle responsabilité et la sécurité éternelle dans l’Amour Trinitaire de Dieu. Rien ne ressemble être orphelin moins que cette prière exaucée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Je reviendrai auprès de vous ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est ici et il reviendra auprès de nous ? Que veut-il dire ? En grec, le présent implique à la fois la &lt;i&gt;certitude&lt;/i&gt; et la nature &lt;i&gt;continue&lt;/i&gt; de son retour. Il pourrait se référer ici à son prochain retour dans son corps de résurrection, à son retour plus tard dans le Saint-Esprit, et à son avènement communément appelé ‘second’ à la fin, quand il jugera le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Le &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt; ne me verra plus ; mais vous, vous me voyez ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus dit à ses disciples que, sous peu, le monde incroyant ne le verra plus. Et, effectivement, après la crucifixion, le monde incroyant ne le voyait plus. Et pourtant, dans le texte grec, Jésus dit que, bien que le monde ne le voie plus, « &lt;i&gt;vous me voyez&lt;/i&gt; ». Le présent signifie que les disciples &lt;i&gt;continueront&lt;/i&gt; à le voir jusqu’à l’avenir indéfini.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, ces disciples ne seraient dépourvus de lui que sur une courte durée de « trois jours » (selon la façon juive de compter les jours). Mais le monde ne le verrait pas alors. Après sa crucifixion et résurrection, le monde &lt;i&gt;ne le voyait plus&lt;/i&gt;. Et quand vint l’Esprit, le monde &lt;i&gt;ne voyait pas&lt;/i&gt; l’Esprit. Il voyait les effets de l’Esprit. Mais il ne ‘voyait’ pas l’Esprit. Le système de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; a-t-il &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; ‘vu’ Jésus ? Le système de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; a-t-il &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; ‘vu’ le Saint-Esprit ? Le système de ce monde-ci crucifia Jésus. Il lui &lt;i&gt;en veut&lt;/i&gt;. Il le &lt;i&gt;refuse&lt;/i&gt;. Et il &lt;i&gt;résiste&lt;/i&gt; à son Saint-Esprit. Pourquoi ? Parce que le système de ce monde est spirituellement aveugle. Et le plus aveugle est celui qui &lt;i&gt;refuse&lt;/i&gt; de voir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais les croyants à travers l’histoire le voyaient à travers les yeux de la foi. Et les croyants d’au-delà de ce temps et de cet espace peuvent le voir face à face.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Parce que je suis vivant, vous aussi, vous vivrez ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il existe une idée populaire que nous sommes tous immortelles. Mais cette idée ne provient pas de la Bible. Hier soir, nous entendîmes Thielicke en discuter quand il parla de son prochaine mort : « Il ne me faut pas compter sur mon âme immortelle [car] l’âme n’est pas immortelle ». Il dit qu’il s’approchait de la mort « avec confiance », grâce à « celui qui a la vie et le jugement dans ses mains ». Thielicke d’affirmer : « C’est par la grâce seule que je prends part à la résurrection ». (2 Cor 4:7) Thielicke le crut parce Jésus avait promu : « Parce que je suis vivant, vous aussi, vous vivrez ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le seul espoir pour la vie – ici et dans l’au-delà – est le fait de la résurrection de Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur, crucifié et vivant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Quand ce jour viendra, vous connaîtrez que je suis en mon Père; vous saurez aussi que vous êtes en moi, et que moi je suis en vous ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quel&lt;/i&gt; jour ? Le jour où Jésus reviendra á son Père. A ce moment-là, ses disciples reconnaîtront de façon plus complète que jamais auparavant que ce sont eux qui sont dans le Père, et que Lui est en eux, eux aussi. Le mystère de l’unité à laquelle il prenait part avec son Père – dont il avait si souvent parlé – les inclura maintenant, &lt;i&gt;eux aussi&lt;/i&gt; ! Qu’est-ce que cela peut signifier ? Cela signifie que ce n’est pas seulement le Christ qui vit, mais nous, nous aussi, sommes vivants en Christ, et continuerons à vivre. C’est dans &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; vie que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; vivons !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais il y en a plus. Il y en a plus sur ce que cela signifie. Dans le Christ &lt;i&gt;vivant&lt;/i&gt;, ce qui est, bien sûr, le Christ &lt;i&gt;qui aime&lt;/i&gt;, non seulement nous &lt;i&gt;vivrons&lt;/i&gt;, mais nous, nous aussi, &lt;i&gt;aimerons&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;« Celui qui m’aime vraiment, c’est celui qui retient mes commandements et les applique ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus l’exprime d’une manière révélatrice : « celui qui &lt;i&gt;retient&lt;/i&gt; mes commandements &lt;i&gt;et les applique&lt;/i&gt; ». C’est une chose d’&lt;i&gt;avoir&lt;/i&gt; ses commandements.  Mais cela ne suffit pas. Les avoir est une &lt;i&gt;obligation&lt;/i&gt;, mais pas nécessairement une &lt;i&gt;constatation&lt;/i&gt;. Les retenir &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;, c’est leur &lt;i&gt;obéir&lt;/i&gt; – les intégrer en soi, pour &lt;i&gt;imiter le Christ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;gardiens&lt;/i&gt; des commandements ne leur &lt;i&gt;obéissent&lt;/i&gt; pas toujours. Mais &lt;i&gt;ceux qui obéissent&lt;/i&gt; aux commandements prouvent par leurs &lt;i&gt;actes&lt;/i&gt; qu’ils aiment celui qui les appela à obéir à ses commandements. Et voilà &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; ils font preuve de leur amour pour lui. Ils en font preuve en obéissant à son commandement d’amour.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c’est un &lt;i&gt;tel&lt;/i&gt; amour qui peut &lt;i&gt;réaliser&lt;/i&gt; l’amour parce qu’il naît dans l’unité d’une &lt;i&gt;nouvelle&lt;/i&gt; « trinité d’amour ». Cet amour est &lt;i&gt;réalisé dans&lt;/i&gt; le don divin d’une humanité qui est née de nouveau dans le Fils de Dieu. Le Fils aime le Père et le Père aime le Fils (Jean 3:35; 5:20), et le Père aime ceux qui aime le Fils, et le Fils les aime, lui aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà l’allusion d’une révélation d’un mystère au cœur même de la Réalité. L’amour ! Le Dieu qui est Amour ! Et, depuis le cœur profond du Dieu qui est Amour et l’amour avec lequel nous sommes aimés, nous sommes invités, et ennoblis, à répondre en amour pour Dieu et l’un pour l’autre, voire pour nos ennemis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais comme Jean l’écrivit dans l’une de ses lettres : « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, parce que Dieu est Amour ». (I Jean 4:8) Et, comme encore un autre ‘Jean’ – John Newton – l’écrivit dans une de ses lettres : « Je suis convaincu que l’amour et l’humilité sont les plus hauts accomplissements dans l’école du Christ, et les preuves les plus brillantes qu’Il est bien notre Maître ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Seigneur, pourquoi est-ce seulement à nous que tu veux te manifester, et non au monde? »&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà la question pertinente à ce point du discours de Jésus ? De toute évidence Jude n’entendit pas beaucoup de ce que Jésus avait dit, puisqu’il avait dit que le monde ne le verrait plus, même si les disciples le verraient. Distrait par la logique ou par la logistique, il n’entendit pas les propos de Jésus sur la vie et sur l’amour !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jude s’enlisait dans une fascination excessive pour les détails inévitablement frustrants de l’eschatologie. Voyez-vous, Jésus avait dit que « tous les peuples de la terre … verront le Fils de l’homme [&lt;i&gt;sa référence à lui-même la plus typique&lt;/i&gt;] venir sur les nués du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire ». (Matt 24:31) Donc, comment se fait-il que « tous les peuples de la terre » ne le voient pas ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Franchement, Jude parlait probablement pour d’autres disciples aussi. Parlait-il également pour certains d’entre nous ? Ne pouvons-nous pas nous laisser distraire par des contradictions apparentes ? Ne pouvons-nous pas, nous aussi, nous enliser dans les menus détails des affaires mineures, et dans tous les détails de comment, quand, où et pourquoi nous ignorons le commandement d’amour de Jésus ? En réponse directe à son amour pour nous, nous sommes appelés à et honorés d’imiter son amour ? Ce même soir, il leur avait accordé le don de ce qu’il appelait « un commandement nouveau », enregistré dans le chapitre précédent de cet Evangile : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ! » (Jean 13:34)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais oui, Jude paraît s’être laissé emporter par ses propres idées, et donc il passa à côté de la question. Il est très facile de passer à côté de la question quand on se laisse emporter par ses propres idées. Il est très facile de ne pas comprendre Jésus quand on se laisse emporter par &lt;i&gt;n’importe quoi d’autre&lt;/i&gt; : que ce soit ecclésiastique, philosophique, politique, économique, esthétique, social, sexuel – ou tout le reste.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toutefois, Jésus ne réprimande pas Jude. Et il ne répond pas à la question du point de vue de l’interrogateur, restrictif et sans pertinence, non plus. Jésus rencontre l’interrogateur là où il est, et l’invite à se mettre à la page sur la destination vers où Jésus se dirige depuis que l’interrogateur s’y est perdu. Et la destination vers où Jésus se dirige est &lt;i&gt;l’amour&lt;/i&gt;. La réponse la plus vraie et la plus utile à la question de Jude, ainsi qu’à presque toutes de nos propres questions, est &lt;i&gt;l’amour, mis en pratique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il obéira à ce que j’ai dit. Mon Père aussi l’aimera : nous viendrons tous deux à lui et nous établirons notre demeure chez lui. Mais celui qui ne m’aime pas ne met pas mes paroles en pratique.&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà la réponse de Jésus à la question de Jude. Ce n’est pas en termes de la question posée par Jude, mais Jésus le mit au courant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est-il étrange que Jésus – ou n’importe qui d’autre, d’ailleurs – doive faire remarquer que l’amour inclut &lt;i&gt;prendre au sérieux&lt;/i&gt; ce que dit la personne qu’on aime ? A l’époque de Jésus, comme aujourd’hui, il semblait plus facile de &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; de l’amour que de &lt;i&gt;le mettre en pratique&lt;/i&gt;. Le mot ‘amour’ est si souvent mal employé. Les gens disent qu’ils ‘aiment’ Dieu avec autant d’enthousiasme que lorsqu’ils disent qu’ils ‘aiment’ s’entraîner ou se mettre au régime. Tout n’est qu’une question d’un moyen d’arriver à ses fins. C’est pourquoi certains parlent du sexe comme si c’est ‘l’amour’. Ils peuvent dire « je t’aime » mais cela peut ne signifier rien de plus que « je m’aime et je voudrais me servir de ton corps pour me donner plaisir ». Ne pouvons-nous pas oublier ce truc sur aimer nos ennemis ? Qui fait cela vraiment ? N’avons-nous pas tendance à n’aimer que ceux auxquels nous nous identifions ? Nous ‘aimons’ ceux qui nous ressemblent et que nous &lt;i&gt;aimons bien&lt;/i&gt; ? Et ceux qui &lt;i&gt;ne nous ressemblent pas&lt;/i&gt;, ou du moins, ceux que nous essayons de nous convaincre ne nous ressemblent pas ? Et ceux que nous &lt;i&gt;n’aimons pas&lt;/i&gt; ? Combien d’efforts faisons-nous pour aimer ceux-ci ? Mais ce gars-là est tellement homophobe ! En quoi cela est-il important ? Nous ne sommes pas appelés à &lt;i&gt;être d’accord&lt;/i&gt; avec lui sur rien. Mais nous sommes ordonnés à l’&lt;i&gt;aimer&lt;/i&gt; – à chercher son bien-être tout comme le nôtre. En fait, en tant que disciples, nous sommes appelés à aller même au-delà de la règle d’or. Nous sommes appelés à aimer tous les autres croyants de la même façon que Jésus nous aima. Et comment cela ? Jésus mit cela en pratique de plein gré, même jusqu’à la mort de la croix. Avons-nous déjà fait autant d’efforts pour quelqu’un ? Evidemment non.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons tendance à penser à ‘l’amour’ comme &lt;i&gt;un sentiment&lt;/i&gt;. Donc, naturellement – en raison de notre nature déchue, c’est-à-dire – nous ‘aimerons’ ceux qui nous font &lt;i&gt;plaisir&lt;/i&gt;, ceux qui nous attirent involontairement, ceux que nous pouvons facilement comprendre, ceux qui, nous espérons, peuvent nous aider. Et donc, ‘l’amour’ que nous tendons à avoir en tête est quelque chose d’égoïste. Il se concentre sur nous-mêmes et nulle part ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais quand Jésus parle de l’amour que nous devons montrer l’un à autre et même à nos ennemis, il parle d’un amour d’abnégation – une ressource qui provient des réservoirs les plus profonds de l’amour que lui et son Père ont l’un pour l’autre et pour nous aussi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un petit livre sur les problèmes au sein de l’Eglise, Thielicke écrit : « La condition préalable de l’amour est qu’il faut avoir de la considération pour celui qui est différent de soi-même ». Il y ajoute : « Et cette considération est nourrie dans l’école de Jésus-Christ ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; sommes complètement différent de Dieu qui créa le cosmos incompréhensible et créa nous tous à Son image ! Et pourtant, Dieu aime chacun d’entre nous dans toute notre diversité. Comme &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; est différent de nous, parce qu’il nous aima en nous donnant la vie et en nous donnant la nouvelle vie de salut au moyen de la mort et la résurrection de son Fils ! Et maintenant, en tant que bénéficiaires de cet amour incalculable, il est à nous de montrer notre gratitude et d’imiter notre Père et son Fils en aimant Dieu et l’un l’autre dans toute notre diversité, quelque désagréable que cela puisse paraître.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et remarquez, celui qui prend Jésus au sérieux, celui qui prend au sérieux le Père qui envoya Jésus : c’est celui auprès de qui Jésus et le Père tous les deux établiront leur demeure, pour toujours. Dieu le Père et Dieu le Fils, tous les deux, viendront et demeureront auprès de tous ceux qui veulent vraiment vivre dans un tel ménage. C’est auprès du croyant accueillant que le Père et le Fils tous les deux choisissent à établir une demeure affectueuse. Mais ils ne vont pas là où ils ne sont pas les bienvenus. La question n’est pas : Dieu &lt;i&gt;veut&lt;/i&gt;-il vivre avec &lt;i&gt;vous&lt;/i&gt; ? La réponse à cette question-là est &lt;i&gt;Oui&lt;/i&gt; – écrite en sang depuis avant le début du temps. Voilà la question : Voulez-&lt;i&gt;vous&lt;/i&gt; vivre avec Dieu ? La réponse à cette question dépend de qui ou de quoi vous préféreriez avoir en lieu de cela. Il est bizarre que des gens qui prétendent vouloir aller au ‘Ciel’ &lt;i&gt;dans l’au-delà&lt;/i&gt;, semblent n’avoir aucun intérêt à vivre avec Dieu &lt;i&gt;dans l’ici et maintenant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Or, cette Parole que vous entendez ne vient pas de moi, c’est la Parole même du Père qui m’a envoyé ».&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui, sinon quelqu’un qui est soit trompé soit trompeur, pourrait dire une chose pareille – à moins qu’il ne soit vraiment le Fils du Père ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ici, encore une fois, nous avons – dans le même cas – la haute christologie que provient, comme nous l’avons vu, des révélations de Jésus lui-même et du témoignage qui nous a été transmis par ses premiers disciples. Et pourtant, Jésus fait une humble distinction entre lui-même et le Père. Celui-là est tellement proche du Père qu’il peut prononcer la parole même du Père, Lui-même. Et pourtant, il précise qu’il y a un sens dans lequel la parole appartient au Père et non à lui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais alors, qui est-ce qui parle ? N’est-ce pas celui que Jean, au début de cet Evangile, identifie comme étant la Parole même de Dieu ? Jésus n’est-il pas lui-même la Parole de Dieu &lt;i&gt;en chair et en os&lt;/i&gt; – celui dans qui, comme Jean l’exprime, « nous avons vu la gloire même de Dieu » ? Qui d’autre, à part la Parole même de Dieu, peut prononcer la parole même de Dieu ? Et la parole de Dieu est « Je vous aime ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si c’est bien le cas – et les gens l’ont su depuis des siècles – comment pouvons-nous ne pas y prêter attention ? Voilà les paroles mêmes de la vie qui proviennent du Créateur de la vie et le Rédempteur de la vie : « Je vous aime ! » Voila les paroles mêmes de Celui qui, selon Jean, se dressait devant l’église tiède à Laodicée : « Voici : je me tiens devant la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi ». (Apocalypse 3:20)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Y a-t-il quelqu’un qui l’entend frapper à la porte ? Y a-t-il quelqu’un qui &lt;i&gt;veut&lt;/i&gt; l’entendre frapper à la porte ? Y a-t-il quelqu’un qui écoute ? Y a-t-il quelqu’un qui est partant pour ouvrir la porte ? Pouvons-nous faire place au Sauveur qui fait place aux pécheurs ?&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-4558699285526788944?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/4558699285526788944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=4558699285526788944' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/4558699285526788944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/4558699285526788944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2009/09/2008-festival-de-predication-2.html' title='2008 Festival de Prédication #2'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-6892969070887581553</id><published>2009-09-21T11:42:00.009-04:00</published><updated>2010-02-12T10:39:07.650-05:00</updated><title type='text'>2008 Festival de Prédication #1</title><content type='html'>&lt;p style="font-weight: bold; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jean 14:1-17 « Confiance en Dieu et en qui ? »&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: normal; font-style: italic;font-size:100%;" &gt;par le Dr Ralph Blair&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les trois sermons de ce week-end sont tirés du 14e chapitre de l’Evangile selon Lazare. (Ben Witherington) Ou est-ce Thomas ? (James Charlesworth) Ou peut-être Marie de Magdala ? (Esther de Boer) Ces trois personnes ont toutes été suggérées comme auteurs possibles de l’Evangile qui – depuis le deuxième siècle jusqu’à la plupart du XVIIIe siècle – était attribué à Jean, le disciple de Jésus qui s’appelait « celui que Jésus aimait ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Techniquement, bien sûr, cet évangile, le dernier des quatre dans notre Bible, est anonyme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les érudits voient des indices internes et externes que Jean était bien l’auteur, et le débat actuel sur la paternité de l’évangile se limite principalement à un petit groupe de spécialistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En tout cas, celui qui écrivit cet évangile était intimement lié au ministère de Jésus. Et il y a des signes de la langue araméenne derrière le texte grec, ainsi qu’une connaissance des influences hellénistiques qui auraient été familières à tout Galiléen.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jean et son frère aîné, le disciple Jacques, étaient fils de Zébédée, un pêcheur galiléen. Vous vous rappelez peut-être que leur mère était la ‘mère poule’ qui essaya de persuader Jésus de nommer ses fils aux meilleurs postes administratifs dans ce qui serait, croyait-elle, son règne à venir sur terre. Jean est celui qui se précipita vers le sépulcre et, probablement en raison de sa jeunesse, dépassa Pierre pour vérifier le rapport de Marie de Magdala sur le corps manquant de Jésus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tandis que Hérode fit décapiter Jacques peu de temps après la crucifixion de Jésus, Jean vécut jusqu’à un âge avancé à Ephèse, ayant pris soin de la mère de Jésus chez lui, en réponse à l’invitation de Jésus sur la croix. Cet évangile fut écrit en 90 après J.C. environ. Si Jean avait été dans ses années 20 pendant le ministère terrestre de Jésus, il aurait eu entre 75 et 85 ans en 90 après J.C.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le but du livre entier est d’évangéliser, comme fait remarquer l’auteur à la fin : « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ». (20:31)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ici dans le 14e chapitre, on est à la fin du dernier repas de la Pâque juive que partageait Jésus avec ses disciples – ce que les chrétiens appellent « la Cène ». Ce qui suit est le dernier des discours donnés par Jésus avant d’aller sur la croix.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On y lit :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Jésus dit à ses disciples : « Arrêtez de vous inquiéter. Ayez confiance en Dieu et ayez aussi confiance en moi. Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures ; si ce n’était pas vrai, je vous l’aurais dit : en effet je vais vous préparer une place.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Lorsque je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Vous connaissez le chemin qui conduit où je vais ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous en connaître le chemin ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus lui répondit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne peut aller au Père autrement que par moi. Si vous me connaissiez vraiment, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, vous l’avez vu ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Philippe intervint : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Eh quoi, lui répondit Jésus, après tout le temps que j’ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et le Père est en moi ? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même : le Père demeure en moi et c’est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez au moins à cause des œuvres que vous m’avez vu accomplir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Vraiment, je vous l’assure : celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père. Et quoi que ce soit que vous demandiez en mon nom, je le réaliserai pour que la gloire du Père soit manifestée par le Fils. Je le répète : si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Si vous m’aimez, vous obéirez à mes commandements. Je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur pour vous venir en aide, afin qu’il soit toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Quant à vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous ».&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Arrêtez de vous inquiéter ! »&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà ce que Jésus dit à ces disciples : « Arrêtez de vous inquiéter ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Naturellement, ils s’inquiétaient. Jésus avait parlé de sa prochaine mort. Il venait de se référer à un traître parmi eux. (Jean 13:21) Et il leur avait dit qu’il allait partir sans eux, et ils ne pouvaient pas l’y suivre.  (13:33,36) Pourquoi donc ne s’inquiéteraient-ils pas ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, comme certains d’entre vous m’ont entendu dire &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt;, cela ne sert à rien de dire à quelqu’un de ne pas s’inquiéter. L’inquiétude est involontaire et n’est pas soumise aux ordres de s’arrêter. L’inquiétude est un sentiment, et on ne peut pas ordonner à un sentiment d’arrêter. Jésus ne s’en rendait-il pas compte ? Jésus ne savait-il pas que cela n’avait pas de sens d’ordonner aux disciples d’arrêter de s’inquiéter ? Jésus ne savait-il pas qu’un sentiment découle de ce qu’on pense, de ce qu’on se dit à soi-même ? Et la pensée qui fait s’inquiéter est la conviction qu’on est en danger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, Jésus le savait très bien. Il savait que cela n’avait pas de sens de simplement commander un sentiment. Et il n’a pas fait cela. Il savait que si ses disciples pouvaient repenser la conviction qu’ils étaient en danger, leurs inquiétudes se dissiperaient. Mais à moins qu’on n’ait une raison suffisante pour changer d’avis sur la pensée derrière le sentiment, on ne peut pas changer d’avis. On est alors coincé avec le sentiment non voulu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus savait qu’il lui fallait détourner ses disciples de la conviction qu’ils étaient en grand danger. Voilà pourquoi Jésus ne leur dit pas tout simplement de ne pas s’inquiéter. Il leur dit ce dont ils avaient besoin d’entendre pour changer d’avis. Il confirma sa déclaration qu’ils devraient « arrêter de s’inquiéter » en leur rappelant de continuer à avoir confiance à Dieu. Ici la construction grecque pourrait être soit indicative, soit impérative – une description de ce qu’ils faisaient déjà ou une directive pour faire ainsi. Il y en a probablement un élément de chacune. Il y a toujours une raison d’approfondir notre confiance en Dieu. Et c’est la confiance en Dieu qui répond aux inquiétudes. Comme l’expliqua Jean Calvin : « Lorsque nous voyons un Pilote guider le navire dans lequel nous voyageons, celui qui ne nous permettrait jamais de périr, même au beau milieu des naufrages, il n’y a aucune raison pour que nos esprits soient accablés de peur et de lassitude ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais à sa déclaration « Ayez confiance en Dieu » il ajouta : « ayez aussi confiance en moi ». Là, dans un parallélisme sémitique typique, Jésus joignit deux déclarations qu’aucun juif n’aurait dû prononcer dans une seule phrase.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Ayez confiance en Dieu et aussi en moi ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Ayez confiance en Dieu et aussi en moi » ? Même certains pasteurs des méga-églises de nos jours, atteints de mégalomanie, y réfléchiraient à deux fois avant de pousser leurs fidèles d’avoir « confiance en Dieu et aussi en moi ».  Que penseriez-vous si McCain ou Obama disaient cela ? Que penseriez-vous si je disais cela, moi – ou si votre meilleur ami ou votre partenaire le disait ? Vous penseriez que quelqu’un qui disait une telle chose est vachement fou. Et, selon le DSM-IV, « vachement fou » est un trouble mental. [Le Dr Blair plaisante, bien entendu. Le DSM-IV est le manuel des troubles mentaux publié par l’Association des psychiatres américains (APA). – &lt;i&gt;Traducteur&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il serait assez bizarre de dire une chose pareille aujourd’hui. Mais qu’un juif du premier siècle ait dit une chose pareille à Jérusalem, le siège de la religion la plus profondément monothéiste que le monde n’avait jamais vue, ne serait pas simplement bizarre, mais blasphématoire – une abomination.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et pourtant, Jésus le dit. Et il le dit à des hommes qui avaient vécu avec lui pendant trois ans. Qui oserait faire une remarque pareille à ceux qui l’avaient accompagné pendant trois ans ? Gardez à l’esprit, ces gars ne savaient pas qui ils étaient. Ils ne savaient pas qu’ils étaient &lt;i&gt;Saint&lt;/i&gt; Pierre et &lt;i&gt;Saint&lt;/i&gt; André et &lt;i&gt;Saint&lt;/i&gt; Thomas et les autres &lt;i&gt;saints&lt;/i&gt;. Ils ne se considéraient l’un l’autre que comme Pierrot, Dédé, Thom et les autres &lt;i&gt;gars&lt;/i&gt;. Et ils ne voyaient pas Jésus depuis l’autre bout de 2.000 ans de l’histoire universelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On avait toujours dit aux juifs d’avoir confiance dans le Seigneur. Mais aucun juif n’avait jamais demandé à d’autres juifs d’avoir confiance en Dieu &lt;i&gt;et aussi en lui-même&lt;/i&gt; ! César essaya de leur dire d’avoir confiance en lui &lt;i&gt;en tant qu&lt;/i&gt;’un dieu en même temps qu’en leur dieu ‘régional’, et cela n’était certainement pas bien accueilli.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est encore un autre exemple des nombreux cas où le but de l’auteur de cet Evangile se réalise. Il avait introduit à ses lecteurs la Parole Eternelle devenue homme au tout début, et ici, il continue dans la même veine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;‘Ayez confiance en Dieu’ – encore moins ‘ayez confiance en Jésus’ – est peut-être devenu un tel cliché qu’il est peut-être utile de faire une pause pour examiner ce que signifie une telle confiance.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans une méditation sur « Que signifie avoir confiance ? » Thielicke parle d’une correspondance qu’il avait entretenue avec un jeune soldat pendant la guerre. Le jeune homme traumatisé lui avait écrit une lettre où il lui demanda : « Comment Dieu peut-il permettre cela ? » Voici une partie de la réponse de Thielicke :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Il est vrai, bien sûr, que même ceux dont Dieu avait ouvert les yeux ne pouvaient pas voir tous les mystères du Christ. Peut-être juste un peu plus tard furent-ils terrifiés par ce qu’ils virent se passer à Golgotha ». En effet, très peu après, les disciples se dispersèrent, frappés de terreur. Thielicke poursuit, reprenant la question du soldat : « Il se peut que même les disciples, en proie à un désespoir morne, aient commencé à demander : ‘Comment Dieu peut-il permettre une chose pareille ?’ ... Car même des yeux illuminés ne sont pas encore des yeux qui ‘voient’. Non, ceux-ci appartiennent à ceux qui ‘marchent par la foi, non par la vue’ (2 Cor 5:7) ; ils appartiennent à ceux qui font confiance aux ‘plus hautes pensées’ de Dieu, bien au-dessus d’eux ; ils appartiennent à ceux qui, jour après jour, enterrent leurs prières et leur entendement dans la volonté de Dieu, en dépit des protestations de l’âme, de l’esprit et de la raison. Cela – affirma Thielicke – et cela seul, est la confiance. Voilà ce que signifie la foi ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il conclut alors : « Il se fait tard maintenant, mon ami, et je suis allé dehors prendre une bouffée d’air frais sur la terrasse. En bas se trouve la plaine obscurcie du Rhin, dépourvue de lumière. Plus d’un soldat s’est joint à ses êtres chers en regardant les étoiles la nuit, de sorte que leurs lignes de vision puissent se croiser au loin. Il se peut que vous, vous aussi, regardiez là-haut à ce moment même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Mais je ne peux encore rien voir. Le ciel est noir et sombre, bien que je sache qu’il n’y a pas de nuages. L’éclat de ma lampe de bureau inonde encore mes yeux. Et nous ne voyons jamais le firmament tant que les lumières humaines dominent nos yeux. Dans un instant elles seront éteintes ; les étoiles deviendront alors visibles. D’abord, les brillantes, et puis les éloignées, dans l’espace bien au-delà de mon entendement. Alors, la gloire du firmament s’étendra au-dessus de moi, et je saurai que, même alors, il y a énormément d’étoiles et d’espaces que je ne peux pas voir. Mais ce sont tous sous le même ciel, et il y a des yeux qui les ont tous comptés, des yeux qui les connaissent tous ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures … je vais vous y préparer une place. … je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus discute de la maison de son Père où, assure-t-il à ses disciples, il y a une demeure pour chacun d’eux. Il leur dit qu’il va les y préparer une place pour qu’ils, eux aussi, puissent vivre avec lui, là où il vit. Et il dit qu’ils savent déjà le chemin de la maison du Père.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais Thomas a du mal à comprendre. Il a l’air de ne pas se rendre compte que Jésus parle d’aller à son Père. Donc, Thomas dit que puisque aucun d’eux ne sait où Jésus va, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils connaissent le chemin. Mais le chemin du Père n’est pas un chemin de ce monde. Donc, Jésus dit :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Je suis le chemin ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons tous entendu que « tous les chemins mènent à Rome ». Mais est-ce vrai ? Eh bien, à partir de tous les Interstates [Les « Interstates » (et I-95) se réfèrent au réseau de grandes routes nationales aux Etats-Unis continentaux qui enjambent le pays entier, mais non sur une île comme Hawaï en plein milieu de l’océan (voir le prochain paragraphe). – &lt;i&gt;Traducteur&lt;/i&gt;] on peut parvenir à I-95. Et I-95 nous mène au Garden State Parkway qui mène à l’Avenue Asbury et puis au Main Street et ensuite au Main Avenue ici à Ocean Grove et puis au Pilgrim Pathway juste devant cette chapelle. Depuis là on peut continuer vers Ocean Pathway, marchant vers l’est, en direction de Rome. On peut descendre des planches vers un petit sentier qui donne sur la plage et puis jusqu’au bord de l’eau. Mais Rome est à l’autre côté de l’océan. Aucun chemin ne mène d’ici à Rome. Entre ici et là, il y a « un grand abîme ». [&lt;i&gt;Voir&lt;/i&gt; Luc 16:26.] &lt;i&gt;Tous&lt;/i&gt; les chemins ne mènent pas à « la ville éternelle ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Kirk Talley dit qu’il roulait une fois à moto le long d’une grand-route en Hawaï. Des camionneurs qui roulaient à toute vitesse le forçaient à maintes reprises à quitter la chaussée, tout en klaxonnant bruyamment et faisant des gestes vulgaires. Il décida donc de prendre des routes locales. Mais il se perdit. Il ne pouvait pas alors trouver le chemin qui menait à ce qu’il appelait « l’Interstate ». Je lui dis : « Kirk, si tu cherches l’Interstate en Hawaï, tu es plus perdu que tu ne penses ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est vrai pour les métaphores comme pour les cartes : &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les chemins ne mènent pas à Rome. Tous les chemins ne mènent pas chez soi. Tous les chemins ne mènent pas à Dieu. Il y a des détours et des impasses. Les chemins ne mènent pas où nous le présumons ; ils se terminent sans parvenir à la destination qu’on nous avait promise. &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; sommes peut-être plus perdus que nous ne pensons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le dernier sondage réalisé auprès des Américains sur la religion, fondé sur des entrevues avec 36.000 gens, 70 pour cent des Américains affiliés à une religion étaient d’accord sur le suivant : « bien des religions peuvent mener à la vie éternelle ». Est-ce surprenant ? Ce qui est choquant, c’est que 57 pour cent des chrétiens évangéliques sont du même avis. Le directeur du Centre pour l’étude du christianisme mondial à Gordon-Conwell (séminaire théologique et évangélique au Massachusetts) affirma que les réponses reflétaient tant l’ignorance théologique qu’un « sécularisme fade ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le Sermon sur la montagne, Jésus dit qu’il n’existe que deux chemins – seulement deux. Et, contrairement à ces deux chemins rationalisés qui, une fois, « divergeaient dans un bois jaune », la plaisanterie de Robert Frost pour initiés « aux dépens de ceux – dit-il –  qui croyaient peut-être que j’allais vivre assez longtemps pour regretter le chemin que j’avais choisi dans ma vie », Jésus voulait dire que le chemin qu’on choisit dans la vie est bien une question de vie ou de mort. Ce que Frost voulait dire c’est que le chemin qu’on choisit dans la vie n’a pas d’importance. Mais pour Jésus, c’est très important. Il n’existe que deux chemins, dont l’un est le chemin &lt;i&gt;spacieux&lt;/i&gt; qui mène à &lt;i&gt;la perdition&lt;/i&gt;. L’autre c’est le chemin &lt;i&gt;resserré&lt;/i&gt; qui mène à &lt;i&gt;la vie&lt;/i&gt;. (Matt 7:13-14) Nombreux sont ceux qui prennent le chemin large vers la perdition. Mais peu nombreux sont ceux qui suivent ce petit sentier vers la vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le mot grec employé ici pour « la vie », c’est &lt;i&gt;zoan&lt;/i&gt; – c’est la &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; vie, la vie &lt;i&gt;éternelle&lt;/i&gt;, la vie de l’Auteur de la vie, Jésus qui est la Vie, lui-même. Evidemment, Jésus ne se réfère pas ici simplement à la vie &lt;i&gt;biologique&lt;/i&gt;. Cette vie &lt;i&gt;éternelle&lt;/i&gt; qui se trouve le long du petit sentier qui est le contraire de ‘la destruction de masse’ au bout du chemin spacieux des masses.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, gardez à l’esprit que sa discussion sur les « peu » qui trouvent le chemin resserré de la vie est &lt;i&gt;hyperbolique&lt;/i&gt;. « D’un autre point de vue », comme le fait remarquer un érudit biblique, Jésus promit « une moisson abondante ». (9:37-38) : « Les débuts d’un royaume sont peut-être modestes, mais la promesse de l’avenir est grande ». (Donald A. Hagner) Le royaume ressemble à une graine de moutarde qui pousse jusqu’à ce qu’elle devienne assez grande pour que les oiseaux puissent nicher dans ses branches. (13:31-33)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et maintenant, là, près du bout de son temps avec son cercle rapproché de disciples, et se référant à lui-même comme la Vérité, il dit : « Je suis le Chemin », « Je suis la Vie ». La Vérité leur dit la vérité : « Personne ne peut aller au Père autrement que par moi ». Que voulait-il dire ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a un article sur « Une recette de la compréhension » qu’aucun d’entre vous n’a vu, j’en suis sûr. Comment puis-je en être si sûr ? C’est dans le numéro de l’automne de la revue d’AARP. [AARP (l’Association des retraités américains) est une association des gens de plus de 50 ans.]  Il traite d’un mouvement à Denver dit « Tables communes ». Plusieurs athées, quelques baptistes, un juif, un bahaï et quelques musulmanes se retrouvent chez l’un, chez l’autre pour dîner et causer. La seule règle : Défense d’« évangéliser » ! Voyez-vous, tous les avis sont égaux sauf cet avis que tous les avis sont égaux. Il l’emporte sur tout autre avis. Mais les Postmodernes ne s’en aperçoivent pas. Les rédacteurs d’AARP pensent qu’il est très à la mode d’interdire de promouvoir la foi en Christ. Mais ils remplissent leur revue avec des publicités poussant les lecteurs à acheter toutes sortes de trucs, et des rubriques d’aide telles que « Celui qui démystifie tout » et « Le voyageur anticonformiste ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si vous êtes trop jeune pour AARP, essayez « La botte qui en dit long sur vous » au Gap, où chaque vêtement « convient à ton propre style ou philosophie personnels ». Le Gap nous dit : « Invente ta propre philosophie® ». Mais cela, c’est la philosophie du Gap ? Et on voudrait l’imposer sur autrui ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai récemment lu autre chose. C’est une citation du poète, Robert Brault, qui dit : « Aujourd’hui j’ai déformé la vérité pour être aimable, et je ne le regrette pas, car je sais beaucoup mieux ce qui est aimable que ce qui est vrai. ». Mais attends un peu, Bob. Savoir ce qui est aimable, c’est &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; savoir ce qui est &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt;, n’est-ce pas ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ecoutez, soit Jésus est celui qu’il prétend être, soit il ne l’est pas. Mais on peut compter sur Jésus pour être lui-même, qui qu’il soit. S’il est menteur, on peut compter sur lui pour mentir. S’il a la folie des grandeurs, on peut compter sur lui d’être malade mental. Cependant, s’il n’est ni menteur ni fou, lui-même, on peut compter sur lui pour dire la vérité. Et il dit qu’il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt;, intrinsèquement, le Chemin, la Vérité et la Vie. Ceux-ci ne sont pas simplement ce qu’il fait, ils sont ce qu’il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; – son &lt;i&gt;être&lt;/i&gt; même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pilate dit à son prisonnier : « Qu’est-ce que la vérité ? » Etait-ce une question ou une déclaration ? Pilate était-il en quête de vérité ? Ou bien était-il question de simple curiosité, ou de cynisme endurci ? « Qu’est-ce que la vérité ? » C’est une question qui vous intéresse ? Si oui, cela vous intéresse peut-être de savoir que Jésus affirma être la Vérité, lui. Qu’est-ce que la vie ? C’est une question qui vous intéresse ? Si oui, cela vous intéresse peut-être de savoir que Jésus affirma être la vie, lui. Comment répondre à ce qu’il dit ? On ne peut pas éviter de répondre d’une manière ou d’une autre. Même l’indifférence est une réponse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Celui qui m’a vu, a vu le Père ». « Je suis dans le Père et le Père est en moi ». « Le Père demeure en moi ». « Je suis le seul chemin du Père ». « Je vais auprès du Père ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces déclarations ne portent pas seulement sur l’unité avec le Père. Il s’agit de sa relation avec le Père, ce qui est tellement intime qu’il n’y a aucun &lt;i&gt;égocentrisme&lt;/i&gt; en Jésus. Voir Jésus, c’est voir &lt;i&gt;Dieu, celui que nul homme ne pouvait voir et demeurer en vie&lt;/i&gt;. Pourtant, le Transcendant est transparent en Jésus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et voilà ce qu’un pharisien nommé Saul de Tarse, persécuteur acharné des premiers chrétiens, finit par croire et déclarer sur Jésus, après avoir rencontré le Christ ressuscité. C’est le message que prêchait Paul qui aboutit à sa décapitation. Depuis la prison de Rome, il écrivit ceci sur Jésus : « Ce Fils, il est l’image du Dieu que nul ne voit, il est le Premier-né de toute création. Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux comme sur la terre, les visibles, les invisibles, les Trônes et les Seigneuries, les Autorités, les Puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé. Il est lui-même bien avant toutes choses et tout subsiste en lui. … Car c’est en lui que Dieu a désiré que toute plénitude ait sa demeure. Et c’est par lui qu’il a voulu réconcilier avec lui-même l’univers tout entier : ce qui est sur la terre et ce qui est au ciel, en instaurant la paix par le sang que son Fils a versé sur la croix ». (Col 1:15-17, 19-20)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rien d’étonnant à ce que Thielicke affirme dans son sermon sur le ‘Notre Père’ : « Absolument tout dépend de ce seul fait, &lt;i&gt;que c’est Jésus-Christ qui nous apprend cette prière&lt;/i&gt;. Lui seul, dans sa vie et dans sa mort, est la garantie qu’il existe un Père, que Dieu est néanmoins au travail dans ce monde cruel, dur et orphelin de père, bâtissant sa royaume de miséricorde dans le secret de la Croix ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Oui, je vous déclare, c’est la vérité : celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père. Et je ferai tout ce que vous demanderez en mon nom, afin que le Fils manifeste la gloire du Père. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus va aller auprès de son Père et l’Esprit va venir auprès des disciples. Jésus est sur le point de leur parler de la venue de l’Esprit. Par son retour promis dans l’Esprit qui demeurera auprès d’eux, il donnera à ses disciples un pouvoir qu’ils n’avaient jamais eu quand il était avec eux en personne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et les disciples, qui auront alors l’Esprit, seront amenés à prier selon la volonté du Père, par l’autorité de Jésus, et donc, bien sûr, leurs prières seront exaucées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;blockquote&gt;« Si vous m’aimez, vous m’obéirez. Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de sa cause, afin qu’il reste pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Quant à vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous ».&lt;/blockquote&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aimer Jésus et lui obéir, ce ne sont pas deux choses, c’est une même chose. Cela n’a aucun sens de prétendre l’aimer si nous ne lui obéissons pas. Mais prenez courage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ici, l’emploi du présent, ce qui représente une action continue, signifie que Jésus parle d’une &lt;i&gt;habitude&lt;/i&gt; quotidienne de tendre obéissance. Il ne veut pas dire qu’on ne ferme jamais les yeux sur cette habitude dans un instant de désobéissance. Mais il s’attend à ce qu’un vrai disciple, celui qui cherche sérieusement à &lt;i&gt;aimer&lt;/i&gt; son Seigneur, cherche sérieusement à &lt;i&gt;faire la volonté&lt;/i&gt; de son Seigneur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le contexte de ses révélations sur son prochain départ, Jésus assure à ses disciples qu’il va demander à son Père de leur envoyer un autre Défenseur – un autre Ami ou Compagnon. Il appelle cet Ami, ce Compagnon, l’Esprit de vérité. Il dit que cet Esprit de vérité va rester avec eux. Qui est-ce, cet Esprit de vérité ? Ne s’était-il pas référé à lui-même comme la Vérité ? N’a-t-il pas affirmé qu’&lt;i&gt;il&lt;/i&gt; reviendrait auprès d’eux d’une façon même plus merveilleuse ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il explique que les gens de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde-&lt;i&gt;ci&lt;/i&gt; ne peuvent pas accepter cet Esprit de vérité. Mais, affirme-t-il, ses disciples &lt;i&gt;connaîtront&lt;/i&gt; cet Esprit de vérité – de façon &lt;i&gt;intime&lt;/i&gt;. Comment ? Celui-ci &lt;i&gt;demeure&lt;/i&gt; en eux. C’est vrai, il ne les quittera jamais – ni les abandonnera !&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-6892969070887581553?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/6892969070887581553/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=6892969070887581553' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/6892969070887581553'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/6892969070887581553'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2009/09/2008-festival-de-predication-1-blair.html' title='2008 Festival de Prédication #1'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-5370425366140455194</id><published>2009-09-18T11:35:00.006-04:00</published><updated>2009-09-18T14:28:27.875-04:00</updated><title type='text'>Helmut Thielicke et Ira D. Sankey</title><content type='html'>&lt;p style="font-weight: bold;" align="center"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Erudit évangélique ~ Chanteur évangélique&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;Exposé préliminaire du Festival de Prédication&lt;br /&gt;d'Evangelicals Concerned&lt;br /&gt;10-12 Octobre 2008&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thornley Chapel à Ocean Grove, New Jersey&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;par le Dr Ralph Blair&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est le sens de la vie ? Qui sommes-nous ? D’où suis-je venu ? Où vais-je ? Ces questions-là étaient autrefois des questions humaines &lt;i&gt;fondamentales&lt;/i&gt;. Autrefois les réponses parlaient d’aimer Dieu et de le glorifier. Mais Nietzsche, Freud, les Postmodernes et maintenant, même les célébrités prétendent que nous avons passé l’âge des dieux enfantins. Aujourd’hui, disent-ils, au lieu d’être ‘les &lt;i&gt;grandes&lt;/i&gt; questions’, ces questions de sens ne valent même pas la peine d’être posées. L’&lt;i&gt;insignifiance&lt;/i&gt; est promue comme la seule réponse à ce genre de question – ce qui veut dire, bien sûr, que ‘l’insignifiance’ est entendu d’&lt;i&gt;avoir du sens&lt;/i&gt; – le sens de tout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nietzsche passa l’âge des dieux avec une sobre appréhension quant aux implications pour le monde. Mais les Postmodernes l’ont fait avec un sens de supériorité qui est cynique mais naïf. Les célébrités mettent leur grain de sel avec une idiotie élitiste. Et un public qui est tout aussi mal renseigné avale leur présupposé que les questions de sens sont dénuées de sens ou simplement des affaires &lt;i&gt;privées&lt;/i&gt; dont le prosélytisme est assurément interdit. Mais il n’y a pas d’inconvénient à faire du prosélytisme &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; Dieu – c’est même amusant. Et dans certains cercles, c’est &lt;i&gt;de rigueur&lt;/i&gt;. Tout cela est si tristement prévisible dans un monde déchu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si on faisait allusion à sa foi en Christ à une soirée new-yorkaise, il y aurait un silence stupéfait et une bousculade pour changer de sujet. Les autres invités pourraient même le trouver intolérante et reculer. Et alors ? Ils continueraient à se faire piéger par tout le complaisant égocentrisme de la société séculière – &lt;i&gt;inventant&lt;/i&gt; du sens qui commence et se termine par eux-mêmes. Que ce soit le cynisme intello-branché de « Rock Me Sexy Jesus », l’absurdité du &lt;i&gt;Secret&lt;/i&gt;, la résistance pseudo-thérapeutique à la Transcendance, ou le plus haut charabia de la théorie critique à propos de rationaliser la révolte de l’âme, c’est la &lt;i&gt;répression&lt;/i&gt;. C’est une conspiration de contrefaçons pour réprimer la vraie quête d’un Créateur abandonné. Et c’est une dépendance tant pour les non croyants que pour les croyants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’année 2008 marque l’anniversaire centième de la naissance d’Helmut Thielicke, le grand théologien et prédicateur allemands qui risqua sa vie en refusant d’être au service de l’orgueil démesuré qui découlait de l’&lt;i&gt;Übermensch&lt;/i&gt; (‘surhomme’) antichrétien de Nietzsche. Un historien qui étudie Hitler et ses lectures des sciences occultes observe que tout cela avait pour résultat « une mesquine et calculatrice tromperie de brimade » [Timothy Ryback] qui provoqua ce que Hannah Arendt appela « l’expérience contre la réalité ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’assaut contre la moralité chrétienne mené par Nietzsche est aujourd’hui une industrie en expansion. &lt;i&gt;Religulous&lt;/i&gt;, le film de Bill Maher, n’est qu’un seul récent exemple absurde, car Maher, lui aussi, croit à l’occulte, à la clairvoyance et aux maisons hantées, et il invective contre la vaccination, voire contre l’aspirine. Portant des œillères, Stephen Holden, critique du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, prétend que « la plupart des Américains embrassent une forme de foi aveugle qui, par sa nature même, requiert un saut vers l’irrationnel … impossible à expliquer ou à défendre en des termes rationnels ». D’autres critiques acclamèrent &lt;i&gt;Religulous&lt;/i&gt; : « Alléluia ! – c’est désopilant et diabolique – une marrante et blasphématoire détonation de tout ce qui est saint et biblique ». Thielicke considérait correctement de telles idioties comme n’étant « rien de moins qu’un substitut pour une transcendance perdue ». Heureusement, &lt;i&gt;Fireproof&lt;/i&gt;, le film de Kirk Cameron qui soutient la foi chrétienne, obtint un bien meilleur succès au box-office que &lt;i&gt;Religulous&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et contrairement à l’hostilité promue par des médias contre Dieu, le sondage Gallup trouve que 31 pour cent des gens qui &lt;i&gt;ne croient pas&lt;/i&gt; en Dieu croient au paranormal et à l’occulte tandis que seulement 8 pour cent de ceux qui &lt;i&gt;croient&lt;/i&gt; en Dieu avalent de telles superstitions et pseudo-sciences. Une &lt;i&gt;diminution&lt;/i&gt; de foi en Dieu correspond à une &lt;i&gt;augmentation&lt;/i&gt; de crédulité à l’égard de la superstition et de la pseudo-science. Comme l’observa G. K. Chesterton : « Quand un homme cesse de croire en Dieu, ce n’est pas pour croire à rien mais pour croire à n’importe quoi ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a cinquante ans environ, Thielicke publia deux recueils de sermons intitulés &lt;i&gt;Le Christ et le sens de la vie&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Comment commença le monde&lt;/i&gt;. Thielicke d’affirmer : « La question – d’où nous venons et où nous allons – est un des défis élémentaires de la vie. Peut-être que c’est la question &lt;i&gt;la plus importante de la vie&lt;/i&gt;. C’est seulement quand nous y aurons une réponse que nous apprendrons qui nous sommes ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il commença par &lt;i&gt;présumer&lt;/i&gt; que nous avons reçu &lt;i&gt;une révélation significative&lt;/i&gt; d’au-delà de l’espace et du temps. Il commença par &lt;i&gt;affirmer&lt;/i&gt; que nous ne pouvons pas comprendre qui nous sommes à moins que nous ne revenions au commencement, quand et où commença &lt;i&gt;le monde&lt;/i&gt;. La signification du monde, et la nôtre au sein du monde, ne sont pas d’origine récente. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons inventer pour l’adapter à nos besoins ou pour correspondre aux modes de l’époque. La signification est un don de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et remontant à la création de l’humanité – et à &lt;i&gt;la Chute&lt;/i&gt;, il l’observa : « Nous les êtres humains savons très bien, ou tout au moins soupçonnons quelque peu, que lorsque nous vieillissons, et quand la race humaine entière vieillit, quelque chose se passe là qui est tout à fait différent que le bourgeonnement, le mûrissement et la floraison d’une rose. Car ce qui se développe dans la vie humaine n’est pas seulement les dons et les bénédictions que Dieu y a mis. Les semences que l’Adversaire maléfique a plantées dans notre cœur poussent, elles aussi ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Donc, affirma Thielicke, il est évident que nous ne pouvons plus reconnaître &lt;i&gt;à quoi&lt;/i&gt; Dieu nous destinait quand il nous créa, &lt;i&gt;ce qu’&lt;/i&gt;il avait en tête quand il conçut l’image de l’homme, en regardant ce que nous sommes vraiment et ce que nous sommes aujourd’hui. Et, parce que nous savons cela, nous revenons au bourgeon, à la recherche du dessein initial. Nous cherchons l’origine de l’homme pour découvrir ce que l’homme était vraiment avant le catastrophe qui l’a défiguré et déformé. … Si je veux savoir qui je suis vraiment et à quoi Dieu me destinait, je dois chercher derrière le paradis perdu, je dois me tourner vers la matinée de la création et m’efforcer d’entendre les premières paroles de Dieu pour moi et mon père Adam ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le « Final » de son autobiographie, Thielicke écrivit : « à beaucoup de mes contemporains, il paraissait grotesque – et le paraît toujours – de consulter un ancien livre, à savoir, la Bible, sur notre origine et notre destination, et avec son aide de comprendre le but pour lequel nous avons été créés. Ne pouvons-nous pas envoyer nos sondes dans l’espace ? Ne sommes-nous pas constamment à l’affût de tout ce qui est nouveau, des ‘innovations’ ? … N’est-ce pas un pas en arrière de fouiller dans les lieux anciens où Dieu laissa ses traces ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A l’âge de 75, deux ans avant qu’il ne soit mort, il écrivit : « Pendant ma longue vie j’ai vu tant de vérités qui prétendaient être ‘le dernier mot’ aller et venir ! … Comme les dieux d’une époque semblent cocasses juste deux heures plus tard ! Comme ils apparaissent absurdes, vus de derrière ! Il se peut qu’il faille être aussi vieux que moi pour ne plus être ému par le bruit et la mode de l’époque ou de ne pas être impressionné par les applaudissements des médias qui les accompagnent. Il y a seulement quelques évangiles qui durent ». Se rappelant les foules de gauchistes dans les années 60 qui prirent d’assaut son église comme des chemises brunes nazies, il affirma : « Des gens comme moi … cherchaient la vérité dans ce livre qui est ancien et éternellement &lt;i&gt;jeune&lt;/i&gt;. [Nous voulions] rester fidèle à [ce que son ami Karl Barth appela ‘ce &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; monde étrange de la Bible’, mais nous] étions constamment maudits comme des représentants du passé. [Mais] au moyen de cet ancien livre je me rendis compte que je faisais déjà face à l’avenir, à savoir, cette époque dans l’avenir qui rendrait évidente la futilité des dieux de l’époque et qui témoignerait de l’éternité du seul Dieu. Par contre, comme les alternatives banales de ‘conservateur’ et ‘progressiste’, ‘réactionnaire’ et ‘tourné vers l’avenir’, voire ‘droite’ et ‘gauche’ paraissent idiotes ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et Thielicke que trouva-t-il dans les pages de cet ancien livre des livres ? Il affirme avoir trouvé que « leur but est de démontrer ce que signifie pour moi et ma vie le fait que Dieu est là au commencement et à la fin, et que tout ce qui se passe dans le monde – ma petite vie et ses joies, et aussi l’histoire de l’ensemble du monde … est, pour ainsi dire, une conversation qui est entourée, soutenue et protégée par le souffle de Dieu ». Voilà pourquoi il peut continuer en disant : « Une fois que Dieu sera devenu le thème de la vie d’un homme, elle deviendra énormément passionnante, voire aventureuse ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il subit les horreurs des deux guerres mondiales et la destruction de vie par les régimes nazis et soviétiques. Mais la vie de Helmut Thielicke avec son Seigneur était, ici – et sûrement qu’elle &lt;i&gt;l’est encore&lt;/i&gt;, là-haut en présence de Dieu – la &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; aventure, celle qui &lt;i&gt;se dévoile sans cesse&lt;/i&gt; avec Dieu, Lui-même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke est né en 1908. Pour le mettre dans son contexte historique, les personnages suivants sont nés dans cette année-là, eux aussi : Olivier Messiaen, Lyndon Johnson, Thurgood Marshall, Harry Blackmun, Simone de Beauvoir et Abraham Maslow, ainsi que Bette Davis, Ethel Merman, Rosalind Russell et le petit Quentin Crisp.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’étais frappé par un des &lt;i&gt;premiers&lt;/i&gt; souvenirs de Thielicke. Quand on lui dit qu’il irait au jardin d’enfants, il imagina qu’il serait « planté dans la terre par les pieds et alors, constamment arrosé ». Quand on m’a dit que j’irais au jardin d’enfants, &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, j’imagina qu’il faudrait travailler sous le soleil chaud, creuser dans la terre et arracher de mauvaises herbes toute la journée ! J’étais tellement soulagé de découvrir autre chose.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avec deux doctorats de l’université d’Erlangen, cet esprit universel écrivit des centaines d’articles dans des revues savantes et populaires. Il écrivit deux ouvrages en trois volumes d’érudition rigoureuse : &lt;i&gt;La foi évangélique et L’éthique théologique&lt;/i&gt;. Il écrivit un livre sur l’art de prêcher, un hommage au grand prédicateur victorien, Charles Haddon Spurgeon. Voici quelques-uns de ses nombreux recueils populaires de sermons : &lt;i&gt;Le Christ et le sens de la vie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment croire de nouveau&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La vie peut recommencer&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment commença le monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Etre chrétien quand arrivent les ennuis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La question cachée de Dieu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Père en attente&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Je crois&lt;/i&gt;, ce que &lt;i&gt;Christianity Today&lt;/i&gt; appela « un ouvrage d’apologétique d’une puissance formidable ; celui-ci trouvera sa place parmi les œuvres chrétiennes qui ont cherché, non à écraser les adversaires intellectuels, mais à amener les sceptiques sincères au Christ ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans sa critique du second tome de Thielicke sur la théologie systématique, Bernard Ramm, l’érudit baptiste américain, l’appela « &lt;i&gt;évangélique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;luthérien&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;analytique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;incarnationnel&lt;/i&gt;, une théologie de &lt;i&gt;précision&lt;/i&gt;, une théologie &lt;i&gt;existentielle&lt;/i&gt;, et une théologie de &lt;i&gt;prédication&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette théologie profondément pratique fut prêchée. Le traducteur des œuvres théologiques de Thielicke affirma que celui-ci était probablement le meilleur prédicateur germanophone depuis Martin Luther. « Thielicke, dit-il, atteint une stature presque apocalyptique dans sa représentation du monde brisé, et dans sa proclamation du message du salut et du jugement de Dieu dans le monde ». (Geoffrey Bromiley) Comme le dit Richard John Neuhaus : « Helmut Thielicke est pratiquement sans égal dans son aptitude d’unir ses talents de pasteur, de prédicateur, d’enseignant et de théologien en éclaircissant la foi chrétienne tant pour l’intelligentsia méprisant que pour les croyants avec des doutes ». Tous étaient d’accord sur le fait qu’il était une expérience extraordinaire de l’&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; prêcher devant des congrégations débordantes deux fois par semaine. Toutefois, ses sermons sont encore disponibles sous forme &lt;i&gt;imprimée&lt;/i&gt;, ayant été traduits en une douzaine de langues et vendus pour des décennies.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une heure avant ses sermons de samedi soir, il n’y aurait plus eu de places dans l’église gigantesque de St Michel dans la ville profane d’Hamburg. Vêtu de sa toge noire au col blanc, il se dressait dans cette chaire haute et bulbeuse et prêchait ardemment des sermons centrés sur le Christ avec éloquence persuasive, avec précision exégétique et avec soin pastoral. Il ne manquait jamais de se référer à l’évangile – le Christ sur la croix, expiant nos péchés : « Golgotha est une douleur dans le cœur de Dieu, dit-il. C’est un Dieu qui l’emporte sur lui-même, c’est une lutte de Dieu avec lui-même ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un luthérien avec une touche de l’Eglise Libre, il avait des opinions claires sur ce qu’il appelait des « sermons dégénérés ». Il affirma que l’une sorte en est « la transformation du sermon en un discours politique fixe qui proclame qu’une position politique particulière est la position chrétienne ». Il expliqua : « D’après mon expérience, cette sorte domine chez des gens dont la substance spirituelle est trop diluée pour faire une proclamation passionnée de l’Evangile ».  L’autre sorte de ‘sermon dégénéré’ est « un certain ritualisme qui étouffe ou au moins obscurcit la foi personnelle de l’individu par l’utilisation excessive des expressions consacrées et de la &lt;i&gt;musica sacra&lt;/i&gt; traditionnelle ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Américains s’étonnaient qu’il ne prêche pas en anglais en Amérique. Il expliquait qu’il n’avait étudié que les langues classiques et ajoutait, ses yeux pétillants : « Les garçons étudiaient l’anglais pour devenir des &lt;i&gt;serveurs&lt;/i&gt; ». Donc, il employait d’habitude un traducteur, mais lutta parfois pour lire une traduction anglaise lui-même. Après qu’il avait fait ainsi au cours d’un discours à Chicago, quelqu’un lui dit : « Je pensais toujours que l’allemand était une langue difficile. Mais j’ai pu comprendre au moins deux phrases de votre discours ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Helmut Thielicke ouvra la voie pour repenser la position chrétienne sur l’homosexualité. Il fut donc particulièrement approprié que, dans le numéro du printemps 1986 du &lt;i&gt;Record&lt;/i&gt; d’EC, nous prîmes note de son décès à l’âge de 77.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1963, dans ses conférences à l’Université de Chicago, il reconnut que l’orientation homosexuelle « est déjà présente avant que la première décision ne soit faite ». Il trouvait dans les commentaires de Karl Barth et d’autres théologiens « une telle confusion étonnante » sur l’homosexualité qu’il doutait qu’ils aient « jamais accompagné une personne homosexuelle en tant que pasteur sur le ‘chemin’ qu’elle avait à suivre ». Thielicke reconnaît la vérité de l’observation de Flannery O’Connor : « La conviction sans l’expérience aboutit à la dureté ». Il soupçonnait ce que soupçonnait Harry Ironside : Il est facile de prendre nos préjugés pour nos convictions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke de conclure : « Il n’y a pas le moindre excuse pour vilipender l’homosexuel intrinsèque pour des raisons morales ou théologiques ». Se rappelant la parabole de Jésus sur les pièces d’or qu’un roi donna pour investir, il encouragea les gens à recevoir leur orientation homosexuelle de façon responsable, comme quelque chose d’être considéré « comme une pièce d’or pour investir». (Luc 19:13 ss)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il rassura ses lecteurs que la façon exacte dont on devrait mettre en œuvre un tel ‘investissement’ « peut être discuté seulement quand on se rend compte que même le Nouveau Testament manque d’une déclaration normative évidente sur cette question. Même le type de question auquel nous sommes parvenus, à savoir, le problème posé par ‘l’&lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt; endogène’ de l’homosexualité, doit être, pour des raisons purement historiques, étranger au Nouveau Testament ». Thielicke affirma que la question doit nous mener à examiner « comment l’homosexuel dans sa situation réelle peut atteindre à son optimal potentiel éthique d’autoréalisation sexuelle. Nier cela, dit-il, signifierait en tout cas un niveau de sévérité et de rigueur que l’on ne penserait jamais à demander » à autrui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke plaidait fréquemment la cause des homosexuels. Dans son œuvre de 1984, &lt;i&gt;Être humain – devenir humain&lt;/i&gt;, il observa : « la compréhension de nous-mêmes que nous apportons avec nous influe d’une façon essentielle sur notre rayon d’action, sur notre approche et sur la sélection et l’arrangement des phénomènes. Ce bourbier de subjectivisme qui nous menace ne peut être évité que si nous critiquons consciemment non seulement les objets de notre étude, mais aussi nous-mêmes et nos présupposés. Cela s’applique à chaque domaine avec une pertinence anthropologique. Nous sommes trop proches des objets de cette discipline pour ne pas être encombrés des prémisses secrètes. Si l’on désire des exemples réels, il faut seulement penser au débats sur l’homosexualité, où les préjugements sociaux, religieux, moraux et instinctifs organisent une réunion macabre ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son autobiographie, &lt;i&gt;Notes d’un voyageur&lt;/i&gt;, aussi parue en 1984, en allemand, deux ans avant qu’il ne soit mort, Thielicke raconte que dans les premiers jours de leur mariage sa femme et lui attendaient un plus jeune ami d’école, Horst Erbslöh, âgé de 27 ans, pour passer avec eux les fêtes de Pâques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke se rappela : « C’était son corps athlétique, la grâce de ses mouvements et son sourire radieux qui attirèrent d’abord mon attention. Il aimait être conduit et conseillé par un garçon plus âgé comme moi, et il aimait aussi être corrigé de temps en temps quand il se plaignait de ses mauvaises notes à l’école. Je lui disais qu’il l’avait provoqué lui-même par sa tendance charmante à la paresse ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke d’avouer : « Plus tard, il m’était clair que cette amitié était teintée d’un érotisme tendre, bien que cela n’ait jamais été ouvertement exprimé, même en mots. Cette retenue portait moins sur notre chasteté naturelle que sur les limites imposées à notre comportement par le tabou collectif que cet âge-là employait pour protéger la sphère érotique. Pour cette raison, notre amitié n’alla pas au-delà d’une affection enthousiaste l’un pour l’autre. Cette affection me donne encore une immense joie, même en y revenant un demi-siècle plus tard ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il poursuivit : « Une fois, pas longtemps avant sa visite attendue à Heidelberg, je rêva de lui. Je me vis devant son cercueil, bronzé, donnant une oraison funèbre en son honneur. Ce rêve devint réalité. Il n’y arriva pas comme prévu ce matin de Pâques, mais au lieu de cela, envoya une longue lettre où il m’informa qu’il avait entrepris un voyage d’où il ne reviendrait jamais. Il dit que j’étais le seul à en être informé, et me demanda de ne pas partir à sa recherche. Il me remercia de ce que je lui avais dit à propos de la foi, et de toute l’amitié que je lui avais montrée. Il affirma que cela le consolerait quand le temps serait venu de mourir au plus bel endroit au monde ». Horst écrivit sur ses pertes financières et sur sa petite amie qui refusa de l’épouser, et il demanda qu’on prie à Dieu de lui pardonner. Thielicke rapporta que « les dernières phrases étaient tachées » et dit-il, « je crois que ses larmes y étaient tombées ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’année précédente, Horst avait envoyé une carte postale de Berchtesgaden. Il avait marqué d’une croix un petit endroit sur le massif Watzmann, ce qui était enveloppé de mythes, l’appelant « le plus bel endroit au monde. Voilà où je voudrais mourir ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke se précipita donc vers Berchtesgaden et demanda qu’on organise une équipe secours. On trouva le cadavre d’Horst à l’endroit exact qu’il avait marqué sur la carte postale. Thielicke d’écrire : « Il ne put pas avoir été mort pour longtemps. Une expression terriblement sérieuse fut gravée dans ses traits ». Il célébra les obsèques à leur ville natale de Barmen et raconta que Horst avait écrit qu’il n’allait pas dans une obscurité sans espoir, mais était convaincu qu’un personnage compatissant l’accueillerait dans l’autre monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke observa : « Pendant les jours que nous avons passés à la recherche d’Horst, le soleil de montagne m’avait bronzé, exactement comme dans mon rêve ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A mesure que l’influence d’Hitler grandissait, et alors, lorsque les nazis prirent le pouvoir, Thielicke devint une cible. Il était engagé dans l’Eglise confessante – par opposition à la branche ecclésiastique du parti nazi dite Chrétiens Allemands. Le jugeant ‘politiquement suspect’, les nazis forcèrent son expulsion de la faculté théologique de l’université d’Heidelberg et bloquèrent sa mutation à l’université d’Hamburg. Son évêque lui dit : « Après que la guerre aura fini et après que les nazis seront partis, nous aurons besoin de vous de nouveau en tant que professeur. Voilà pourquoi je ne vous donne qu’un poste mineur dans le Jura souabe ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il travaillait donc au service d’une petite congrégation à Ravensburg. A cette époque-là, les nazis organisaient des réunions politiques qui coïncidaient exactement avec les services religieux. Beaucoup de gens avaient trop peur des voyous nazis d’aller à l’église au lieu d’aller aux rassemblements nazis. Un certain dimanche où il y avait très peu de gens à l’église, Thielicke interrompit le chant de l’hymne de Martin Luther, « Notre Dieu est une forteresse puissante ». Il leur rappela que la semaine précédente, « beaucoup de gens avaient trop peur d’aller à l’église, et au lieu de cela, ils allèrent à une réunion politique. C’était tout bonnement un reniement de notre foi. Tant que cette honte planera sur nous, il nous sera défendu de chanter le dernier vers, ‘Si l’on enlève votre vie, votre richesse, votre honneur, votre enfant et votre femme. …’ Chanter cela en ce moment serait mentir. Donc, l’orgue jouera maintenant le vers tout seul pendant que nous resterons debout et réfléchirons à notre échec. Malheur à celui qui chante les paroles ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand les Alliés occupèrent l’Allemagne en 1945, ils établirent un processus agressif de dénazification qui, d’après Thielicke, avait tendance de provoquer des conséquences non voulues mais contreproductives. Il affirma que les Alliés « demandaient constamment aux Allemands d’avouer une culpabilité collective qui était généralisée et sans discernement. Bien des gens l’acceptèrent, souvent en raison d’un opportunisme inconscient voire calculé, [et] cette accusation de soi masochiste … renforça un agréable sens de supériorité morale ». Thielicke poursuivit : « La tendance des Alliés aux condamnations unilatérales et totales qui leur fit ignorer la poutre dans leurs propres yeux … provoqua une réaction furieuse et défensive de la part des accusés, ce qui les empêcha donc de voir la culpabilité qui &lt;i&gt;était vraiment là&lt;/i&gt; ». La perspicacité de Thielicke devrait façonner les échanges moralisateurs de nos jours entre les églises anti-gays et les LGBT anti-Eglise.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La famille, les amis et les collègues de Thielicke lui donnèrent une grande fête à l’occasion de son 75ème anniversaire. Après, il rappela les paroles écrites par un ami à un autre : « Les pas s’éteignent. La dernière personne s’en est allée. Le grand jour touche à sa fin. Je suis éveillé à ne pas pouvoir dormir. Je sais que tu attends de m’accueillir, Ô Dieu. Je t’apporte ce que les gens m’ont apporté – des fleurs, des lauriers, la gratitude et la gloire – car, après tout, tout est à toi. Tout le monde n’a parlé que de tes louanges ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Thielicke remarqua alors : « Une vie humaine en valait la peine, je m’en rendis compte, si elle n’a aidé qu’un seul homme ou une seule femme à trouver sa voie à la source de toute vie ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans son enfance et pendant ses années à l’université, Thielicke trompa la mort plusieurs fois. Et en 1944 il avait été impliqué dans un complot contre les nazis et échappa de justesse le gibet. Dans son livre de 1983, &lt;i&gt;Vivre avec la mort&lt;/i&gt;, il résuma son expérience d’affronter la mort : « Dans la mort je m’approche avec confiance de celui qui a la vie et le jugement dans ses mains. Je n’ai pas besoin de compter sur mes œuvres bonnes ni sur mon âme immortelle. Je ne le peux pas, car les œuvres ne sont pas bonnes, et l’âme n’est pas immortelle. Je suis justifié par la grâce seule, et c’est par la grâce seule que je prends part à la résurrection (2 Cor 4:7). Je resterai dans la présence de celui qui est Alpha et Omega. Avec cette connaissance je pars pour la nuit de la mort, qui est une vraie nuit. Je sais qui m’attend le matin ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà les dernières paroles de son autobiographie : « En tant que chrétiens nous sommes certains que la durée de vie qui nous est donnée n’est que l’avènement d’une réalisation encore plus grande. La terre à laquelle nous sommes appelés est une &lt;i&gt;terra incognita&lt;/i&gt; – une terre inconnue, voire inconcevable. Il n’y a qu’une seule voix que nous y allons reconnaître parce qu’elle nous est déjà familière ici : la voix du Bon Berger ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jacob parla de ce Bon Berger à la fin de sa vie &lt;i&gt;à lui&lt;/i&gt; : « Il m’a conduit depuis que j’existe jusqu’à ce jour ». (Gen 48:15) Et David, le roi-berger, témoigna que ce même Seigneur était son Berger &lt;i&gt;à lui aussi&lt;/i&gt;, afin qu’il n’ait besoin de rien même dans « la vallée de l’ombre de la mort ». (Ps 23) Le Bon Berger est le Seigneur dont les prophètes déclarèrent les promesses. La voix du Bon Berger vint par l’intermédiaire d’Ezéchiel : « Je chercherai la brebis qui sera perdue, je ramènerai celle qui se sera éloignée, je panserai celle qui a une patte cassée, et je fortifierai celle qui est malade ». (34:16) Et par l’intermédiaire d’Esaïe, les gens entendirent qu’ils s’étaient effectivement dévoyés : « Nous étions tous errants, pareils à des brebis ». (53:6) L’illustration était claire, car tout le monde savait que c’est ce que font des brebis – elles s’égarent. Les brebis ont besoin d’un bon berger pour les soigner ; elles sont trop idiotes pour se débrouiller toutes seules. Elles se perdent et ont besoin d’un bon berger pour aller les retrouver et ramener, même malgré elles, à la sécurité de l’enclos.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jésus vint alors en tant que bon berger qui vient rechercher et sauver ce qui est perdu. (Luc 19:10) Il dit qu’il se met en quatre pour aller à la recherche de la brebis qui s’égare. (Matt 18:12-14) Et il se vit comme le bon berger quand il dit qu’il donne sa vie pour ses brebis. (Jean 10:11)&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: center;"&gt;* * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Bon Berger était dépeint dans un hymne chanté depuis la fin du 19e siècle. Cet hymne est basé sur un poème, « La brebis perdue », écrit en 1869 par Elizabeth Clephane de Melrose en Ecosse. Elle l’écrivit pour se réconforter après avoir entendu de la mort ivre de son frère – la brebis galeuse de la famille. Mais elle n’entendit jamais la musique, maintenant familière, qui correspond à ses paroles, car la musique ne fut pas ajoutée avant cinq ans &lt;i&gt;après&lt;/i&gt; sa mort à elle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1874, l’évangéliste américain, D.L. Moody, et son soliste et chef de musique, Ira D. Sankey, voyageait en train à travers l’Ecosse. Ils étaient en route pour leur prochaine réunion évangélique à Edimbourg.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Moody était absorbé par des lettres. Sankey était assis feuilletant un exemplaire du &lt;i&gt;Christian Age&lt;/i&gt;, un journal du dimanche de Londres. Sankey tomba sur le poème de Clephane, imprimé dans le journal. Comme il le lisait, il était profondément ému. Comme l’écrivit la poétesse :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Il y en avait quatre-vingt-dix-neuf&lt;br /&gt;Dans le refuge de l’enclos.&lt;br /&gt;Mais l’une des brebis s’était égarée,&lt;br /&gt;Loin des portails d’or.&lt;br /&gt;Perdue dans les montagnes sauvages et rudes,&lt;br /&gt;Loin des tendres soins du berger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Seigneur, tu en as ici tes quatre-vingt-dix-neuf ;&lt;br /&gt;Celles-ci ne te suffisent pas ? »&lt;br /&gt;Mais le Berger répondit, « ma brebis&lt;br /&gt;S’est éloignée de moi ;&lt;br /&gt;Et bien que le chemin soit dur et raide,&lt;br /&gt;Je vais au désert la retrouver ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais aucune des rachetées ne savait jamais&lt;br /&gt;La profondeur des eaux traversées,&lt;br /&gt;Ni l’obscurité de la nuit subie,&lt;br /&gt;Avant qu’il ne retrouvât sa brebis.&lt;br /&gt;Dans le désert, il l’entendit bêler,&lt;br /&gt;Fragile, impotente et prête à crever.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«  Seigneur, d’où sont venues ces gouttes de sang&lt;br /&gt;Qui tachent le sentier de montagne ?&lt;br /&gt;—Elles étaient versées pour celle qui s’était égarée&lt;br /&gt;Avant que le Berger ne pût la ramener.&lt;br /&gt;—Seigneur, pourquoi tes mains sont-elles si déchirées ?&lt;br /&gt;—Ce soir des épines les ont transpercées ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A travers les montagnes fendues par la foudre,&lt;br /&gt;Surgissant du ravin escarpé,&lt;br /&gt;Un cri joyeux parvint au portail des Cieux :&lt;br /&gt;« Réjouissez-vous ! J’ai retrouvé ma brebis ! »&lt;br /&gt;Et les anges répétèrent autour du trône,&lt;br /&gt;« Réjouissez-vous ! Le Seigneur ramène sa brebis !&lt;br /&gt;« Réjouissez-vous ! Le Seigneur ramène sa brebis ! »&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sankey essaya de montrer le poème à Moody, mais Moody y fit à peine attention et continua à lire ses lettres. Sankey arracha le poème du journal et le glissa dans sa poche.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain après-midi, à l’Assemblée des Eglises Libres d’Edimbourg, Horatius Bonar fut le prédicateur invité. Il prêcha un sermon puissant sur – de tous les sujets possibles – « Le Bon Berger ». Le sermon de Bonar fini, Moody se tourna vers Sankey et lui demanda un dernier solo approprié. Sankey ne s’y attendait pas et ne savait pas trop quoi faire. Mais, se rappela-t-il : « Il me semblait que j’entendais une voix dire : ‘&lt;i&gt;Chante l’hymne que tu as trouvé sur le train&lt;/i&gt;’. » Ceci ne semblait pas avoir de sens, puisque ce qu’il avait trouvé sur le train était un &lt;i&gt;poème&lt;/i&gt;, pas un &lt;i&gt;hymne&lt;/i&gt;. Pourtant, la voix y persista : « &lt;i&gt;Chante cet hymne-là&lt;/i&gt;. » Ainsi, comme il le raconta : « J’ai mis le petit bout de journal sur l’orgue et élevé mon cœur en prières, demandant à Dieu de m’aider chanter de sorte que les gens pouvaient entendre et comprendre. Assis à l’orgue, j’ai joué quelques notes en La bémol et commencé à chanter ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’il avait fini de chanter le poème, Moody se tourna vers lui et lui demanda : « Où avez-vous trouvé cette chanson ? — C’est ce que je vous ai montré hier, sur le train ». Moody avait l’air de ne pas comprendre. Mais, avec des larmes dans les yeux, Moody se réjouit de la vérité et la beauté de ce nouvel hymne – chanté pour la toute première fois ce jour-là, le 21 mai 1874.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ecoutez Sankey chanter deux vers de « Les quatre-vingt-dix-neuf ». Cela provient d’un cylindre de cire enregistré il y a plus de cent ans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Des recherches récentes en Angleterre et en Allemagne montrent que la musique stimule peut-être les défenses immunitaires. On trouve que la musique est associée à des niveaux augmentés d’un certain anticorps et aux niveaux réduits d’une hormone du stress. Bien sûr, on savait depuis toujours que la musique peut remonter le moral. Et Moody savait qu’elle peut en faire encore plus. C’est pourquoi il avait tellement insisté pour que Sankey s’unisse à lui après l’avoir entendu chanter quatre ans plus tôt. Moody lui dit : « La musique et le chant sont essentiels pour renforcer la vie spirituelle. Le chant fait au moins autant que la prédication pour imprimer la parole de Dieu sur l’esprit ». Et c’est vrai. On se rappelle davantage de théologie en chantant des hymnes que jamais en écoutant des sermons. D’ailleurs, comme Moody dit à Sankey : « Chanter aide à développer une audience – même si la prédication est ennuyeuse. Avec des chants qui touchent le cœur, les églises se rempliront à chaque fois ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1870, Sankey vivait et travaillait à New Castle, en Pennsylvanie, à juste deux milles du village d’Edinburg sur les bords de la rivière Mahoning où il était né en 1840.  C’est à juste 15 milles de l’endroit où je suis né, moi – 99 ans plus tard. Sankey était dirigeant du chœur dans une église méthodiste à New Castle, et aussi faisait partie du ministère du YMCA du quartier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lors de la convention du YMCA en 1870 à Indianapolis où il était délégué, Sankey entendit Moody prêcher pour la première fois. Bien qu’impressionné par la prédication, il n’était pas impressionné par le chant. En fait, c’était tellement faible que, comme il chantait, lui, sa belle voix barytone convainquit les gens de lui demander de &lt;i&gt;diriger&lt;/i&gt; le chant. Et il le fit donc. Le chant s’améliora nettement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sankey décrivit sa première rencontre avec Moody après le service.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Alors que je m’approchais de M. Moody, il s’avança, prit ma main, et me regarda de sa façon vive et perçante comme s’il lisait dans mon âme même. Puis, il me dit brusquement, « D’où venez-vous ? — De la Pennsylvanie, répliquai-je. — Êtes-vous marié ? — Oui. — Combien d’enfants avez-vous ? — Deux. — Quel est votre métier ? — Je suis fonctionnaire. — Eh bien, vous devrez y renoncer ! » J’étais trop stupéfait pour répondre, et il poursuivit comme si la question avait déjà été décidée : « Je vous cherche depuis huit ans. Il vous faudra venir à Chicago m’aider dans mon travail ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Moody ne se contentait jamais d’un ‘non’ comme réponse. Donc, même après que Sankey avait dit qu’il le considérerait – par politesse plus que par une intention quelconque de quitter sa famille et son travail – Moody s’y entêta. Au bout de quelques mois, Sankey finit par accepta de passer juste une semaine à Chicago avec Moody. Mais avant la fin de la semaine, Moody l’avait persuadé de devenir membre de son ministère. Ses affaires en Pennsylvanie conclues, il revint vite à Chicago.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche, le 8 octobre 1871, il était assis devant l’orgue pendant que Moody prêchait. Des bruits venant du dehors de l’église devenaient de plus en plus forts jusqu’à ce qu’on ait entendu des cris que la ville était en feu. C’était le grand feu de Chicago qui durait jusqu’à mardi, le 10 octobre, quand des centaines de gens étaient déjà morts, des milliers déplacés, et environ quatre milles carrés de bâtiments complètement détruits par le feu. C’était il y a exactement 137 ans ce soir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la terreur qui s’ensuivit, Sankey et Moody se fit séparés l’un de l’autre. Sankey donna un compte-rendu fascinant de son évasion du feu et de l’épreuve horrible durant ces plusieurs jours et nuits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Enfin il réussit à s’échapper de la ville et prit un train pour la Pennsylvanie. Les deux hommes ne se reverraient pas avant deux mois. Mais dès lors, et année après année jusqu’à ce que Moody soit mort en 1899, ils travaillaient ensemble au service de l’évangile des deux côtés de l’Atlantique – depuis le vieux Hippodrome de New York (qui deviendrait plus tard Madison Square Garden) jusqu’au Crystal Palace and Agricultural Hall de Londres, depuis les retraites estivales à Northfield au Massachusetts jusqu’aux universités d’Oxford, de Cambridge, de Yale et de Princeton. Moody et Sankey préfiguraient les carrières évangéliques de Billy Sunday et de Homer Rodeheaver, et celles de Billy Graham et de George Beverly (‘Bev’) Shea.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quatre mois avant la naissance de Helmut Thielicke à Barmen, Ira D. Sankey mourut à Brooklyn. Ce fut jeudi soir, le 13 août, à 1900h, juste deux semaines avant l’anniversaire de ses 68 ans. Sa vue baissait durant les cinq dernières années de sa vie. Vers la fin, il devint complètement aveugle. Il passait donc la plupart de son temps à sa maison dans la partie de Brooklyn dite Fort Greene. Il recevait là des visites de ses bons amis, y compris la poétesse Fanny Crosby, longtemps aveugle, dont les poèmes il avait mis en musique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sa nécrologie fit la une du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; : « Ira D. Sankey est décédé, une chanson sur les lèvres ». Comme le rapporta le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; : « Juste avant qu’il ne sombrât dans l’inconscience à la fin, il est rapporté que l’on l’entendit chanter, sa voix presque inaudible, un vers de son hymne préféré, pas l’un des siens, mais l’un écrit par Fanny Crosby de Brooklyn, l’auteur aveugle des hymnes :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Un jour le fil d’argent se brisera&lt;br /&gt;Et je ne chanterai plus comme maintenant.&lt;br /&gt;Mais oh ! Quelle joie lors de mon réveil&lt;br /&gt;Dans le Palais du Roi ! »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, nos deux frères, Helmut et Ira, ne sont plus avec nous dans ce monde-ci. Mais ils sont plus proches de Celui qui a promis de ne jamais quitter ni abandonner aucun de nous. Et alors, de même qu’ils sont avec Lui et qu’Il est avec nous, bien que ‘le fil d’argent’ puisse, en effet, être brisé, notre vie avec le Christ n’est pas brisée, ni la communion des saints non plus.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-5370425366140455194?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/5370425366140455194/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=5370425366140455194' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/5370425366140455194'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/5370425366140455194'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2009/09/helmut-thielicke-et-ira-d-sankey.html' title='Helmut Thielicke et Ira D. Sankey'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-785679410017075280</id><published>2008-12-06T10:17:00.016-05:00</published><updated>2011-08-05T14:26:27.529-04:00</updated><title type='text'>La souffrance et le mystère</title><content type='html'>&lt;p align="center"&gt;une exposition sur Job&lt;br /&gt;par Roy Clements&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a peu de doute que beaucoup de gens trouveraient plus facile de croire en Dieu s’il n’existait pas le problème de la souffrance. Il est évident qu’il y a beaucoup de choses dans le monde qui contredisent une confiance insouciante en un Dieu omnipotent et tendre. La souffrance suscite des questions qui sont intellectuellement et émotionnellement inquiétantes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certaine souffrance, évidemment, est la conséquence directe de la folie humaine ou des actions criminelles : maltraitance des enfants, accidents de la circulation, bombes terroristes, accidents nucléaires – on peut soutenir que ce sont tous « de notre faute ». Mais en plus de cela, il y a énormément de souffrance qui n’est pas du tout de notre faute : tsunamis et ouragans, cancer et maladies mentales, faim et sécheresse … la liste pourrait continuer. Et même lorsque la souffrance peut être attribuée à la criminalité humaine, il est rare que les criminels en souffrent ; les personnes innocentes en sont presque toujours les victimes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a tant de choses dans notre monde qui semblent caractérisées par la douleur inutile et imméritée, ce qui pose la même question pour tout chrétien honnête : Pourquoi, mon Dieu ? Pourquoi l’as-tu laissé se produire ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bertrand Russell, philosophe à Cambridge au milieu du 20e siècle, a parlé pour beaucoup de gens, je suppose, dans son pamphlet « La foi d’un rationaliste » lorsqu’il a écrit :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Je peux imaginer un démon sardonique qui nous crée pour s’amuser, mais je ne peux imputer à un être sage, bienfaisant et omnipotent le poids terrible de cruauté, de souffrance et d’avilissement ironique de ce qui est le mieux qui ont terni l’histoire de l’homme.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il n’est pas difficile de compatir à un tel scepticisme ; mais si l’on est croyant, comment donc y répondre ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En fait, il y a deux façons dont un croyant peut répondre :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La première est de se mettre sur la défensive : de serrer le doudou d’orthodoxie théologique et de tradition religieuse, se fermant à ces questions importunes menaçant la sécurité de la foi. Une telle réponse est de battre en retraite – battre en retraite vers ce que Bertrand Russell qualifierait probablement de « suicide intellectuel » ou « foi aveugle ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’appellerai cette approche « &lt;strong&gt;faire l’autruche&lt;/strong&gt; » – « ne faites attention à aucune preuve du contraire – croyez simplement qu’il existe un Dieu tendre et tout-puissant qui maîtrise le monde ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’alternative est de passer à l’offensive : d’aborder directement le problème de la souffrance et d’avoir le courage de poser ces questions difficiles, de contester ces réponses conventionnelles. Au lieu de refuser d’affronter l’incertitude, cette approche lutte contre elle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’appellerai cette approche « &lt;strong&gt;faire face à la tempête&lt;/strong&gt; » – « si je vais croire, ce sera sans angles mort, sans zones intellectuelles interdites ; une foi qui affronte la réalité, aussi déplaisante soit-elle ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis que je suis un nouveau chrétien, il m’est important de savoir que chaque fois qu’on examine la Bible, on y est encouragé à se joindre au second camp. La Bible ne fait pas l’autruche en ce qui concerne le problème de la souffrance, bien qu’il faille admettre qu’un bon nombre de chrétiens le font.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En fait, la Bible nous présente à maintes reprises des hommes et des femmes de foi qui abordent le problème de la souffrance avec courage et franchise, sans peur de poser la question, « Mon Dieu, pourquoi ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et, bien entendu, l’exemple classique en est celui de &lt;strong&gt;Job&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les premiers chapitres, nous apprenons dans une section de prose que Job était un homme vertueux, mais pour des raisons jamais entièrement expliquées Dieu permet à Satan de le dépouiller de tous ses biens :&lt;/p&gt;&lt;ul type="disc"&gt;&lt;li&gt;sa richesse est enlevée&lt;/li&gt;&lt;li&gt;ses enfants meurent d’un accident tragique&lt;/li&gt;&lt;li&gt;il devient lui-même la victime d’une douloureuse maladie qui le défigure&lt;/li&gt;&lt;li&gt;finalement, même sa femme se retourne contre lui – elle lui conseille : « Maudis Dieu, et meurs ! »&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Nous apprenons dans ce prologue que toutes ces choses se produisent &lt;strong&gt;avec la permission de Dieu&lt;/strong&gt;. C’est un élément très important dans le contexte du livre, car une certaine solution facile au problème de la souffrance qui est embrassée par un certain nombre de philosophies et de religions est &lt;strong&gt;le dualisme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le dualisme prétend qu’il existe dans le monde deux forces égales et opposées : l’une qui est bonne, l’autre mauvaise. Elles sont liées, l’une à l’autre, dans un état de tension perpétuelle de manière que toutes les bonnes choses qui arrivent soient dues à la bonne force et toute la souffrance soit due à la mauvaise force.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette théorie semble bien plausible. En effet, certains chrétiens l’embrassent ; ils rendent le Diable responsable de la souffrance. Mais le dualisme n’est jamais approuvé dans la Bible. Dieu est le seul souverain de l’univers. Son autorité peut être opposée par des forces malveillantes mais ne peut jamais être contrecarrée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelle est donc la place du Diable ? Selon Job c’est parmi les anges – en tant qu’un être créé sans aucun pouvoir sauf celui que Dieu lui permet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, nous trouvons dans Job 1:12 que Satan doit demander à Dieu la permission de dépouiller Job de ses biens ; et quand cela ne marche pas, il doit revenir dans le chapitre 2 demander un deuxième mandat. Du début jusqu’à la fin, la situation de Job n’est jamais hors du contrôle de Dieu – voilà la présupposition du livre. Ce qui arrive à Job est donc, dans un sens très réel, « la volonté de Dieu ». Job le reconnaît lui-même :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;sur la perte de ses enfants : « &lt;i&gt;le Seigneur &lt;/i&gt;a donné et &lt;i&gt;le Seigneur&lt;/i&gt; a repris » (1:20)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;en réponse à sa femme hargneuse : « tu parles comme une folle – nous recevrons &lt;i&gt;de Dieu&lt;/i&gt; le bien, et pas aussi le mal ? »&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Le dualisme ne suffit donc pas. On ne peut pas protéger Dieu de l’embarras du problème de la souffrance par rejeter toute la responsabilité sur le Diable, parce que le Diable (comme Pilate) « n’aurait aucun pouvoir, s’il ne lui avait pas été donné d’en haut ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute cela aggrave le problème intellectuel de la souffrance, mais parallèlement, c’est une fondation totalement nécessaire pour être réconforté ou rassuré en temps de souffrance. Quand on essaie d’aider ceux qui vivent une tragédie, on trouve à maintes reprises que c’est seulement la conviction qu’en fin de compte Dieu maîtrise la situation et fait tout dans un but (même si l’on n’en sait rien) qui délivre du désespoir total. Appelez-le de la résignation, voire du fatalisme (quoique je conteste ce mot-là) – nous ne sommes pas abandonnés à notre sort dans un monde incertain où, pour autant que nous sachions, le mal pourrait triompher à la fin de la journée ! Non, Dieu est souverain et contrôle tout, y compris la souffrance humaine. Cette conviction est au centre de ce que la Bible veut dire par &lt;em&gt;la foi&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c’est cette conviction qui nous amène à ces deux réponses alternatives au problème de la souffrance. Nous pouvons « faire l’autruche » et faire comme si nous le voyions pas, ou bien nous pouvons « faire face à la tempête » et l’affronter avec courage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans Job c’est la seconde réponse qui est confirmée, bien que l’autre point de vue soit présenté, ne serait-ce que pour être rejetée. Car l’approche de « faire l’autruche » est l’école de pensée caractéristique des trois amis de Job.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ils sont présentés dans 2:11 : Éliphaz, Bildad et Tsophar. Ces trois sont des exemples classiques de ceux qui « font l’autruche ». Ils sont scrupuleusement corrects d’un point de vue théologique, sûrs qu’ils représentent l’establishment religieux de leur époque, mais ils ferment les yeux et les oreilles sur quoi que ce soit qui ne s’adapte pas à ce cadre doctrinal rigide.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je crois que nous puissions nous laisser être un peu cynique au sujet de leur but prétendu (2:11) « d’aller plaindre et consoler Job ». Avec de tels amis, il n’avait sûrement pas besoin d’ennemis ! Car, bien entendu, au bout du compte ils ne compatissent pas du tout à sa douleur – ils insistent qu’il a dû provoquer d’une façon ou d’une autre ses propres souffrances.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne crois pas que l’auteur ait l’intention que nous concluions que leurs motifs manquent de sincérité. Éliphaz fait preuve d’une douceur exemplaire dans ses premiers lignes (chapitre 4). Dit-il : « On attendait mieux de votre part, mon vieux. Pensez à tous les bons conseils que vous avez autrefois offerts aux autres. Il est temps maintenant de tenir compte de vos propres conseils ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais le problème est que la position théologique de Job sur la souffrance a changé par suite de son expérience personnelle. Alors que la discussion s’avance, les amis découvrent qu’il est furieux et ressent de l’amertume à propos de ses circonstances. Il n’est pas disposé à accepter leur analyse de ses problèmes et critique de plus en plus durement leurs soi-disant solutions. En conséquence, les amis deviennent de plus en plus intolérants et hostiles envers lui – la sympathie et la consolation cèdent à des reproches et à des réprimandes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le livre est construit autour de trois cycles de discours ; chaque ami donne à Job le bénéfice de son conseil et Job y répond. &lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Éliphaz, découvrons-nous, a du mystique en lui. Il attribue sa sagesse à un rêve étrange.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Bildad, c’est tout à fait un traditionaliste. Il fait appel aux « pères de l’église » pour étayer ses opinions.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Tsophar est le piétiste simpliste. Il jaillit tout le temps des clichés super spirituels et les considèrent comme la sagesse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Quel que soit le fondement pour leurs opinions, les trois « consolateurs » sont cependant unis dans l’analyse théologique de souffrance qu’ils offrent à Job.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Éliphaz la précise succinctement dans son premier discours :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;« ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice en moissonnent les fruits » 4:8&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;La souffrance, autrement dit, est une forme de rétribution. Elle résulte du péché. Si l’on souffre, c’est parce qu’on est malfaisant. Les innocents ne souffrent pas, seulement les pécheurs. De même que le labour et l’ensemencement précèdent la récolte, de même, le péché est le précurseur inévitable de la souffrance. Chacun des trois amis réitère cette doctrine centrale. La rétribution est une réaction automatique divine à n’importe quoi méchant, une loi mécanique de la cause et l’effet comme la loi de gravité, que rien ne peut contredire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais voilà le problème – Job la contredit effectivement. Job est une anomalie ne correspondant pas à leur loi scientifique de rétribution. C’est un pilier de la respectabilité morale, néanmoins, sa propriété a été ravagée, sa famille tuée, sa santé ruinée. Comment les trois amis sont-ils censés concilier ce poisson hors de l’eau avec leurs idées préconçues ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Leur réponse est de faire l’autruche. Ils ferment les yeux sur l’innocence évidente de Job et insistent qu’il doit y avoir une explication à sa souffrance qui est compatible avec leur théorie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bildad suggère que les enfants de Job doivent avoir commis un péché, ce qui n’explique évidemment pas la maladie de Job.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Éliphaz constate que tous ont péché, ce qui passe à côté de la question, puisque Job ne prétend jamais être totalement sans péché – il affirme simplement que sa souffrance est complètement hors de proportion avec un quelconque péché mineur qu’il a peut-être commis, comme n’importe quel autre homme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais la seule chose qu’aucun des « consolateurs » ne fera est de renoncer à leur théorie de la rétribution. Ils préféreraient contredire tout ce qu’ils savent de leur voisin et croire qu’il s’adonne à quelque sorte de vice en secret. Donc, avec cruauté croissante, ils sont obligés de l’accuser dans cet esprit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans le chapitre 22 Éliphaz suggère que Job a dû obtenir sa richesse de façon injuste, en exploitant les faibles et en négligeant les pauvres. Ils suggèrent même que lorsqu’il proteste de son innocence, il aggrave son péché par refuser de l’admettre. Il ne peut rien dire qui les fera s’éloigner de cette position intransigeante : il est sans doute pécheur, car seuls les pécheurs souffrent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, Job ne les laissera pas le persuader de faire des confessions fausses à la suite de leurs harcèlements. Il ne s’allongera pas sur leur lit de Procruste, c.-à-d., il ne se conformera pas à leur théorie de la rétribution divine. Peut-être feront-ils l’autruche, eux – mais pas lui ! Comme il l’exprime :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien loin de vous donner raison, jusqu’à mon dernier souffle, je maintiendrai mon innocence. Je tiens à ma justice et ne lâche pas; ma conscience ne me reproche aucun de mes jours. (27:5-6)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Autrement dit, je ne développerai pas artificiellement une mauvaise conscience simplement pour satisfaire vos théories de la souffrance. Je suis une bonne personne qui ne mérite pas ce traitement-là. C’est un fait et je refuse de le dénier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ici, Job me fait penser à Galileo, l’astronome pionnier qui était le premier à voir les lunes du Jupiter à travers une longue-vue primitive. Suggérer à cette époque-là que les corps célestes tournent l’une autour de l’autre aurait été considéré comme une hérésie, donc Galileo a invité les professeurs de l’université de Padua à venir voir pour eux-mêmes. Mais, fait significatif, ils ont refusé. Ils savaient déjà ce qu’ils croyaient et Galileo ne pouvait rien leur montrer à travers sa longue-vue qui pût les faire changer d’avis. Finalement, l’Inquisition a même tourmenté Galileo et l’a forcé à abjurer sa nouvelle théorie géocentrique du système solaire. C’était un exemple classique de la constatation scientifique des faits se heurtant au préjugé théologique né des théories erronées. Et on voit ici chez les trois amis le même type d’adhésion obscurantiste à des idées préconçues. Job doit être pécheur, argumentent-ils. Ils ne regarderont pas les faits d’aucun autre point de vue. Faire ainsi menacerait trop leur position. Ils préféreraient faire l’autruche.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si je peux m’écarter un peu du sujet – je ne peux pas résister à l’observation que tout cela présente une certaine similarité avec les protestations actuelles au sein de l’Église sur la question gay. Encore une fois il y a une position traditionnelle sur l’homosexualité, à savoir, qu’elle est toujours et invariablement immorale. Tout homosexuel, par définition, doit donc être moralement corrompu et maudit par Dieu. Voilà la théorie. Quelque souvent que les traditionalistes soient affrontés à des gays chrétiens témoignant d’une sensibilité spirituelle, cette théorie ne peut pas être abandonnée. Ces homos-là doivent secrètement s’adonner au vice sur une échelle massive, argumentent-ils. Les trois amis préférerait faire l’autruche sur cette question plutôt que considérer l’alternative pénible que leur perspective théologique sur ce point pourrait être erronée à certains égards.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ceux d’entre nous qui sont chrétiens et gay se trouvent dans bien des cas marginalisés voire ostracisés au sein de l’Église pour la même raison que Job. Nous sommes en contradiction avec leur théorie. Nous ne nous flagellerons pas avec des confessions artificielles ni avec des remords forcés. Nous n’allons pas faire l’autruche ni dénier notre orientation sexuelle. Non, nous faisons face à la tempête – bien que, comme dans le cas de Job, cela implique de subir l’intolérance et l’hostilité de ceux autrefois considérés comme des amis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bon, si Job a un conseil à nous donner, c’est le suivant : n’ayez pas peur de regarder Dieu droit dans les yeux au sujet de votre orientation sexuelle. Dites-lui exactement ce que vous pensez, comme l’a fait Job, peut-être avec une franchise qui était parfois imprudente.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Je ne retiendrai plus mes plaintes – fais-moi savoir ce que tu me reproches » (10:1-3)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Comme nous avons vu, deux propositions sont au centre des arguments des trois amis :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Tous les méchants souffrent.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Tous ceux qui souffrent sont méchants.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Alors, comme le dit Job, les deux sont fausses.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Tous les méchants souffrent &lt;/em&gt;» ? Au contraire – les méchants prospèrent (21:7-34). Il ne serait pas difficile de trouver des exemples contemporains qui confirment la prétention de Job : voleurs de banque qui vivent dans le luxe, dictateurs qui meurent dans leurs lits, assassins d’enfant qui échappent à la capture. C’est un monde injuste, et seul un romantique rêveur pourrait suggérer autre chose.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Tous ceux qui souffrent sont méchants&lt;/em&gt; » ? Au contraire, comme le dit Job, je souffre en innocence, une contradiction vivante de votre théorie. Dans le chapitre 31, la consommation de sa série de discours, il fait une déclaration sous serment affirmant son innocence. Il fait la liste de toutes les accusations qui, d’après ses amis, avaient causé ses souffrances, et leur plaide « non coupable ». Affrontez la réalité est le défi qu’il leur lance : « je souffre en innocence alors que des milliers des méchants vivent dans la prospérité. Votre théorie de la rétribution ne fait que vous amener à lancer de fausses accusations contre moi ».&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;« Vous inventez des mensonges ». (13:4)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Autrefois j’aurais pu parler comme vous – j’aurais pu faire de pareils discours impressionnants, mais quelque chose m’est arrivé depuis qui, comme la constatation de Galileo des lunes du Jupiter, a mis des bâtons dans les roues de ces théories théologiques que nous avions en commun autrefois. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous affirmez que Dieu est souverain – bon, d’après mon expérience il est arbitraire et despotique. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous affirmez que Dieu est sage – bon, d’après mon expérience il est tout à fait impénétrable et irraisonné. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous affirmez que Dieu est juste – bon, d’après mon expérience ce n’est pas tant qu’il est, par définition, complètement irréprochable – en ce qui le concerne, l’idée entière d’un procès équitable est hors de question, car il est à la fois juge, jury et procureur.Il rédige le livre de loi et l’exécute. Il n’y a aucune séparation des pouvoirs dans sa Charte des droits. Ses arguments ne peuvent être contredits, ses verdicts incontournables, ses jugements irrésistibles. Quoi qu’il fasse, il n’est responsable devant personne en dehors de lui-même. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors, soyons réalistes : Dieu peut tout faire impunément ! Et dans mon cas, il l’a fait ! Comment se fier à un tel Dieu ? Au contraire, devant lui, je suis terrifié ! (23:13-16)&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Or, on aurait pu penser, vu que la confiance de Job en la bonté et en la fiabilité de Dieu était tellement sapée, que, comme Russell, il aurait complètement abandonné la communauté de foi pour devenir un athée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un « démon sardonique » est ce que Russell a appelé Dieu, et Job suggère quelque chose d’approchant dans 10:3 :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Te paraît-il bien de maltraiter, de repousser l’ouvrage de tes mains, et de faire briller ta faveur sur le conseil des méchants? »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Le sarcasme y est plein d’amertume. Tout de même, chose inattendue, bien que les plaintes de Job soient précisées avec beaucoup de franchise et soient parfois tellement outrancières qu’elles frisent le blasphème, il n’abandonne jamais Dieu. En dépit de toutes ses affinités avec Russell, il ne devient jamais incroyant. C’est tout à fait un homme de foi, mais un homme de foi qui ne fera pas l’autruche, qui insiste pour faire face à la tempête.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela rappelle les vers de Tennyson dans &lt;em&gt;In Memoriam&lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Il y a plus de foi dans un doute honnête que dans la moitié des dogmes »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Voyez-vous, correctement compris, cette lutte spirituelle que nous observez dans Job fait preuve, non de la faiblesse de sa prise sur Dieu, mais de sa ténacité et sa résistance étonnantes. Ses amis se satisfont de la théorie, contents de Dieu comme « abstraction intellectuelle ». Ils croient en Dieu dans la même façon dont un scientifique croit en la loi de gravité : Dieu était « une explication » qui les permettait de voir de la logique et de l’ordre dans des phénomènes constatés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais pour Job qui souffrait, cela ne suffisait plus. Peut-être avait-il été autrefois content de Dieu comme théorie, mais maintenant son engagement existentiel avec la douleur l’avait amené à désirer quelque chose de beaucoup plus profond. Job a envie d’une relation personnelle avec Dieu. Il croit que c’est seulement dans le contexte d’une telle rencontre que ses questions tourmentées puissent être résolues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A maintes reprises, donc, nous l’observons en train de chercher ce type de relation. Nous le découvrons en train de prier, par exemple – des prières fâchées et amères, c’est vrai, mais des prières tout de même. Et nous ne voyons jamais les trois amis s’engager dans la prière. Car celui qui prie va bien au-delà de la réflexion théologique théorique et demande une audience concrète avec Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et hors du creuset brûlant de ces prières, de temps en temps nous voyons en émerger une soudaine lueur d’assurance :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Dans 13:15, par exemple : « Bien qu’il me tue, néanmoins je me confierai en lui »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Job constate correctement que le simple fait qu’il a envie de parler avec Dieu témoigne de sa vertu essentielle. L’homme dont la conscience est troublée s’éloigne de Dieu autant que possible. Quand même, il désire vivement avoir des rapports avec Dieu. C’est ce désir ardent qui distingue Job de ses trois amis plus que toute autre chose et qui le soutient sous l’assaut impitoyable de leurs conseils cruels et hors de propos.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est nulle part exprimé de façon plus émouvante que dans 23:3-10 :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Oh ! si je savais où le trouver »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Voilà le Croyant, peut-être enfermé dans le château d’Incertitude et peut-être aveuglé par le vent d’Adversité une bonne partie du temps, néanmoins, de temps en temps, il parvient à entrouvrir ses paupières pour voir le soleil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, une fois, par cette fenêtre transitoire de révélation, il entrapercevoit quelque chose que très peu de gens dans l’Ancien Testament ont jamais vu – l’espoir de la vie au-delà de la mort, et quelqu’un qui plaiderait efficacement sa cause à la droite de Dieu, non dans cette vie, mais dans le monde à venir :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Car je sais que mon rédempteur est vivant, et qu’au dernier jour il se tiendra debout sur la terre. Et bien qu’après cette peau, des vers détruiront ce corps, toutefois en ma chair je verrai Dieu. Lequel je verrai pour moi-même; et mes yeux le contempleront, et non un autre ; encore que mes reins se consument en moi. (19:25-27)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;De tels aperçus inspirés coupent le souffle à Job. Il sait que Dieu est insaisissable ; pour que Job le rencontre, Dieu doit donc se révéler. Job ne peut pas le trouver par ses propres efforts, car quelle que soit la direction qu’il choisit pour son voyage, il ne peut jamais découvrir le chemin de la demeure de Dieu. Mais, quelque insaisissable que soit Dieu, Job n’est plus satisfait du substitut des théories sur Dieu faites par l’homme. Seule une rencontre personnelle lui suffira maintenant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et, au point culminant du livre, c’est exactement ce que Dieu lui accorde :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;38:1 « Alors le Seigneur répondit à Job du cœur de la tempête … »&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il est rapporté que Martin Luther a réprimandé Erasmus, l’érudit humaniste, ainsi : « vos pensées de Dieu sont trop humaines ». Un reproche semblable est au cœur de ces derniers chapitres. Une partie du problème de Job semble avoir été que, comme Erasmus, il avait été trop influencé par les rationalistes. Ces derniers s’étaient attendus à ce que la façon dont l’esprit de Dieu fonctionne serait intelligible pour l’esprit humain – comme la loi de gravité, les voies de la justice divine pouvaient être dénouées par l’esprit humain. Et Job accepte fondamentalement cette présupposition. C’est pour cette raison qu’il veut plaider sa cause avec Dieu comme un avocat – il s’attend à des explications rationnelles à ce qui se passe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais ce qu’il trouve est qu’une telle interprétation de la souffrance n’est pas possible, et l’impossibilité engendre une dissonance cognitive tortueuse dans son esprit qui est à la base de toute sa confusion et de toute sa turbulence émotionnelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, l’ironie est que même s’il était possible d’expliquer la souffrance dans quelque cadre théologique rationnel, cette explication ne satisferait vraiment pas le besoin réel de nos cœurs. On serait tenté de l’appeler « une piètre consolation », car ce que Job découvrit par ses expériences dans le creuset de la souffrance est que les théories sur Dieu ne suffisent pas. Il désire vivement Dieu lui-même – l’expérience ressentie de Dieu en personne – quelque chose de plus profond que la simple philosophie de Dieu. Il aspire, non à lire dans les pensées de Dieu, mais à toucher son cœur !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et dans ce chapitre 38 culminant, Dieu offre justement une telle rencontre. Il n’essaie pas de dénier l’innocence protestée par Job ; mais il ne cède pas non plus aux demandes de Job pour quelque sorte d’audition légale de son affaire. Il ne présente aucune compte rationnel de la souffrance de Job, aucune justification morale. Au lieu de cela, il noie simplement pauvre Job dans un déluge de questions rhétoriques et de défis ironiques.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Tu as des questions ? Bon, j’ai également des questions pour toi : explique l’univers en moins de 500 mots avec des exemples » (38:4)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;« Job comprend-il les forces fondamentales de l’univers ? demande-t-il. Peut-il l’emporter sur Stephen Hawking et dénouer le mystère de la création ? A-t-il voyagé aux coins du monde les plus reculés ? Peut-il maîtriser le climat ? Peut-il ranger les constellations célestes ? Surveille-t-il les animaux sauvages ? Peut-il dompter l’hippopotame puissant ou apprivoiser le crocodile féroce ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le torrent de questions sans réponse possible s’éternise. Le poème entier est une grande exposition sur la merveille du monde de Dieu –employant une large variété d’illustrations, depuis la cosmologie jusqu’à la zoologie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est l’objectif de Dieu ? Essaie-t-il de rassurer Job qu’après tout, il y a un ordre rationnel dans l’univers ? Suggère-t-il qu’il y a un cadre de logique scientifique qui peut totalement expliquer tous les phénomènes et toute l’expérience de façon tout à fait satisfaisante à l’esprit humain ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Non, bien au contraire, si l’on l’examine de près on découvre que justement ces aspects de la création témoignant de l’incompréhensibilité du monde de Dieu sont sélectionnés, aspects sans aucune pertinence par rapport à un quelconque but ultime que Dieu puisse avoir :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Pourquoi Dieu se soucierait-il des animaux sauvages – à quoi servent-ils ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Quel est son intérêt dans les étoiles lointaines – pourquoi les créer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pourquoi donc fabriquer un oiseau coureur aussi excentrique que l’autruche ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Il y a tant dans la création qui semble aussi dénuée de sens que la souffrance de Job lui semble. Est-ce que cela veut dire qu’il n’y a aucune sagesse dans la création – ni aucun but ultime ? Évidemment que non – mais cela veut bien dire qu’en ce qui nous concerne – les êtres humains – c’est une sagesse impénétrable – un plan caché – un but secret.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est peut-être pourquoi Dieu lui répond du cœur de la tempête : un phénomène naturel de ce qui est l’antithèse exacte d’un système mathématique ordonné. La tempête représente l’anéantissement et l’imprévisibilité, et c’est hors du cœur de ce cyclone de chaos irrationnel que parle Dieu (38:40) :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Si tu crois avoir le droit de tout comprendre, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Revêts-toi d’omnipotence divine et gouverne l’univers toi-même ! Mais oui, je voudrais bien un jour de repos ! Prends les rênes un moment ! Si tu arriveras à faire cela j’admettrai volontiers que je t’ai sous-estimé. Une intelligence telle que la tienne aurait certainement dû être fournie d’une explication complète pour mes actes. Comment aurais-je pu être tellement négligent que j’ai laissé quelqu’un aussi sage que toi dans l’ignorance ! Mais alors, si tu pouvais gouverner le monde de cette manière, tu n’aurais besoin ni de mon soutien ni de mes explications, n’est-ce pas ? Car tu serais Dieu toi-même – ton propre créateur, ton propre libérateur. Tu « t’habillerais de splendeur et de gloire » – tu pourrais te sauver toi-même !&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Dans les années 1930, George Bernard Shaw a écrit une apologie mordante de l’athéisme intitulée « Les aventures d’une jeune fille noire à la recherche de Dieu » (The Adventures of a Black Girl in Search of God). Dans un certain chapitre, il ridiculise Dieu, le qualifiant d’un « mauvais débatteur » qui essaie de s’empêcher d’échouer en employant deux ruses d’avocat anciennes :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;« Quand vous manquez d’un argument, insultez l’opposition »&lt;/li&gt;&lt;li&gt;« Quand votre argument est faible, criez encore plus fort »&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Job a demandé une explication au problème de la souffrance innocente : comment un Dieu juste peut-il la permettre ? Ce n’est pas de réponse valable, insiste Shaw, de se moquer de lui parce qu’il ne peut pas attraper un crocodile ! Ce n’est pas de réponse – c’est qu’un ricanement dédaigneux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est facile de compatir à l’insatisfaction de Shaw. Pourtant, ironiquement, je soupçonne que la réaction de Shaw à ces derniers chapitres explique en grande partie pourquoi il était incroyant et n’aurait jamais pu être heureux au paradis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voyez-vous, comme Job, Shaw avait été éduqué dans un climat intellectuel qui était trop influencé par le rationalisme. Il voulait, lui aussi, que l’univers soit totalement explicable par l’homme. Tout recours au mystère était une échappatoire anti-intellectuelle et anti-scientifique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et tant que nous, comme Shaw, insisterons que Dieu nous doit une explication rationnelle de la manière dont il fait fonctionner son univers avant que nous soyons prêts à daigner croire en lui, la foi nous éludera toujours. Car un Dieu qui peut complètement s’expliquer à l’homme est, comme l’a dit Luther, « un Dieu trop humain ». Et un « Dieu humain » est en fin de compte un Dieu superflu. Qui aurait besoin d’un Dieu qu’on pouvait tout à fait comprendre ? On peut être son propre Dieu si on est aussi ingénieux que ça !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien sûr, Dieu de la Bible s’adresse à notre raison. En effet il nous donne un aperçu intellectuel des mystères de son esprit. Il a inspiré les prophètes à cette fin précise. Et à cause de cette révélation de l’esprit divin, nous pouvons oser prétendre comprendre quelque chose de Dieu. Nous pouvons même prétendre être « théologiens » – ceux qui étudient la science de la connaissance de Dieu. Mais si nous croyons que cela signifie que Dieu nous donna ou nous doit une explication totale à tout ce qui arrive, alors, ce n’est pas simplement que nous nous trompons, c’est que nous sommes affreusement orgueilleux : notre arrogance rationaliste nous amena à croire, comme Job, que nous puissions mettre Dieu au banc des accusés – quand, à vrai dire, c’est là notre place à nous – toujours et chaque fois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car nous sommes des créatures : il est notre Créateur. Cette asymétrie fondamentale met une limite à notre compétence théologique. Nous devons nous attendre à ce que nos théories vont parfois s’effondrer, et ce qui nous restera sera le choix entre l’incroyance ou le recours au mystère. Si ce n’était pas le cas, Dieu ne serait pas Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A ce moment-là, ce n’est pas notre intelligence qui est mise à l’épreuve, c’est notre humilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Job avait besoin d’être amené à une vue de lui-même plus humble, et de se rendre compte des limitations de sa propre compréhension et importance. A ce propos, remarquez la manière dont il parle dans le dernier chapitre (42:1-6). S’il y a un but révélé derrière sa souffrance dans ce livre, il se peut que ce soit là où on doit le chercher : dans ces mots « C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avez-vous jamais dit de tels mots ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est-ce que vous, avec Job, avez jamais ressenti la majesté ineffablement merveilleuse de Dieu – une majesté qui nous lance aussitôt dans un sentiment humiliant de notre propre insignifiance, mais quand même, nous appelle simultanément par une extase interne mystérieuse à la communion personnelle ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Job avoue qu’il avait théoriquement connu Dieu (« mon oreille avait entendu parler de toi ») ; mais la théorie n’avait pas suffi – non à l’heure de sa souffrance et de son deuil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous constaterez la même chose. Il se peut que vous soyez né au sein d’une culture chrétienne, éduqué dans une école chrétienne, baptisé dans une église chrétienne, formé dans une université biblique évangélique – mais toute l’expérience religieuse et toute la connaissance théologique du monde ne signifieront rien pour vous si Dieu vous entraîne dans des circonstances contredisant les théories traditionnelles enseignées par la communauté chrétienne. En fait, notre expérience chrétienne devient une pierre d’achoppement dans de telles circonstances. Car, dans notre orgueil, celle-là nous fait penser que nous avons un droit à des explications – notre théologie devrait pouvoir se débrouiller ! Non, elle ne peut jamais surmonter le mystère profond de la souffrance :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« J’ai parlé d’un sujet trop ardu, je n’y comprenais rien et ne le savais pas ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il y a un million de choses que nous ne comprenons pas – plus la science découvre de nouvelles explications, plus elle pose de nouvelles questions. Et parmi ces questions insondables, cachée dans l’abîme des conseils éternels de Dieu, se trouve l’explication ultime au problème de la souffrance innocente.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(Je vous suggère que le but divin de l’orientation homosexuelle soit également caché dans ces conseils-là.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais pour l’instant, de telles explications ne nous sont pas connaissables. Les chrétiens qui insistent qu’ils connaissent les explications ont tort. Et ils sont de mauvais conseillers parce que, comme les trois amis de Job, ils finissent par accuser à tort les innocentes afin de faire leurs fausses théories sembler valables.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous n’avons pas besoin d’être intimidés par eux. Car notre expérience anormale est en fait un privilège ; si nous y répondons correctement, elle peut nous amener à une entièrement nouvelle dimension de compréhension spirituelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand la douleur tourmente notre corps, quand les fantasmes qui ne sont pas bienvenus envahissent notre sommeil, lorsque des amis s’unissent pour nous condamner, lorsque la mort plane sur notre – alors, ce n’est pas un manuel de théologie que nous avons besoin de lire ; ce n’est même pas ce discours que nous avons besoin d’écouter !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Seule une rencontre personnelle avec le Dieu vivant suffira dans une telle situation : une rencontre qui va au-delà des théories intellectuelles de seconde main et parvient à l’expérience de première main de nos cœurs :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toi. Mais maintenant, mes yeux t’ont vu. »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il se peut que certains d’entre vous connaissent bien la poésie étrange et évocatrice de Gerard Manley Hopkins, le jésuite victorien. Sa poème majestueuse, Le naufrage du Deutschland, a été écrite à la suite d’une tempête en mer qui a coûté de nombreuses vies, y compris un groupe de religieuses. La nouvelle de leur mort a nettement horrifié Hopkins. Dans sa poème il se projette lui-même de façon imaginative dans la position d’une personne sur le pont du navire endommagé alors qu’ils font face à l’éventualité de la noyade imminente. Et à travers l’obscurité de cette anticipation terrifiante, il aperçoit, comme Job, non un tourbillon de chaos dénué de sens, mais le visage de majesté infinie :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Toi qui me domptes, Dieu&lt;br /&gt;Qui donnes le souffle et le pain&lt;br /&gt;Grève du monde, ondulation de la mer&lt;br /&gt;Seigneur des vivants et des morts&lt;br /&gt;Mes os et mes veines as-tu liés&lt;br /&gt;Ma chair fixée&lt;br /&gt;Et après qu’elle, apeurée, a presque défait ton œuvre.&lt;br /&gt;Et me touches-tu à nouveau ?&lt;br /&gt;Encore je sens ton doigt&lt;br /&gt;Et te trouve.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;En ces vers forts, Hopkins avoue qu’en fin de compte, comme Job, il n’a pas d’explications. Au lieu de cela, il a découvert à quel point il est impertinent de croire avoir le droit de demander des explications. Comme Luther, il s’est humblement rendu compte de l’absurdité de croire en un « Dieu trop humain ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Naturellement, la raison humaniste n’acceptera jamais cela. Dans son arrogance elle est trop prométhéenne pour se mépriser et pour repentir sur la poussière et sur la cendre. Voilà pourquoi c’est idolâtre. Voilà pourquoi Dieu doit la juger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais croyez-moi. Non – croyez Job. La seule façon dont l’âme souffrante puisse trouver de la paix – le seul endroit où des créatures de la poussière telles que nous puissent s’attendre à trouver Dieu – est dans l’humilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Peut-être que vous trouverez cette expérience dans votre tempête privée comme l’a fait Job. Ou bien peut-être que vous la trouverez, comme l’ont fait certains d’entre nous, au pied de la croix. Notre foi chrétienne, basée sur le Nouveau Testament, et la foi de Job, basée sur l’Ancien Testament, mettent l’accent sur des points différents. Je crois que Job avait envie de découvrir l’autre point de vue, et il se peut qu’il l’ait entraperçu de temps en temps avec pénétration prophétique. Notre foi centre sur la souffrance. Nous révérons un homme au supplice, pendu à une croix – un homme vertueux dont l’innocence était plus dignement révolté par le caractère immérité de sa souffrance que Job aurait jamais pu être. Un homme qui a terriblement souffert – encore plus terriblement que Job – jusqu’à la mort. Et qui a crié pendant ses derniers moments, comme Job, « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est étrange que nous considérions cela comme le centre de notre foi – car n’avons-nous sûrement pas argumenté qu’une telle vision devrait être au-dessus de toute chose qui contredit la foi ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais non – voilà le dernier paradoxe, où le cœur découvre ses raisons que la raison ne peut pas connaître.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au pied de la croix :&lt;/p&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;nous trouvons le visage humain de Dieu que Job a tellement voulu voir&lt;/li&gt;&lt;li&gt;nous découvrons l’espoir au-delà de la mort que Job a tellement voulu posséder&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;C’est là où, plus choquant et quand même plus réconfortant que tout autre mystère divin, nous trouvons un Dieu qui souffre avec nous – mais non, encore mieux, un Dieu qui souffre pour nous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous faisons comme si c’étaient des explications que nous cherchons, mais ce n’est vraiment pas le cas, pas au moment critique. C’est l’assurance que Dieu est à nous – que nous appartenons à lui et lui à nous – que nous avons vraiment envie de posséder. Car après avoir reçu cela, nous pouvons endurer tout. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voilà le miracle que nous voulons – et au pied de la croix, c’est le miracle que nous obtenons.&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;© Roy Clements. Tous droits réservés.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-785679410017075280?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/785679410017075280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=785679410017075280' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/785679410017075280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/785679410017075280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2008/12/la-souffrance-et-le-mystre.html' title='La souffrance et le mystère'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-2838983822088596245</id><published>2008-11-23T16:13:00.008-05:00</published><updated>2011-06-06T11:53:14.887-04:00</updated><title type='text'>La foi évangélique et l’homosexualité</title><content type='html'>&lt;p align="center"&gt;Un discours prononcé par le Dr Ralph Blair,&lt;br&gt;fondateur d’Evangelicals Concerned, Inc.,&lt;br&gt;au Princeton Theological Seminary&lt;br&gt;21 mars 2003&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici ce qui est si évident à première vue : parmi tous les chrétiens, il se peut que les Evangéliques aient &lt;em&gt;le plus de difficultés&lt;/em&gt; à intégrer &lt;em&gt;n’importe quelle&lt;/em&gt; expression de l’homosexualité avec la foi chrétienne. Mais voici ce qui &lt;em&gt;n’est pas&lt;/em&gt; si immédiatement évident : parmi tous les chrétiens, les Evangéliques &lt;em&gt;devraient&lt;/em&gt; avoir &lt;em&gt;le moins de difficultés&lt;/em&gt; à intégrer &lt;em&gt;au moins une certaine &lt;/em&gt;expression de l’homosexualité avec la foi chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourquoi tant d’Evangéliques ont-ils de telles difficultés ? C’est peut-être parce qu’ils ont tendance à ne prendre au sérieux ni &lt;em&gt;le péché&lt;/em&gt; ni &lt;em&gt;l’Evangile&lt;/em&gt; autant qu’ils le &lt;em&gt;prétendent&lt;/em&gt; ? Ils n’auraient pas autant de difficultés s’ils prenaient le péché et l’évangile aussi sérieusement qu’ils le devraient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Evangéliques affirment que le péché est tellement horrible qu’il a coûté la vie à Jésus sur la croix. Et il l’est &lt;em&gt;en effet&lt;/em&gt;. Et il a &lt;em&gt;en effet&lt;/em&gt; coûté la vie à Jésus. Jésus est mort sur la croix pour expier l’horreur du péché de ce monde – y compris le viol, l’excès sexuel et l’orgueil sexuel. Mais pense-t-on vraiment que Jésus a pris le chemin de la croix pour expier une expression affectueuse d’une psycho-sexualité non choisie? Est-il venu mourir parce qu’un couple fidèle et de même sexe dort et mange ensemble, et fait la vaisselle ensemble ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Evangéliques prêchent que le sacrifice du Calvaire l’emporte sur tout. Et c’est &lt;em&gt;vrai&lt;/em&gt;. Il l’emporte sur tous les péchés du monde, que ce soient les horreurs de cruauté si facilement considérées comme des péchés ou les horreurs de religiosité difficilement considérées comme des péchés. De plus il l’emporte sur les conséquences du péché : la mort, « le salaire du péché », et l’enfer lui-même. Jésus est mort afin que les pécheurs puissent être sauvés du péché, de la mort et de l’enfer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cependant, dans la rhétorique anti-gay, il paraîtrait que Jésus est mort pour expier un simple détail anatomique. C’est ce que fait un couple avec deux pénis ou deux vagins plutôt que ce que fait un autre couple avec un pénis et un vagin qui constitue &lt;em&gt;le péché&lt;/em&gt; dans l’argument anti-gay. Comme le soutient un antagoniste évangélique : « la complémentarité des organes sexuels mâles et femelles » est l’accusation « la plus claire » contre l’homosexualité. [Robert A. J. Gagnon] Mais, bien sûr, la complémentarité sexuelle est un peu plus compliquée que des jeux de construction ! Dans l’attraction hétérosexuelle comme dans l’attraction homosexuelle, ce qui fait deux personnes s’attirer est l’altérité fascinante perçue dans le personnage entier de l’autre, pas la forme de leurs organes génitaux. D’ailleurs, même dans l’aspect physique des relations sexuelles, beaucoup plus que les mécanismes génitaux est impliqué. Un autre Evangélique anti-gay affirme que sans une telle dissimilitude anatomique, les « rapports sexuels de même sexe perdent la dimension symbolique de &lt;em&gt;deux-devenant-un&lt;/em&gt; qui est présente dans les rapports sexuels mâles/femelles ». [Stanley J. Grenz] Mais il n’apprécie pas la complexité du phénomène d’une-seule-chair, une union qui porte sûrement plus sur deux &lt;em&gt;êtres humains&lt;/em&gt; que sur deux &lt;em&gt;détails anatomiques&lt;/em&gt;. Le « péché » de l’homosexualité se réduit alors à une question de conformité anatomique sans différencier l’expression d’amour et de violence sexuelle. Dans chaque cas le « péché » demeure dans l’élément de &lt;em&gt;même sexe&lt;/em&gt;, point final. Ce n’est guère une approche satisfaisante même à l’égard du péché &lt;em&gt;sexuel&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Evangéliques sont des gens de &lt;em&gt;la Bonne Nouvelle&lt;/em&gt; – l’&lt;em&gt;euangelion&lt;/em&gt; du Nouveau Testament. C’est le mot grec dont ‘évangélique’ dérive. Selon un érudit biblique évangélique, les termes ‘évangélique’ et ‘évangélicalisme’ sont « les plus utiles quand ils s’en tiennent à leur étymologie dans l’Evangile, la Bonne Nouvelle, que Dieu ‘avait promis par ses prophètes dans les saintes Ecritures concernant son fils Jésus-Christ,’ (Rom 1:2,3) en supposant qu’on tient un tel ‘Evangile’ avec fermeté et sincérité de cœur. Par suite, le christianisme évangélique comme mouvement doit être vu comme déterminé par son centre, non par ses extrêmes – et même ce centre doit, vu sa propre confession, être constamment testé par l’étude des Ecritures saintes ». [D. A. Carson] Un historien évangélique ajoute : « en dehors d’une foi en commun dans un évangile surnaturel, les croyances théologiques des Evangéliques divergent de façon significative ». [Mark Knoll] En fait, selon le président du Southern Baptist Seminary et un historien de l’Eglise au Westminster Seminary : « une seule tradition évangélique n’existe pas ». [Albert Mohler, Jr. et D.G. Hart] Si ces observations sont précises en général, comment soutenir que – pour ce qui est d’une expression affectueuse et fidèle de l’orientation homosexuelle – la foi évangélique exige, d’une façon ou d’une autre, une condamnation virulente ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ignorance joue sans doute un rôle dans l’opposition à l’homosexualité. Et bien que l’ignorance &lt;em&gt;honnête&lt;/em&gt; puisse être remédiée par de meilleure connaissance de la Bible, de la science et de l’expérience humaine, l’ignorance &lt;em&gt;volontaire&lt;/em&gt; est immunisée contre toutes les données. Le pharisaïsme joue aussi un rôle. Mais on peut se repentir du pharisaïsme et être pardonné par la grâce de Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’opposition à l’homosexualité des chrétiens conservateurs peut s’expliquer tout autant par l’allégeance aux programmes sociopolitiques de la droite, partagée par les &lt;em&gt;sécularistes&lt;/em&gt; de droite, que que par une quelconque raison reliée au christianisme. Peut-être que c’est simplement une question de succomber à un &lt;em&gt;Zeitgeist&lt;/em&gt; suffoquant !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais à moins que le péché ne soit vu en tant que quelque chose bien plus sinistre qu’une juxtaposition de terminaisons nerveuses de la peau qui exprime une affection profonde entre deux personnes de même sexe engagées à s’aimer l’une l’autre – l’homosexualité restera un obstacle pour ces gens. Et &lt;em&gt;ceux-ci&lt;/em&gt; resteront des obstacles pour les homosexuels, que ce soient eux qui ont besoin d’entendre l’Evangile du Christ et d’y répondre ou ceux qui, ayant entendu et affirmativement répondu à l’Evangile, sont maintenant avertis que l’Evangile ne suffit tout bonnement pas dans &lt;em&gt;leur&lt;/em&gt; cas. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et à moins que la grâce de Dieu en Christ ne soit vue en tant que quelque chose bien plus puissamment précieux qu’un antidote moraliste à une telle juxtaposition de terminaisons nerveuses – l’homosexualité restera un obstacle pour ces gens. Et &lt;em&gt;ceux-ci&lt;/em&gt; resteront des obstacles pour les homosexuels, que ce soient eux qui ont besoin d’entendre l’Evangile du Christ et d’y répondre ou ceux qui, ayant entendu et affirmativement répondu à l’Evangile, sont maintenant avertis que l’Evangile ne suffit tout bonnement pas dans &lt;em&gt;leur&lt;/em&gt; cas. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici une autre chose évidente : les factions ecclésiastiques de la gauche semblent n’avoir&lt;em&gt; aucune difficulté&lt;/em&gt; à intégrer presque toute expression d’homosexualité avec la foi chrétienne. Voici ce qui n’est peut-être pas si évident : la facilité avec laquelle les factions ecclésiastiques de gauche s’alignent avec n’importe quelle cause LGBT peut s’expliquer tout autant par l’allégeance aux programmes sociopolitiques de gauche, partagée par les &lt;em&gt;sécularistes&lt;/em&gt; de gauche, que par une quelconque raison reliée au christianisme. Peut-être que c’est simplement une question de succomber au &lt;em&gt;Zeitgeist&lt;/em&gt; suffoquant ! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;On me pose souvent des questions sur la lutte &lt;em&gt;personnelle&lt;/em&gt; que j’aurais eue il y a un demi-siècle en tant qu’adolescent né de nouveau pour essayer d’assumer mon homosexualité. Je suis toujours inquiet que ma réponse – &lt;em&gt;je n’ai vraiment jamais eu de difficultés&lt;/em&gt; – puisse sembler dure en raison des épreuves sérieuses subies par tant de gens de nos jours. Pourquoi est-ce que &lt;em&gt;moi&lt;/em&gt;, je n’avais pas une telle angoisse à l’âge de 16 ans au milieu des années 50 – et puis au Bob Jones University ? Pourquoi est-ce que j’avais tellement peu de gêne avec l’homosexualité comme officier de l’InterVarsity à une université publique et pendant mes années aux séminaires de Dallas et de Westminster ? Et, faisant partie de personnel d’InterVarsity à Yale en 1964, comment est-ce que je pouvais parler en faveur de l’homosexualité tellement franchement et affirmativement qu’on ne m’a pas invité l’année suivante ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De nos jours, de jeunes Evangéliques sortent du placard après des décennies d’une société progressivement plus tolérante envers l’homosexualité. Et ils sont remplis de peur, douleur, frustration et colère. Ils déchaînent leur rage contre leur éducation dans le christianisme évangélique. Beaucoup d’entre eux sont tellement furieux qu’ils « jettent le bébé avec l’eau du bain ». Ils ne veulent plus du tout être associés aux Evangéliques. Mais leur amertume témoigne d’un amour non réciproque. Et tristement, ils se laissent prendre par n’importe quel type de spiritualité superficielle et fausse à condition qu’elle soit pro-gay.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’attendre d’autre ? Pour un adolescent ayant un désir homosexuel de plus en plus puissant et involontaire, ainsi qu’une incapacité croissante de contrôler les contradictions cognitives dans lesquelles l’expérience psycho-sexuelle est en désaccord avec l’enseignement de son église locale selon laquelle ce désir envers le même sexe est un « choix » vers « l’abomination », il lui faudra abandonner l’un ou l’autre. Et ce ne sera pas ce qui est involontaire. Il abandonnera ce qui a été choisi – l’église évangélique qui était autrefois un tel refuge des bonnes nouvelles, mais dont il s’est maintenant aliéné parce qu’elle prêche que son désir spontané d’intimité est strictement interdit. Par ailleurs si cette église pouvait tellement se tromper sur ce qu’elle déclare au sujet de l’expérience personnelle d’envies profondes et constantes, comment est-ce qu’une jeune personne peut-elle avoir confiance en cette église pour avoir raison sur ce qu’il n’est pas possible de connaître simplement par expérience – les doctrines de Dieu, du Christ, du salut et ainsi de suite ? C’est un peu ce que les jeunes Evangéliques qui sont gay affrontent de nos jours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quels facteurs contribuent à la différence entre ma propre facilité relative dans le passé et l’angoisse de ceux qui sortent du placard de nos jours ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le plus significatif, c’est qu’il y avait la présentation &lt;em&gt;claire&lt;/em&gt; de l’Evangile &lt;em&gt;pur&lt;/em&gt; que j’entendais pendant mon enfance. La bonne nouvelle était l’invitation à venir au Christ. Mais comment ? D’après les paroles de Charlotte Elliott, auteur anglican d’hymnes, chantées à la fin de chaque réunion de Billy Graham : « Tel que je suis, sans rien à moi, sinon ton sang versé pour moi, et ta voix qui m’appelle à toi, Agneau de Dieu, je viens, je viens ! » Jean 3:16 – pur et simple ! Cette prédication n’a pas été encombrée avec toutes les adjonctions sociopolitiques d’une Droite Religieuse fâchée. &lt;em&gt;Naturellement&lt;/em&gt; on a enseigné une norme &lt;em&gt;morale&lt;/em&gt;. Mais les enseignements étaient d’&lt;em&gt;accomplir&lt;/em&gt; ou de &lt;em&gt;ne pas accomplir&lt;/em&gt; des actes de bonté rigoureuse, en reconnaissance de la bonté de Dieu. La norme morale n’a pas souillé mon &lt;em&gt;être&lt;/em&gt; vrai.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant les années 50 il n’y avait aucun modèle chrétien qui était ouvertement gay ou lesbienne. Mais peu importait. J’avais &lt;em&gt;beaucoup&lt;/em&gt; de modèles pour être un &lt;em&gt;chrétien&lt;/em&gt; ! Et &lt;em&gt;voilà&lt;/em&gt; ce qui avait de l’importance. J’étais &lt;em&gt;chrétien&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;il se trouvait que j’étais&lt;/em&gt; &lt;em&gt;attiré par quelques personnes du même sexe que moi&lt;/em&gt;. D’accord ? Je croyais en l’évangile du Christ, simple mais profond, au pied de la lettre, et puis j’ai découvert les détails. Quoi que j’aie trouvé du légalisme mesquin et du pharisaïsme, je les considérais contraires à l’évangile et contraires à l’amour vaste du Christ, et au mode de vie chrétien et &lt;em&gt;réaliste&lt;/em&gt; à laquelle il nous appelle. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a également de nos jours une &lt;em&gt;mentalité chagrinée et exagérée de victime&lt;/em&gt; qui est très à la mode. Et elle est liée avec un sens de &lt;em&gt;privilège exagéré&lt;/em&gt; dans lequel tellement est interprété en termes de ses propres &lt;em&gt;droits&lt;/em&gt; seulement. Ceux qui sortent du placard de nos jours sont aisément victimes de cette hypersensibilité et cette hypervigilance de la politique égocentrique d’identité autant qu’ils sont des victimes de l’homophobie et de l’hétérosexisme qui en font également partie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une telle façon égocentrique de voir engendrera certainement des sentiments de douleur, peur, frustration et colère. Aggravant le problème, ces sentiments sont éprouvés au sein d’une communauté où ils sont plus privilégiés que l’analyse cognitive. En essayant de contrôler les sentiments de douleur, peur, frustration et colère basés sur des interprétations de l’oppression, on se met en rage. Et un tel dégagement émotif est encouragé, voire programmé, au sein du mouvement LGBT. Mais cette approche ne fait que renforcer la douleur, la peur, la frustration et la colère, et on demeure emprisonné dans une explosion de rage impuissante, exigeant que d’autres soient blâmés et que d’autres réparent ce qu’ils ne veulent pas beaucoup réparer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans essayer de changer la manière dont &lt;em&gt;d’autres&lt;/em&gt; gens nous traitent, toujours une tâche délicate voire impossible, pouvons-&lt;em&gt;nous &lt;/em&gt;changer la manière dont nous nous traitons &lt;em&gt;nous-mêmes&lt;/em&gt; ? Est-ce que nous pouvons nous ramener nous-mêmes à la raison au lieu d’essayer de les ramener à la raison ? Du moins pouvons-nous commencer à nous ramener à la raison tout en essayant de les ramener à la raison ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Assurément il doit y avoir une meilleure façon d’aborder le sujet de l’homosexualité que celle que la plupart des Evangéliques ont trouvée jusqu’ici. Et il y en a. C’est la vraie voie ancienne de l’Evangile à laquelle l’Eglise a dû revenir maintes fois à la suite de détours négligents et dangereux.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul a souligné l’évangile pur de la grâce salvatrice de Dieu, et de la justification par foi en Jésus Christ seul, &lt;em&gt;en dehors de toute distinction conventionnelle&lt;/em&gt;. Particulièrement pertinent pour nous est ce qu’il a écrit dans Romains 1 et 2, Romains 14, Galates 3 – et dans ces mots inestimables de Romains 8. Il y a maintenant presque trois décennies que nous les imprimons en haut de notre bulletin d’EC : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rom 8:38-39) Au fait, il n’y a aucune preuve écrite confirmant la rumeur que Paul aurait ajouté : « Oh, j’ai oublié quelque chose – rien sauf toute forme d’homosexualité ! »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour moi, la véritablement bonne nouvelle de l’Evangile du Christ l’a toujours emporté sur les piètres substitutions égoïstes qu’on fournit – que ce soient dans les cercles fondamentalistes et libéraux, ou dans la Droite Religieuse et la Gauche LGBT où &lt;em&gt;l’homosexualité est une véritable obsession&lt;/em&gt;. Comme l’exprime sagement D. L. Moody, évangéliste du 19e siècle : « Regardez ce qu’il est, et ce qu’il a fait, non ce que vous êtes, et non ce que vous avez fait. C’est là le moyen de trouver la paix et le repos ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les résultats d’un sondage Gallup montrent que 46 pour cent d’Américains indiquent être « Evangéliques » ou « nés de nouveau ». Donc, des millions d’homosexuels et leurs familles sont obligés d’affronter l’homosexualité en rapport avec la foi chrétienne évangélique. Et quoique la plupart pensent qu’ils opèrent avec des &lt;em&gt;vérités&lt;/em&gt; données par &lt;em&gt;Dieu&lt;/em&gt;, ils ont une compréhension lamentablement faible non seulement de l’homosexualité, mais aussi de la foi évangélique. Car, comme déjà indiquée, leur supposition qu’une position anti-gay soit un principe de base du christianisme évangélique, comme tel, est erronée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et donc je ferais appel aux autres Evangéliques pour examiner de plus près ce qu’ils croient connaître de l’homosexualité et ce qu’ils croient connaître de la foi chrétienne. Prenons au sérieux l’évangile et ne le reléguons pas à juste un mantra. Prenons au sérieux le péché et ne le réduisons pas à une simple question de conformité anatomique. Soyons des disciples de Jésus, fidèles à la Bible sans justifier quelques versets bibliques, pauvrement compris, hors de toute proportion à l’appel clair de Jésus pour un amour reconnaissant pour Dieu et un rigoureusement généreux amour pour notre prochain. Et regardons en nous-mêmes plus honnêtement, afin que nous puissions voir les besoins des autres dans nos besoins, leurs fautes dans nos fautes et même leurs faiblesses dans nos faiblesses et, confrontés à des hostilités, que nous suivions Son exemple de sacrifice de soi et trouvions la solution par la croix du Christ, le seul Seigneur et Sauveur qui soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;© Ralph Blair, tous droits réservés (&lt;em&gt;traduction : F.W&lt;/em&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-2838983822088596245?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/2838983822088596245/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=2838983822088596245' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2838983822088596245'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2838983822088596245'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2008/11/la-foi-vanglique-et-lhomosexualit-blair.html' title='La foi évangélique et l’homosexualité'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-1144853037636245530</id><published>2008-11-23T15:55:00.002-05:00</published><updated>2008-12-03T17:09:46.256-05:00</updated><title type='text'>La Bible est un placard vide</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;(The Bible Is An Empty Closet)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;par Ralph Blair&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Les questions relatives à l’homosexualité sont très complexes et ne sont pas comprises par la plupart des membres de l’Église chrétienne », affirme Bernard Ramm du American Baptist Seminary of the West. Cet érudit évangélique de l’interprétation biblique l’indique : « Pour eux, elle est une forme abjecte de perversion sexuelle condamnée tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament ». Mais comme le dit Marten H. Woudstra, spécialiste de l’Ancien Testament au Calvin Theological Seminary : « Il n’y a rien dans l’Ancien Testament qui corresponde à l’homosexualité comme nous la connaissons aujourd’hui » et selon Victor Paul Furnish, spécialiste du Nouveau Testament au Southern Methodist University : « Il n’y a aucun texte se référant à l’orientation homosexuelle dans la Bible ». Comme le constate Robin Scroggs de l’Union Seminary : « Les jugements bibliques contre l’homosexualité ne sont pas adaptés au débat actuel. On ne devrait plus les employer … non parce que la Bible n’est pas l’autorité définitive, mais simplement parce qu’elle ne traite pas les questions soulevées. … Aucun auteur du Nouveau Testament ne considère [l’homosexualité] assez importante pour donner sa propre opinion sur le sujet ». Comme l’exprime Helmut Thielicke, théologien évangélique : « On est libre de discuter de ... l’homosexualité ... seulement quand on se rend compte que même le Nouveau Testament manque d’une déclaration normative évidente en ce qui concerne cette question. Même le type de question auquel nous sommes arrivés ... doit être, pour des raisons purement historiques, étranger au Nouveau Testament ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les idées et les compréhensions de la sexualité ont beaucoup changé au cours des siècles. Ceux qui vivaient dans les périodes bibliques ne partageaient pas notre connaissance des différentes pratiques sexuelles; nous ne partageons pas leur expérience. À cette époque il n’y avait aucun rendez-vous amoureux comme nous le connaissons aujourd’hui; les pères arrangeaient les mariages. Les anciens, comme le constate David Halperin du Massachusetts Institute of Technology, « concevaient la ‘sexualité’ en termes non-sexuels : ce qui était fondamental dans leur expérience sexuelle n’était pas quelque chose que nous considérerions comme essentiellement sexuel : plutôt il s’agissait de quelque chose d’essentiellement social – à savoir, les catégories des relations de pouvoir qui ont nourri et ont structuré l’acte sexuel ». Dans le monde antique, le sexe n’est « pas intrinsèquement relationnel ou accompli en collaboration; il est, de plus, une expérience profondément polarisante : il sert à séparer, classifier et à répartir ses participants en catégories distinctes et radicalement dissemblables. Le sexe possède cette capacité, apparemment parce qu’il se conçoit comme étant à la fois concentré essentiellement sur et défini par un geste asymétrique – la pénétration du corps d’une personne par le corps, et, spécifiquement, par le phallus d’une autre. [Pour un citoyen] les cibles appropriées du désir sexuel comprennent, en particulier, la femme, le garçon, l’étranger, et l’esclave – dont tous ne possèdent pas les mêmes droits et privilèges légaux et politiques que lui ». Dans des études sur le sexe dans l’histoire, John Winkler, spécialiste de l’Antiquité Classique au Stanford University, nous déconseille de « trouver des questions et problèmes politiques contemporains se cachant dans des textes et des objets antiques sortis de leur contexte social ». Bien sûr, voici un principe de base de l’herméneutique (interprétation) biblique. Cependant, quelques prêcheurs continuent encore à employer certains versets bibliques pour attaquer les lesbiennes et les gays. Examinons de plus près ces versets.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Genèse 1,27&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Ce verset célèbre la création délibérée et égale par Dieu des personnes qui sont masculines et celles qui sont féminines. Un tel sens de création égale entre les sexes n’était pas typique dans le monde antique. Comme le constate Douglas J. Miller, professeur au Eastern Baptist Seminary : « On aurait tort de chercher … dans les premiers chapitres de la Genèse … des idées grossières de la loi naturelle. ... Cette approche [soutient] le modèle éthique ‘physique’ sur lequel l’hétérosexisme est établi. ... Cette approche de la création se base sur l’anachronisme évident créé par l’introduction des définitions de la nature du 13e siècle dans des textes hébraïques antiques. » Ceux qui emploient Genèse 1,27 contre les homosexuels devraient constater la déclaration dans Galates 3,28 où Paul insiste qu’il n’y a plus de signification théologique à la paire hétérosexuelle « homme et femme ». D’après F.F. Bruce, érudit Pauline évangélique : « Ici Paul énonce le principe fondamental; si des restrictions à cet égard sont trouvées ailleurs … elles doivent être comprises par rapport à Galates 3,28, et non vice versa ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Genèse 19 (cf. 18,20)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;L’histoire de Sodome et de l’obligation de Loth d’être hospitalier envers ses invités.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Selon William Brownlee, érudit biblique évangélique : « Dans la Genèse la ‘sodomie’ (supposée) est essentiellement l’oppression des faibles et des impuissants; et l’oppression de l’étranger est l’élément essentiel de Genèse 19,1-9 ». John Boswell du Yale University le constate : « Sodome est employé comme symbole du mal dans des douzaines de passages [de la Bible] mais le péché des Sodomites n’est qualifié d’homosexualité dans aucun exemple ». Écoutez le prophète Ezéchiel (16,48-49) au sujet du péché de Sodome : « Par ma vie, oracle du Seigneur Yahvé ... Voici quelle fut la faute de Sodome ta sœur : orgueil, voracité, insouciance tranquille, telles furent ses fautes et celles de ses filles; elles n'ont pas secouru le pauvre et le malheureux, elles se sont enorgueillies et ont commis l’abomination devant moi ». (cf. Mt 10,15) Les hommes de Sodome ont essayé de dominer les étrangers à la maison de Loth en les soumettant à l’abus sexuel. La motivation pour une telle tentative de viol collectif est l’humiliation et la violence, non l’affection homosexuelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lévitique 18,22 (20,13)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;« Abomination » (TO’EBAH) est un terme technique cultique qualifiant celui qui est rituellement impur, comme le tissu mixte, le porc, et les rapports sexuels avec des femmes en menstruation. Ce terme n’a pas de rapport avec un problème de morale ou d’éthique. Ce Code de Sainteté (chapitres 17-26) interdit à un homme de coucher « avec un homme comme on couche avec une femme ». On considérait comme pollution un tel mélange des rôles sexuels. Mais même Jésus et Paul ont tous deux rejeté toutes ces formes de distinctions rituelles. (Cf. Mc 7,17-23; Rom 14,14&amp;amp;20) Le Fundamentalist Journal avoue que ce Code condamne « les pratiques idolâtres » et « l’impureté rituelle » et conclut : « aujourd’hui nous ne sommes pas tenus par ces commandements ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deutéronome 23,17-18&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Il n’y aura pas de prostituée sacrée parmi les filles d’Israël, ni de prostitué sacré parmi les fils d’Israël ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Ces termes, KEDESHA et KADESH, signifient littéralement « saint » ou « sacré ». Il n’y a aucun dérivé hébreu du mot « Sodome » dans cet extrait; la Bible anglaise « King James » l’a erronément traduit. Ici les mots hébreux font référence aux prêtresses-prostituées « sacrées » (féminines et d’eunuques) des cultes cananéens de fertilité, qu’Israël devait à tout prix éviter. D’ailleurs, comme le constate George R. Edwards, érudit biblique du Louisville Presbyterian Seminary : « Aucun prophète n’emploie le substantif signifiant ‘prostituée masculine de culte’ ni parle de l’activité d’une telle personne. En fait, au sujet d’actes homosexuels, les prophètes sont aussi silencieux que la tradition entière de l’enseignement de Jésus dans le Nouveau Testament. C’est », soutient-il, « un silence très significatif ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Romains 1,26-27&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;« Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leur égarement ».&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Se tournant vers les écritures de Paul, V.P. Furnish éclaire la question : « Puisque Paul n’a offert aucun enseignement direct à ses propres églises concernant le comportement homosexuel, il est certain que ses lettres ne peuvent produire aucune réponse spécifique aux questions qui se posent à l’église moderne. ... Pour Paul, ni la pratique de l’homosexualité, ni la promiscuité hétérosexuelle, ni n’importe quel autre vice spécifique n’est défini en tant que tel comme étant un ‘péché.’ À son avis le péché fondamental dont tous les maux particuliers découlent est l’idolâtrie – l’adoration de ce qui est créé plutôt que le Créateur, soit une idole en bois, soit une idéologie, soit un système religieux, soit un certain code moral particulier ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans Romains 1, Paul ridiculise la rébellion religieuse païenne, en disant qu’ils connaissaient Dieu mais adoraient des idoles plutôt que Dieu. Pour construire son raisonnement, ce qu’il tournera contre les moralisateurs juifs au 2e chapitre, il fait allusion aux pratiques typiques des cultes de fertilité impliquant des pratiques sexuelles entre des prêtresses, et entre des hommes et des eunuques-prostitués comme ceux qui servaient la déesse Aphrodite en Corinthe, d’où il a écrit cette lettre aux Romains. Leurs rites d’auto-castration ont eu comme conséquence une « pénalité » corporelle. Comme l’explique Catherine Krueger dans le Journal of the Evangelical Theological Society : « Les hommes portaient des voiles et les cheveux longs pour indiquer leur dévotion envers la déesse, alors que les femmes employaient le dévoilement et les cheveux courts pour indiquer la leur. Les hommes se faisaient passer pour des femmes, et dans une peinture rare sur un vase de Corinthe, une femme porte un pantalon de satyre équipé de l’organe masculin. Ainsi elle danse en présence de Dionysos, une déité qui avait été élevée comme une fille et était elle-même appelée mâle-femelle et ‘homme simulé’ ». Krueger poursuit : « Le changement de sexe qui caractérisait les cultes de telles grandes déesses comme Cybèle [Aphrodite, Ishtar, etc.], la déesse syrienne, et Artemis d’Éphèse était plus effroyable. Les mâles se sont volontairement châtrés et ont porté des vêtements de femmes. Un bas-relief de Rome dépeint un grand-prêtre de Cybèle. Le prêtre châtré porte un voile, des colliers, des boucles d’oreille et une robe féminine. Il est considéré comme ayant échangé son identité sexuelle et comme étant devenu une prêtresse ». Comme tels, ces prostitués religieux s’engageaient dans des orgies de même sexe dans les temples païens tout au long des côtes parcourues par Paul au cours de ses voyages missionnaires. « Le concept de l’homosexualité compris par Paul », comme l’indique Thielicke, « était un de ceux affectés par l’atmosphère intellectuelle entourant la lutte avec le paganisme grec ». Scroggs remarque : « les illustrations sont secondaire à la structure théologique élémentaire [de Paul] » (cf. 3,22b-23, la sommaire de Paul), et Furnish ajoute : « la pratique de l’homosexualité en tant que telle n’est pas le sujet de discussion ». Ce que décrit Paul dans le premier chapitre de Romains, ne s’agit-il pas des orgies païennes qu’il cherche à ridiculiser plutôt que l’amour et le soutien mutuel dans la vie domestique des lesbiennes et des gays d’aujourd’hui?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 Corinthiens 6,9 &amp;amp; 1 Timothée 1,10&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Les références de Paul à malakoi et à arsenokoitai.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Gordon D. Fee, professeur évangélique du Nouveau Testament au Regent College, est d’avis que ces deux termes sont « difficiles ». Le Fundamentalist Journal l’admet : « Il est difficile de traduire ces mots ». Concernant arsenokoitai, Fee le constate : « C’est la première apparition en littérature préservée, et les écrivains suivants sont peu disposés à l’employer, particulièrement pour la description de l’activité homosexuelle ». Scroggs l’explicite : « Paul ne fait allusion qu’à des pédérastes. … Il n’y avait aucune autre forme d’homosexualité masculine dans le monde Greco-Romain qui pourrait venir à l’esprit ». Les sources antiques indiquent que les malakoi étaient des garçons-prostitués efféminés. Bien que Paul semble avoir inventé arsenokoitai, ce terme se réfère, peut-être, aux clients des garçons-prostitués, bien que personne ne puisse être ici affirmatif. Toutefois, l’essentiel est clair : les chrétiens qui se diffament et s’intentent des procès dans les tribunaux païens les uns contre les autres sont aussi honteux que des voleurs, des ivrognes, des gloutons, et les malakoi et les arsenokoitai (quels qu’ils soient). L’autre sorte de pédéraste au temps de Paul était un adulte mâle qui exploitait sexuellement des esclaves qui étaient ses « mignons ». Les garçons désirés étaient pré-pubères ou au moins imberbes de sorte qu’ils ressemblaient à des femmes. Ces hommes se mariaient avec des femmes pour percevoir une dot, procréer et pourvoir à l’éducation des héritiers. Pour le sexe ils avaient des « mignons » – ce qui est éloigné de l’image des couples homosexuels d’aujourd’hui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La Bible est un placard vide. Elle n’a rien de spécifique à dire au sujet de l’homosexualité en tant que telle. Mais la Bible a beaucoup à dire au sujet de la grâce de Dieu pour tout le monde et de Son appel à la justice et compassion. Jésus a résumé la loi de Dieu dans ces mots de l’Écriture Sainte : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. … [et] tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Mt 22,37-39) &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;© Ralph Blair, tous droits réservés (Traduction : Fred Wells)&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-1144853037636245530?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/1144853037636245530/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=1144853037636245530' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/1144853037636245530'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/1144853037636245530'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2008/11/la-bible-est-un-placard-vide.html' title='La Bible est un placard vide'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-2267821159180291538</id><published>2008-11-21T15:34:00.003-05:00</published><updated>2008-12-03T17:11:56.307-05:00</updated><title type='text'>La force de la faiblesse</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;2 Corinthiens 11:16 – 12:1o&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Roy Clements présenta ce discours à la conférence d’Evangelicals Concerned (région occidentale) en juillet 2002. C’était originairement tiré de son livre du même titre.&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais vous parler des dangers d’être trop spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous croyez peut-être que c’est quelque chose d’assez inattendu voire répréhensible à vouloir discuter. Bien sûr, tout chrétien devrait aspirer à être aussi spirituel que possible, n’est-ce pas ? Néanmoins, je crois que mon désir de discuter de ce sujet est bien justifié, parce que dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul met ses lecteurs en garde contre justement la même chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un groupe d’étrangers était entré dans l’église corinthienne et avait rapidement commencé à dominer. Nous ne savons pas exactement qui ils étaient. Il est très difficile de les associer avec aucune hérésie connue dans l’église primitive ; en fait, il n’y a pas la moindre indication que leur doctrine n’était pas tout à fait orthodoxe. Tout ce qu’on peut dire en toute certitude, c’est qu’ils étaient juifs, qu’ils se conféraient à eux-mêmes le titre d’« apôtre » et – le plus important – qu’ils n’aimaient pas Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi cette animosité ? Aussi curieux que cela nous paraisse, leur problème fondamental avec Paul était qu’il n’était pas assez spirituel ; il était tout simplement trop… normal ! Vous vous demandez peut-être pourquoi être normal serait un problème. Eh bien, c’est là où il est important de comprendre la culture du monde helléniste. Paul était un chef spirituel, un chef qui, autrement dit, était censé être en contact avec Dieu. Et les Grecs nourrissaient d’exceptionnellement hautes espérances d’une telle personne. &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelqu’un ayant Dieu de son côté devait être doté d’une personnalité éblouissante. Par exemple, il avait peut-être une réputation pour des exploits miraculeux, comme Hercule, l’héros de la mythologie grecque, qui, aidé par des forces surnaturelles, sortit victorieux et indemne de toutes sortes d’épreuves et de difficultés. Ou bien un chef spirituel pouvait être quelqu’un ayant des visions ou des expériences occultes, comme l’oracle célèbre de Delphi dans l’antiquité. Ou peut-être qu’un chef spirituel pouvait même établir une réputation fondée sur une origine exotique, comme les prêtres des religions nouvellement populaires de l’Orient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que ce soit par ses actes héroïques, par ses expériences mystiques ou par ses origines exotiques, d’une manière ou d’une autre, quiconque allait être un crédible chef spirituel dans la société grecque &lt;a name="OLE_LINK2"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a name="OLE_LINK1"&gt;devait être&lt;/a&gt; formidable. Car dans cette culture-là, le succès était tout. Qu’on soit orateur ou athlète, acteur ou soldat, l’important était d’étaler sa supériorité personnelle sur autrui. Pour avancer dans la société helléniste, il fallait projeter une image importante : éloquente, assurée, prospère, virile – en un mot, forte. Si l’on n’avait pas un corps d’athlète, il fallait tout au moins une personnalité dynamique. Il fallait être sûr de soi jusqu’à l’arrogance. Car les Grecs ne considéraient pas l’humilité comme une vertu. Au contraire, pour eux, l’humilité était impossible de distinguer de la servilité ; c’était un vice. Tout grand homme devait pouvoir se vanter ; il devait être fier. Cela faisait partie intégrante de la définition même d’être « grand ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, cette image impressionnante de force et de puissance était le style de direction spirituelle que les soi-disant « apôtres » qui avaient envahi l’église offraient aux chrétiens à Corinth. Etant donné que c’était exactement le genre de modèle de gestion qu’admirait le monde séculier de cette époque-là, il n’était pas surprenant qu’ils y gagnaient beaucoup d’adhérents parmi les jeunes croyants. Ce faisant, cependant, comme je l’ai dit au début, ils entraient en conflit avec Paul. Pourquoi ? Parce que Paul ne projetait simplement pas ce type d’image et n’a rien fait pour l’acquérir. Il était, comme je le dis, trop normal… en fait, pour quelqu’un qui affirmait être un grand chef spirituel, il semblait être étrangement vulnérable à l’accusation d’être tout à fait le contraire d’un individu fort et puissant… il n’était pas difficile pour ses ennemis de l’affubler de l’étiquette d’homme « faible ». &lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Paul ? » raillèrent-ils. « Paul – un chef spirituel ? Il n’est même pas un excellent orateur ! Peut-être qu’il semble assez intimidant en écrivant ces longues lettres-là, mais, en personne, il est un petit homme incompétent. Il est tellement nul pour parler en public qu’il n’ose même pas prendre d’honoraires. Juste un amateur, cet homme ! Comment se peut-il qu’il soit apôtre ? La spiritualité veut dire les actes et les expériences surnaturels ; les chefs spirituels devraient être puissants, mais Paul est faible. Il n’est pas un chef spirituel – non par rapport à nous, tout au moins ! »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par cette sorte de campagne de diffamation, la faction rivale à Corinth sapait l’autorité de Paul. Et c’est cette question que Paul aborde dans la partie finale de cette lettre à l’église.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il commence à se défendre à partir du chapitre 10, verset 1 où il prévient ses lecteurs qu’il était loin d’être « timide » et « ordinaire » comme certains le prétendaient. Dans 11:5 il se réfère directement à ses détracteurs, les qualifiant sarcastiquement de « super-apôtres », et insistant qu’il sait compenser son manque de talent pour la rhétorique grecque professionnelle par sa connaissance de première main du Christ. A partir du verset 11:13, Paul cesse de prendre des gants, et après s’être brièvement et plutôt sarcastiquement excusé de ne pas exploiter les finances de ses congrégations, il dénonce ses rivaux comme de faux apôtres se faisant passer pour de vrais apôtres de la même façon que Satan se fait passer pour un ange de lumière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais c’est dans les versets 11:16-12:10, que nous allons étudier, que sa réponse devient la plus intense – car Paul présente dans ces versets-là, d’une façon hautement personnelle et émouvante, un compte-rendu de sa compréhension de la vraie signification d’être un chef spirituel et pourquoi il est qualifié.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ne faut pas mal comprendre son motif pour ceci. Il ne souffrait pas de fierté blessée. Ces « faux apôtres », comme il les appelle, faisaient quelque chose de beaucoup plus sérieux que de simplement blesser sa réputation personnelle. Ils contestaient la nature entière de la spiritualité chrétienne. Pour autant qu’on puisse en juger, leur doctrine était solide et ils avaient probablement eu une impeccable éducation chrétienne, bien qu’en projetant cette image sécularisée et mondaine de spiritualité et de direction, ils aient subtilement corrompu le christianisme. Il ne serait pas exagéré de dire qu’ils offraient aux gens un faux Jésus (voir 11:1 et seq.), un Jésus faussé, un Jésus qui ne souffrait plus, qui ne portait plus une croix, qui n’est plus né dans une mangeoire, un Jésus qui n’était plus méprisé et abandonné des hommes – bref, un Jésus qui n’était plus faible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et voilà ce que Paul ne pouvait simplement pas permettre. Car il s’était enfin rendu compte que c’était par la faiblesse de Dieu-devenu-homme que le salut du monde avait été gagné. Et ce n’était qu’en acceptant humblement une telle faiblesse que ceux qui seraient les disciples de Jésus pouvaient jamais trouver le secret de la vraie force spirituelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y avait donc un paradoxe en jeu dans la dispute de Paul avec ces prétentieux apôtres rivaux de Corinth qui frappait au cœur même de l’évangile. Il lui était essentiel de trouver un moyen de piquer leur ego surdimensionné ; il devait révéler l’erreur de leurs affirmations super-spirituelles. Il devait montrer aux chrétiens ordinaires à Corinth que ces soi-disant apôtres pouvaient le dépeindre comme non spirituel seulement parce qu’ils se trompaient sur de la nature de la vraie spiritualité. Et puisqu’ils avait choisi à faire Paul lui-même le centre de leurs idées erronées, il n’avait pas d’autre solution que d’employer lui-même comme exemple afin de les corriger. Bref, il lui faudrait se défendre contre leur litanie de plaintes à son sujet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est bien clair que Paul se sentait mal à l’aise à l’idée de faire cela. Pour lui, parler de lui-même ressemblait à la vantardise, et quoiqu’il ait été plutôt doué en cela autrefois, la vantardise ne lui venait plus naturellement. Cela le faisait se sentir, nous dit-il, comme un insensé. Mais la confusion des Corinthiens ne le laissa aucun choix. Afin de regagner l’allégeance de l’église corinthienne, il lui faudrait prendre ces faux apôtres prétentieux à leur propre jeu. Il lui faudrait « se vanter », comme s’il était un d’eux. Mais, il insiste qu’il n’entreprendrait cette stratégie fâcheuse qu’à contrecœur.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Je le répète : qu’on ne me prenne pas pour un insensé. Ou alors,&lt;br /&gt;acceptez-moi comme tel, que je puisse à mon tour un peu me vanter! (11:16)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Autrement dit : il semble qu’afin que vous écoutiez ce que j’ai à dire, je doive me comporter comme un vantard idiot. Eh bien, j’entrerai dans votre jeu absurde ; je ferai le clown et chanterai mes propres louanges pendant un moment, si c’est ce que vous désirez. Mais, comprenez tout au début&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;En parlant comme je vais le faire, je ne m’exprime pas comme le Seigneur veut&lt;br /&gt;qu’on parle, je le ferai comme dans un accès de folie. Puisque plusieurs se&lt;br /&gt;vantent pour des raisons tout humaines, eh bien, moi aussi je vais me vanter.&lt;br /&gt;Vous qui êtes si raisonnables, vous supportez volontiers les insensés!&lt;br /&gt;(11:17-19)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Paul utilise l’ironie à de nombreuses reprises dans ces chapitres pour discréditer ses rivaux et c’est là un bon exemple. ‘Vous m’avez obligé à parler comme un vaniteux’, dit-il, ‘ce qui est quelque chose que le Seigneur Jésus lui-même n’aurait jamais fait’. Considérez donc ce qui suit comme si Paul avait temporairement perdu la boule. ‘Je sais que vous allez tolérer mon petit accès de folie, vous qui êtes si parfaitement raisonnables ! Je vous assure, mon petit étalage d’égocentrisme ne sera rien à côté de celui de la bande de crâneurs devant qui vous semblez à présent si anxieux de faire des courbettes !&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Vous supportez qu’on vous traite en esclaves, qu’on vous exploite, qu’on vous dépouille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous gifle ! (11:20)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Voici un aperçu du type de modèle autoritaire pour des chefs chrétiens qu’établissaient les faux apôtres à Corinth, ceux qui, d’une manière typiquement grecque, méprisaient les faibles et s’attendaient à ce que les gens non honorés de faire partie de l’élite spirituelle rampent devant eux.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;‘Non’, dit Paul, son sarcasme lourd d’amertume : ‘Je l’avoue avec honte : nous nous sommes montrés bien faibles !’ (11:21)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Autrement dit, c’est vrai, en tant qu’apôtre je vous ai peut-être parlé avec autorité – mais je ne vous ai jamais traités avec la sorte de mépris intimidant que montrent ces faux apôtres. Si vous considérez mon refus de vous abuser ainsi comme de la faiblesse – alors donc, excusez-moi, s’il vous plaît, de ne pas me plier à vos tendances masochistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’accord – assez parlé des mises en garde introductives ; laissez-moi, Paul le vantard idiot, prendre la scène pour quelque temps ! Vos soi-disant apôtres disent que je ne suis pas un chef spirituel. Ils affirment que je ne peux pas égaler leurs qualifications. Bon, si vous les Corinthiens insistez pour savoir ce que sont les affirmations de Paul, d’une façon réticente et très gênée, je vous les préciserai.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1ère caractéristique d’un chef spirituel :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Considérons la génétique, pour commencer. Vous les Grecs pensez que les origines ethniques sont importantes, n’est-ce pas ? D’accord – voilà la lignée dont je suis issu.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Ils sont Hébreux? Moi aussi. Israélites? Moi aussi. De la postérité d’Abraham? Moi aussi. (11:22)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Comme je l’ai déjà dit, les rivaux de Paul étaient probablement juifs, et il apparaît probable qu’ils essayaient de capitaliser sur leurs origines sémites. Dans un lieu comme Corinth, une touche de l’exotique dans son milieu d’origine était un avantage net. Les religions orientales étaient considérées très avant-gardiste, comme elles le sont dans certains cercles de nos jours. Paul assure les Corinthiens que s’ils sont assez insensés pour penser qu’il est plus probable de vivre des expériences religieuses par les Juifs que par d’autres groupes ethniques, son origine ethnique est tout aussi « supérieure » que celle de ses rivaux. Lui aussi est juif : à cent pour cent. Assez parlé de la génétique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2ème caractéristique d’un chef spirituel :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et les exploits héroïques ? Souvenez-vous, les Grecs y accordaient beaucoup d’importance aussi.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Ils sont serviteurs du Christ? C’est une folie que je vais dire : je le suis plus qu’eux. Car j’ai travaillé davantage, j’ai été plus souvent en prison, j’ai essuyé infiniment plus de coups; plus souvent, j’ai vu la mort de près. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les « quarante coups moins un ». Trois fois, j’ai été fouetté, une fois lapidé, j’ai vécu trois naufrages, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer. Souvent en voyage, j’ai été en danger au passage des fleuves, en danger dans des régions infestées de brigands, … en danger à cause des faux frères. J’ai connu bien des travaux et des peines, de nombreuses nuits blanches, la faim et la soif, de nombreux jeûnes, le froid et le manque d’habits. Et sans parler du reste, je porte mon fardeau quotidien : le souci de toutes les Eglises. (11:23-28)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Ce catalogue est un vrai coup de maître ; car on faisait souvent le panégyrique des héros grecs avec exactement cette sorte de curriculum. Cependant, Paul fait ici une chose très ingénieuse avec ce récital conventionnel d’un CV d’héros. Quelles choses inclut-il dans son propre catalogue d’accomplissements personnels ? Les résultats de ses grandes croisades d’évangélisation, peut-être ? Ses écrits théologiques prolifiques ? Son esprit d’entreprise audacieux et son initiative missionnaire ? La liste impressionnante des apôtres chrétiens influents qu’il connaît personnellement ? Mais non, il n’énumère que très peu de tout cela, voire rien du tout. En fait, il ne dit rien qui serait le moins impressionnant selon les critères grecs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de cela, il dresse la liste des persécutions qu’il avait subies, les dangers auxquels il avait échappé de justesse et le sens paralysant de responsabilité qui mettent tous la pression psychologique sur lui sans répit. « Les difficultés, les privations et les anxiétés – voilà mon sort » dit Paul. « Et comment est-ce que je les affronte tous ? Est-ce que je sors comme un jeune Hercule, frais et rempli de confiance en moi après chaque épreuve ? Pas du tout ! »&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Qui est faible sans que je sois faible ? Qui tombe sans que cela me brûle ? (11:29)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Je suis en désaccord avec l’interprétation majoritaire de ce verset-là. La plupart des commentateurs le prend comme un développement du verset 28. Ils soutiennent que Paul explique la nature de son inquiétude sur les églises. N’importe quel échec ou apostasie l’affecte personnellement. Si quelqu’un hésite sur sa foi en Christ, Paul en est affaibli. Si quelqu’un s’écarte de la vérité, Paul brûle d’indignation ou en est extrêmement gêné. Sans aucun doute cette interprétation a du sens, mais à mon avis, n’est pas d’accord avec la direction générale de la rhétorique de Paul ici. Il paraît beaucoup plus probable que dans ce contexte Paul met l’accent sur sa propre faiblesse morale et spirituelle, pas celle d’autres gens. Il ne dit pas « les autres ajoutent continuellement à mon chagrin par leurs échecs et par leurs péchés » ; mais plutôt, « bien que je sois apôtre, je ne suffis pas à affronter tous les problèmes physiques et moraux qui me viennent. Je ne suis pas plus fort que le reste du monde. Je ne suis pas plus insensible à la tentation qu’eux. En fait, mon seul témoignage, par suite de toutes mes épreuves dans le ministère chrétien, est un sens de mon inadéquation personnelle qui s’approfondit sans cesse ».&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Oui, s’il faut se vanter, c’est de ma faiblesse que je me vanterai. Le Dieu et Père du Seigneur Jésus, qui est loué éternellement, sait que je ne mens pas. (11:30-31)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Autrement dit : « Les autres héros peuvent se vanter qu’ils sont exceptionnellement puissants, s’ils le jugent nécessaire. Mais l’honnêteté brutale exige que j’adopte un style différent d’autopromotion. Moi, je dois me vanter de ma faiblesse ». &lt;/p&gt;&lt;p&gt;« En effet, tant que nous parlons de mon passé, permettez-moi d’ajouter une illustration pour prouver ce que j’avance. Si vous voulez vraiment savoir quel genre d’apôtre je suis, je vous le dirai : j’en suis le genre qui, quand les choses deviennent vraiment dures, s’enfuit. C’est vrai ! Je l’ai toujours été. La toute première chose que j’ai fait après être baptisé était de m’enfuir ».&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;A Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait surveiller toutes les issues de la ville pour m’arrêter. Par une fenêtre du mur d’enceinte, on me fit descendre dans une corbeille le long du rempart, et ainsi seulement j’ai pu lui échapper. (11:32-33)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Et voilà Paul ! Pas un Alexandre courageux qui gravit des forteresses ennemies afin de les prendre. Non. Paul est le type d’homme qui descend des forteresses ennemies afin d’éviter d’être pris lui-même. « Un lâche, voilà ce que je suis » dit Paul ! « Je ne le nie pas ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, réfléchissez bien. Voyez-vous ce que Paul essaie de faire ici ? En employant cette tactique ironique et ingénieuse, il bascule l’image séduisante de spiritualité chrétienne que les faux enseignants donnaient à manger aux Corinthiens. Ils considéraient un apôtre comme un surhomme dynamique qui avait du succès à revendre. Mais ils se trompaient. Ceux qui se présentent eux-mêmes de cette façon vantarde, comme le dit Paul, se trahissent comme de faux apôtres. Car les vrais apôtres du Christ sont bien différents. Ce sont des gens qui reçoivent la persécution et le mépris du monde. Ils connaissent le danger né d’une providence inamicale, ils connaissent la privation née de la pauvreté abjecte, ils connaissent l’anxiété née de la responsabilité intolérable ; et surtout, ils connaissent l’humiliation née de la connaissance qu’ils sont indignes et inadéquats.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si les Corinthiens mettent Paul au pied du mur et insistent pour qu’il chante ses propres louanges comme un idiot, il le fera. Mais c’est sa vulnérabilité et ses échecs dont il fera étalage devant eux, pas ses forces et ses réussites. Car contrairement aux chefs qu’ils admiraient tant, Paul n’était pas un imposteur prétentieux – il possédait de la spiritualité réelle. Et par suite il ne méprisait pas la faiblesse. Au contraire, il y compatissait. S’il est forcé à se vanter, il se vantera donc des choses qui démontrent sa faiblesse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3ème caractéristique d’un chef spirituel :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et les expériences surnaturelles ? Après tout, on s’attend à ce que les grands chefs spirituels soient également en faveur d’elles, n’est-ce pas ? Bon, permettez-moi de vous donner mes références à cet égard.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Il faut donc que je me vante, bien que cela ne soit pas bon. Mais je vais parler maintenant des visions et révélations que le Seigneur m’a accordées. Je connais un chrétien qui, il y a quatorze ans, fut enlevé jusqu’au troisième ciel (Je ne sais pas s’il fut réellement enlevé ou s’il eut une vision, Dieu seul le sait), et là il entendit des paroles inexprimables et qu’il n’est permis à aucun être humain de répéter. Je me vanterai au sujet de cet homme – mais, quant à moi, je ne me vanterai que de ma faiblesse. (12:1-5)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Voilà ce qui est nettement une description d’une profonde expérience extasiée ou mystique. Il se peut que la modestie empêche Paul de parler à la première personne, bien qu’il parle « comme dans un accès de folie ». Ou il se peut que l’expérience fût tellement loin de sa vie quotidienne qu’il semblait comme si quelqu’un d’autre l’avait vécue. Mais il est clair que Paul ne nous raconte pas de seconde main l’expérience d’un ami. Le « chrétien » n’était personne d’autre que lui-même, comme le verset précise plus tard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a plusieurs aspects de cette expérience qui méritent notre attention.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’abord, même pour Paul, une telle expérience mystique était extrêmement &lt;em&gt;rare&lt;/em&gt;. Cela s’est produit « il y a quatorze ans ». Donc, c’était une expérience qui n’arrive qu’une fois dans une vie, pas une partie habituelle de la méditation quotidienne de Paul.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Deuxièmement, c’était extraordinairement &lt;em&gt;intense&lt;/em&gt; ; « s’il fut réellement enlevé ou s’il eut une vision ». Autrement dit, il se sentit enlevé jusqu’au domaine spirituel, le « troisième ciel » comme il l’appelle. Que ce soit une vision qui se produisit dans sa tête ou un enlèvement réel, il ne pouvait en être certain ; l’expérience était tellement intense qu’elle éclipsa toute conscience normale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Troisièmement, Paul dit clairement qu’une telle expérience était très &lt;em&gt;spéciale&lt;/em&gt; et fournit, potentiellement au moins, des raisons pour un certain degré de fierté spirituelle. « Je me vanterai au sujet de cet homme ». Ce n’était pas une expérience chrétienne normale. Un homme qui connaît une telle expérience se distingue comme spécialement privilégié.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quatrièmement, Paul considère cette expérience comme particulièrement &lt;em&gt;personnelle&lt;/em&gt;. Il entendit des choses « inexprimables », dit-il, des choses qu’il « n’est pas permis à aucun être humain de répéter ». Donc, elle n’était pas donnée à Paul pour partager avec d’autres gens. Elle était privée entre lui et le Seigneur. Pour commencer, elle était impossible à partager. Comme toute expérience mystique elle défiait toute description. Encore plus que cela, dit-il, il aurait été illégitime d’essayer de la partager. Le mystère impliqué était trop sacré ; il n’était pas destiné à être publiquement déclaré.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De plus, Paul affirme qu’il aurait été imprudent de la partager.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Et pourtant, si je voulais me vanter, je ne serais pas un insensé, car je ne dirais que la vérité. Mais je m’en abstiens. Car je désire éviter que l’on se fasse de moi une idée supérieure à ce qu’on peut déduire de mes actes et de mes paroles. (12:6)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;C’est extrêmement important. Paul ne voulait pas influencer ce qu’on pensait de lui en exposant cette expérience étonnante. Elle était privée et ne pouvait être vérifiée. S’il s’en était vanté il aurait laissé la porte ouverte à toutes sortes de charlatans qui se vantaient trompeusement des expériences mystiques qui étaient pareillement invérifiables, et qui par conséquent revendiquaient l’autorité dans l’Eglise. Paul refusa donc de soutenir son prestige de cette façon. Il préférait que sa réputation ne soit basée que sur les choses qui pouvaient être corroborées sans ambiguïté par l’observation de son caractère et de ses enseignements : il voulait être respecté pour ses « actes » et ses « paroles » seulement, non pour ses visions dramatiques et ses révélations.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais enfin, il y a un cinquième aspect de cette expérience mystique qui mérite également notre attention : elle ne vint pas sans un prix.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Cependant, afin que je ne sois pas enflé d’orgueil pour avoir reçu des révélations si extraordinaires, il m’a été mis une écharde en la chair, comme un messager de Satan chargé de me frapper (12:7).&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il y a des spéculations sur exactement ce que Paul voulait dire par l’« écharde en la chair ». La vérité simple, c’est que personne ne sait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certains suggèrent que c’était une personne dans sa vie qui était une source de difficultés et de découragement – un opposant théologique, peut-être, ou même une épouse incroyante !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une autre interprétation plausible est que l’écharde en la chair est un symbole pour quelque sorte de maladie physique douloureuse ou agaçante. Certains ont suggéré, par exemple, que Paul souffrait peut-être de mauvaise vue à la suite de sa vision aveuglante en route pour Damas. Une autre théorie célèbre est qu’il avait des accès récurrents de malaria.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’autres ont soutenu que l’« écharde » ne signifie pas ici le corps physique mais la nature inférieure – donc, l’écharde symbolise un péché charnel pressant qu’il devait combattre – la convoitise sexuelle, peut-être.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et à cet égard, bien sûr, il y a eu quelques commentateurs qui ont suggéré que Paul était peut-être aux prises avec l’homosexualité. Il n’est pas difficile de trouver des preuves indirectes qui soutiennent une telle théorie. Il n’y a aucune mention d’une femme dans sa vie, après tout – et il était bien extraordinaire qu’un rabbin juif reste célibataire. Et qui plus est, il avait des relations très proches avec plusieurs camarades mâles – notamment Timothée. Bien entendu, la société juive orthodoxe du temps de Paul était très homophobe, et ainsi, un juif homosexuel n’aurait pas d’autre choix que de rester dans le placard. Sans aucun doute, les étalages flagrants de l’homosexualité dans des villes païennes comme Corinth ou Rome auraient été extrêmement troublants pour une telle personne. Si Paul avait été homosexuel, il aurait été sujet à la souffrance intérieure formidable – tout comme le serait un(e) chrétien(ne) LGBT de nos jours, éduqué(e) dans une église très conservatrice qui doit alors vivre et travailler dans un environnement qui est très sexuellement permissif comme celui de San Francisco ou de New York. Qui plus est, si Paul avait été troublé de cette façon il n’aurait sûrement pas pu l’avouer ouvertement, son ministère aurait été irrémédiablement compromis et une arme importante aurait été présentée sur un plat à ses adversaires juifs. Pour lui, la seule façon possible de se référer à une telle lutte privée aurait été au moyen d’une métaphore très ambiguë – une métaphore comme une écharde en la chair.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourtant, bien qu’il soit tentant de spéculer à cet égard, cela ne puisse être rien de plus que la spéculation. On n’en sait tout simplement rien. Paul doit avoir eu ses propres raisons d’en parler en termes tellement cryptiques. Mais peut-être que l’objet du Saint-Esprit en l’inspirant pour employer cette vague métaphore était de mettre cette confession de vulnérabilité personnelle sur les lèvres du grand apôtre de telle manière que chaque chrétien puisse la partager. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car, voyez-vous, nous avons tous quelque chose dans notre vie qui est une source de douleur physique, de découragement émotionnel ou d’épreuve morale, et qui semble ne jamais partir. Bref, nous avons tous une écharde en la chair. En se référant à sa propre source de frustration en termes tellement obliques, Paul permet à chacun d’entre nous de s’identifier à lui… et c’est vrai pour nous les chrétiens gays plus que personne. Plus que personne, nous connaissons l’écharde en la chair. Tout comme Paul, notre spiritualité est questionnée par les gens moralement supérieurs dans nos églises qui ont du mépris pour notre « faiblesse ». Notre droit d’être au pouvoir est questionné. Tout comme Paul, nous sommes de plus en plus forcés de nous défendre – d’expliquer comment quelqu’un avec une telle écharde évidente en la chair pourrait possiblement prétendre être spirituel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eh bien, voici la réponse à ce défi – si Paul pouvait si positivement regarder son écharde en la chair, quoi qu’elle soit, et la changer même en source de fierté chrétienne – nous aussi, nous pouvons le faire ! L’important à cet égard n’est pas la nature précise de son handicap, mais son effet sur son ministère. Pourquoi lui a-t-il été donné ? Il nous dit lui-même – pour le « garder de l’orgueil ». Il y avait un vrai danger, voyez-vous, qui était associé au privilège spirituel de ces révélations avec quoi, en apôtre, il avait été favorisé : le danger de l’orgueil. Très peu de gens ont jamais été mis en contact tellement intime avec le ciel qu’ils ont vu le Seigneur ressuscité lui-même. Mais Paul l’avait été ! Il serait bien trop facile de se croire quelqu’un de spécial. L’écharde en la chair était une sorte de remède prophylactique contre une telle tentation. Dieu la permit de tenir Paul dans une position d’humilité spirituelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est compréhensible qu’au début, cela ne lui plaise pas.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi (12:8).&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Paul n’était initialement pas disposé à accepter cette écharde. Ce n’est pas une exagération de dire qu’il était rebelle. Il n’est pas difficile d’imaginer les arguments qu’il aurait exposés dans ses prières. ‘Seigneur, sûrement que je serais un serviteur plus efficace pour vous sans cet handicap. Il est déjà assez difficile d’affronter tous les dangers et toutes les privations de la vie missionnaire sans devoir lutter contre cette maudite écharde en la chair !’ Mais le Seigneur refusa son requête et, finalement, Paul était réconcilié à la situation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Remarquez la réponse qu’il fut donnée :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Mais il m’a répondu : « Ma grâce te suffit, c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement. » (12:9)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Dieu ne prendrait pas le risque d’enlever l’écharde. Elle avait un objet crucial dans la vie de Paul. Au lieu de cela, il assura Paul qu’il ne souffrirait aucun obstacle à son ministère par la suite ; au contraire, il serait encore plus efficace. D’autres deviendraient chrétiens non parce qu’ils considéraient Paul comme un héros impressionnant, dynamique et surnaturel, mais parce qu’ils pouvaient voir la grâce de Dieu travaillant si manifestement en lui, malgré sa faiblesse naturelle. Et Paul se rendit compte enfin que c’était là le meilleur chemin. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui m’amène à la dernière chose que je voudrais que vous remarquiez dans ce passage : la grande leçon que Paul apprit :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;C’est pourquoi je me vanterai plutôt de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. Je trouve ainsi ma joie dans la faiblesse, les insultes, la détresse, les persécutions et les angoisses [&lt;em&gt;autrement dit : dans toutes ces choses que vous les corinthiens, dans votre état d’esprit séculier, trouvent difficiles d'associer à la spiritualité&lt;/em&gt;] que j’endure pour le Christ. Car c’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort. (12:9-10)&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Il est difficile d’exagérer l’importance de ces deux versets. Ceux-ci représentent le noyau même de la thèse de Paul dans ces chapitres. Ils sont la réprimande finale à la mentalité corinthienne. Ce sont les Corinthiens, dit-il, qui sont les vrais idiots. Ils admirent ceux qui se vantent de leurs révélations et de leurs visions. &lt;a name="OLE_LINK3"&gt;Ils se prosternent devant ceux qui se vantent de leurs exploits&lt;/a&gt;. Mais Paul ne le fait pas : et, ironiquement, la conséquence directe de ses propres visions et révélations était qu’il apprit ne pas se vanter ainsi ! Le christianisme, il se rendit compte enfin, était incompatible avec de tel comportement. Car la spiritualité chrétienne prend plaisir à la faiblesse ; c’est seulement dans l’acceptation et la confession de faiblesse que le chrétien trouve la grâce de Dieu surnaturelle, coulant pour satisfaire leur besoin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me semble que ces versets sont énormément pertinents pour nous pour plusieurs raisons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’abord, parce que la sorte de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;super-spiritualité&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; à laquelle Paul s’oppose est loin d’être absente dans notre [vingtième] siècle. Il y a beaucoup de chefs chrétiens aujourd’hui qui veulent s’entourer avec les mêmes sortes d’aura surnaturelle ; qui pensent qu’être spirituel doit vouloir dire des miracles, des visions et du ‘puissance’. A ce propos, notez attentivement l’insistance de Paul que chaque expérience spirituelle que l’on a n’est pas nécessairement destiné à être partagée. Il y a des détails intimes de nos vies qui sont rabaissés par l’exposition publique et ne sont pas destinés pour l’exhibition publique, même dans l’église. Méfiez-vous de ceux qui se vantent toujours des révélations, des expériences et des victoires qu’ils ont eues ; car la réticence dans de telles affaires est le signe de la vraie spiritualité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Remarquez aussi que les expériences extasiées du contact direct avec le ciel sont extraordinaires, même pour des apôtres remplis de l’Esprit. D’après le récit de Paul il est clair que de telles expériences peuvent être authentiques. Nous ne devons pas accuser tous les mystiques dans l’Eglise de s’être trompés eux-mêmes, encore moins d’être diaboliquement inspirés, comme le font certains anti-charismatiques. Mais l’expérience mystique ne doit pas être le point de départ pour évaluer la spiritualité d’une personne. Les affirmations de ce genre d’expérience peut être trompeuses. Selon Paul, ce sont les actes et les paroles qui comptent, pas les extases psychiques.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est pourquoi Paul ne chercha pas de telles expériences. Sa rencontre dans ‘le troisième ciel’ lui arriva simplement, sans prévenir. Ce n’était pas le résultat d’aucune sorte de discipline mystique. Il n’avait pas prié pendant des mois ni jeûné pendant des jours dans le désert afin d’obliger Dieu à le bénir. Cela lui arriva une seule fois, sans se reproduire, pour autant que nous sachions. Même avec les plus grands saints, de telles expériences sont rares, ou tout à fait absentes : car c’est le caractère, pas les expériences, qui est le vrai signe incontestable de l’Esprit dans sa vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ecoutez ces paroles de St Jean de la Croix, un des plus grands mystiques chrétiens de tous les temps :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;Toutes les visions, toutes les révélations, tous les sentiments célestes, et tout ce qui soit plus grand que ceux-ci, ne valent pas le moindre acte d’humilité, étant le fruit de cette charité qui ne s’estime pas elle-même ni ne se cherche pas elle-même, qui pense bien d’autrui mais non d’elle-même. De nombreuses âmes à qui des visions ne sont jamais venues sont incomparablement plus perfectionnées que d’autres qui en ont eu beaucoup.&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Méfiez-vous alors des gens super-spirituels qui se vantent sans arrêt de leurs ministères puissants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une autre raison que ce passage est pertinente pour nous est à cause de l’accent lourd sur &lt;strong&gt;&lt;em&gt;la délivrance&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; qui caractérise certaines parties de l’Eglise de nos jours. Quel que soit votre problème – une maladie physique, une tentation morale, une difficulté conjugale ou l’oppression démonique – il y en a qui vous assureront que la solution ne viendra que par la prière de foi qui fait merveille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bon, à ce propos, remarquez le témoignage de Paul que les prières des plus grands saints ne sont parfois pas exaucées de la façon qu’ils veulent. Trois fois Paul demanda quelque chose et trois fois Dieu répondit ‘non’. Trouvez-y un réconfort ! Contrairement aux idées païennes, une prière n’est pas un souhait magique exaucé sans conditions par quelque sorte de bonne fée ; c’est un don d’un Dieu affectueux. Et le Dieu Père ne va jamais nous donner quelque chose qu’il sait n’est pas tout à fait dans nos intérêts à long terme, si persistantes que soient nos demandes. Dieu merci qu’il nous dit parfois ‘Non !’. S’il ne le faisait pas, qui d’entre nous oserait jamais prier de nouveau ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela est particulièrement pertinent au débat entier sur le ministère ex-gay. Les chrétiens doivent être prêts à accepter des luttes de différentes sortes à cause de la contribution positive qu’elles peuvent parfois offrir à leur vie, de même que Paul devait accepter son écharde en la chair. Certains gens nous disent que nous avons un droit d’être délivrés de n’importe quoi et de tout ; et alors, si nous sommes malades et nos corps ne sont pas guéris par la prière, ou si nous sommes gay et notre sexualité ne sont pas réorientée par la prière – il y a donc quelque chose ne va spirituellement pas avec nous. Nous devons manquer de la foi. Je dois vous dire sur l’autorité de cette Ecriture – ce n’est pas le cas. Il y a une attente de la faiblesse et des problèmes dans la vie chrétienne. Bien sûr, nous prions pour du soulagement ; mais si nos prières sont invariablement déniées, nous devons donc conclure finalement que Dieu nous dit, ‘vous m’êtes plus utile avec cette « écharde » que sans elle. Il y a des qualités que vous gagnerez en l’affrontant, et que vous ne pouvez apprendre d’aucune autre manière’.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au fait, observez-vous que Paul ne fait aucune distinction entre l’œuvre de Satan et la volonté de Dieu dans cette question. Il appelle cette écharde en la chair, que Dieu lui avait donnée, ‘un messager de Satan’. Vous auriez pu penser que quelque chose de ‘satanique’ devait être un objet approprié pour le ‘ministère de délivrance’. Mais non. Satan est sous le contrôle de Dieu, et Dieu lui donne quelquefois l’occasion de nous influencer, comme dans le cas de Job. Paul était un meilleur homme en raison de son écharde en la chair – quoiqu’elle soit un messager de Satan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En ce qui concernait Dieu, un peu de douleur ou de gêne morale ou de détresse personnelle était un petit prix à payer pour la conquête de l’ego pour un de ses serviteurs. Même le Christ pria une fois, « éloigne de moi cette coupe », et entendit la réponse, « non ». Même lui, on nous dit, était élevé « à la perfection par des souffrances » (Hébreux 2:10) – et il était un meilleur chrétien que nous tous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a une troisième raison que ce passage est pertinent pour nous aujourd’hui : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;les qualités d’un grand chef&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;—Permettez-moi de vous poser une question : quelle est votre image d’un grand chef?&lt;br /&gt;—Permettez-moi de vous poser une autre question : quelle est votre image d’un grand chef chrétien ?&lt;br /&gt;—Or, permettez-moi de vous poser une troisième question : est-ce que l’apposition du mot ‘chrétien’ dans la deuxième question a matériellement changé votre réponse originale ?&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Pour beaucoup d’entre nous la réponse, je soupçonne, serait ‘non’. Les qualités que nous désirons dans, disons, un pasteur sont à peu près les mêmes que nous désirons dans un président. Nous pourrions les résumer en un mot : force. Pour être un grand chef dans n’importe quel contexte, on doit être fort, ferme, robuste. Les paroles des grands chefs doivent être incisives, ne permettant aucune contradiction ; leurs actes doivent être audacieux, n’acceptant aucune défaite. Ils doivent savoir parvenir à ses fins ; ils ne doivent pas paraître faibles ou lâches. Il doit n’y avoir aucun signe de faiblesse, aucun indice d’échec. Un chef doit projeter une image aussi invincible qu’un cuirassé et aussi infaillible que le pape.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’était, par exemple, l’image de Margaret Thatcher ; elle respirait l’assurance et la force. Si c’est la façon dont on évalue les chefs politiques, c’est encore plus vrai pour les chefs chrétiens. Là aussi, on s’attend à ce que les chefs soient forts. Les pasteurs ne sont pas permis de montrer de la faiblesse. D’autres sont peut-être accablés par des problèmes personnels, mais un pasteur doit toujours se débrouiller et avoir un surplus de ressources pour aider autrui de se débrouiller aussi. Après tout, un chef chrétien, comme Hercule, est du côté des dieux ; donc, même la reine des Amazones ne devrait pas pouvoir résister à son héroïsme soutenu par des forces surnaturelles. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela, en tout cas, c’est le mythe. Mais, bien entendu, ce n’est qu’un mythe. Je crois que le but central de Paul dans ces chapitres de sa deuxième lettre aux Corinthiens est de nous exposer à l’idée fausse de ce mythe-là. Il affirme : ‘Vous avez tort de centrer vos idées d’un chef chrétien sur les modèles que vous tirez de votre culture séculière. Un chef chrétien est tout à fait différent. Les grands chefs chrétiens ne sont pas nécessairement forts, du moins non dans le sens du mot que nous entendons en générale. Au contraire, la qualité principale de toute personne dont Dieu va se servir d’une façon puissante est qu’elle doit être pleinement consciente de ses faiblesses, voire de son incompétence’.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai une dernière question à vous poser. Avez-vous fait cette découverte ? Vous êtes-vous rendu compte que vous êtes plus utile à Dieu avec votre écharde que sans elle ? Etes-vous allés au-delà de la recherche vaine de la libération, pour plutôt trouver un témoignage joyeux de l’approbation de soi ? Bref, Êtes-vous content d’être faibles ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suppose que vous pouvez dire que Paul se décrit intentionnellement dans ces chapitres comme un genre d’antihéros ; un homme qui par la grâce de Dieu entraperçut les cieux et sortit de cette expérience déterminé à ne pas faire semblant d’être quelque sorte de géant spirituel – mais content d’être honnête au sujet de ses vulnérabilités et de ses faiblesses – content de vivre une vie qui glorifiait la grâce de Dieu plutôt que sa propre fierté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, peu de chrétiens dans notre culture occidentale ont appris cette leçon. Nous admirons le « pouvoir » – c’est là notre mot en vogue. Le pouvoir qui fait pousser les méga-églises. Le pouvoir qui fait des méga-miracles. Le pouvoir qui prêche des sermons éblouissants. Le pouvoir qui résiste à toute tentation, qui vainc toute faiblesse, qui délivre de tout assaut démonique – le pouvoir, qui dans un monde obsédé de succès et d’accomplissements, rend possible qu’en tant que chrétien je me croie quelqu’un !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Paul nous dirait, comme il dit aux corinthiens dans une lettre précédente – « quelqu’un », hein ? Mais ne vous rendez-vous pas compte que Dieu pratique une discrimination délibérément en faveur des moins que rien ? C’est vrai : &lt;em&gt;Dieu a choisi ceux que le monde trouve insensés pour couvrir de honte les « sages » ; ce qui est faible pour couvrir de honte les puissants ; les faibles, les méprisés – les moins que rien – pour réduire à néant ceux qui se croient quelqu’un. Et pourquoi ? Ainsi, aucune créature ne pourra se vanter devant Dieu.&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Voir&lt;/em&gt; 1 Cor 1.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si vous insistez pour avoir quelque chose dont vous pouvez se vanter – écoutez-moi – suivez donc mon exemple et vantez-vous des choses qui montrent votre faiblesse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sa réponse à ces rivaux qui l’accusaient d’être non spirituel est de leur montrer, par un mélange magistral d’ironie et de paradoxe, que leur idée de la spiritualité et la sienne étaient aux antipodes l’une de l’autre. « Il n’est tout bonnement pas vrai, dit-il, d’affirmer que pour être spirituel il faut projeter une image de supériorité, de surnaturalisme et de ‘pouvoir’. Au contraire, la vraie spiritualité paraît ordinaire ; la vraie spiritualité paraît faible ; elle paraît normale ; de même que le Christ paraissait faible, ordinaire et normal alors qu’il couchait dans la mangeoire et alors qu’il pendait à la croix. Tant que nous vivons de cette côté de la gloire de la résurrection, nous devons nous attendre à paraître faibles, ordinaires et normaux aussi. Ceux qui essayent de vous impressionner par aucune autre sorte de témoignage trahissent tout simplement à quel point qu’ils ne comprennent pas ni connaissent le Christ ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car voilà le paradoxe central de notre foi – l’ironie extraordinaire du Calvaire : c’est seulement par l’humiliation que nous découvrons que Dieu nous exalte, c’est seulement en mourant que nous découvrons que Dieu nous fait vivre, c’est seulement en sacrifiant notre vie que nous découvrons que Dieu nous rend notre vie. C’est seulement lorsque je suis faible que je suis fort.&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;em&gt;© Roy Clements (traduction : F.W.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1051259793357401388-2267821159180291538?l=fredewells.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fredewells.blogspot.com/feeds/2267821159180291538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1051259793357401388&amp;postID=2267821159180291538' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2267821159180291538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1051259793357401388/posts/default/2267821159180291538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fredewells.blogspot.com/2008/11/la-force-de-la-faiblesse-clements.html' title='La force de la faiblesse'/><author><name>Fred Wells</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16956470533114989693</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='27' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-chq3FrJnJLo/TgfVCa8V_qI/AAAAAAAAAC4/5TzvbwbZNpU/s220/ConnECtion2008-23-fred.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1051259793357401388.post-1239699247875705451</id><published>2008-11-19T10:37:00.001-05:00</published><updated>2008-12-03T17:12:47.108-05:00</updated><title type='text'>L'amour-alliance</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Roy Clements a donné ce discours à la conférence d’Evangelicals Concerned (région orientale) en juin 2002 – c’était originairement tiré de son livre&lt;/em&gt; People who changed history &lt;em&gt;(Les gens qui ont changé l’histoire)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Peu de cultures ont employé le mot « amour » plus librement que la nôtre. Pourtant, énormément de gens de nos jours trouvent difficilement la sorte de relation interpersonnelle profonde qu’ils veulent vraiment. C’est vrai tant pour les hétéros que pour les homos. Quelle que soit votre orientation sexuelle, de nos jours, l’amour s’avère bien trop souvent difficile à trouver, et le sexe frivole prend sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son livre &lt;em&gt;The Art of Loving&lt;/em&gt; (L’art d’aimer), Eric Fromm attribue toute la responsabilité à notre système économique. C’est le capitalisme, dit-il, qui a rendu impossible l’amour réel en cultivant l’intérêt personnel. Les gens ne s’aiment plus vraiment. Ils se servent les uns des autres pour satisfaire leurs besoins individuels. C’est un genre de contrat commercial. De même qu’un propriétaire d’une auto se sert d’un mécanicien pour la réparer, les gens se servent les uns des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres sociologues ont attiré l’attention sur le rôle des médias dans l’érotisation de société. Il y a quarante ans, la parution de &lt;em&gt;Lady Chatterley’s Lover&lt;/em&gt; de D. H. Lawrence en Grande Bretagne était suffisamment scandaleuse pour mériter une action en justice sous l’Obscene Publications Act (loi des publications indécentes). Maintenant nous avons la pornographie, parfois à peine déguisée en des vidéos d’éducation sexuelle, en vente dans les supermarchés de High Street. Et les annonceurs semblent incapables de présenter même un produit aussi prosaïque qu’une barre de chocolat sans la transformer en un objet de fantasme phallique. Ce déferlement d’érotisme a voulu dire que les espérances pour les prouesses sexuelles de son partenaire, et pour l’extase sexuel personnel, ont monté à des sphères vertigineuses. En fait, je soupçonne que le niveau général de stimulation sexuelle dans la société contemporaine a atteint une hauteur non vue depuis l’époque de l’Empire romain. Dans un tel monde il n’est pas surprenant que la distinction entre l’amour et le sexe s’estompe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, le capitalisme est-il est responsable de la prolifération de relations superficielles ? Ou les coupables sont-ils les médias fous de sexe ? Une étude récente qui a éclairé la question suggère que la réponse est peut-être encore plus fondamentale. Paru dans les années 1980, il s’agit d’un livre intitulé &lt;em&gt;The Habits of the Heart&lt;/em&gt; (Les habitudes du cœur). Produit d’un petit groupe de sociologues à l’université de Californie à Berkeley, il avait pour but d’analyser la tension entre la liberté individuelle et l’engagement social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’une de ses conclusions les plus significatives concernait les attitudes envers les sentiments. Les auteurs ont découvert que les gens pouvaient être répartis en deux groupes en ce qui concerne les sentiments. Le premier groupe comprend ceux avec des idées à ce sujet qualifiées de « traditionnelles ». Ceux-ci étaient d’avis que les sentiments doivent toujours être subordonnés au devoir. Ils ont donc attaché une grande importance à des vertus telles que la maîtrise de soi, l’abnégation, l’autodiscipline et la sacrifice de soi. Les traditionalistes de ce genre considéraient l’amour comme un engagement de la volonté à honorer, que ses sentiments à ce sujet soient bons ou mauvais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les recherches ont montré que cette mentalité était en train d’être rapidement remplacée dans la société moderne par quelque chose de différent ; les chercheurs l’ont appelé l’attitude « thérapeutique ». D’après cette vue, les sentiments ont la priorité sur tout le reste. Les vertus importantes ne sont pas celles qui restreignent l’expression du soi, mais celles qui la libèrent. Non la maitrise de soi, ni l’abnégation, ni l’autodiscipline, ni la sacrifice de soi, mais plutôt l’épanouissement personnel, la réalisation de soi, l’approbation de soi, l’accomplissement de soi – ceux-ci étaient les mots à la mode de la nouvelle attitude thérapeutique. Cela a beaucoup influencé les idées sur l’amour. L’idéal thérapeutique d’amour est le partage spontané de sentiments entre des individus ; l’engagement à long terme n’y figure pas du tout, nécessairement. Au contraire, selon cette attitude, si mon partenaire ne pourvoit pas à mes besoins émotionnels, j’ai le droit de rompre la relation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, je ne veux pas être incompris. Je crois qu’on peut dire beaucoup en faveur de cette nouvelle attitude thérapeutique ; car il y a beaucoup de gens qui sont opprimés par des sentiments de devoir déplacés. L’attitude thérapeutique leur rend un grand service, en les aidant à découvrir leurs propres désirs et besoins, les libérant des contraintes artificielles de rôles sociaux restrictifs qu’ils n’ont jamais choisi à jouer, et de la pression manipulatrice d’autres gens qui se servent des sentiments de culpabilité pour parvenir à leurs fins. J’ai vu assez en tant que pasteur pour se rendre compte que jouer le martyr n’est pas toujours la manière dont un chrétien devrait se comporter. Les relations peuvent être abusives. L’affection peut être exploitée. Dans de telles situations il faut absolument se défendre. Il n’est 
